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 Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.

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MessageSujet: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Dim 24 Avr - 21:50


Azphyr



Citation :
Berlioz.

I won't trouble either of us with unnecessary banalities, and will go straight to the point.

As you will probably have guessed already, I might have a job to entrust to you. Meet me next to the entrance of The Carved Up Matress in Knockturn Alley tomorrow at half past eight so we can discuss it.

My falcon will wait to bring your answer back to me.

AZS.

La plume danse sur le parchemin, traçant chacune des lettres avec élégance. Les mots choisis avec une certaine prudence, juste pour l'informer que tu as une mission à lui confier sans encore rien dévoiler. Tu ne lui as jamais donné aucun détail dans les lettres que tu as pu lui adresser pour acheter ses services de toute manière, mais celle-ci se pare d'une gravité qui nimbe tes mots de mystère. Confiant le parchemin à Yarost', le faucon s'en empare et se glisse par la fenêtre de tes appartements à Poudlard pour filer jusqu'au sorcier à qui le courrier est adressé. Pensif, tu l'observes s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse. Il file dans les airs et fend le ciel, se fait avaler par la ligne de l'horizon après quelques battements d'ailes puissants. Tu as longuement réfléchit avant de te décider à contacter Berlioz, à lui confier cette tâche, cette mission particulière. Essentielle pour la réalisation de tes objectifs vindicatifs, ceux pour lesquels les instincts agressifs se font démesurés. Tu ne peux pas mettre n'importe qui sur cette piste. Certainement pas un inconnu, potentiel imbécile incapable pour qui il serait impossible de ne pas tout faire foirer. Certainement pas un inconnu dont tu ne sais rien, qui pourrait changer ses allégeances en chemin. Qui pourrait te trahir et tenter de te détruire. Certes, le risque est toujours là, tu ne lui fait pas confiance pour autant. Évidemment que non, ce serait aussi idiot que dangereux. Et tu ne fais confiance à personne si ce n'est à ton frère et à ton père. Jamais aveugle pour autant.

Tu as déjà eu l'occasion de mettre son professionnalisme à l'épreuve plusieurs fois cependant. Bien que tu saches qu'il a passé sa scolarité au sein des Gryffondors, tu le sais assez rusé pour ne pas se laisser prendre, assez tourné vers ses intérêts propres pour ne pas tenter de te trahir sur un coup de tête. Parce que tu détiens ce qu'il veut -des gallions brillants, clinquants- et que tu payes bien.  Très bien même. Et surtout, même s'il ne connaît pas aussi bien que d'autres la réputation des Silaïev, dans les cercles dans lesquels vous vous êtes connus, tu t'es toujours assuré de le laisser voir, de le laisser savoir aux bonnes personnes. On ne te cherche pas. On ne te provoque pas. On ne s'oppose pas à toi. Personne ne veut se retrouver confronté aux conséquences, faire face à ton ire et ta violence. A ces ténèbres si profondes qu'elles menacent d'engloutir les corps, spectres qui menacent de mort et jouent des mélodies funestes sur les vertèbres. Tu es assez sûr de Berlioz, cependant, pour lui confier cette tâche. Pour le faire remonter cette piste pour toi. Mais comme il ne faut jamais préparer la poêle avant d’avoir le poisson, tu comptes bien t'assurer -et ce avec une grande attention- que rien ne vienne perturber tes plans. Il n'y a certes aucun poisson sans arête, mais tu feras en sorte que celui-ci en possède le moins possible. Le contraire n'est simplement pas concevable. De toute manière, les autres choix possibles feraient ça moins bien et surtout, tu ne peux le faire toi-même. Déjà parce que l'année scolaire commence bientôt et qu'en tant que professeur et résidant à Poudlard sous les yeux attentifs de Dumbledor et de ses minions, tu n'aurais pas le temps et la disponibilité nécessaires pour enquêter et traquer comme il le faudrait et que tu risquerais d'attirer des soupçons inutiles à disparaître trop régulièrement. Mais surtout parce qu'on risquerait de te reconnaître. Et tu ne peux pas prendre le risque que ceux qui se trouvent au bout de la piste apprennent que tu es à leur recherche. Ils risqueraient de fuir, lorsque tu les veux entre tes griffes. A se débattre contre l'inévitable, à espérer, ô combien espérer ne pas avoir fait l'erreur impardonnable de s'en être prit à ta famille. L'hérésie ultime de causer la mort de ton jumeau, déclenchant un courroux divin dont ils sont loin d'assumer le prix. La mort la plus terrible, pleine de cruauté et des pires horreurs.

[…]

Entre chien et loup. Cet instant où la lumière et l'ombre s'aiment et se fondent l'un dans l'autre. Amants déchus, amants maudits. Instants profanes où naissent les drames. Leur beauté s'éclipsent et dans leur union interdite tout devient gris. Les dualités s'équilibrent, les différences apparentes s'effacent pour se faire plus subtiles. Plus discret que le découvert du jour, moins suspect que le couvert de la nuit. Ca n'est pas par hasard que tu as choisi cette heure de rendez-vous. Pas plus que le fait que le lieu du rendez-vous. Un coup d'oeil méprisant que tu lances au soûlard à la gueule de poisson mort avec ses yeux globuleux et vitreux qui vient de sortir de l'auberge. Tu tires sur ta clope avec cette indolence caractéristique qui dénonce tes origines aristocratiques. Devant le Matelas dépecé, les allées et venues sont légions à cette heure de la soirée. Deux sorciers qui tâchent de se donner l'air important mais font figure de pâle imitation conversent quelques mètres plus loin, un groupe de pauvre s'amasse sous les fenêtres, des boissons alcoolisées à la main. Dans la ruelle qui la longe, un sang-pur idiot qui se croit discret avec son air nerveux et son accoutrement, à demi engoncé dans un capuchon noir malgré la chaleur de la soirée de fin d'août, est occupé une transaction douteuse avec une femme dont les vêtements semblent des guenilles en comparaison. Les classes sociales se mêlent et se côtoient dans l'Allée des Embrumes, la crasse de l'auberge comble les écarts existants. Ca n'est pas partout pareil. Certains lieux valent mieux que d'autres si on sait où aller. Te montrer à découvert n'est que la meilleure des couvertures. Apparaître sans chercher à se dissimuler, avec tellement d'assurance que personne n'oserait douter que ta présence à cet endroit et à cette heure soit parfaitement normale. Oh, bien sûr qu'on te regarde. Tu attires les regards comme des aimants, les coups d'oeils jetés avec une sorte d'admiration, une touche de nervosité. Tu les laisses couler sur toi, t'encenser, comme si tu leur laissais ce privilège dans un élan de générosité. Dénués pourtant de réelle curiosité. Tu t'es assuré qu'on te voit dans le coin assez régulièrement au cours des derniers mois pour que ta présence en soit devenue normale, presque banale. Qu'ils croient que ce soir n'a rien de spécial.

Nouvelle bouffée de fumée qui empli ta poitrine alors que dans ton corps se distille doucement la nicotine. Tu observes les passants nonchalamment, le laissant parfois s'accrocher aux silhouettes qui, de loin, sont semblables à celle de l'homme que tu attends. Tu finis par le voir qui s'approche cependant. Lentement, tu te détaches du pan de mur sur lequel tu étais appuyé alors qu'il vient à ta rencontre, le saluant lorsqu'il arrive à ta hauteur. ''Berlioz.'' Comme souvent, tu te contentes de le saluer de son nom, poliment. Une dernière taffe que tu tires sur ta cigarette, avant de la jeter au sol et de l'écraser du bout de ta chaussure sans te départir de ton indolence. Les commissures s'élèvent de quelques millimètres en un sourire assuré, presque cordial. La complaisance en apparence, comme si votre rencontre ici était toute naturelle. Dans tes yeux cependant, dénote cette lueur de sérieux dont les racines serpentent pour se perdre dans une obscurité insondable mais bien existante. Impossible à lire, mais aussi de nier sa présence. ''I trust you traveled without any trouble.'' Le sourire en coin qui affiche une touche de malice alors que la voix se pare d'un voile complice. Comme si vous étiez amis, ou tout du moins des connaissances qui se retrouvent dans une atmosphère conviviale. Le masque sur ton visage, un rôle que tu incarnes sous les yeux d'un public qui feint de ne pas vous observer. Une véritable question, déguisée elle aussi en affirmation. Il ne doit pas avoir été suivi, pas avoir attiré le moindre soupçon non plus. Tu ne veux rien laisser au hasard. Précautions dont il ignore encore l raison.

C'est à ton tour de bouger, de te rapprocher. Ton bras le frôle presque alors que tu passes près de lui, un regard lancé au passage alors que tu lui donnes la marche à suivre d'une voix basse. ''Follow me. We have somewhere to be.'' A vrai dire, l'endroit que tu veux lui montrer est... particulier. Secret, connu de peu. Accès réservé pour quelques privilégiés, presque privé. Personne n'y entre sans y être introduit par un habitué. Lieu de premier ordre, notamment pour les transactions et les affaires qui se doivent de rester secrètes, dont personne ne doit rien savoir. Un atout, et tu es certain qu'au vu de la clientèle de Berlioz, il pourrait éventuellement... faciliter ou tout du moins jouer positivement dans ses échanges avec eux. Peut-être en a-t-il déjà connaissance, peut-être a-t-il déjà accès au très sélectif Repère. Mais si ça n'est pas le cas, tu comptes bien t'assurer qu'il se rende compte des opportunités que l'endroit offre. Que tu lui offres. Le faire compter dans la balance pour t'acheter son silence parfait quant à cette affaire. Vous vous éloignez de l'auberge miteuse, tournant immédiatement pour vous enfoncer dans le dédale de ruelles qui entourent l'Allée des Embrumes. ''None of us should suffer talking in the open where anybody could try and spy on us. Plebs often try to copy those whom they feel envious from in this area by listening to their conversation a little to closely. Tu ne l'inclues pas dans la plèbe cependant, t'assurant que le ton de ta voix laisse clairement percevoir que, ce soir tout du moins, tu l'associes plus avec toi. La dernière phrase prononcée plus distinctement, ta voix tranchant l'air nocturne malodorant et les ombres sales de la ruelle. Tu te détournes avec indolence, pointant ta baguette avec assurance sur l'excuse sorcière qui vous a suivit. Un geste souple du poignet, et le Colloshoo silencieux file sur elle trop vite pour qu'elle ne puisse espérer le stopper. Le peut-elle seulement ? Pas digne de subir plus de ta précieuse magie, tu te contentes de la neutraliser sans chercher à faire dans l'interdit. Nul doute que ça ne passerait pas devant lui, et il est plus important qu'une quelconque idiote. Plus utile. '' And I don't know for you, but I have quite a dislike of nosy people.'' Tu susurres, et dans le velours des intonations attaque le venin de ta voix. La douceur cruelle familière, avant que tu ne t'en détourne avec dédain pour te retourner vers Zephyr. Le sourcil qui se hausse pour décrire un arc digne d'un monarque, l'expression sur ton visage ayant déjà perdu ce mépris affiché pour celle qui avait osé vous suivre. ''Should we carry on ? This way.'' Tu l'incites à reprendre votre marche, désignant une ruelle digne d'un coupe-gorge. Celle où se trouve votre destination finale. Et tu observes ses réactions, ses expressions, tâchant de déterminer si l'endroit lui est familier.


© charney

ω



OUR ANIMAL IMPULSES
Shine razor eyes in delight. Shine razor eyes before you die. Shine razor eyes in this light. There’s a cold breeze blowing over my soul.
Animal Impulses ; IAMX.


Dernière édition par Azrael Z. Silaïev le Mer 10 Aoû - 14:35, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Jeu 28 Avr - 16:30


   
Entre chiens et loups

   
"Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre."
Azphyr ou Zéphael

   
      « Why do they always have to be such show-offs ? »

Le faucon avait étonné tout le monde, et Zéphyr n'avait pas pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. Une quinzaine de sorciers en maillots de bain revenaient d'une partie de Quidditch quand l'oiseau de proie était apparu, d'abord comme volant trop bas, puis comme se rapprochant un peu trop de celui qui tenait encore le Vif d'Or entre ses doigts. Les clients de Zéphyr avait la fâcheuse manie d'employer les moyens de communication les plus voyants jamais créés, et il fallait l'avouer, le faucon d'Azrael Silaïev – que Zéphyr avait maintenant appris à reconnaître – pouvait décrocher une médaille dans sa catégorie. Son maître lui avait apparemment ordonné de rester en attendant la réponse, puisqu'au combien Zéphyr essaya de le chasser, il ne lui répondit que par des morsures. Sale bête. Ses camarades le regardèrent d'un air étonné, mais ils se lassèrent devant son silence et avancèrent tandis que lui restait derrière, à lire la petite note. Le Silaïev ne lui laissait pas vraiment le choix dans la date ou l'horaire de leur rendez-vous, mais Zéphyr ne songea pas à refuser. Ça faisait déjà presque une semaine qu'il profitait de l'hébergement que lui offrait les Maraudeurs et qu'il passait ses journées les pieds dans le sable avec ses amis. Il était temps de revenir à la réalité, et surtout, de gagner de l'argent. Et Merlin savait que de l'argent, Silaïev en avait des montagnes. Il rentra donc dans la maison pour aller s'excuser auprès de ses hôtes de son départ précipité, mentionnant un boulot qui l'attendait à Londres pour l'entreprise pour laquelle il travaillait officiellement. Ils ne le questionnèrent pas plus que ça, tous sachant que dans sa situation financière, il ne pouvait se permettre de manquer une occasion de faire rentrer quelques Gallions dans ses poches. Zéphyr emprunta donc une plume à Remus, et pour s'assurer que personne ne tombe par hasard sur la note que le sang-pur lui avait envoyé, il écrivit sur son dos :

Citation :
You can expect me on time.
Bz.


