Revenir en haut Aller en bas



 

1 résultat trouvé pour connard

AuteurMessage
Tag connard sur ϟ Fizwizbiz. 161112023957713990Sujet: ✘ And they lived happily ever after ✦ Svetael
Azrael Z. Silaïev

Réponses: 5
Vues: 749

Rechercher dans: Europe   Tag connard sur ϟ Fizwizbiz. EmptySujet: ✘ And they lived happily ever after ✦ Svetael    Tag connard sur ϟ Fizwizbiz. EmptyJeu 27 Oct - 5:31



Elle est là. A frôler des hauteurs que la foule ne peut que rêver d'atteindre, à commander aux souffles et aux expirations. Elle les coupe et les gorges révérencieuses les enferment ; même le tien se trouve, un instant, otage de ta bouche - déjà, il se glisse dans l'interstice de tes lèvres insolentes, courbées d'une indolente suffisance. Tu la jauges et tu l'admires. Belle et rebelle, perpétratrice de passions déchirantes ; elle est Perséphone, reine des Enfers, et sa sauvagerie sublime attise les désirs inavouables, insuffle les jalousies irrespirables. Vos regards se croisent, et c'est comme une bulle qui se referme sur vous. Une tumulte qui vous agite et vous tient en haleine. Une tension dans l'atmosphère qui fait naître d'invisibles éclairs, qui vous assaillent et vous transcendent. Un incendie qui ronge les entrailles d'envies démentes, l'esprit accablé d'images indécentes - souvenirs autant qu'imaginations se mêlent et se déchaînent ; les bouches se mordent et se dévorent, les doigts s'enfouissent dans les cheveux et tirent sans douceur sur leur longueur. Les ongles lacèrent ces épidermes qui s'embrasent dans l'intimité de leurs frictions, à peine voilés par les derniers pans de tissu oubliés dans l'effervescence, dénudés jusqu'à l'offense. Les souffles se trouvent et se confondent, s'évaporent dans leurs élans erratiques ; ces corps avides se pressent comme s'ils pouvaient, rien qu'un instant, se fondre l'un dans l'autre d'une manière qui dépasse l'anatomiquement possible. Aucune douceur dans les envies voraces. Pas de tendresse dans les caresses, la rudesse dans l'audace de ces corps qui s’enlacent. Les masques, pourtant, restent figés dans la glace.

Sur tes lèvres persiste toujours ton rictus provocateur, encore rehaussé par la clope qui revient inlassablement les embrasser. La fumée, dont l'âcreté laisse au fond de la bouche un goût amer à l'image du magnétisme qui s'opère, envahi l'air comme l'insolence que tu exhales comme tu expires. Prédateur railleur, le venin qui coule de ta bouche n'a d'égal que le velours dont il se pare, malgré la véhémence de ses moindres nuances. En réponse, c'est sa main qui s'élève, transperce l'air et, autour de vous, les inspirations trébuchent à l'idée qu'elle perpètre l'offense - osera-t-elle ? Pourtant tu ne bouges pas. Tu ne cilles même pas. Tu continues à la fixer d'un air narquois tandis que le sourcil s'arque, hautain ; que les lignes de ta bouches se tordent davantage, sinuosités retorses qui creusent en la joue l'emprunte d'une fossette moqueuse. Le rictus se laisse voler sa précieuse prisonnière, et tu suis son chemin jusqu'à ses lèvres, autorisant tes prunelles à errer un instant sur les courbes de leurs vallons amers. Combien se sont parjurés pour quelques gouttes de leur feint amour ? Drogue doucereuse qui, dissimulant la déchéance sous l'illusion d'un extase, ne saurait amener que la mort ? Elle est telle la mer : aussi belle que cruelle, l'insoumise au centre de toutes les convoitises. Et toi, dans tout ça ? Tu es l'ouragan violent qui la déchaîne, la tempête qui l'entraîne malgré elle dans ses vrilles vindicatives. Vents impérieux qui claquent et qui frappent, provoquent l'impétuosité de vagues démoniaques. Véhéments amants, dont la valse dévaste le monde jusqu'à ses moindres vestiges ; dans l'air, une musique aux rythmes hypnotiques vous accompagne jusqu'à des hauteurs qui terrassent de vertige les têtes qui se lèvent pour tenter de vous suivre.

