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 We're not who we used to be || Safiya&Zéphyr

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Malfrat ϟ Indifférent
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MessageSujet: We're not who we used to be || Safiya&Zéphyr   Dim 30 Juil - 18:57


 
We're not who we used to be

 
"We're just two ghosts standing in the place of you and me, trying to remember how it feels to have a heartbeat" - Harry Styles
Zephyia

 
C’était une rue marchande moldue, réputée pour être aussi une rue marchande sorcière. Ceux qui avaient un peu de magie dans leur sang n’avaient qu’à pousser la porte de certains établissements de cette rue pour arriver dans leur version sorcière, invisible depuis l’extérieure. Tous ceux qui étaient dépourvus de magie étaient inattentifs à ce subterfuge, et s’ils croyaient voir de temps à autres des clients s’approcher de la porte de la boutique, ils s’imaginaient qu’ils s’étaient ravisés en ne les voyant pas rentrer.
Les enseignes sorcières de cette rue londonienne étaient pour la plupart très chics.  Rien à voir avec ce que l’on pouvait trouver sur le chemin de traverse, elles étaient d’ailleurs surtout connues par les hautes sphères de la société magique anglaise. Et par Zéphyr Aït-Malek. Bien sûr. Il savait précisément quelle boutique sorcière se cachait derrière quelle enseigne moldue, il connaissait le public de chacune de celles-ci, et fut un temps, il aurait même été capable d’identifier qui travaillait où. Il avait passé un certain temps à faire du lèche-vitrines. L’été entre sa quatrième et sa cinquième année s’était essentiellement passé là, à regarder quelle cliente rentrait où et avec quel type de sac elle sortait. Il n’avait jamais osé rentrer à l’intérieur, ayant trop peur de détonner dans cet environnement de femmes riches et puissantes. A 15 ans, il arborait un fier duvet sur sa lèvre supérieure, quelques noises se battaient en duel dans sa poche, et il associait la puissance à la capacité de gagner trois parties d’échecs magiques d’affilées. Et puis, aussi, surtout, Zéphyr ne voulait pas se faire remarquer. Par qui, me demanderez-vous ? Par la personne qu’il suivait comme son ombre, pardi ! Une jeune femme, brune, à la peau un peu plus hâlée que la sienne. Rien de bizarre, rassurez-vous. Il ne voulait pas la tuer, la découper en petits morceaux et la donner à manger au dragon de Gringotts, point du tout. Il voulait … Apprendre à la connaître. Rien de plus. Il prenait cet objectif personnel très au sérieux, voilà tout. Il goûtait au café qu’elle commandait dans ce petit bar moldu, qui le faisait grimacer mais qu’il réessayait encore et encore. Il achetait les livres qu’elle lisait, qu’il tentait de comprendre et parfois même de déchiffrer, quand ils étaient écrits dans une langue qu’il ne connaissait pas. Il l’attendait, assis sur un banc, quand elle rentrait dans une des boutiques sophistiquées de cette rue, et tentait de deviner le nombre de sacs avec lequel elle allait ressortir cette fois-ci. Il ne s’éloignait que quand elle rentrait dans une boutique de prêt-à-porter, qu’il savait être celle de sa mère, une femme qu’il ne voulait pas rencontrer. Heureusement, c’était souvent par cette dernière boutique qu’elle finissait sa virée shopping. Il avait donc eu toute la journée pour suivre à la trace Safiya Aït-Malek, et pouvait rentrer chez lui avec un semblant d’apaisement, qui disparaissait dès que la Lune se levait.

Mais tout cela, c’était quand Zéphyr avait 15 ans. Il avait fini par se lasser de noter toutes les petites habitudes de cette femme dans un carnet, carnet qu’il avait d’ailleurs perdu depuis. Il avait arrêté de parler d’elle comme sa sœur. Il avait arrêté de parler d’elle tout court, d’ailleurs. Ses amis l’avaient remarqué : « tu ne parles plus trop de ta grande sœur », disaient-ils. « Je n’ai pas de grande sœur », leur répondait-il, acerbe. C’était la vérité, ou presque. A part pour leur sang, Safiya et Zéphyr n’avaient rien en commun, et il était bien placé pour savoir que le sang n’avait aucune importance dans la définition d’une famille. Il avait des petites sœurs, et en l’occurrence, son père avait eu une fille avant de l’avoir lui. C’était tout.


C’était tout jusqu’à ce que Zéphyr atteigne ses vingt-et-un ans, et qu’il ne rencontre pour la première fois, officiellement, cette fille aînée de son père. Cette sœur, qu’il le veuille ou non. C’était il y a une semaine, et ça ne lui sortait pas du crâne. Elle n’avait pourtant pas su qui il était, et il s’était présenté sous son pseudonyme, aucune chance qu’elle le reconnaisse, donc. Pourtant, cette idée le hantait : que se passerait-il si elle le reconnaissait ? Si elle apprenait son existence, plus précisément ? Car certainement ne savait-elle-même pas qu’il existât, puisque seuls peu de gens savait qu’il était le fils de Walter Aït-Malek, et parmi ces personnes, aucune ne connaissait Safiya. Enfin bien sûr, aucune sauf Azrael Silaïev, cet ange de l’Enfer qui les avait poussés à se rencontrer, observant la scène de son œil malicieux, se délectant, Zéphyr en était sûr, de son merveilleux travail. Il aurait pu oublier cette rencontre, qui finalement ne lui était pas si essentielle. Qu’allait-elle apporter à sa vie, cette Safiya ? Rien de plus que quiconque d’autre, en tout cas. Et pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher d’y penser, l’idée de la voir à nouveau le hantait, sans qu’il sache ce qu’il ferait s’il se retrouvait en effet face à elle. Il n’en avait parlé à personne, certainement parce qu’il n’avait personne à qui en parler. Sa mère et ses sœurs étaient les dernières personnes avec qui il voulait partager cela, certainement parce qu’il ne voulait pas se confronter à leur réaction quand elles apprendraient qu’il s’intéressait à la partie paternelle de son arbre généalogique. Il n’avait jamais parlé de Safiya à Jangor, parce qu’elle avait déjà « disparu » de sa vie quand ils avaient commencé à se fréquenter. Elijah savait, mais il ne comprendrait pas. Ou plutôt, il comprendrait si bien que ça rendrait tout bien trop réel. Et tout cela n’était pas réel. Il ne s’intéressait pas vraiment à l’existence d’une femme qui n’était pas sa sœur.

D’ailleurs, s’il passait par cette rue commerçante qu’il avait tellement fréquentée lors de ce fameux été entre sa quatrième et sa cinquième année, c’était par pur hasard. Il avait une course à faire, et s’était retrouvé à passer par là. Il n’avait pas fait exprès, son inconscient avait certainement fait ce travail à sa place. Et s’il était en train de pousser la porte de la boutique qu’il savait être la préférée de Safiya, c’était par simple défi personnel. Il n’avait plus quinze ans, maintenant. Une vraie barbe avait poussé sur son visage. Une cape en laine noire, lourde et presque luxueuse était posée sur ses épaules, et tombait jusqu’à ses genoux. A sa ceinture, une bourse pleine était accrochée. Il avait sa place dans cette boutique, il n’y détonnerait pas. Il y rentrait pour le prouver au monde, pas pour une trouver une sœur qui n’était pas sa sœur.

Elle n’était pas là, de toute façon, et Zéphyr manqua de pousser un soupir de soulagement quand il s’en rendit compte. Il venait de lancer un regard panoramique sur tout l’espace de la boutique, et aucune grande femme brune n’était repérable. Son visage se détendit, et Zéphyr découvrit cette boutique qu’il avait tant de fois imaginée, en voyant Safiya la pénétrer, et en sortir le sourire aux lèvres. Il y avait de tout. Des vêtements, des sous-vêtements, des accessoires, des meubles, et même quelques balais magiques. Le garçon marchait entre les rayons, touchant du bout des doigts les pièces qui l’intéressaient, comme s’il avait peur de les abimer. Il y avait de très belles choses. Des robes qui changeaient de couleur au moment où on les touchait, des capes qui avaient l’air d’être constituées de centaines de milliers de papillons prêts à prendre leur envol. La magie était magnifique, et particulièrement celle-ci, celle des détails. C’était un métier qu’il aurait adoré faire, lui qui avait été un élève si attentif en cours de métamorphose. Fabriquer des belles choses, portées par des belles femmes. Il s’imaginait offrir ce chaperon vert émeraude à une certaine Sasha, qu’il s’était promis de ne plus jamais revoir. Elle l’aurait adoré. Il comprenait pourquoi Safiya passait des heures dans cette boutique. Tout y était très beau. Il s’aventura jusqu’au fond, dans le rayon des sous-vêtements, qui le fit rosir. Aussi adulte qu’il souhaitait l’être, avec sa barbe et ses gallions, il n’avait que vingt-et-un ans, et n’était pas habitué à voir autant de soutien-gorge en même temps. Alors qu’il se retournait pour trouver la sortie, soulagé et apaisé, il entendit une voix s’élever de la zone des cabines d’essayages, située tout près de lui. S’il ne comprit pas ce qu’elle disait, il la reconnue immédiatement.

Safiya Aït-Malek avait l’air d’être en train de s’adresser à quelqu’un, tandis que le teint de Zéphyr passait du rose au vert. Il devait trouver un moyen de s’échapper avant qu’elle ne le repère, parce que cette fois-ci, il n’aurait pas d’excuse. Pas de champagne à amener à une jeune femme, comme il l’avait prétendu la dernière fois qu’ils s’étaient croisés. Baissant le crâne au milieu de petites culottes magiques, Zéphyr en était presque à fermer les yeux. Il ne voulait ni la voir ni l’entendre. Il voulait partir, au plus vite, et se taper la tête contre un mur pour se punir de sa connerie, comme le ferait un Elfe de Maison désobéissant. En fait, il avait fermé les yeux. Véritablement. Or, se repérer dans une boutique qu’on ne connaît pas les yeux fermés n’est pas une tâche aisée. C’est ainsi qu’il se retrouva, en ouvrant les yeux, nez-à-nez avec sa sœur.

Non, pardon, pas sa sœur. Safiya. Juste Safiya.

Pour l’instant.


 
Spoiler:
 

ω






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