 Zéphyr apporta le petit bout de parchemin à l'oiseau qui avait, non sans négociations, accepté de l'attendre dehors. La note entre ses serres, il s'empressa de s'envoler pour retourner à son maître, non sans agiter le sable sous ses ailes d'une envergure phénoménale pour qu'il aille éborgner les quelques sorciers autour de lui. Zéphyr se frotta les yeux pour en enlever les grains de sable coincés, avant d'attraper une bouteille de bière-au-beurre que quelqu'un avait eu le malheur d'oublier sur le porche, et de s'avancer vers la mer. Il y rejoignit ses anciens camarade de Poudlard, se jurant qu'au moins, il pourrait profiter de cette dernière journée en leur compagnie.

♕ ♕ ♕

Zéphyr connaissait l'allée des Embrumes et les rues qui l'entouraient comme sa poche, tant il les avait parcourues. Evidemment d'abord pour rendre visite à Jangor qui y tenait sa boutique, mais aussi et surtout pour y rencontrer ses différents clients, qui choisissaient souvent ce quartier comme lieu de rendez-vous de prédilection. Les habitués des Embrumes peinaient pourtant à reconnaître Zéphyr tant ils ne faisaient pas attention à lui ; pour ceux qui ne le connaissaient pas personnellement, c'était comme s'il n'était pas là, comme s'il se fondait tellement dans le paysage qu'on ne se préoccupait pas de lui. Et pour ceux qui le connaissaient … c'était comme si un accord tacite régnaient entre eux : si tu veux que je mente pour toi, alors, mens pour moi, ou du moins, fait semblant de ne pas m'avoir vu. Le jeune homme faisait néanmoins tout pour ne pas être remarqué. Entre autres, il portait des capes, qu'il détestait d'ordinaire, par-dessus sa tenue dès qu'il pénétrait le lieu : il ne voulait pas se faire remarquer avec ses t-shirts de moldu, ses jeans trop serrés et son écharpe des Gryffondor. Celle qu'il portait aujourd'hui était légère, fluide, noire et assez courte, puisqu'elle lui arrivait au niveau du genou ; il faisait trop chaud pour porter une véritable robe de sorcier, longue et lainée. Pour arriver jusqu'au lieu de rendez-vous que lui avait donné Azrael, il avait utilisé la cheminée de la maison voisine de celle qu'avaient louée les Maraudeurs, abandonnée par ses habitants pour les vacances, et avait atterrit dans le salon du couple N'Diaye avec qui il avait pris le thé et grignoté quelques scones, tout en écoutant leur reproches, soit disant devait-il arrêter d’atterrir dans leur living-room toutes les deux minutes - « You know you love it », leur rétorquait-il.

Il longeait les murs poisseux et humides du quartier des embrumes, se faisait là réflexion qu'ici bas, ça sentait toujours le poisson pourri, gâté, trop vieux pour que même un chat errant et affamé ne songe à l'avaler. Il allait être parfaitement à l'heure, comme toujours. Quand le client payait grassement, il faisait en sorte de l'être, tout du moins. Un coup d’œil à sa main droite alors qu'il tournait dans la rue qui le mènerait au Matelas Dépecé lui fit savoir que ça ne serait pas une rencontre sûre. L'hirondelle tatouée sur sa main, tachée de battre des ailes dès qu'il s'approchait d'un danger, était apparemment en plein vol. C'était toujours le cas quand il rencontrait Azrael, qui était d'ailleurs tatoué du même oiseau sur la même main – sans que Jangor y ait par contre attaché sa touche personnelle – détail qui avait particulièrement amusé Zéphyr lors de leur première rencontre.
Il aperçu vite le sang-pur qui se tenait devant l'auberge, l'air toujours aussi détaché qu'à l'ordinaire. Zéphyr ne parvenait jamais à lui donner un âge précis ; de près, il avait seize ans, peut-être dix-sept. Son visage lisse, son corps fin et sec, presque dégingandé … Il sortait à peine de l’adolescence, malgré ses dizaines de tatouages qui tachaient son teint laiteux. De loin, dans ce décor, Azrael avait plus de vingt-sept. Il distinguait son visage ciselé, qui le vieillissait, mais c'était surtout la manière dont il se tenait, les vêtements qu'il portait, qui lui faisaient dire cela. Il avait beau porter une tenue qu'un moldu aurait pu mettre – un jean noir assorti d'une chemise noire, quoi de plus classique ? – tout en lui transpirait le noble sang-pur. Tout en lui transpirait l'homme de vingt-sept ans, attendant de marchander devant une auberge mal-famée avec un pauvre petit bâtard de vingt-et-un ans.

« Silaïev »

Le russe avait entamé le dialogue, saluant l'anglo-pakistanais d'un coup de tête et glissant son pseudonyme dans un anglais parfait. Un jour il lui demanderait comment c'était possible qu'il ait longtemps – toujours ? – vécu en Russie et qu'il n'y ait pas une trace d'accent dans sa voix. Était-ce normal ou trafiqué par la magie ? Mais l'heure n'était pas aux questions personnelles, et Azrael ne tarderait pas à le lui faire savoir : déjà, il rentrait dans les choses sérieuses, et lui demandait, à demi-mots, s'il était bien certain de ne pas s'être fait suivre. Quelque chose disait à Zéphyr que le deal qu'ils s'apprêtaient à conclure ne serait pas du même type que ceux qu'ils faisaient d'ordinaire. Si le Silaïev était toujours sérieux en affaire, quelque chose de différent semblait teinter cette rencontre. Quelque chose de plus sérieux, de plus solennel. Quelque chose qui justement serait moins "deal" et plus "mission". L'indolence classique d'Azrael ne parvenait à cacher le sérieux que prenait son visage et ses mots, et Zéphyr trouvait cela particulièrement excitant ; tout cela signifiait beaucoup, beaucoup d'argent, et peut-être même des informations nouvelles sur cette famille dont il ne savait rien.

« A bit lonely, now that you mention it, but I thought you'd prefer I'd come to you alone than in the company of a lady. And anyway, my girlfriend wouldn't like it here. »

Il ne savait jamais où s'arrêter, à partir de quel point c'était aller trop loin, à partir de quand fallait-il qu'il se taise ? En règle générale, il n'aimait pas qu'on remette en doute son sérieux quand il était question de son travail. Il était un des rares à être dans ce business, et s'il l'avait appris sur le tas, sans réel maître à qui se référer, il se débrouillait bien, mieux que certains amateurs qui étaient de simples friands de risques qui voulaient arrondir leurs fins de mois en jouant avec la loi. Zéphyr n'était généralement pas quelqu'un de très sérieux – il était beaucoup trop Gryffondor pour  l'être. Mais Berlioz … Berlioz effectuait son travail avec une rigueur exemplaire. Ce n'était jamais parfait, mais on ne lui demandait jamais de l'être. La perfection était trop suspecte. Evidemment qu'il ne s'était pas fait suivre, quelle idée. Evidemment qu'il avait scrupuleusement fait attention, ne mentionnant même pas au couple N'Diaye qu'il n'était chez eux que parce qu'il avait rendez-vous avec un client après. Il tenait à faire savoir au Silaïev qu'il n'avait pas l'intention de lui prouver encore longtemps qu'il était doué dans ce qu'il faisait ; il l'avait déjà assez testé. Mais en même temps, le russe n'était pas de ces clients dont il pouvait soutirer des gallions parce qu'ils étaient trop stupides pour comprendre que c'était ce qu'il faisait. Il ne pouvait pas menacer Azrael de ne plus effectuer de petite tâche pour lui s'il ne le payait pas plus, ou mieux, s'il ne le considérait pas plus haut dans son estime ; il avait la douce impression que menacer un Silaïev ne serait jamais excellente idée. Mais le laisser croire qu'il lui était son inférieur … Il finirait par se faire écraser.

Azrael lui demanda de le suivre, et lui emboîta le pas sans vraiment attendre sa réponse. Zéphyr s'étonna en silence : ne rentreraient-ils pas dans l'auberge ? Certes, il y avait toujours une oreille qui traînait au matelas dépecé – il était le premier à faire partie de ces oreilles traînantes – mais pourquoi lui avait-il donné rendez-vous ici si c'était pour partir aussitôt ? Sans mot dire, il suivit néanmoins le sang-pur, qui se lançait déjà dans les ruelles qui entouraient l'allée des embrumes, sans faire preuve de la moindre hésitation. Il expliqua, alors que leur pas claquaient dans le dédale des rues, qu'il ne tenait pas à ce que la plèbe les écoute ou essaye de les imiter. Zéphyr, qui marchait légèrement derrière-lui, ne put s'empêcher de sourire. Ne faisait-il pas partie de la plèbe ? Il ne se serait pas placé à un rang plus haut que celui d'esclave, et pourtant, Azrael le rangeait parmi les siens, chez les patriciens.

Ça faisait un moment qu'une sorcière les suivait, d'une manière qu'on aurait pu qualifier de discrète si on considérait qu'un éléphant dans une boutique en porcelaine était discret. Zéphyr était certain que si Azrael avait sorti cette tirade pour lui, il le disait aussi pour elle – pas sûr qu'elle l'ait comprise pour autant. Avant qu'il ait le temps de répondre, le sang-pur se retournait, pour lancer un sortilège informulé. La prudence étant de mise, l'ancien gryffondor se douta qu'il n'allait pas user d'une magie trop limite pour la faire regretter de les avoir suivis. Néanmoins, il s'attendait à quelque chose de plus que ce qui semblait être un Colloshoo, qui le fit largement sourire. Ce Silaïev était décidément plein de surprises … Cherchant certainement son accord quant à ce qu'il venait de faire, il lui demanda son avis sur les personnes trop curieuses, mentionnant que lui ne les appréciait pas tant que ça. Zéphyr ne put s'empêcher de lâcher un rire largement teinté d'ironie devant cette situation : Azrael employait littéralement Berlioz pour être indiscret et curieux. Berlioz était une personne qui ne cessait de mettre son nez dans les affaires des autres, et qui, mieux, était payé par des gens comme Azrael pour le faire ...

« Not so much when those nosy people can be useful to you, right ? By the way next time you want to send me a little note, and want to be discreet about it … Try something a little smaller and less recognisable than a falcon. Very fortunatly, none of the fifteen friends who were there when it stormed on me seemed were too nosy about it… Or maybe it was just that I lied very well when I said it was another secret admirer trying to seduce me with big birds. They know I have a weakness for ornithology. »

Il avait voulu dire ça plus tôt, au moment où il lui avait demandé s'il s'était fait suivre, mais il s'était retenu : ne pas être trop arrogant, ne pas être trop insolent, ne pas être trop impertinent. Malheureusement, si Berlioz évitait de l'être, Zéphyr était définitivement toutes ces choses : arrogant, insolent, et impertinent. C'était ce que disaient en tout cas sa mère, ses professeurs, et les Choixpeau Magique. Mais le russe l'avait cherché, et Zéphyr avait tout de même tenté de le lui faire comprendre : l'énorme faucon qui avait fondu sur lui n'avait eu aucune incidence sur le secret qu'ils partageaient. Evidemment qu'il n'avait pas inventé qu'il avait un admirateur secret : son mensonge était bien plus crédible, quoi que ça aurait été tellement gros qu'ils auraient presque pu le croire (il eut néanmoins fallut qu'il ait un goût quelconque pour l'ornithologie, ce qui n'était pas le cas puisqu'il ne possédait même pas de hibou). Mais il n'y a pas de choses avec lesquelles on ne plaisante pas, il n'y a que des gens qui ne comprennent pas la plaisanterie ; Zéphyr essayait d'être sérieux, réellement ; parfois, il fallait tout de même essayer de dérider un peu son interlocuteur, au combien on risquait de se prendre quelques rides en retour.

Sur l'impulsion du sang-pur, les deux reprirent leur route, Zéphyr tentant de reconnaître quoi que ce soit autour de lui qui pourrait l'aider à déterminer leur destination finale. Il analysa la rue, se remémora les passages par lesquels ils étaient passés, et surtout, il fouilla dans sa mémoire à la recherche d'un lieu dont on lui aurait parlé, qui pourrait être celui qui accueillerait leur rencontre …

« Merlin's beard, you are taking me to the Layer, aren't you ? Mister Silaïev for that I shall be your servant forever ... »

Il en avait entendu parler quelques fois, durant ces deux dernières années à fréquenter l'allée des Embrumes et ses habitués. Ce n'étaient que des murmures, des légendes, presque. Aucun de ses clients ne l'y avait jamais emmené, et il avait cru comprendre qu'on ne pouvait tomber dessus si on n'était pas avec quelqu'un qui y était déjà rentré. Zéphyr doutait même qu'un de ses clients ne fréquente ce lieu : étaient-ils seulement dans des cercles assez élevés pour y avoir été un jour invités ? Azrael l’emmenait ici pour la première fois, alors que ça faisait presque un an qu'ils étaient en affaire ensemble ; ce n'était pas une tâche comme les autres, définitivement pas. Toute cette prudence, ce silence face à ce qui l'attendrait, toute cette paranoïa et cette remise en question …

« This will be some serious business, won't it ? »

   
   

ω






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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Mer 6 Juil - 5:19


Azphyr


Une fois vos noms échangés en guise de salutation, tu ne perds pas de temps en échanges futiles, mises en bouche aussi ridicules qu'inutiles. Les curieux qui tendent des oreilles indiscrètes dans l'espoir d'entendre ce qui ressort de votre association atypique en ces lieux réputés pour leur mauvaise fréquentation -il faut bien avouer que ta simple présence jure dans le décor, les regards attirés par ta prestance et son aristocratique indolence- , se plairaient peut-être à croire en ta sollicitude feinte lorsque tu lui demandes s'il a fait bon voyage. Tout y laisserait à croire, du choix de mots courtois aux trémulations avenantes que tu donnes au velours de ta voix. Qui saurait lire tes yeux cependant, verrait dans tes prunelles vaironnes ces lueurs particulières qui trahissent au contraire le sérieux implacable de celui qui a un objectif véritable. Ta question n'est qu'un masque. Une façade, destinée à tromper ceux qui vous observent alors que tu t'enquiers en réalité de savoir s'il est certain de ne pas avoir été suivi. Et si les spectateurs se laissent duper par cette infime mascarade, tu as fait affaire avec Berlioz suffisamment souvent pour savoir qu'il aura comprit le sens réel de ton interrogation sans la moindre trace d'hésitation. Il est hors de question de laisser au hasard quelque détail d'apparence insignifiante, la mission que tu veux lui confier est trop importante pour faire preuve d'une telle imprudence. Il est capital qu'il parvienne à la mener à bien, plus crucial encore que personne n'en apprenne rien. Que quelqu'un tente un sabordage, et il devra faire face à ta rage. Pour l'heure cependant, la touche d'impertinence de Zéphyr te distraie et t'arrache un de ces sourires coin où l'amusement se mêle à cette touche d'aristocratique arrogance. La commissure s'étire, allumant dans le vert de la prunelle des lueurs félines indistinctes. ''In any other circumstances, the company of a lady would be far from unwelcomed ; however we do have some private matters to discuss tonight, so I'm afraid you'll have no choice but to settle for my sole presence, Berlioz. I hope your girlfriend won't mind us being alone.'' L'approche toute calculée, alors que tu t'amuses à faire ondoyer les nuances de ta voix. Et dans la malice des intonations complices se mêlent quelques notes prédatrices. Les mots ne sont souvent qu'une part d'un jeu, les échanges comparables à une danse. Un amusement utile dont l'essence se révèle dans les insinuations subtiles. Et parfois, ils se font armes, aussi tranchants que des lames. Pouvoir renouvelable à l'infini, souvent sous-estimé par les manants et les faibles d'esprit. Chez les sang-purs, cependant, savoir les manier est un talent indispensable inculqué dès l'enfance. En dépend de la survie dans la hiérarchie.

Poursuivant ton approche, tu le frôles et le dépasses tandis que tu lui indiques de te suivre. Si tu lui as effectivement donné rendez-vous devant le Matelas Dépecé, tu as pourtant choisi un tout autre lieu pour parler de cette mission que tu veux lui confier sans risquer d'être espionnés. Trop d'oreilles indiscrètes y traînent alors que cette affaire exige toutes les précautions. Savoir, c'est se souvenir, dit-on parfois, et croyez-bien que la lie d'arnaqueurs en quête de gallions brillants sait utiliser ce savoir auprès de bonnes personnes. Ou dans ce cas précis, où tu serais celui qui est épié, auprès de ceux qui ne doivent en aucun cas apprendre ce qu'ils auraient entendu. Aussi, tu t'en éloignes sans attendre ni rien expliquer de votre destination. Berlioz t'emboîte le pas sans poser de questions et, marchant côtes à côtes, tu l'entraînes dans les profondeurs délaissées de l'Allée des Embrumes et son dédale de ruelles. Elles ont beau être maintenant désertes, c'est pourtant pour deux que tu te mets à parler alors que vous traversez une nouvelle venelle. Vous êtes suivis, et ce depuis que vous avez quitté les abords de la taverne quelques instants auparavant. Et pourtant, tu ne sautes pas aux conclusions hâtives, entachées d'une paranoïa maladive. Non, la sorcière fait preuve d'une telle inaptitude à la discrétion que même les loques qu'elle porte en guise de robe sont incontestablement plus douées qu'elle. Aussi, tu pivotes sur tes talons et sort ta baguette dans le même geste fluide, la pointant sur elle sans prononcer mot. Le sortilège la touche sans qu'elle n'ait eu le temps de le bloquer -si tant est qu'elle en ait eu les capacités- ni de bouger, et vous l'abandonner à son sort ridicule, les pieds collés au sol. Un rien en soit, dont il ne faut pas grand chose pour se défaire si ce n'est une baguette magique et un tant soit peu d'éducation. Ou assez de bon sens pour penser à retirer ses chaussures. Mais même si elle a l'un ou l'autre, tu sais qu'elle ne vous suivra plus. Tes yeux se sont assuré de faire passer un tout autre message, contraire à la simplicité du maléfice dont tu as fait usage. Froideur polaire, alors que dans les prunelles plane l'ombre du danger comme une tempête dans la toundra au coeur de hiver. Ce sortilège, ce n'était qu'un simple avertissement, comme on chasserait une mouche agaçante du revers de la main. Si elle s'aventure à revenir t'irriter, elle risquera néanmoins sa fin. Tu n'as jamais été clément avec ceux assez stupides pour chercher à te provoquer de quelque manière que ce soit.

L'importune est vite oubliée cependant. Tu glisses à Zéphyr une remarque presque complice, malgré le venin qui perce dans les nuances de ta voix. Un rire ironique lui échappe, et tu arques un sourcil amusé, rivant ton regard sur sa personne lorsqu'il te répond. Et si l'impertinence dont il fait preuve anime tes lèvres d'un rictus carnassier, l'insolence de son sarcasme t'arrache quelques notes d'un rire fauve mais amusé. Dans les billes se mettent à briller des lueurs si vives qu'elles en deviennent agressives tandis qu'elles le vrillent. "And did that work ? Are you being... what was it already ? Seduced ?" Et la voix tombe de quelques tons, gagnant en inflexions rauques qui se marient au velours comme un grand vin avec le meilleur des festins. Quasi séducteur et pourtant insolemment moqueur, le sarcasme suinte de la moindre de tes syllabes. Toujours dans l'insinuation, ce sont cette fois les prémisses d'un jeu différent, connu pour être plus exaltant. Tu aimes plaire. Non pas que c'est véritablement ce que tu cherches ici puisque tes objectifs véritables sont d'une importance indiscutable, mais rien ne t'interdit de te distraire un peu sur le chemin. Tu n'aborderas pas les choses sérieuses avant que vous soyez hors de porté de toute tentative de vous espionner. Ta voix se défait de ses accents rauques, mais se place dans un paradoxe de légèreté et de sérieux évocateur d'un étrange danger.  "But if you weren't able to prevent your friends to ferret in your business, my dear Berlioz, I wouldn't even consider hiring you. And if I really wanted nobody to know about us seeing each other," tu te penches vers lui, si bien que tu murmures presque les prochains mots sans cesser de river son regard du tien. "Nobody would know. Falcon or not. I don't lack ways to achieve this." Tu te redresses, arquant les sourcils d'un air presque innocent avant de lui offrir un sourire en coin teinté d'insolence. Tu hausses une épaule avec une indolence qui prend toute sa mesure lorsque tu poursuis, susurrant sournoisement. "But there is no need in this here, isn't it ? After all, I just asked you to meet me so I can offer you a job."

Désignant d'un geste la direction à emprunter pour continuer votre avancée, tu l'incites à te précéder dans une venelle étroite. "By the way, no need to state the obvious. Of course nosy people doesn't bother me when they are useful to me. Everything is always a matter of perspective." Tu le réprimandes presque doucement, avec un détachement agrémenté d'une touche narquois. Comme si c'était là une leçon que tu lui accordais. Ca pourrait presque être le le cas. Après tout c'est vrai : tout est une question de point de vue. Dans tous les cas. Et tu n'es pas de ceux qui rougissent d'utiliser cette même chose -ou en l'occurrence ces personnes- qui les insupporte dès lors qu'elle est retournée contre eux. C'est normal, naturel même. Et faire preuve d'hypocrisie dans ce cas est totalement futile. Dès lors que le passage s'élargit et que vous débouchez sur la ruelle suivante, tu remontes au niveau de Zéphyr. Le but n'est plus seulement de le guidez dans le labyrinthe désolant que vous empruntez, tu cherches aussi à voir s'il reconnait l'endroit où tu l'emmènes. Ou tout du moins, s'il devine votre destination. Qui, dans vos milieux, ne connait pas le mythe du Repère ? La légende de ce lieu impossible à trouver sans quelqu'un pour vous y faire accéder ? C'est un nom qui se murmure avec révérence, avec des lueurs d'envie même dans les yeux de certains sang-purs. Y entrer, c'est faire parti des puissants. Pour quelqu'un comme Berlioz, c'est jouer dans la cour des Grands. Pour toi cependant, le Repère n'est pas qu'une fable qui fait rêver. C'est une réalité. Et l'emmener ici pour lui parler de cette fameuse mission présente plus d'un intérêt. Vous continuez toujours à marcher, entrant dans la ruelle coupe-gorge presque inquiétante où le Repère est justement situé lorsqu'il fini par deviner. Tu lui coules un regard plein d'assurance, accompagné d'un de ses mouvements de sourcils aristocratique qui frôle la suffisance. "Remember those words, Zéphyr. Remember this privilege I grant you, as you can be sure that I won't forget it." que murmure la voix emprunte d'une gravité qui fait frémir comme à l'évocation d'un danger inopiné. Tes mots se suffisent à eux-mêmes, inutile de confirmer davantage son intuition quant à votre destination. C'est un autre monde dont tu lui ouvres les portes. Une telle opportunité que tu lui offres, qu'il s'en retrouve dette. Et tu n'es pas de ceux à le laisser oublier.

"Indeed. It is." Tu laisses la confirmation planer dans l'air, comme un coup de tonnerre esseulé dont le son s'étiole lentement mais persiste à faire vibrer les tympans. C'est à double tranchant. C'est un tournant. Le futur qu'il a utilisé a été rattrapé par la présent. Plus question de rire et de jouer, maintenant. Et justement, voilà que tu t'arrêtes devant une maison délabrée, identique à ses mitoyennes avec ses murs lézardés, sa porte couverte d'une peinture écaillée. Timing quasi parfait, alors que tu sors à nouveau ta baguette en t'approchant de l'entrée d'un pas qui transpire l'assurance. Image de l'élégance, tu te retournes à demi vers lui et tends ta main gauche, paume ouverte vers le ciel. "Your right hand." Tu commandes, frôlant l'intransigeance. Lorsqu'il te la donne, c'est d'un geste vif et précis, d'un sortilège parfaitement maîtrisée, que tu l'entailles dans sa diagonale. Le sang coule, s'amassant dans le creux de sa main comme un petit lac d'un rouge obscur, dont on ne peut prédire les augures. Tes doigts, enroulés autour de son poignet avec une ferme légèreté, dirigent sa main sans hésiter pour lui faire presser sa paume au centre du battant supérieur. Et tu commences à incanter. Un murmure les yeux fermés, le latin roulant sur ta langue comme un chant oublié. Tu lui fais à nouveau bouger la main, révélant une trace sanguinolente sur le bois de la porte. Tu y déposes le bout de ta baguette, utilisant le liquide pour tracer des runes aux quatre coins de la porte, puis sur le dos de sa main, et ce même lorsqu'elle ne devrait plus laisser aucune marque. Tu les nommes, psalmodiant une formule unique dans une des langues des Anciennes Religions, que tu lui fais répéter avec exactitude après toi et en le faisant à son tour tracer une dernière rune à l'emplacement qu'occupait sa paume l'instant précédent. "Perfect. It's over." Tu murmures doucement dans l'atmosphère si chargée de magie que vous pouvez presque en sentir ses volutes intoxicantes vous envelopper dans une envolée exaltantes. Et même ces simples mots semblent trop soudains. Même la douceur de ta voix semble trop brusque après tout ça. Autour de vous pourtant, rien a changé. Vous êtes toujours devant les mêmes murs décrépis, la même porte de bois sali. Comm si rien ne s'était passé, ou pire, que malgré l'appel et le déferlement archaïque de magie, tu avais échoué. Pourtant, tu es toujours aussi confiant. Nulle trace d'inquiétude dans ton attitude. Il n'y a que l'assurance et, dans l'élégance, un mysticisme étrange. Pas le moins du monde embarrassé, tu t'empares de la poignée, l'actionnes et pousses la porte. Un vestibule délabré se dévoile à vos yeux, le sol mal carrelé, les lambris talés. Tu le traverses sans hésiter, sans te soucier de l'odeur de renfermé, t'arrêtant devant une double porte grise de saleté. Posant tes mains sur les poignées, tu jettes un regard à Zéphyr par dessus ton épaule, lui offrant un sourire moqueur. "Mr. Ishak Zéphyr Aït-Malek, Berlioz... Let me introduce you to the Layer." Et d'une impulsion, tu pousses les portes et pénètre dans le Repère.


© charney


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Jeu 11 Aoû - 1:34


   
Entre chiens et loups

   
"Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre."
Azphyr

   
Zéphyr s’était douté en rencontrant le Silaïev pour la première fois de l’importance que prendrait ce client. Il avait l’intérêt d’être russe, de n’être donc pas trop mêlé aux affaires politiques anglaises et surtout, de ne pas avoir connu Berlioz quand il s’appelait encore Zéphyr. En travaillant pour lui, il aurait la possibilité de gagner pas mal de gallions sans véritablement toucher au monde des Mangemorts, puisque souvent, c’était pour affaires personnelles qu’Azrael faisait appel à lui. Zéphyr s’était demandé, plusieurs fois, s’il faisait partie des rangs du Seigneur des Ténèbres. Depuis que Sasha avait été tatouée, il avait l’impression que quiconque tendait le bras gauche avait la possibilité d’être un Mangemort. L’avait-il tendu, ce bras, le Silaïev ? Il faudrait qu’il songe à regarder, qu’il tente de distinguer parmi tous les tatouages qui recouvraient ses bras s’il avait lui-aussi cette tête de mort de laquelle s’échappait un serpent. Il avait été horrifié de la voir sur la peau laiteuse de sa russe à lui, d’abord parce qu’il ne se doutait pas que l’influence de Voldemort pouvait parvenir jusqu’à la Russie. Sasha, comme Azrael, vivaient tout de même en Angleterre, peut-être était-ce la raison principale de leur enrôlement. De plus, les raisonnements du Mage Noir sur la supériorité des sangs-purs étaient certainement sans frontière, d’où l’intérêt que pourrait porter Azrael à faire partie de ses rangs. Le jeune homme n’avait en effet jamais caché son mépris pour ceux qu’il considérait comme la plèbe, ce que Zéphyr avait convenablement fait mine de ne pas entendre. Pourquoi se préoccuper de politiques quand on pouvait plutôt se remplir les poches ? Evidemment, ce n’était pas le discours qu’il avait tenu à Sasha quand elle avait arrêté de lui cacher cette – foutue – marque, mais c’était dans un cadre privé, dans un cadre où il s’appelait encore Zéphyr, et où l’idée de la savoir dans la possibilité de tuer quelqu’un simplement pour la couleur de son sang lui tordait l’estomac. Mais avec Silaïev, il était Berlioz, et surtout, la couleur de son sang n’importait pas vraiment. Son statut de sang-mêlé, enfant bâtard d’une moldue et d’un sang-pur, n’avait jamais vraiment semblé déranger le russe qui continuait de faire appel à lui, et cette fois-ci, le bâtard en était sûr : c’était pour quelque chose de gros. Azrael avait confirmé que la présence d’une lady aurait été inconvenante, et alors qu’ils s’avançaient dans les ruelles sinueuses qui entouraient l’allée des embrumes, Zéphyr se dit que sous les plaisanteries légères du russe semblaient se refléter un sérieux à toute épreuve. Berlioz devrait s’adapter et ranger toutes les familiarités qu’il aurait encore pu oser déclamer au sang-pur, parce qu’il savait quand il devait rester à sa place.

« Even if she did it wouldn’t change much. After all, she dates Zephyr and you called for Berlioz, and Berlioz, unfortunately for her, is all for private matters. »

Si Azrael prêtait un peu attention au timbre de voix de l’anglo-pakistanais, il y lirait une pointe de ressentiment. En réalité, Zéphyr était bien capable de balancer à Sasha qu’il avait passé l’après-midi avec un Mangemort (qu’il le soit véritablement ou non n’avait pas beaucoup d’importance), qu’elle aurait pu, tant qu’à faire, les rejoindre, tout cela pour la pousser dans ses retranchements. Elle lui dirait qu’il ferait mieux de ne pas fréquenter ce monde-là, et il lui aurait répondu qu’avec elle, il y était déjà jusqu’au cou. Mais heureusement pour Azrael, il avait appelé Berlioz, et pas Zéphyr. Et Berlioz était un jeune homme extrêmement professionnel, qui n’ouvrait sa bouche qu’en présence de bourses bien remplies, pun intended. Azrael pouvait se féliciter d’avoir parmi les plus fournies d’Angleterre, car il se garantissait avec elles la fidélité de son homme à tout faire.

L’incident de la sorcière un peu trop curieuse passé, Zéphyr osa tout de même remettre en doute la discrétion du Silaïev et particulièrement de son faucon. Pendant un instant, il crut que l’impertinence de sa réplique avait été acceptée et que le russe y répondrait dans la même mesure, mais c’était mal le connaître. Evidemment, Azrael eut besoin d’avoir le dernier mot, et Zéphyr était prêt à le laisser l’emporter. Sa voix prenait des allures dangereuses quoi que séductrices alors qu’il évoquait les moyens dont il disposait pour empêcher le commun des mortels de connaître ses intentions et au combien Zéphyr doutait des bienfaits du rapace, il l’avait bien compris : ce n’était pas sa place que de lui en faire part.
Il hochait lentement la tête, feignant la soumission, alors qu’il restait persuadé qu’un faucon n’était pas l’idée du siècle. Aujourd’hui, le bas-monde connaissait très bien la figure de Berlioz, et puisqu’il était quasiment le seul sur le marché, se garantir sa fidélité et sa discrétion n’était pas des plus aisé. Aussi, Zéphyr avait surpris quelques-uns de ses clients en train de fouiner dans ses autres affaires, à lui poser des questions sur l’identité de ses différents clients ou sur le contenu de ses multiples missions. Si Azrael ne s’inquiétait pas de la curiosité de certains sorciers, grand bien lui en fasse, mais la protection, coûte que coûte, des secrets du russe ne faisaient pas partie du contrat de Berlioz, pas dans toute la mesure que cela impliquait, en tout cas. Alors, si le sang-pur ne voulait pas qu’on se mêle de ses affaires personnelles, il valait mieux pour lui qu’on ne sache pas qu’il faisait appel à ce malfrat-là. La sorcière qui les avait suivis en était une preuve formelle : Zéphyr était certain qu’elle n’avait décidé de rester dans leur ombre seulement parce qu’elle avait reconnu Berlioz. Il avait beau faire des efforts, s’habiller aussi discrètement que possible, se fondre dans la masse … Azrael avait beau se croire aussi supérieur qu’il ne le voulait, la véritable célébrité de cette Allée des Embrumes, ce n’était pas lui mais bel et bien Berlioz. Ce dernier était capable de se montrer aussi discret que possible, il n’avouerait jamais de sa bouche le contenu des missions que lui confiait le Silaïev, mais il ne pouvait pas non plus empêcher cette plèbe honnie de le reconnaître, et de se faire des idées. Si Azrael s’inquiétait que quelqu’un ne les suive, autant prendre le problème à sa source, et s’assurer que personne ne sache qu’il ait un jour eut à faire avec Berlioz. A vrai dire, Zéphyr peinait à bien comprendre où le Silaïev voulait en venir. D’abord, il refusait que quiconque ne les suive, mais après, il prétendait que tout cela n’avait pas grande importance, puisqu’il ne l’avait appelé que pour lui filer un job. Zéphyr haussa un sourcil d’incompréhension, mais ne le questionna pas. Ça ne servirait pas à grand-chose, il en était certain.

« By the way, no need to state the obvious. Of course nosy people doesn't bother me when they are useful to me. Everything is always a matter of perspective. »

Un sourire satisfait s’affichait sur les lèvres du Lion alors qu’il faisait semblant de ne pas avoir entendu la petite pique d’Azrael. Qu’il lui offre des leçons de vie gratuites en présumant qu’il en avait besoin, il les accepterait avec plaisir, dans la mesure où il continuait de le brosser dans le sens du poil. Et lui sous-entendre qu’il lui était l’utile ferait office de compliment suffisant ; il faut savoir prendre ce à quoi on a droit, en présence d’un sang-pur tel qu’Azrael, première leçon par le voyou le plus en vogue de 1977.

« That’s how you seduce me every time, Silaïev. Sending me birds and whispering in my ear how useful I am to you. Ornithology and money … Both my weaknesses and my strengths. »

Etre utile à quelqu’un, pour Zéphyr, ça sous-entendait être payé, et c’était surtout cela qui le séduisait. Azrael se garantissait la présence d’un allié de qualité tant qu’il continuait de lui montrer le contenu de ses poches (les oiseaux, il s’en passerait bien, par contre). Tel était le deal et Zéphyr était persuadé que le russe l’avait très bien compris. Le bon travail, ce n’est pas gratuit, et s’il ne voulait pas écouter les conseils que lui offrait le professionnel, il pouvait aussi se contenter de bien le payer, ça lui suffirait amplement.

Nos deux protagonistes s’approchaient maintenant de leur destination, et Zéphyr, réunissant les indices, avait fini par la deviner. Les paroles qui lui échappèrent après cette réalisation parurent plaire au russe puisqu’il se retrouva gonflé d’orgueil, orgueil qu’il se sentit apparemment obligé de faire part au Berlioz. Mais celui-ci était loin de regretter ses paroles : en deux ans de métier, il n’avait jamais mis les pieds au Repère, c’était Azrael qui l’y emmenait, et il ne l’oublierait pas. Il lui ouvrait la porte du beau monde, quasiment littéralement, et Berlioz saurait, en conséquence, se montrer à la hauteur de ce cadeau, d’abord en accomplissant avec soin la mission que le russe s’apprêtait à lui donner. Il ne savait pas bien à quoi s’attendre, ce à quoi il avait été assigné jusqu’à présent par Azrael avait été plutôt basique, mais toutes ces précautions, le choix de ce lieu, et finalement la confirmation du russe le lui disait : ça n’allait pas être facile, et il allait véritablement devoir travailler pour son argent. Cette pensée fit presque soupirer le Lion qui sommeillait en lui, avant qu’une image de sa petite tribu ne s’impose à lui. Evidemment, tout ça, il ne le faisait que pour elles.

« Your right hand. »

Zéphyr hésita un instant, alors qu’Azrael et lui s’étaient arrêtés devant une porte délabrée ressemblant à toutes les autres. Il regarda le russe dans les yeux, posant un instant son regard sombre sur la croix tatouée juste en dessous de son œil. Lentement, il leva son bras pour le tendre, paume vers le ciel, à Azrael. Cette scène avait des airs de déjà-vu pour Zéphyr, il avait en effet demandé à Sasha, à peine une semaine plus tôt, de lui montrer ce même bras, sans plus lui dissimulait ce qu’elle s’était appliquée à cacher pendant quelques semaines. Il fut pris d’une étrange anxiété, comme s’il avait lui aussi quelque chose à cacher, anxiété qu’il chassa d’un mouvement de tête. Il suivit alors attentivement les mouvements du sang-pur qui pointait sa baguette vers la paume de Zéphyr pour venir la taillader, lui arrachant une légère grimace. Le visage néanmoins toujours crispé, Zéphyr se laissa guider par Azrael qui murmurait déjà quelques incantations latines alors qu’il avait posé sa main inerte contre la porte. Le sang-pur dessina ensuite quelques runes, à la fois sur le bois ainsi que sur la main de son futur initié, prononçant cette fois-ci des sortilèges dans une langue que celui-ci ne reconnaissait pas. A vrai dire, Zéphyr ne comprenait pas bien ce qu’il lui arrivait, et il se laissait porter par ce que lui faisait faire Azrael sans poser une seule question. Bientôt, ce fut finit, ils entrèrent alors dans la maison dont l’apparence n’avait pas le moins du monde changé, comme Zéphyr aurait pu s’y attendre. Ils avançaient entre les murs étroits et poussiéreux, avant d’atteindre une seconde porte, et l’ancien Gryffondor se posait déjà une question qu’il considérait comme essentielle : serait-il capable, le moment voulu, de reproduire ce que le Silaïev venait de faire ? Il tentait d’analyser l’acte que venait d’effectuer le russe, se demandant s’il était question d’effectuer une incantation précise impliquant magie ancienne ainsi que magie runique (lesquelles n’étaient pas du tout familières à Zéphyr), ou s’il s’agissait de démontrer sa valeur en effectuant des actes magiques puissants que l’on connaissait. Aussi, était-ce quelque chose qu’on était censé faire à chaque fois qu’on voulait accéder au Repère, ou seulement lorsqu’on voulait en montrer l’entrée à quelqu’un qui n’était pas familier avec ce lieu ? Un sourire d’excitation s’affichait en tout cas maintenant sur le visage de celui qui, encore pour longtemps, garderait un esprit digne de la maison de Godric Gryffondor.

« Mr. Ishak Zéphyr Aït-Malek, Berlioz... Let me introduce you to the Layer. »

Les deux jeunes hommes pénétrèrent dans une pièce sans fenêtre à l’entrée de laquelle les attendait un majordome qui, sans mot dire, les installa à une table. La lumière feutrée rougeoyait, et leurs pas craquaient sur le parquet sombre, poli par les pas au point qu’il en était presque luisant. N’étaient distinguables que des murmures, et au combien Zéphyr tendait l’oreille, il ne parvenait pas à distinguer ne serait-ce qu’un seul des mots qui s’échappaient des lèvres des autres clients du Repère, qui ne semblaient pourtant pas chuchoter. Sur les murs en briques rouges s’empilaient des étagères sur lesquelles étaient exposées différents artefacts magiques allant des œufs de grenouille jusqu’aux os de dragons en passant par des outils d’astronomie que Zéphyr n’avait jamais vu de sa vie. Quelques photos coloraient aussi les murs, la plupart ayant pour sujets des sorciers inconnus absorbés dans leurs discussions. On indiqua à Azrael et Zéphyr une table autour de laquelle s’opposaient deux banquettes en cuir rouge. En s’asseyant, il parut à Zéphyr qu’il traversait comme un rideau de velours invisible – il songea que c’était cela qui, plus tôt, l’avait empêché d’entendre les conversations des autres clients. Il n’y avait aucun moyen de déterminer l’heure qu’il était en regardant la pièce ; l’homme qui tenait le bar ne semblait pas l’avoir quitté depuis au moins un demi-siècle, et certains clients semblaient être assis dans leur carrés depuis au moins aussi longtemps. Une femme, un fume cigarette entre l’index et le majeur, était installée non loin de Berlioz et de son client. Elle était plongée dans une partie de cartes avec un homme que Zéphyr était certain de déjà avoir vu dans un article consacré aux vampires les plus célèbres de Grande-Bretagne. Le Gryffondor se demanda si le verre de vin qui se trouvait à côté d’elle n’était pas en fait rempli de sang, et une lueur d’excitation sembla briller dans son regard.
Le majordome, toujours muet, récupéra la cape de Zéphyr, non sans qu’il y ait récupéré la petite boite en acier dans laquelle il gardait ses cigarettes. En s’asseyant, il remarqua que les deux femmes installées dans le carré juste derrière eux riaient aux éclats ; il était néanmoins absolument impossible d’entendre autre chose qu’un tintement de voix rapidement étouffé par ce qui était définitivement un puissant sortilège. Certains des clients semblaient avoir reconnu le Silaïev, mais la plupart n’avaient même fait attention à leur arrivée. En tout cas, Zéphyr se félicita d’avoir choisi un très simple t-shirt noir pour mettre sous sa cape. L’élégance des clients de cet endroit pouvait presque se respirer, et au moins, comme ça, il passerait inaperçu. Après tout, comme toujours, c’était son but : il faisait en sorte de ne pas être remarqué, pour ne pas mettre en danger ses clients, qui ne voulait pas tous que le commun des mortels sache qu’ils faisaient appel à ses services. Quelques fois, Zéphyr s’était dit que pour chercher les meilleurs conseils pour acquérir cet état de caméléon, il ferait mieux de s’enquérir auprès d’un autre type de professionnels capables de la même discrétion : les prostituées.

C’est un Elfe, habillé de ce qui semblait être une couverture en tweed, découpée pour laisser passer sa tête, qui vint prendre leur commande d’une voix assurée de laquelle transparaissait un très clair accent écossais. En comparaison avec le majordome qui n’avait pas lâché un mot, il semblait quant à lui plutôt bavard, quoi que doté d’une noblesse – et même d’une arrogance – rare chez un Elfe de Maison, situation qui ne manqua pas de faire sourire Zéphyr.

« What can I get you, misters ? Don’t bother asking, everything you could ever want already is on the menu. You also have at your disposition private chambers in which you can be installed if you wish, just ask for me. »

Zéphyr eut l’air intéressé par cette proposition pour le moins ubuesque, quoi que, aussi, profondément amusé. Aussi, il se demanda s’il pouvait véritablement commander n’importe quoi, il songea alors à commander des plats du monde entier et des alcools millénaires pour s’assurer de la véracité de ses propos, mais l’idée d’une addition salée l’en dissuada. L’Elfe n’avait en tout cas pas du tout l’air dérangé par le sortilège qui les entourait puisqu’il entendit très bien le jeune homme lorsque celui-ci réclama, un sourire aux lèvres devant cette situation un peu grotesque :

« Just fetch me some Fire Whisky, I feel like I’m covering a cold. »

Il assorti sa requête d’un grand sourire qui ne sembla pas dérider l’Elfe, qui avait l’air d’en avoir vu d’autres, et qui se retournait déjà vers Azrael. Cet Elfe et son discours étaient le seul élément plutôt désassorti de cet endroit, mais c’était certainement ce qui lui donnait tout son charme. Alors que Zéphyr se roulait une cigarette avec les ustensiles récupérés dans sa petite boîte en acier, il ajouta, regardant l’Elfe puis Azrael :

« And as for the chamber – il avait trouvé l’emploi de ce mot, sorti de la bouche de cet Elfe, absolument drôlissime – I don’t think we are ready for that yet, are we mister Silaïev ? »

Il lui adressa un regard amusé, songeant que c’était peut-être le dernier sourire qu’il lui arracherait de la soirée, et tant qu’à faire, autant essayer. L’Elfe lui avait quand même tendu la perche avec cette proposition surréaliste – Zéphyr s’était demandé s’il la sortait à tout le monde, et s’il était possible de la comprendre autrement que comme il la comprenait lui – et le Gryffondor espérait qu’Azrael saurait se prendre au jeu. Après tout, il n’avait adressé aucune proposition indécente, il en avait même refusé une ! Dans n’importe quelle autre situation, avec n’importe quel autre client, il n’aurait même pas pensé à deux fois cette réplique, mais malheureusement pour lui – et heureusement pour son porte-monnaie – Azrael Silaïev n’était pas n’importe quel autre client. Il était, jusqu’à présent, son plus gros poisson, et il n’avait pas intérêt à le laisser filer.


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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Mer 2 Nov - 22:19


Azphyr


Devant la porte écaillée de cette maison presque éventrée par la pauvreté, proie de tous les vents qui s'engouffrent, hurlant, dans chaque interstice, chaque fissure qui semble se faire faille béantes qui zèbrent la paroi d'un gris si morose qu'il frôle l'incolore, les gestes s'enchaînent, les runes se mêlent. Son sang vénère, sert d'offrande tant que de liant à ce sort que tu tisses au fil d'argent. Et dans ta voix, il y a cette nuance particulière, quelques gouttes d'un mysticisme étrange ; dans le grave, le timbre révèle des arcanes issues de temps si lointains qu'ils frôlent l'oubli, des immémoriaux où le pouvoir suinte de chaque mot. Et la magie répond, la magie s'éveille et l'enchantement se lève. Tu ne peux t'empêcher de te demander combien de sorciers avant toi ont réalisé ce même rituel, sans rien comprendre de la puissance qu'il recèle ? Toi, tu en comprends chaque mot, chaque nuance. Chaque geste et chaque signe. Chaque intrication subtile. Presque de la révérence dans les mouvements de ta baguette, si habituée à dicter en reine, maîtresse de tes empires. Non seulement as-tu donné l'accès au Repère à Zéphyr, mais aussi la capacité de savoir, instinctivement, de quelle manière inviter de nouveaux privilégiés. Plus important encore, tu l'as lié. Privé de la liberté de parler à son gré de ce qu'il verra à l'intérieur des murs de briques de ce lieu si secret qu'il frôle la légende. Ca a toujours été plus qu'un accor tacite, plus qu'un silence complice. Certains naïfs se plaisent peut-être à la croire, mais dans vos cercles, la sécurité prime, a l'exigence d'être parfaite. Pas de place pour le doute, ni pour le risque d'une duite. Et c'est aussi et surtout pour cette promesse, ce serment magique que le Repère est ce qu'il est. De ça, tu en es persuadé.

Vous entrez. C'est d'abord l'étroit corridor, le boyau sinistre et décrépi qui s'offre à vos yeux. Traversé en quelques enjambées assurées, ça n'est que lorsque tu arrives à la porte suivante que tu lances un regard à Berlioz, par dessus ton épaule. Sur son visage, un sourire d'excitation a remplacé la crispation néanmoins docile qui s'y était installée tout le long de la réalisation du rituel. Tu pousses alors la double porte, et c'est comme si vous pénétriez das un nouveau monde, opposé parfait de celui qui dépéri encore dans votre dos. Les portes se referment, vous coupant de l'air putride pour laisser la lumière tamisée, presque chaleureuse, vous enveloppe. Pièce sans fenêtre qui ne permet aucun espion, ne laisse aucun interstice pour y poser l'oeil ou l'oreille. Sûreté garantie par toute une série de sortilèges et d'enchantements intrinsèquement mêlés, avec la virtuosité qui qualifie les grandes oeuvres. Le majordome -un homme aux cheveux poivre et sel et au visage sans âge, son expression parfait mélange d'indifférence et de révérence, un costume sobre qui le fond presque dans le décor, capacité à la discrétion indispensable dans un tel endroit- s'avance vers vous pour vous accueillir, inclinant le torse respectueusement pour vous saluer sans prononcer le moindre mot et vous guidant vers l'une des tables de la salle. Un faible bourdonnement de voix flotte dans l'air, mais interdit à quiconque de percevoir le moindre mot des conversation, de lire la moindre syllabe que façonnent les lèvres. Tu reconnait certains des visages parés de masques, croises quelques regards. Salue l'un ou l'autre client d'un signe de tête mesuré - la nuque se courbe, le menton s'approche légèrement de la gorge et, même dans le respect que tu leur accordes, perce de cette indolence suffisante, quelques gouttes de cette intransigeance que tu dégages comme un parfum d'ordre royal.

On vous débarrasse de vos capes, soigneusement emmenées par le majordome, et c'est sur d'élégantes banquettes de cuir rouge que vous vous installez. Face à face, prêts à commencer frontalement la joute verbale, les négociations précises que tu as prévu de lui proposer et de mener. Ou presque prêts. Tu sais qu'on viendra encore vous déranger pour vous servir et, justement, cette interruption se matérialise quelques courts instants plus tard sous la forme d'un elfe de maison vêtu de tweed et a l'accent écossais prononcé. Si d'ordinaire tu commandes sans lui laisser le temps de réciter son discours de présentation de la carte sans fin et du et de l'autre service qu'offre le Repère, tu le laisses parler cette fois. Représentation même de l'indolence -appuyé contre le dossier de ton siège sur lequel repose l'un de tes bras, les jambes croisées avec une feinte négligence- , ton regard ne quitte pas le visage de Zéphyr. Les traits subtilement marqué par une touche d'un amusement certain, ton attention entière se concentre sur lui. Tes vaironnes l'acculent et l'étudient, décortiquent l'intérêt et la curiosité que le lieu et la proposition de l'elfe ont éveillé, l'amusement profond sans nul doute causé par la mention des chambres privées que tout client peut librement demander, et ce quelque soit le motif de ce besoin. Berlioz se contente de commander un simple Whiskey Pur-Feu, et tu arques un sourcil, l'espace d'un court instant. L'elfe se tourne ensuite vers toi, pourtant ton invité, toujours seule proie de tes pupilles, reprend d'une voix d'où perce la malice pour refuser plus spécifiquement la chambre. Vos regards se croisent, s'accrochent un instant, et tu lui accordes la lenteur d'un demi-sourire, aussi amusé que prédateur. Un risque qu'il prend, pour lui, n'ayant pas intérêt à te vexer ou t'agacer s'il veut espérer repartir les poches pleines de gallions ; une part de ces jeux dont tu raffoles particulièrement, de ces comédies parfois pas tout à fait infondées, où amusement flirt avec séduction. Tu penches la tête sur le côté d'une façon presque infime, clignes lentement sans perdre ton sourire, tandis que tu murmures. "I'd rather ask ; aren't we really ?" Plus que ces mots qui ne signifient rien, c'est la voix qui parle. Les nuances trop veloutées qui incitent au frisson, les graves plein de promesses tacites qui provoquent l'imagination.

Puis, comme si de rien n'était, tu te tournes vers l'elfe. La suffisance est déjà revenue parer tes traits de toute sa belle hauteur, les lèvres se marquent d'un pli d'une feinte négligence étrangement retorse, les gestes retrouvent leur indolence d'aristocrate, et c'est comme si, plus qu'à l'elfe, c'est à l'air que tu t'adressais. "Cancel Mr. Ishak's order. We'll take the twenty-year scottish Whiskey. Now go. Don't disturb us unless we call." Plus que de la poudre que tu jetterais à ses yeux dans le seul but de l'éblouir, il y a bien une raison derrière ton attitude. L'onéreuse commande que tu imposes presque n'est pas qu'un élan de générosité soudain, c'est une façon de dire que l'argent ne sera pas un problème, de faire comprendre que sa paye dépassera sans doute la plus haute de ses estimations. L'elfe vous quitte en s'inclinant, disparaît de votre champ de vision, et c'est sur Berlioz que ton attention se darde à nouveau. "Understand ; I don't settle for anything but the best, and you should begin to do the same, my dear Berlioz. Also, this will be a far better pick for the matter we have to discuss." Encore ces paroles où les implications se bousculent, qui laissent deviner bien plus que ce que tu prononces réellement. Un compliment qui se glisse et se confronte simultanément à une mise en garde ; cette fois, la mission est sérieuse, indispensable. Aucun droit à l'échec, même partiel, c'est trop important pour ça. A l'inverse : qu'il échoue, et il le regrettera. A peine vos boissons apparaissent-elles sur la table, comme mues de leur propre volonté, que ta baguette réapparaît dans ta main. Tu incantes en un murmure qui s'étouffe dans l'intimité de ton souffle, déranges l'air entre vous de quelques arabesques, et celui-ci semble comme se troubler l'espace de quelques secondes. Déjà, il a retrouvé sa transparence originelle - à vos yeux tout du moins. Tout autre ne voit que des silhouettes floues, comme entourées d'une brume qu'ils ont déjà oubliée lorsque leur regard se détourne : vous êtes comme invisibles, des fantômes que rien ne trahirait. Le Repère a beau être un endroit sûr, tu veux que personne ne puisse ne serait-ce que soupçonner ce qui se passera entre vous ce soir.

C'est comme si un rideau se levait sur ton visage, qu'un masque tombait. Finies, les lèvres prêtes à se courber en un sourire amusé ou charmeur. Finie aussi l'indulgence, les manières d'apparat. Tes yeux se font de glace, deviennent des lames, des armes prêtes à trancher le moindre obstacle, qu'il soit d'acier ou de chair. Les sourcils prennent une ligne qui ne trahit qu'intransigeante, l'angle de ta mâchoire même semble se faire plus dur, plus coupant. Et si tes traits sont toujours imprégnés jusqu'à la moelle de cette hauteur quasi royale, ils en semblent encore rehaussés par une colère sourde, une haine ancestrale que l'on peut sentir brûler au fond de toi. Image de cet ange vengeur dont tu portes le nom, tu ne donnes guère l'envie de te déplaire, encore moins de te désobéir. Déposant trop soigneusement ta baguette sur la table, juste devant toi -si près de ta main qu'il ne faudrait qu'une seconde pour t'en saisir- , l'autre s'empare du verre, tes doigts s'enlacent autour du cristal, font tourner avec une indolence inquiétante le liquide ambré qui s'y trouve, tinter les glaçons dans le silence qui vous embrasse. L'alcool brûle délicatement ta trachée, le verre claque doucement sur le bois. "I'll go straight to the point. These are the Gatling." De ta poche, tu sors deux photos, que tu places devant Berlioz l'une après l'autre. Sur la première, un homme, les cheveux bruns attaqués de blanc, sourit à une femme blonde et une plus jeune, dont les traits semblent manifestement un mélange des deux. La seconde montre un second homme d'apparence commune mais ressemblant au premier, qui traverse une foule pressée et a été entouré d'un cercle rouge. "And this is his brother." Tu les désignes tour à tour, puis l'ouragan qu'est ton regard remonte sur Berlioz, l'assaillant de toute part, impitoyable. "I want you to spy on them all. To follow them. Note their habits, their frequentation - friends and enemies alike. Their every moves. I want to know everything about them. Don't miss anything. But first..." Les prunelles le dardent de leurs éclairs, le transpercent. Le clouent sur sa chaise tandis que sévit la tempête. "You'll have to find them. My last informations have located them to North Ireland, though they might have moved since then. You can make contact with them, however you can't let them even suspect they are being followed. Nor that I am behind all of this. This is absolutely crucial. I won't allow failure." L'implication sonne dans le silence hurlant que tu laisses s'étirer quelques secondes. Evidente. Effrayante. Tu te redresses sans le lâcher du regard, t'étant penché vers ton interlocuteur tandis que tu parlais et, arquant un sourcil, tu le soumet à l'interrogation capitale. "Now that you know all of this ; do you feel up to this ? Needless say the pay will be worth your while."


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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Mer 28 Déc - 16:58


   
Entre chiens et loups

   
"Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre."
Azphyr

   
Un sourire à la fois amusé mais aussi légèrement halluciné ne quittait pas les lèvres de Zéphyr. Que faisait-il ici, dans cet endroit auquel il ne comprenait rien ? Cette question agissait en lui comme un véritable défi : comme toutes les premières fois, elle n’avait pas été parfaite, mais loin de se décourager, il avait l’intention de devenir un véritable client du Repère, qui se mêlait parfaitement bien au reste de la foule. Azrael Silaïev l’aurait dénié, évidemment, mais la première fois qu’il avait mis les pieds au Repère, il n’avait pas dû être aussi à l’aise qu’il ne l’était à cet instant-là. Zéphyr était moins arrogant que son camarade de tablée, et à lui-même, il pouvait se l’avouer : il avait fait quelques erreurs de débutant, depuis qu’il était rentré dans ce nouvel endroit. La commande auprès de l’Elfe avait été l’essai très évocateur qui marquait son manque de connaissances quant au Repère et à ses us et coutumes. Visiblement, il avait encore beaucoup de choses à apprendre, mais le sourire légèrement méprisant du Silaïev n’enlevait rien à son exaltation d’être assis sur cette banquette. De toute façon, maintenant, il était rentré. Même si Azrael finissait par décider que Berlioz n’était pas la bonne personne pour la mission qu’il s’apprêtait à lui donner, il lui avait quand même fait un beau cadeau : l’accès à cet endroit. Rien que pour ça, Zéphyr le savait, il lui en devait une. Il aurait presque pu proposer d’effectuer pour lui une mission gratuitement, mais il avait finalement décidé de pousser l’échéance de cette proposition à une prochaine fois. Ce n’était pas le moment de rembourser une quelconque dette, alors qu’on s’apprêtait à lui reverser une très grosse somme d’argent. Peut-être était-ce d’ailleurs l’odeur de l’argent qui le mettait dans une telle joie, en tout cas, l’ambiance sombre et feutrée lui était bien utile pour cacher le rosissement de ses joues tant il trépignait. Il était trop jeune pour supporter tant d’émotions, quelle idée de se lancer dans un boulot pareil ?!

Zéphyr était définitivement pressé de goûter à ce whisky de vingt-ans d’âge qu’il ne lui serait jamais venu à l’idée de commander. Qui allait payer, à la fin de leur entrevue ? Parce que d’un coup, il avait des envies de homard ou, mieux encore, d’agneau au curry à la pakistanaise, mais il n’avait pas envie de donner d’idée à Azrael. Il était prêt à payer, pour cette soirée, parce qu’il savait ce qui viendrait par la suite ; mais quand même, pas trop. Est-ce qu’on payait, même, dans cet endroit ? Oui, impossible autrement, Repère ou pas, on ne tient pas dans un monde capitaliste sans gallions. Trop de questions, par Merlin, trop de questions. Zéphyr n’était plus vraiment concentré sur son partenaire, trop occupé à sonder les moindres recoins du bar et à se poser mille et une questions dessus. Quand le russe repris la parole, Berlioz manqua les premières syllabes que prononça son client, trop hypnotisé par la vision d’une femme dont il était sûr qu’elle était Vélane – ce n’était pas bien compliqué de le deviner néanmoins, tant ses iris ne parvenaient à se détacher de sa peau noire qui mouvait gracieusement au gré de ses mouvements, alors qu’elle discutait avec un homme qui ne semblait écouter absolument aucune de ses paroles.

« … but the best, and you should begin to do the same, my dear Berlioz. Also, this will be a far better pick for the matter we have to discuss. »

Les traits de Zéphyr se durcirent petit à petit, alors qu’il entendait la voix d’Azrael se faire plus sérieuse. Assez rit pour la soirée, il aurait tout le temps de revenir seul dans cet endroit pour passer des heures à tenter d’en comprendre les moindres recoins. Pour l’instant, il devait se concentrer sur son client, ainsi que sur sa boisson qui venait de se matérialiser sous ses yeux, plutôt que de laisser ses iris chocolat se perdre dans la salle. Azrael sortit sa baguette alors que Zéphyr le regardait faire, analysant les moindre de ses mouvements. Le sorcier chuchota quelques mots, laissant échapper de sa baguette des volutes brillantes qui vinrent les recouvrir tous les deux. Des quelques syllabes qu’il avait cru entendre, ajoutées à l’allure de la magie qui s’était échappée de la baguette de Silaïev, Zéphyr en déduit que maintenant, on ne pouvait non seulement plus les entendre, mais pas non plus les voir. Toutes ces précautions allaient presque finir par inquiéter Zéphyr, qui se demandait maintenant quel genre de mission allait lui être attribué pour que ça requiert tant de précautions. Il observa silencieusement le visage d’Azrael muter lui aussi, s’offrant une allure presque dangereuse, alors que ses yeux brillaient de dureté. Il avait presque l’air en colère, comme si quelque chose venait soudainement de le piquer droit au cœur. Cette mission mettait visiblement en jeu des éléments qui lui tenaient particulièrement à cœur, restait à savoir comment.

Le Silaïev but son whisky d’une traite avant de sortir de sa poche deux photos qu’il plaça devant Zéphyr, à l’image de deux cartes de tarot, comme s’il s’apprêtait à lui donner son passé, son présent et son futur. Comme si cette mission cruciale allait avoir une quelconque influence sur son futur, comme si soudainement, les mots qui sortiraient de la bouche du russe mettraient en jeu le reste de sa vie. De sa main droite, Zéphyr faisait tourner son verre dans lequel tintaient entre eux les glaçons. Qui étaient ces personnes ? Un homme et une femme sur la première photo, qui avaient l’air quelconque, et sur la deuxième, un homme au milieu d’une foule, entouré de rouge. Azrael les désigna comme étant les Gatling, homme, épouse et frère. Comment étaient-ils liés à son client, ou peut-être même aux Silaïev, c’est la question que se posait Zéphyr alors qu’il laissait couler l’alcool de vingt-ans d’âge le long de son gosier. Le goût était aussi divin que brûlant. Certainement était-ce meilleur que le whisky-pur-feu qu’Azrael avait décommandé pour lui. Zéphyr se tut encore quelques instants, certain qu’Azrael avait encore quelques éléments à lui donner. Le chemin qu’il prit n’était néanmoins pas vraiment celui que Zéphyr attendait. De but en blanc, il lui expliqua précisément ce qu’il attendait de lui, le transperçant du regard. Zéphyr devrait suivre et noter les moindres mouvements des Gatling, et surtout, essentiellement, ne pas se faire remarquer. Quelque chose se jouait ici, avec cette famille, mais il ne parvenait à saisir quoi exactement. Tout cela lui semblait par ailleurs bien aisé, jusqu’à ce qu’Azrael précise qu’il ne connaissait pas leur location exacte. S’il avait néanmoins réussi à la débusquer une fois, lui parviendrait à les retrouver sans problème. Se cachaient-ils, donc ? Si oui, de quoi, ou même de qui ? Tout cela était encore bien flou.

« This is absolutely crucial. I won't allow failure. »

Zéphyr haussa un sourcil, visiblement troublé. C’était la première fois qu’Azrael prenait tant de précautions avec lui, allant même jusqu’à préciser quelque chose qui allait de soi : il ne fallait pas que les Gatling sachent qu’Azrael Silaïev était derrière tout ça. Tout ce qu’il lui avait dit lui avait paru bien évident, et alors qu’Azrael se redressait – Zéphyr n’avait pas réalisé à quel point leur deux visages s’étaient rapprochés pendant ces quelques instants d’explication – il effaça de son visage tout air étonné. Si Azrael voulait se la jouer précautionneux, grand bien lui en fasse. Zéphyr n’avait aucun doute sur ses capacités à effectuer cette mission, son client pouvait bien s’inquiéter à sa place, ça n’aurait pas grande conséquence. Il ne faudrait néanmoins pas lui laisser entendre qu’il sous-estimait l’importance de cette mission. Vu comme elle semblait cruciale, il ne devrait lui montrer aucun doute. Par contre, il pourrait laisser apparaître son intérêt pour tout cela en dévoilant à Azrael l’importance de sa curiosité vis-à-vis de cette affaire.
Alors qu’Azrael lui demandait s’il était à la hauteur, un sourire narquois apparaissait sur le visage de Zéphyr. Etait-ce même la peine de lui poser la question, ou de préciser combien il serait payé ? Tout cela allait de soi.

« I do feel up to this, mister Silaïev. I won’t fail and you know it. »

Cette fois-ci, c’était à Zéphyr de plonger son regard d’acier dans celui du Sliaïev. Il ne manquait plus qu’il ne soit sous-estimé par son meilleur client, maintenant. Se taisant un instant, Zéphyr tendit son bras vers l’extérieur de leur isoloir, de sorte à ce que sa main apparaisse au reste de l’assemblée. Il la fit tourner sur elle-même, espérant que cela suffise à l’elfe pour qu’il comprenne qu’il commandait deux nouveaux verres de ce Whisky délicieux. A peine posa-t-il de nouveau ses yeux sur la table que leurs verres vides avaient disparus, bientôt remplacés par leur deuxième tournée.

« I think that is why you thought of me for that mission. I have proven my worth to you enough. Those Gatling won’t even notice their new shadow. »

Ce n’était pas de la vantardise, ou seulement très peu. Zéphyr connaissait ses limites, et la mission d’Azrael n’en faisait pas partie. Se laissant tomber sur la banquette et attrapant un des deux verres pour jouer avec, Zéphyr ne quittait néanmoins pas le regard du russe, qu’il cherchait à sonder.

« I have to say, you’ve tickled my curiosity, Silaïev. Why do I see so much hate in your wall-eyes when you talk of them? How can they have such power on you? I’m guessing I will find out when I go settle myself in Northern Ireland but … won’t you give me a little foretaste of what I am to expect? »

Etait-il allé trop loin ? C’était sûrement sa caractéristique principale, en même temps. Azrael devait le connaître, maintenant, et savoir que si Berlioz avait su détecter en lui cette colère, c’était une preuve en plus de la qualité de son travail. Cette fois-ci, ce fut à son tour de se pencher vers Azrael, le verre toujours entre la paume de ses mains.

« Am I going too far? You have to know, Silaïev, that I will do what I’m paid to do, no problem. For you, I’ll even do more, since you are an excellent client. You’ll just have to trust me on that. I’ll send you an owl when I feel like I’ve gathered enough information worth your while. »

Peut-être serait-il bon de changer de sujet ? Peut-être serait-ce tout ce qu’il réussirait à tirer de lui pour ce soir, peut-être valait-il mieux de ne pas plus réveiller cette colère qui brillait déjà dans ses yeux vairons ? Zéphyr était trop curieux, il espérait vraiment une réponse à cette question : qu’avaient-ils de particulier ?! Au vu de leur nom, ils n’étaient même pas russes ! Zéphyr en savait peu sur Azrael, mais de ce qu’il avait cherché sur lui avant d’accepter la première mission qu’il lui avait donné, il n’avait aucun souvenir d’un certain Gatling …

« If you don’t want to ease my curiosity, that’s fine. I actually wanted to talk to you about something else … »

Attendant sa confirmation, Zéphyr termina son deuxième verre de Whisky.



   

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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Lun 27 Mar - 22:57


Azphyr


Un voile tombe, un autre se lève. Mouvements simultanés dans leur opposition, intangibles pourtant, le vent qu’ils soulèvent souffle, éternellement mutique, sur des peaux qui n’en sentent rien. Un frisson rampe peut-être sur l’épiderme comme l’air se froisse, ondule, à l’image de l’aura brûlante d’un bout de métal grillé par un terrible soleil : c’est vous pourtant qu’entoure cette zone de flou, d’invisibilité relative. Non pas que vous soyez le soyez réellement devenus, la beauté de la chose est qu’on vous perçoit toujours ; la subtilité, que vous glissez sur la conscience de ceux qui le font sans que leur esprit ne juge bon, ni utile, de vous remarquer. Et même s’ils le faisaient, même s’ils parvenaient par un tour de force incroyable à se concentrer sur la scène primordiale qui s’apprête à se jouer entre vous, ce serait comme s’ils essayaient de se raccrocher à l’air. Souvenirs impossibles à capturer, vous êtes saufs de toute potentielle tentative de vous épier. Fin de l’acte pour ceux qui espéraient vous observer – les trois coups retentissent toujours à vos oreilles, signalant le début réel.

Et tu vois bien qu’il t’observe, tu peux sentir la manière dont ses yeux te scrutent, dont ils dissèquent la fureur qui tempête dans tes prunelles – fenêtre sur ce brasier terrible et infernal qui t’anime ; qui se déverse sur ton visage par la vitre ouverte, suinte de chaque interstice pour t’étreindre et t’envelopper de ses vrilles véhémentes, pour t’incarner dans cette ire impérieuse qui te grandit encore. Tu ne cherches pas à la cacher cependant, tu ne fais rien pour tenter de la dissimuler. Qu’il voit. Qu’il soit plongé, entraîné dans les abîmes infinis de ta rage, de cette colère plus despotique qu’elle n’est divine. Le whiskey coule dans ta gorge et s’évapore dans la fournaise ; le verre claque sur le bois, choc sourd qui fait vibrer le cristal comme un sinistre glas ; tu n’attends plus. Tu ne te perds plus ton temps en d’inutiles tergiversations – droit au but, tu assènes tour à tour chaque élément, chaque début de piste ; chacune des instructions et des exigences imposées pour ce travail, cette mission cruciale que tu lui proposes. Et si l’évidence s’impose, tu l’explicites néanmoins, la tire de son mutisme tacite : cette fois plus que jamais, l’erreur ne sera pas tolérée, l’échec, une possibilité pas même envisagée.  

Tu te redresses, retrouves une indolence toute féline – hautaine, mais qui évoque, maintenant plus que jamais, le fauve prêt à bondir et attaquer – lorsque tu laisses aller ton dos contre la riche banquette incarnat. Tu attends. C’est à ton tour de le scruter, les pupilles rivées à lui et son visage, guettant non seulement la moindre esquisse de geste, mais aussi ses expressions ; tout ce qui pourrait trahir ce qu’il pense et ressent de cette proposition que tu lui fais. En vérité, tu n’aurais pas besoin de ça, tu as percé depuis un certain temps déjà les secrets de la légilimencie, tu sais te glisser dans l’esprit de ceux qui te font face avec la légèreté et le naturel d’un souffle – quasi indétectable. Pourtant, tu t’en abstiens. Pas par sens moral, pas dans un élan de bonne conscience – tu n’as que faire de ces choses-là, s’en encombrer serait aussi inutile que ridicule, la réalité est que personne n’avance avec de bons sentiments. Non, tu trouverais simplement ça trop facile ; une futilité même, lorsque la question n’est que celle de quelques secondes jusqu’à ce que tu saches ce qu’il en est. Et puis, tu dois bien avouer avoir un certain plaisir à décrypter les gens, à les décortiquer par simple observation.

Et tu apprécies ce que tu vois, cet air que tu lui trouves. Si l’étonnement était bien passé, comme un coup de vent, sur son visage, quelques instants auparavant, le sourire narquois qui l’orne à présent, l’assurance de son regard qui vient s’accrocher au tien, ne laissent pas de place au doute. Il acceptera. Evidemment. Ce n’est pas par hasard que tu lui proposes ce travail, ni même par hasard que tu avais choisi de lui en confier d’autres, avant, pour le tester. Il y a chez Berlioz le courage des Gryffons, témérité tempérée juste ce qu’il faut par un goût pour les gallions ; mais il y a aussi cette intelligence, cette ruse serpentine, et surtout ce refus de l’échec – mélange qui a fait de lui ce qu’il est, à savoir l’un des meilleurs de sa profession. Aussi, nulle trace de surprise n’entache la glace de tes traits lorsqu’il acquiesce, lorsqu’il t’assure qu’il n’échouera pas. L’impertinence de ses mots suinte l’assurance, frôle l’arrogance, pourtant le fantôme d’un sourire affleure : sans joie, indiciblement froid ; incapable de franchir les hauteurs effilées de tes pommettes pour atteindre les lacs figés dans la glace que sont tes prunelles – c’est à peine si la commissure s’élève. Et pourtant, tes yeux luisent – sous la surface, c’est comme si les lueurs s’embrasaient davantage, avivées par son accord. "Good. I wouldn’t expect any less." Tu prononces, la voix étrange, comme diffractée entre une terrible dureté et la douceur de soie d’une satisfaction susurrée. Un délicat balancement, maîtrisé, penche ta tête légèrement sur le côté, comme si tu continuais à l’étudier. "Because you’re right. I have chosen you for a reason, Berlioz." L’implication et le sous-entendu sonnent de concert : bien sûr que tu l’as testé avant de lui confier tout cela, alors qu’il ne te déçoive pas – tu as assez confiance en ses capacités et en sa loyauté envers tes gallions et la porte ouverte au Repère que tu lui as offerte pour savoir que ce ne sera pas le cas.

Tes doigts se referment autour du second verre de whiskey, apparu selon l’initiative de Zéphyr, et tu le fais distraitement tourner, imprégnant le liquide ambré d’un mouvement de tourbillon avant de le porter à tes lèvres. Ton attention, elle, est toujours fixée sur lui, ton regard toujours à ces prunelles sombres qui te sondent – tu en as conscience. Tu le laisses faire pourtant. Qu’il s’amuse à essayer de percer les motivations qui te poussent à toutes ces précautions, les raisons de ton inextinguible rage – tu ne cherches pas à les cacher. Le drame qu’a connu ta famille, et qui t’a frappé plus violemment encore, n’est un secret pour personne – même ceux qui l’ignorent en trouverait la trace sans difficulté. Les journaux britanniques ne s’y sont peut-être pas vraiment attardés, mais c’est dans le bruit qui court, dans les rumeurs passées d’une oreille à l’autre, chez les sang-purs, qu’on en retrouve surtout la trace. Lorsqu’il te questionne, tu l’étudies, pensif, parsemant ton écoute de quelques gorgées d’alcool qui vienne te brûler délicatement la gorge. Un pouvoir sur toi ? Rares sont ceux à avoir posé les choses de la sorte ; pourtant oui, c’est vrai. Tu ne peux réellement le nier – c’est une forme de pouvoir qu’ils exercent sur toi, bien que tu préfères te dire que c’est ta vengeance qui en a, que c’est le souvenir d’Ezra. Mais pourquoi se mentir ? Cette haine, c’est ce qui t’a permis de continuer. Cette rage, c’est ce qui t’a poussé à en arriver là où tu en es, ce qui a fait de toi ce que tu es. Ce n’est pas qu’un objectif – tout ton être tend à vous venger, Ezra et toi, si bien que tu n’es plus que ça. Un être fait de haine et de colère, incarné par la vengeance. Certes, tu es aussi passionné de magie, sous toutes ses formes, et tu as bien quelques autres considérations, tu vises à d’autres choses. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, tout semble fade, fané à côté de cette ire immense et infinie, de cette fureur vengeresse que tu fais divine.

Sans ciller, tu l’observes se pencher à son tour, ronger sur le mince espace qui vous sépare, au-dessus de la table. Des paroles de réassurance maintenant, presque de garantie ? Prendrait-il des précautions maintenant qu’il a poussé la curiosité jusqu’à t’interroger des raisons de ta haine, de ton acharnement exhibé et précautionneux pour cette affaire ? Comme des pincettes pour éviter d’éveiller ta colère – la craindrait-il ? A vrai dire, tu miserais plutôt sur une certaine prudence dans ses propres intérêts. La goutte d’amusement se noie sous le tumulte, un rictus narquois tord néanmoins tes lèvres. ''Why do you think i hate them so much, Zéphyr ? What could have caused my wrath against them, accordind to you ?'' Retour volontaire au prénom plutôt qu’au pseudonyme – comme une parenthèse, comme si tu le poussais, lui, à réfléchir. Comme une cassure dans la bulle de sérieux et d’affaires qui vous englobes, pour trouver une sphère plus privée. Tu lui laisses quelques secondes, le temps de pondérer tes paroles, avant de reprendre. ''I would have think you’d have looked into the past of your clients, just to be aware of who they are… If you did, you’ll connect the dot ; if not… i do hope you will find out these reasons, as it wouldn’t be up to your reputation if you didn’t.'' Impertinence railleuse, tu restes nimbé du mystère de ces questions, amusement vague tiré de la situation. Tu es certain qu’il comprendra à vrai dire, la seule question que tu te poses es de savoir s’il devinera aussi la raison pour laquelle tu l’envoies les suivre. Et s’il découvre que les anéantir est tout ce que tu veux faire d’eux, comment réagira-t-il ? Dénué de la moindre appréhension, c’est avec une touche de curiosité que tu attends d’en être témoin.

A ton tour, tu vides ton verre d’un trait, et c’est toi, cette fois, qui tends le bras hors de la bulle intangible qui vous entoure pour te contenter de claquer nonchalamment des doigts – ordonnant de la sorte à ce qu’on remplisse à nouveau vos verres, puisque Berlioz semble avoir quelque chose à te demander. Tu tires un étui en argent fin, artistiquement ciselé, de ta poche ; l’ouvres pour en tirer une cigarette que tu viens coincer entre tes lèvres avant d’en proposer une à ton interlocuteur en lui tendant le contenant. Allumant l’extrémité d’un coup de baguette, tu aspires une première bouffée de fumée. ''Now that we’re settled on this matter… I’ll wait for your owl – i don’t need to tell you to be very careful while doing so. This,'' d’un geste calculé, tu fais glisser jusque devant lui un mince portefeuille de cuir, sorti en même temps que l’étui métallique. Un air de rien, pourtant… ''is the first part of your payment. You’ll get more once you’ll have gotten me some informations on them.'' Un sortilège d’extension rend l’objet bien plus profond, et donc bien plus rempli d’or trébuchant qu’il n’y parait. Si d’ordinaire tu ne payes pas en avance, la situation est autre cette fois, et tu te doutes qu’il aura potentiellement besoin de fonds pour mener sa tâche à bien. La cigarette retrouve tes lèvres pour un court baiser – déjà, elle en est loin, coincée entre tes doigts. Exhalant lentement la fumée, tu l’observes à travers les fins volutes, qui s’attardent un instant à flotter entre vous avant de monter vers le plafond pour s’y disperser, un sourcil arqué pour tout manifeste d’un intérêt presque suffisant en apparence. ''So. What was it you wanted to talk about ? Tell me, i’m listening.'' Une part de curiosité pour ce mystère, cette chose dont il veut t’entretenir, ou qu’il veut peut-être te demander, sans rien en avoir dit auparavant. Pas une parole, glissée trop vite d’entre les lippes, pas une traître échappée, qui aurait pu laisser deviner que, lui aussi, voulait te parler. Et si tu affiches un air presque désintéressé, si tu as pris le temps de finir parler de ton affaire avant de l’interroger sur tout cela, la manière dont il a laissé planer ses mots, singularité presque étonnante, selon toi, venant d’un homme qui n’a pas tendance à garder sa langue dans sa poche, n’a fait qu’accroître l’intérêt que tu portes à question laissée en suspens.



© charney
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MessageSujet: Re: Zéphyr + Ces instants profanes où naissent les drames.    Jeu 15 Juin - 0:56


   
Entre chiens et loups

   
"Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre."
Azphyr

   
Zéphyr s’y voyait déjà : dans le froid automnal de l’Irlande du Nord, à traquer ces fameux Gatling, et à en apprendre un peu plus sur cette famille de sangs-purs si fameuse, les Silaïev. A vrai dire, ils lui étaient complètement insignifiants, en tant que tels. Malgré ces deux années à fréquenter le gratin des sangs-purs, Zéphyr n’avait pas encore attrapé cette mauvaise habitude qui consistait à s’intéresser plus aux noms-de-famille qu’aux personnes qui se cachaient derrière. Premièrement parce que ça lui était plutôt inutile, de savoir qui était la sœur ou la cousine ou l’oncle de qui. Ils faisaient tous semblant d’être aussi copains que Salazar et Godric l’étaient, et tout le monde sait comment se termine cette histoire. Deuxièmement, parce que ce serait trop coûteux à sa mémoire. Les pauvres gosses devaient être conditionnés depuis leur naissance pour parvenir à se souvenir de qui était qui, lui en était bien incapable quand ça n’avait pas d’incidence directe sur le reste de sa journée. Il avait, évidemment, un peu étudié le cas de la famille d’Azrael au travers des petits jobs qu’il avait fait pour lui. Il savait les Silaïev sangs-purs, il savait qu’Azrael avait un petit frère, et qu’un petit bout de sa famille était mort dans un incendie. Il s’était suffisamment reconnu dans la peine qu’il avait pu avoir pour retenir un article indiquant qu’Azrael y avait perdu sa mère et son frère jumeaux. Il n’en savait pas vraiment plus. Par exemple, il n’avait aucune – strictement aucune – idée que lui et sa petite amie étaient en réalité cousins germains. Ça aurait pourtant été un détail nécessaire à connaître, et ça n’aurait pas été une information compliquée à se procurer. Disons que souvent, Zéphyr était just a bit lazy. Mais sa curiosité lui permettrait de surmonter cette flemmardise, le challenge d’une mission qu’il n’avait jamais effectué dans une telle ampleur lui mettait des étoiles dans les yeux. Et puis les Gallions, bien sûr, les Gallions. Il pensait déjà aux cadeaux qu’il achèterait à ses proches avec tout cet or. Sûrement en aurait-il pour quelques mois – ses petites perles auraient de beaux cadeaux pour Noël. Un nouveau tatouage pour lui, et pour Sasha … un chien ? Ou n’était-ce qu’un cadeau pour lui qu’il lui faisait à elle ?
Azrael devaient voir cette excitation briller dans les orbes chocolatés de Berlioz. Peut-être tentait-il de calmer cela en sous-entendant dans sa réponse qu’il ne devait pas le décevoir, mais Zéphyr n’entendit qu’un défi de plus. Tout ce qu’il y avait de plus Gryffondor en lui ressortait, dans cet endroit, au cours de cette discussion pourtant si vipérine. Pas étonnant, se disait souvent le garçon, que Godric et Salazar aient justement été si proches. L’un n’avait certainement pas pu se passer de l’autre, et vice versa. Silaïev et Aït-Malek, feu et glace étaient bien proches, désormais. Liés par l’argent autour d’une histoire que Zéphyr l’impatient essayait d’arracher aux lèvres d’Azrael, mais qu’il ne tarderait certainement pas à découvrir par lui-même.

« I would have think you’d have looked into the past of your clients, just to be aware of who they are… If you did, you’ll connect the dot ; if not… i do hope you will find out these reasons, as it wouldn’t be up to your reputation if you didn’t. »

Zéphyr laissa lui échapper un petit rire : Azrael touchait juste, s’il avait bien fait ses devoirs, peut-être n’aurait-il même pas eu à poser la question. Toutefois, quelque chose disait à notre petit malfrat que ça n’était pas dans les registres de sangs-purs trouvables un peu partout qu’il aurait pu lire ce qui poussait à Azrael à faire suivre les Gatling. Que venaient faire des britanniques dans l’histoire de famille de cette puissante famille russe ? Comment des gens avec un nom aussi pathétique que Gatling – non mais, franchement ? – pouvaient provoquer une telle lueur de colère dans le regard habituellement illisible d’Azrael Silaïev ?
Ce dernier justement lui proposait une cigarette, qu’il alluma du bout de sa baguette, non sans lui en avoir proposé une à lui-aussi. Zéphyr ne refusait jamais un tel cadeau, il glissa alors à son tour entre ces lèvres ce cylindre industriel, lui qui ne se payait d’ordinaire que du tabac à rouler. De sa poche, il sorti son briquet à essence, une idée derrière la tête. L’épaisse flamme qui vint allumer sa cigarette laissa une odeur âcre dans l’air, celle des choses qui brûlent trop vite. Berlioz, trop téméraire, répondit alors :

« Just so you know, I’m not a fan of the smell of burnt pigs – religious habits, certainly. So when I find them, and when I bring a proof to you, whatever proof it might be … I just don’t want to be around to smell the consequences. »

Evidemment, les Gryffondors, et Zéphyr parmi eux, étaient connus pour leurs paroles pleines de tact et de délicatesse. Ils étaient aussi connus pour leur intolérance à la sous-estimation. Le ton menaçant qu’avait pris Azrael n’avait pas plu à l’égo de Zéphyr qui avait dû riposter en lui indiquant que tout de même, il connaissait son boulot. Et qu’il savait aussi où étaient ses limites, certainement très différentes de celles du russe. Pas son problème, à vrai dire, ce qu’Azrael ferait des Gatling après qu’il eut réussi à trouver quelque chose qui les incriminerait – ou pas, d’ailleurs.

« You know what I love though? Oysters. Never got to find a pearl inside of one, unfortunately. I’m gonna order a dozen, you say they have everything I want, right? »

Comme par magie, l’Elfe de maison se matérialisa près d’eux à peine eut-il finit de prononcer ces mots, définitivement destinés à adoucir un peu l’impertinence dont il avait fait preuve quelques secondes auparavant. Une blague sur l’odeur du brûlé, faite à un homme qui avait perdu son frère jumeau dans un incendie. Bien joué, très bien joué. L’hirondelle que Zéphyr avait fait tatouer sur sa main battait énergiquement de l’aile, lui rappelant sa bêtise. En sortant rapidement sa tête de la bulle dans laquelle ils étaient piégés, Zéphyr commanda donc sa douzaine d’huitres, destinées à être partagées avec le sang-pur s’il en voulait quelques-unes. Il n’en avait mangé qu’une seule fois, et avait trouvé ce met délicieux, quoi qu’évidemment particulièrement cher.

***

Bientôt, alors que l’Elfe de maison était revenu avec les huîtres et que les cigarettes des deux jeunes hommes se consumaient, Zéphyr se vit remettre une partie du payement qui lui était destiné pour le travail qu’il effectuerait. C’était la première fois qu’Azrael lui remettait une bourse avant même qu’il lui ait ramené quoi que ce soit, certainement devaient-il savoir qu’ils ne se reverraient pas avant un bon moment, et qu’il aurait besoin d’une avance sur cet argent pour effectuer le meilleur job possible. Récupérant la bourse qu’il glissa dans la poche intérieure de sa cape posée à côté de lui, Zéphyr écrasa sa cigarette dans une huitre vide, et remercia chaleureusement son bienfaiteur :

« Thank you again for the trust you put in me, sir. I’m telling you again: I won’t disappoint. »

A la place de trust, Zéphyr aurait pu dire money. Il le remerciait presque d’être le cheval sur lequel il choisissait de parier. Il goba une nouvelle huître, pas mécontent d’être considéré comme un cheval de course, qui lui au moins, pouvait se payer les meilleurs produits. Le sujet finit donc par changer, et Zéphyr débuta :

« I noticed your runic-tattoo under your eye. If you don’t mind asking, is it magical? I, myself, have got a few magical pieces, made from voodoo magic, but I’d be interested in ancient magic too. I find the designs very elegant, and the magic produced by it, as I recall from my time at school, bloody powerful. »

Zéphyr se frottait les phalanges de sa main gauches, où il voulait se faire tatouer ses pieces. Il avait toujours voulu habiller ses doigts de fines pièces sophistiquées, mais n’avait pas eu d’idée avant de remarquer cette rune sur le corps recouvert de tatouage du russe.

« I’d ask my own tattoo artist, but I’m afraid voodoo and runes wouldn’t make a good mix. And I’m guessing you’re kind of an expert in that area. Of course, if you want the address of my guy, I’d be happy introducing you. I’m sure you’d get along fine, both of you. »

Jangor et Azrael avaient en commun leur côté taciturne. Certainement ne parleraient-ils pas beaucoup s’ils venaient un jour à se rencontrer, mais Zéphyr paierait pour voir cela. Ou pas. Certainement pas, d’ailleurs. Mais l’intention est là : leur rencontre serait suffisamment prometteuse pour qu’on ait envie d’y assister.



   
Spoiler:
 

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