Quelques inspirations volées, des regards qui s'accrochent et se défient. Un peu de fumée qu'elle t'expire au visage et, c'est entre tes lèvres qu'elle replace la cigarette dérobée. Un fantôme de chaleur qui se perd sur la chair, la trace de ses lippes sur le filtre laisse entre les tiennes l'emprunte brûlante de leur baiser au toxique. Tu regrettes presque l'absence du contact fragile, d'un de ces effleurements si frêles qu'ils tissent les premiers lacis de la folie. La main s'élève, dissimule les lèvres quand elles se pressent en une ligne acerbe et que les doigts s'emparent de la clope d'un geste nonchalant, patient. Comme si tu ne faisais qu'attendre qu'elle se décide, ou non, à prendre ton bras offert comme le demandent les usages. Plus que par moeurs, c'est un geste qui suinte l'ironie, provocateur presque jusqu'à l'extrême : tu sais combien elle méprise tout ça, sans doute plus encore depuis l'annonce de vos fiançailles. Son bras s'entrelace au tien pourtant, ses doigts glissent sur la manche pour s'y refermer. Elle persifle, attaque avec la précision d'un serpent et ses mots claquent en l'air comme un fouet. Elle ne t'arrache que l'essence d'un rire : une expiration courte et précipitée qui trahit l'éclat, l'amusement sauvage qui ourle les lèvres sur les crochets, une avalanche de lueurs vives allument les vaironnes comme une tempête de feuilles d'or en automne - ne murmure-t-on pas parfois que l'automne porte plus d'or dans sa poche que tous les autres saisons ? Tu tournes la tête vers elle, suivant les lignes de son visage comme si tu hésitais à lui faire part du secret qui se cache derrière les apparences. Secret qui n'en est pas vraiment un, qu'elle connait, tu es certain de ça. Ca n'est qu'une mise en scène, qu'un jeu pour te distraire et chercher à l'enrager en la prenant de haut. Sur tes traits l'amusement se mue en une malice carnassière, évocatrice de milles et uns vices, et tu penches doucement la tête, faussement réprobateur, à feindre la pédagogie quand il n'est question que d'une suffisance insolente. "Voyons, Svetlana. Il n'est pas question de docilité mais de bon sens. Tu t'épuises à te révolter contre la société quand elle gravite dans le creux de ma paume." Encore un peu et tu aurais ce geste du doigt insupportable, cet index qui se lève pour sermonner les enfants récalcitrants et confondre les plus grands dans un élan de rage inopinée.

Vous avancez. Devant vous la foule des invités à la fête se fend inconsciemment pour vous laisser passer, vous observer. Leurs regards coulent sur vous comme un torrent auquel s'ajoutent leurs murmures, sans parvenir à vous entraîner pourtant : c'est comme s'ils ne vous touchaient pas, comme s'il n'étaient pas là. Ils ne sont que spectateurs de votre rivalité légendaire, adorateurs de votre impérieuse grandeur. Sujets empressés de votre empire, leurs échines se courbent tandis qu'ils vous admirent. Le valet tremble presque de vous servir, s'oublie dans votre prestance écrasante. Jamais tu ne lâches Svetlana des yeux, perpétrant les offenses avec un sourire en coin sournois, le masque triomphant. A vous, que tu imposes, et le cristal des verres tinte comme pour saluer l'audace de du sarcasme sous l'honneur feint. Vos yeux voyagent sur les traits avec cette lenteur lascive, cette langueur affolante qui fout le feu au corps. Elle s'approche. Brise la distance fragile qui subsistait encore, défiant des convenances dont vous n'avez que faire. Elle te frôle à travers le tissu, replace ton col et s'attarde sur le noeud de ta cravate, et tes pupilles persistent à la vriller. Trop proches de ta peau, bien trop loin aussi, c'est un entre-deux dérangeant, horripilant. Qu'elle choisisse. Tu sais que c'est sa manière d'attaquer, féline et assassine, et plutôt que de résister et risquer de te noyer, tu te laisses porter par le courant, contrôlant ta dérive. Les yeux se voilent, les cils frôlent la hauteur des pommettes lorsque, lentement, tu clignes. Les lignes des lèvres se font languides, le souffle un peu plus chaud. La nuque ploie, rapproche dangereusement ton visage du sien - de ses lèvres, de sa peau, bifurquant alors vers son oreille. "Qui te dit que je déteste ça ?" Le rauque dans la voix, les nuances qui se perdent dans des graves à faire frissonner. Le flou dans les mots, l'ambiguïté qui hurle dans le murmure. C'est volontaire, bien sûr que ça l'est ; tu aimes à semer le doute autant que la tempête. A elle de deviner, d'interpréter.

Les muscles de ton dos se crispent néanmoins lorsqu'elle effleure la chaîne qui porte la chevalière d'Ezra, refroidissant la fièvre qui grimpait en toi. Personne ne la touche, hérésie qui ne saurait qu'être punie par ta furie infinie ; il n'est qu'à toi. Mais déjà ses lèvres s'abandonnent sur ta joue, livrent une tendresse toute feinte aux centaines d'yeux qui vous épient. Rien qu'un instant. Déjà, elle s'éloigne, réinstaure cette distance censée rester de mise entre chacun tandis qu'elle provoque, cherche à te piquer sans réussir à faire plus que te chatouiller. Cette fois, ce sont bel et bien quelques notes d'un rire amusé qui s'échappent de ta bouche, agitent ton torse quelques fractions avant qu'il ne se mue en sourire malicieux. Elle poursuit, croise ses bras qui viennent souligner sa poitrine, et sa main porte son verre au niveau de ses lèvres pour la laisser siroter l'or pâle de l'élixir qu'il contient. Toi aussi, tu camoufles partiellement ta bouche derrière le cristal, même après que tu en aies bu une nouvelle gorgée. Sa convexité déforme, sa transparence, tavelée de gouttelettes oubliées, transforme. Le sourire semble se faire étrange, presque fantomatique malgré sa précédente malice - qu'en est-il réellement ? Est-ce une simple illusion ou une impression bien fondée ? La voix elle-même semble subrepticement changée. Le ton est identique pourtant la voilà plus profonde, avec comme un goût d'outre-tombe. "Et toi, Zane ?" La tête s'incline sur la droite sans que les yeux ne se lâchent, éternellement ancrés aux rivaux qu'ils refusent de lâcher. Les tiens forts d'un de ces regards qui transpercent, qui mettent à nu. "Es-tu bien certaine de ne pas être un simulacre ? Tu les exècres, pourtant toi aussi, tu portes des masques." Tu ne nies pas, cependant. Parce qu'elle a raison, parce qu'elle dit vrai : peut-être plus que tout autre ici, tu es un simulacre. Tu te contentes juste de planter un miroir métaphorique devant elle, de lui montrer ce reflet qu'elle sait si bien omettre.

Parée d'une nonchalance exquise, elle s'éloigne, te tourne le dos. Traverse à contre-sens la marée des invités qui viennent se masser vers le lieu de la célébration. Tes prunelles l'accompagnent, dégringolent le long de son dos qui s'offre à ton regard, dévalent la cambrure de ses reins, chute sensuelle d'où cascade le fin tissu vermeil. Tu t'humectes les lèvres, fini la coupe que tu délaisses sur la table avant de la suivre. Elle se retourne, te darde d'un regard et d'un sourire, d'un éclat de rire. Provoque de ses mots et de cette qu'elle pensée projette pour toi, si fort que, si elle était son, il te faudrait être sourd pour ne pas l'entendre - certains disent que les pensées sont comme des feuilles, qu'au moindre coup de vent elles s'envolent : assurément ce n'est pas le cas de celle-ci, gravée au fer rouge dans l'intangibilité même de l'air et de l'esprit. Sur tes lèvres reviens ce sourire carnassier. Tu es le prédateur qui s'amuse de la vengeance toute prête à être exécutée. L'indolent qui traque sa proie sans se presser, qui attend le bon moment. Et il vient. Tu n'as besoin que d'une fraction de seconde. Un coup d'oeil qu'elle jette derrière elle lorsque quelqu'un s'approche trop près, un automatisme instinctif, à peine conscient sans doute. Pourtant déjà tu bouges comme un serpent qui frappe. Un mouvement vif qui tranche sur l'indolence calculée ; tes doigts s'emparent des siens, l'attirent à toi, la font tournoyer si bien qu'elle se retrouve presque lovée contre toi - son dos partiellement calé contre ton torse, entourée par ton bras qui la retient. "Pourquoi aurais-je peur que tu m'abandonnes quand tu ne fais que me chercher, Svetlana ?" Murmure perfide et bien trop satisfait que tu glisses comme un secret au creux de son oreille, tandis que tes lèvres effleurent le coin de sa mâchoire. Tu ne joues pas même l'accident, encore moins l'inconscient. Elle comme toi savez que c'est un geste volontaire, une attaque insidieuse. "Tu fuis parce que je te laisse faire. Parce que la traque me distrait." Ta main s'égare de l'autre côté de sa mâchoire, dirige l'inclinaison de sa tête lorsqu'elle se glisse sous son menton, jusqu'à faire partiellement coïncider vos visages. Jusqu'à ce que les yeux se retrouvent et se rivent. Jusqu'à ce que vos bouches se défient, que vos souffles se mêlent comme si tu allais l'embrasser. "Je t'aurais quand je me lasserai. Tu articules nonchalamment, avec une telle assurance qu'elle suinte de chacun de tes mots, encore renforcée par le fait que tes bras l'emprisonnent. Comme si ça tenait de l'évidence.

Ton pouce se glisse alors entre vos bouches, et tu suis des yeux son lent chemin lorsqu'il retrace sa lippe avec, dans la caresse, un semblant de tendresse. "Ce n'est pas moi qui ait peur, Svetlana." Une franchise qui tranche et qui détonne, une véracité si simplement posée qu'elle déstabilise. Et brusquement, le feu se mêle à la glace. C'est comme un éclair qui traverse un ciel pourtant clair. Un revirement presque total de situation. Ce n'est qu'un énième coup de ta petite vengeance, que tu octroies drapé d'une hauteur plus sournoise, plus pernicieuse. Et lorsque les lèvres s'ourlent, se tordent d'un rictus incisif, ce sont des ombres nouvellement alarmantes qui s'étirent comme un fauve sur la peau nue de ton visage. "C'est toi qui as peur, c'est toi qui détestes autant tout ça. Et ça te ronge, n'est-ce pas ? Ca te brûle, et si ça te touche autant c'est bien parce que, toi aussi, tu fais partie de ce simulacre que tu abhorres. Tu es l'Ouroboros : rien d'autre qu'un dragon qui persiste à se mordre la queue, qui hait ces crocs qui le font souffrir sans réaliser qu'ils sont siens." Tu repousses méthodiquement une mèche de devant son visage, et puis tu la lâches. Tes mains la quittent comme tes bras, et tu recules, tu l'abandonnes avec un de ces sourires suffisant bouffé de cruauté. Et tandis que tu te laisses porter par le mouvement de la foule jusqu'à une table couverte de verres juste quelques mètres plus loin, tu la considères un instant avant de proposer, l'air si clairement plein de feinte sollicitude qu'il en devient insultant : "Désirerais-tu un remontant ? Tu as l'air d'en avoir besoin."


©️ charney


Spoiler:
 
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
Sauter vers: