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 you'll raise your white flag if life is your game // anatoli

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MessageSujet: you'll raise your white flag if life is your game // anatoli   Dim 21 Fév - 22:42


Anatoli Maksim Slezniov

they call me homewrecker

ϟ Prénom(s) : Anatoli, Maksim
ϟ Nom : Slezniov
ϟ Age : 16 ans
ϟ Date et lieu de naissance : le 16 mars 1961, à Volgograd en URSS
ϟ Statut & Sang : sorcier de sang-pur.
ϟ Particularité, don : grande force physique, entraîné au Systema depuis qu'il est jeune.
ϟ Maison : serpentard, gryffondor à la rigueur.
ϟ Ancienne Maison : /
ϟ Baguette : baguette de frêne, avec comme cœur un ventricule de dragon ; très rigide, d'une trentaine de centimètres.
ϟ Patronus : un pygargue empereur
ϟ Epouvantard : des chaînes inextricables qui l'enserrent, le soumettent – le creusent jusqu'à l'os.
ϟ Amortentia : le souffle rugueux d'un froid mordant, une subtile senteur de musc et l'âcreté de cendres encore fumantes.
ϟ Miroir du Rised : son frère, la main sur son épaule, le regard empli d'une fierté que peine à contenir un sourire tout en sobriété – à son côté, quelques personnes, dont les visages, bien, qu'indistinguables, luisent d'une reconnaissance et d'une affection humbles.
ϟ Feat : Erin Mommsen
ϟ Crédits : me, myself & i (Almilozee)
Qui es-tu ?
Ces questions nous servirons à mieux comprendre votre personnage. Vos réponses doivent faire 50 mots au minimum. Pour vous aider, n'hésitez pas à aller lire la chronologie.

1. Que pense votre personnage de la coalition entre Poudlard / Beauxbâtons / Durmstrang ? Anatoli ne voit dans ces coalitions qu'un supplément d'oppresseurs potentiels, d'autant que des jeunes sorciers russes fréquentent Durmstrang, qu'ils sont tous ou presque les fiers rejetons de longues lignées aristocratiques – et qu'ils ont, de fait, tous plus ou moins eu vent de son histoire, et de l'incident ; il n'est pas dit qu'ils le reconnaîtront, mais la crainte tinte toujours légèrement dans le fond de son estomac ; crainte de côtoyer à nouveau, de près ou de loin, ce milieu, dont les mâchoires avides s'étaient si véhémentement refermées sur lui quelques années auparavant ; crainte des opinions qui pourraient, encore une fois, cingler sa peau, raviver la grande amertume de son enfance, dont il pensait s'être définitivement défait lorsqu'il avait déménagé. La délégation de Beauxbâtons le laisse relativement indifférent, si ce n'est qu'elle apporte dans son sillage des essaims d'âmes possiblement irritantes – c'est dans sa nature de vouer aux foules, aux rassemblements hurlants, une haine féroce ; et avec, avec les deux délégations, ce sont des foules de plus, des agacements de plus, des migraines de plus. Pour ce qui est d'une éventuelle analyse politique de la situation, ou un avis du même ordre quant à la coalition, il n'y pense pas vraiment – les méandres complexes des autorités en place chauffent ses nerfs, il ne s'y frotte donc pas plus que nécessaire, leur seule pensée faisant, d'énervement, blanchir ses jointures et crisper ses articulations.

2. Poudlard est-il toujours pour vous "l'endroit le plus sûr de toute la Grande-Bretagne" ? Ce ne sont, aux yeux d'Anatoli, pas tant les déflagrations conflictuelles naissantes qui menacent de remettre en cause l'aura unique, sécuritaire et protectrice qu'il a toujours associée à Poudlard, que ces délégations, que cette alliance créée pourtant dans le but même de restaurer la paix et la quiétude. Ces arrivages de russes, aux yeux hostiles, à la stature menaçante – ces russes qui ne croient sûrement pas à sa complétude... Eux dans l'enceinte de Poudlard, il renoue avec ses hésitations, ses tourments, ses détestations autocentrées – il retrouve toute l'âpreté de ses dix ans, celle-là-même que son déménagement, puis son entrée à Poudlard lui avaient permis de surpasser. Pour lui, si l'école n'exhale plus l'apaisement et le calme, c'est uniquement le fait de cette coalition, qui lui fait l'effet d'une sanglante immixtion dans le cocon soyeux qu'il était difficilement parvenu à tisser au fil des années.

3. Quel sont les plans de votre personnage quant à son futur ? A-t-il une vocation, ou souhaite-t-il attendre de voir où Merlin l'emmènera ? Anatoli n'est pas de ces âmes projectives, qui s'oublient dans les abîmes d'une imagination prompte à leur jeter aux yeux l'exquise poudre d'un futur glorieux ; il est être d'instant, il habite le présent, quitte à le taillader pour s'y ancrer plus fermement. Toute son enfance durant, il s'est pensé par rapport à Vassili, sa seule référence – le seul à lui faire la faveur de le tolérer ; le seul, donc, qui serait part incontournable de son futur quel qu'il fût ; quelle que fût la forme sous laquelle il se profilerait à l'horizon, Vassili y prendrait part. Mais l'incident, l'indéniable distanciation de son grand frère à son égard qui l'a suivi, et finalement l'éloignement physique, ont déchiré le simulacre de futur qu'il ébauchait depuis qu'il était petit. Son entrée à Poudlard : une page blanche, de la blancheur virginale des premières fois – une renaissance ; pas question de penser le futur sans avoir pu dérouler le présent dans toute son ampleur. Ce n'est pas qu'il n'y pense pas ; c'est qu'il s'ouvre sous ses pas en un gouffre terrifiant, qui lui noue le cœur d'une angoisse inconnue – il en a peur. Qu'il soit proche (Poudlard se délave peu à peu de son halo d'énergie lénifiante, et son mal-être, qu'il dissimulait dans les souterrains de son intériorité, affleure progressivement) ou lointain, l'avenir est pour Anatoli spectre menaçant, s'insinuant dans son présent, sa perspective l'oppressant sans cesse.

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Anecdotes

Très fin de constitution, malingre, d'apparence frêle et inoffensive – Grande force physique insoupçonnée néanmoins, entraîné au Systema, art martial russe, depuis son enfance – Pâleur de la peau froide sous laquelle on distingue le dessin des os, azur des grands yeux presque toujours creusés de cernes, pommettes hautes et saillantes ; le visage semble ciselé – Troubles comportementaux : TOP (troubles oppositionnels avec provocation), a en horreur toute forme d'autorité, de domination ; tendances à la paranoïa et à la violence quand il est question d'ordre, de subordination et de discipline – Aime à cultiver une image de marginal subversif, et à jouer parfois le rebelle en classe, quand bien même son intelligence lui permettrait très nettement de réussir les exercices – Est cependant habitué depuis son enfance à cacher ce qu'il est réellement, et à jouer, à s'apposer des masques divers contre la face ; ne se prive pas de le faire auprès de la quasi-totalité de ses fréquentations – Tendances agressives, forte propension à l'opposition voire à la violence, malgré tout le self-control que son vécu lui a apporté, les deux modalités de son tempérament s'affrontant en lui au quotidien – Son refus catégorique de toute forme d'autorité s'accompagne d'une volonté de renversement, et de prise de pouvoir dans tous les domaines ; dans ses interactions, cherchera à asseoir, puis à étendre une emprise nette, ferme et intense sur l'autre ; voudra s'imposer comme dépositaire de la puissance, et de l'autorité – Insomniaque, et souvent sujet à de violents cauchemars, desquels il émerge comme déchiré par une ancienne douleur oubliée – Parle peu, sauf lorsqu'il se sent en confiance ; il est alors difficile de faire plus prolixe, plus volubile que lui – Se blesse facilement, mais cicatrise mal – Elitiste dans ses fréquentations, n'est pas féru des interactions sociales ; accorde peu et très lentement sa confiance aux autres ; n'aime rien moins que les relations en demi-teinte, et les contacts fades – N'aime pas parler de son enfance, mais est volontiers bavard et dithyrambique au sujet de son frère, qu'il mentionne à chaque détour de conversation, dès lors qu'elle s'approfondit un tant soit peu – Ne comprend pas bien le principe des maisons, et, de manière générale, n'adhère pas aux catégorisations, bien qu'il laisse paraître le contraire pour la cohérence de son rôle – Très doué sur un balai mais n'a jamais été intéressé par le Quidditch ; lui préfère de longues errances solitaires entre les vents, les pluies et les cimes des arbres – Le feu exerce sur lui un trouble hypnotique, et le propulse aux limites de la transe –  Fascination pour la magie noire, dont il est certain qu'elle lui permettrait d'affermir son aura et sa prestance d'être autoritaire – Etant russe, il arrive qu'on le prenne pour un élève de la délégation de Durmstrang ; il arrive qu'il ne nie pas, même s'il a déménagé en Angleterre avant de pouvoir entrer à Durmstrang – En parallèle, et paradoxalement, a toujours éprouvé depuis toujours une certaine curiosité, mêlée de fascination vis-à-vis des moldus, et s'est renseigné en secret depuis sa petite enfance, se sentant comme étrangement affilié à eux de par son incomplétude –  

Derrière l'écran

ϟ Pseudo ou Prénom : Almilozee
ϟ Âge : 18
ϟ Double compte ? /
ϟ Comment avez-vous découvert le forum ? Reg ♥♥♥♥
ϟ Vos premières impressions ? vous êtes absolument chouki, j'vous aime déjà ♥
ϟ Autre chose ? je suis une hystéro uiui jsé :/

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Dernière édition par Anatoli M. Slezniov le Dim 13 Mar - 17:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: you'll raise your white flag if life is your game // anatoli   Dim 21 Fév - 23:05


Il était une fois ...

so sick of your crooked smile and your counterfeit soul  

Quand ses poumons enflèrent pour la première fois, le jour paraissait à peine ; la nuit encore laissait ses traînées de jais contre les paupières closes des habitants de Volgograd. C'est à l'aurore qu'il naquit – Anatoli il fut. Il arrivait en second, et Vassili, à qui la fortune avait offert d'être le bienheureux aîné, déjà étendait sur lui une ombre crochue ; il fut sa seconde nuit, celle qu'il se donna pour horizon de progrès dès qu'il fut en âge de se comparer à lui. Mais les aptitudes magiques du benjamin n'émergèrent pas immédiatement ; bien avant, ses parents lui découvrirent un tempérament emporté, une forte propension à la colère et des pulsions violentes, caractéristiques qui provoquent habituellement la remontée dudit potentiel magique, surtout chez le jeune enfant.
Mais rien ne vint, sinon les gerbes de sang contre les murs, les ecchymoses bleuâtres et les hurlements déchirants d'Anatoli, à qui il arrivait de baigner dans la furie des heures durant ; il apparut bien vite qu'à sa source étaient ses parents et leur emprise sur lui. Quelques grands psychomages étudièrent, sur leur ordre, le cas du garçonnet, et un diagnostic ne tarda point à être établi – c'était bel et bien l'autorité qu'il avait en abhorration, elle qui nouait ses mains, son cœur, et les contractait véhémentement.

Dès lors, ses parents prirent le parti de relâcher leur poigne sur Anatoli, et de lui accorder une relative liberté d'action, espérant l'apaiser et débloquer en lui ce que ses troubles comportementaux avaient probablement jugulé. Il jouit jusqu'à la lie de ce pouvoir d'un genre nouveau ; vous pouviez le croiser au détour d'une ruelle, guilleret, les yeux partout, alors même qu'il aurait dû être à l'école – sorcière, cela va de soi. Mais ils l'ennuyaient, tous ! à s'agiter dans l'attente d'une secousse singulière, d'une réaction incongrue en telle ou telle situation. Plus précisément, ils l'inquiétaient : c'est que tous manifestaient à l'occasion quelque aptitude particulière, qu'Anatoli savait être hors des domaines de compétence d'un être humain lambda ; tous, sauf lui. Si ses rages brasillantes passaient quelques fois auprès de ses camarades pour un don à la puissance inouïe, ses professeurs n'étaient pas dupes ; et le garçon captait aisément les signaux qu'ils s'envoyaient – plissements éloquents des lèvres, secousses récurrentes de leurs têtes lasses.
C'étaient des Que fait-il ici, des Sans-pouvoir et ce mot jamais réellement assimilé de Cracmol – du moins jusqu'à ce que Vassili, un jour, le lui crache à la face, un rictus craquelant les lignes pures de ses pommettes, d'une voix immensément condescendante :
Eh bien ! Tolik, je crois qu'ils avaient vu juste à ton sujet, tu ne vaux décidément pas grand-chose...
Il avait toujours su voiler son timbre d'une nappe de fiel ; jamais Anatoli n'avait douté de la noblesse des intentions de son frère à son égard – quoi qu'il lui dît, Vassili avait raison ; lui, et sa placidité, lui, et son torse large d'être fini.
(Putain, tu l'as jamais fini, ton deuxième fils, c'est ça ? - cet achèvement qui lui manquait tant, s'il s'en tenait aux rixes verbales de ses parents.)
Dans le fond, tu n'es sans doute qu'un vulgaire Cracmol... Mais comme je suis magnanime, je suis disposé à faire de toi mon serviteur.
Son rictus voulut alors prendre des allures de sourire, et un observateur extérieur eût remarqué sa fausseté patente, mais Anatoli avait confiance en Vassili, voyait son idéal en Vassili – et, s'il se mettait à son service, ce serait consciemment ; nulle autorité ne pèserait plus sur ses épaules malingres, puisqu'il serait utile à Vassili.

C'est un jour qu'il faisait en ville une course pour son frère qu'il s'éveilla enfin ; son pouvoir, celui qu'il attendait sans le connaître depuis qu'il était en âge de le penser. Les instructions lapidaires (efficaces) de Vassili l'avaient mené au cœur de l'un des quartiers les plus mal famés de Volgograd, où il devait apparemment rencontrer l'un de ses amis ; comme son frère n'avait pas jugé bon de lui donner plus de détails, il errait, le pas sémillant, entre les ruelles étroites et assombries par le crépuscule finissant. Il avait beau n'être, comme le lui rappelait Vassili dès qu'il le pouvait, qu'un Cracmol immature et capricieux, il n'avait pas peur. Ses parents avaient compensé son apparente absence de facultés magiques par une instruction physique des plus rigoristes ; grâce à elle, il se trouvait qu'il avait désormais une incroyable maîtrise, pour son jeune âge, du Systema, tant défensif que létal. Non, Anatoli n'avait pas peur.
Les rues s'étrécissaient ; à ses pieds les pavés étaient veinés d'eau sale, de suie, d'urine – il détonait superbement, ses yeux jetant leurs étincelles azurées sur les briques ternes, sur les tessons de verre qui composaient les allées. Le menton au ciel, les cheveux au vent, il patienta longtemps ; Vassili, il était vrai, ne lui avait indiqué aucun horaire – juste ce souffle et la certitude vaniteuse qui le pénétrait, il viendra, Anatoli, ils viendra pour toi. Il n'avait pas relevé l'utilisation par son frère de son prénom complet, une étrangeté – ç'avait toujours été Tolik, ou Tolia, pour lui signifier sa veule incomplétude, son grotesque morcellement ; car il était cette aube mutilée, débordante encore de l'épaisseur ténébreuse de la nuit. Mais c'était désormais une autre affaire : il l'avait reconnu dans son entièreté en acceptant l'héritage onomastique de ses parents – il l'avait admis en égal, et Anatoli l'aurait dû constater, aurait dû même s'en alarmer. Car jamais Vassili ne l'avait admis autrement que comme serviteur ; il n'avait jamais rien été à ses yeux que cette nuque courbée, cette échine pliée, ces paupières au sol – cet abaissement à son seul service, à son entière disposition. Aujourd'hui, c'était pourtant différent – il avait dit, Anatoli, il avait dit mon frère, mon sang. Et c'était, en effet, de sang dont il allait être question – celui d'Anatoli.

Et, alors que la voix de Vassili traînait ses pointes acérées dans les pensées d'Anatoli, ils vinrent enfin – ils étaient trois, trois longues silhouettes filiformes enroulées dans d'épaisses capes de riche fourrure, paraissant glisser sur les putridités diverses du sol. Ils empestaient l'opulence imméritée, de celles qui prennent appui sur des amoncellements de cadavres et d'immondices plus noires les unes que les autres, de celles qui font remonter la bile au fond de la gorge – de celles dont l'amertume se goûte sur les papilles. Le contraste avec la saleté nauséabonde de la ruelle était saisissant et, un instant, Anatoli voulut en rire – ceci avant qu'il n'en déduise que s'ils étaient là, c'était précisément parce que nul ne songerait jamais à les y chercher. Étaient-ils les hommes mandatés par Vassili ? Il n'en avait pourtant mentionné qu'un – il savait l'horreur d'Anatoli pour les rassemblements d'adultes, et, surtout, les immenses réceptions intolérablement mondaines, suintant l'hypocrisie et l'obséquiosité, auxquelles ses parents le traînaient chaque année sans exception, l'exhibant comme un vulgaire trophée de chasse. Un trophée, cependant, dont le lustre était de surface ; dont les fonds étaient tapissés de pourriture et jetteraient l'opprobre sur leur noble famille au sang si pur s'ils venaient à être découverts. Pourtant, ils étaient là – trois paires d'yeux scrutateurs, trois faces tordues, où  s'épanouissaient trois rictus impatients. Leurs capes les grandissaient, et il semblait à Anatoli qu'ils gagnaient en hauteur sur lui à mesure que les secondes passaient – que leur condescendance d'adultes enflait et étendait leur ombre sur lui ; c'était proprement intolérable, et d'autant plus qu'ils se contentaient de le toiser, sans mot dire, sans même esquisser le moindre geste. Qu'est-ce que vous voulez ? C'est vous, les amis de Vassili ? Parler, d'abord – agir ensuite ; c'était ce que son grand frère n'avait de cesse de lui répéter, pour tenter de contenir ses emportements – parler avant d'agir, c'est-à-dire, parler pour agir. Mais nulle réponse ne vint, et leurs regards ne le lâchaient pas ; leur fixité était presqu'aussi stupéfiante qu'elle lui était insoutenable. Que diable faisaient-ils ici ? Il était clair à présent qu'ils étaient là pour Anatoli uniquement – voilà maintenant cinq minutes qu'il était le centre de leur immobile attention. Eh ! Répondez. C'est lui qui vous envoie ? Pas plus de réponse – sa patience commençait à s'effriter, et l'offense qui lui était présentement faite, à lui chauffer l'orgueil ; le débordement était proche, et ils semblèrent le sentir, car ils se murent enfin.

Dans une synchronisation parfaite, ils sortirent de leur poche trois longues baguettes de bois – d'instinct, Anatoli fit un pas en arrière. Sorciers, finis, purs, ne put-il s'empêcher de commenter – ses pensées, il les régurgitait spontanément, quand bien même elles pourraient lui nuire par la suite. Le rictus s'élargit, s'affina – ils étaient satisfaits, apparemment, de la remarque d'Anatoli, mais il n'en dirent rien. Pas un mot ne passa non plus la clôture de leurs lèvres distordues lorsqu'ils pointèrent, à l'unisson, leurs baguettes sur le buste du jeune homme ; la souffrance sembla affluer ex nihilo.
D'abord, elle se logea dans son ventre, en une masse frénétique et pulsant fiévreusement en lui, l'inondant d'une chaleur déchirante, qui semblait fissurer sa peau et mettre à nu chair, sang, organes, os – il lui semblait que sa peau n'était plus qu'une parure dérisoire, qu'on le forçait à retirer ; que des millions de cœurs hérissés de lames affûtées s'agitaient maintenant en lui, du sommet de son crâne jusqu'à l'extrémité de ses orteils, que ses veines avaient explosé et déversaient leur sang brûlant dans son corps en fusion. Tout, dans son champ de vision, vacillait, et il n'y eut bientôt plus qu'une obscure brume, piquée çà et là d'un flash blafard de lumière. Ses pieds cédèrent sous la douleur térébrante, et, lorsqu'il heurta véhémentement le sol, il ne le sentit même pas.
Lève-toi. Lève-toi, maintenant. Un lointain écho – il ouvrit les yeux. Il était toujours là, au sol, face aux trois sorciers qui l'avaient attaqué, et dont l'un était désormais penché sur lui, les yeux luisants. C'était lui qui avait parlé, lui qui avait proféré l'ordre – et, même depuis les limbes au fond desquelles la douleur l'avait abîmé, il l'avait entendu. Parce qu'il était Anatoli Maksim Slezniov, et qu'il avait les ordres en exécration depuis qu'il avait senti la secousse du jour sur sa peau, il avait entendu ; et malgré l'infâme souffrance, malgré le tiraillement aigu de tous ses membres, malgré l'affolement de son cœur, il se leva. Il se leva, non pas pour obéir, car jamais sa volonté ne fléchirait sous l'assaut d'une autre, mais pour riposter ; pour imprimer la sienne au fer rouge, ronger la peau opaline de ceux qui avaient osé le mettre à genoux pour s'y graver à jamais.

Alors, Anatoli se leva, les jambes tremblantes, le souffle comme guillotiné à chaque inspiration, et il tendit les bras, doigts courbés comme des serres. Il tendit les bras, et les capes des ses trois attaquants s'embrasèrent instantanément ; ce furent d'immenses flammes, d'un bleu électrique et surnaturel, que jamais nul être humain non fini ne pourrait produire et, lorsqu'il les vit, Anatoli sut qu'en lui quelque chose avait changé. Je suis fini, je suis fini, balbutia-t-il, encore faible sur ses appuis, la respiration erratique ; je suis fin- ENDOLORIS ! Un triple hurlement rocailleux, comme l'horrible crissement de griffes contre les parois pestilentielles de catacombes damnées – et la douleur qui revient, qui ruisselle et s'engouffre dans les sillons qu'elle avait creusés, dans les plaies qu'elle avait tailladées, dans les abysses qu'elle avait ouverts ; la douleur qui vient pour submerger, la douleur qui vient pour tuer. Et c'est au tour d'Anatoli de hurler, de hurler au ciel face contre terre, son sang en ébullition, menaçant de disloquer ses veines, son cœur dilaté dans un dernier cri contre sa cage thoracique, ses membres parcourus de soubresauts indiscontinus. Il croit qu'il va mourir, et puis tout s'arrête. Il sent qu'on le soulève de terre, il a le temps d'apercevoir le regard satisfait de Vassili, soudain, au dessus de lui, et puis il perd conscience.

Je ne sais pas. Je l'ai trouvé là, c'est tout. Trois types l'attaquaient ; je crois qu'il a reçu plusieurs Doloris, mais ils n'étaient pas si forts, en terme de potentiel magique. La voix semblait d'une autre dimension – loin, trop loin, et comme enveloppée de coton. Il a dû beaucoup souffrir, mais il est résistant, Anatoli. Vous le connaissez – il va s'en sortir. Oui, j'en suis sûr – de ça, je suis certain. Croyez-moi. Silence – le souffle s'échappait des lèvres en grognant ; exaspération. Les pas comme des gourdins contre le sol, claquant, fouettant – d'une honorable et ferme entièreté. Vassili, c'était Vassili – qui d'autre ? Qui d'autre, pour lui faire sentir sa complétude par le simple biais de ses pas ? Mais. Mais maintenant, tout a changé, n'est-ce pas. Il fallait qu'il le lui annonçât – lui et personne d'autre ; il fallait qu'il parachevât sa transformation, qu'il fixât définitivement, contre ses omoplates en saillie, les ailes iridescentes qu'il venait de faire jaillir en lui. Il allait placarder son nouvel achèvement sur les lèvres de son frère : je suis Anatoli, je suis Anatoli à présent. Plus nul besoin de mutiler son prénom pour lui jeter au cœur sa béance – ce seraient quatre grandes syllabes sur sa langue, sous son palais, derrière ses dents ; dans sa gorge, quatre avancées de la voix, quatre murs pour l'édifice de son identité. V-Va-Vassili. On eût cru la voix usée, creusée, falaise calcaire mangée par l'érosion – elle rentrait à la maison cependant, habitant bientôt  plus naturellement la gorge, ruisselant plus paisiblement dès lors que les paupières eurent quitté le pâle cocon des pommettes osseuses : Anatoli venait de bondir dans la conscience, dans l'ardente activité ; parler avant d'agir, oui, comme toujours – mais agir par le fait de parler, agir en parlant. Vassia. Vassia, j'ai- j'ai des murs maintenant. Tu vois ? Je suis complet. C'était son tour, désormais – son tour d'arracher à Vassili son identité pour la savourer, la broyer entre ses mâchoires d'être fini ; son tour d'être grand et réussi, son tour d'être une multiplicité de syllabes sifflantes dans les bouches – son tour d'être puissant, au sens de doté de pouvoirs. Enfin commençait l'élévation de l'Anatoli-zénith – l'aube, déjà, se délavait dans ses iris, se dérobait aux poings du soleil ascendant ; l'aube se couchait en lui.

Et ce jour, pourtant, resterait à jamais nuit profonde dans le jeune esprit d'Anatoli – et peut-être était-ce pour le mieux. Le sort d'oubli que Vassili lui avait infligé, peu après l'avoir ramené au manoir, cadenassait férocement le souvenir de cette journée terrible – il avait, lui, un très fort potentiel magique ; il y avait fort à parier que jamais son frère ne pourrait plus accéder à cette portion de mémoire qui lui avait été dérobée, le Doloris ne tenaillant pas la peau comme les lames – rien n'eût pu rappeler à Anatoli les brûlantes torsions de son corps, les cruelles meurtrissures faites à son âme encore en édification – du moins, à ce que pensait Vassili. Mais les circonstances de ce dont il parlait avec ses parents par la médiation du terme d'incident restaient pour le moins obscures, et ceux-ci ne tardèrent pas à concevoir contre lui de gros soupçons – ils avaient eu vent de l'attitude de leur aîné à l'égard de leur second fils ; des rumeurs sinuaient çà et là, dans l'honorable aristocratie sorcière soviétique, sur la famille tordue – Vassili, aux pouvoirs et à l'amour-propres titanesques, et l'autre. On le croisait peu ; c'est qu'aux réceptions il filait sous les tables, contre les murs, tapi en des recoins insoupçonnés – il n'aimait pas le grand monde,  Anatoli, n'aimait pas être criblé de questions, toutes suintant la désapprobation ; il n'aimait pas plier sous le fardeau des jugements qui étaient portés sur sa personne. Et il ne pliait pas, à dire vrai, il se tordait, comme la couleuvre que l'on prend d'assaut – et l'incident avait fait souffler d'une oreille à l'autre le bruit que peut-être, on l'avait tordu, cette fois. Que parmi les responsables il y avait celui qui depuis toujours écrasait Anatoli sous une autorité dissimulée, qui depuis toujours craquelait ses os sans qu'il s'en aperçût ; celui qui avait su faire du trouble comportemental de son jeune frère un atout – celui qui avait su dompter l'indomptable.
Nul ne savait bien ce qui s'était passé, ce qui était arrivé à Anatoli, mais tous savaient qu'il y avait eu quelque chose, une grande cassure, et des éclats létaux. Et l'ombre d'une honte gigantesque, qui commençait à voiler l'éclat de la très prestigieuse famille Slezniov. Les rues murmuraient à leur passage, jetaient sur eux leurs regards réprobateurs ; les yeux s'étrécissaient à leurs vues, les bouches se pliaient, et l'on se penchait à l'oreille de son voisin pour lui conter à leur sujet quelque anecdote, ou le prier d'en partager une. Ils étaient sujets centraux de toutes les curiosités morbides ; Anatoli, du reste, ne sortait plus. Ses rares apparitions dans le monde sorciers avaient été ponctuées des valses de rictus cireux des hauts représentants de la noblesse sorcière, des chuintements insoutenables de leurs atours poussiéreux lorsqu'ils faisaient volte-face pour l'écarteler sous leurs petits yeux cruels et inquisiteurs – de leur fielleuse opinion à peine voilée. Il était, à leurs yeux, le décentré, le désaxé, celui qu'on avait tordu – il était comme le survivant d'une expérimentation ratée, dont on cherche à estimer le niveau de mutilation, après l'imprévue déflagration. Et c'était, à Anatoli qui ne savait rien, qui ne savait plus rien, examen étrange, et inexplicable – il se sentait souillé par les vrilles impudiques que faisaient sur lui leurs coups d’œil incessants, et d'autant plus qu'il ne connaissait pas leur raison d'être.

Pourquoi, pourquoi ? demanda-t-il un soir à ses parents. Je pensais que j'étais comme il fallait. N'est-ce pas le cas ? Le grand silence qui s'étirait entre eux, comme toujours – ce n'était pas la première fois que cette discussion avait lieu. Cette fois, pourtant, le timbre grave de son père fit vibrer de son onde masculine les murs du manoir – enfin, il parla ; Anatoli, nous déménageons – nous deux, et toi. Nous partons. Il n'attendait pas cette réponse – elle sonnait comme un décret. Anatoli abhorrait les décrets ; ils étaient ordres que l'on tentait misérablement de légitimer ; et Vassili ? Pourquoi Vassili ne vient pas ? Vassili avait toujours été là – figure inamovible, fermement plantée à son côté depuis qu'il était né, à la fois horizon enviable et parangon, à la fois détestable et à son développement indispensable ; ambivalent, mais bel et bien présent. Il faudrait donc se séparer de lui ? Vassili a sa vie ici, il y est bien. Il y a sa place. Mais nous, nous sommes sur les bords – en marge. Nous sommes déjà loin, même tout près d'eux, tu ne crois pas, Anatoli ? Ne sens-tu pas le ravin qui te sépare d'eux, quand ils te regardent comme ils le font dès que tu oses sortir ? Le démon de la colère eut en le garçon des apaisements inattendus ; nulle menace, ici, à son intégrité, ni à son contrôle sur lui-même – il s'agissait là d'un simple constat, d'une justesse alarmante ; I didn't belong here. Il n'était pas tant le désaxé que celui qui n'avait jamais côtoyé l'axe – et si même sa récente complétude n'avait fait qu'exacerber son caractère marginal, alors sa présence ici n'avait aucun fondement – ils avaient raison, et il lui fallait partir ; en une telle exiguïté, et parmi les grises exhalaisons de moisissure de cette société, il ne pourrait guère déployer ses ailes et leur blancheur irisée ; il lui fallait l'excitation de l'inédit, la nouveauté à l'infini.
So we left –  and for the first time, he was not by my side. I was ten.
I was ten and I was leaving the place I had spent all my childhood in, leaving the brother whom I had lived all my life with, but I had never feel more complete.
For the first time, I felt like I was going to fit in.


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MessageSujet: Re: you'll raise your white flag if life is your game // anatoli   Dim 21 Fév - 23:43

Le Choixpeau Magique


ϟ Maintenant que tu es validé(e), tu vas pouvoir passer faire un tour par les bottins pour référencer ton personnage. D'abord, réserve lui sa tête en passant par le bottin des avatars. Mais référence aussi ses capacités magiques dans le bottin des patronus et des capacités spéciales au besoin.
Ton personnage, maintenant entré à Poudlard, va pouvoir s'y investir ; tu as la possibilité de l'inscrire aux essais pour l'équipe de Quidditch, ou alors, tu peux demander à Dumbledore de le nommer en tant que préfet
Si c'est ton deuxième personnage - ou plus, petit coquin ! - va donc t'inscrire dans le bottin des multicomptes.

ϟ Puis, tu vas pouvoir lui construire une fiche de lien et de RP dans ce sous-forum, tu vas aller lui acheter un hibou que tu vas ranger par ici et que tu vas aller référencer dans ce sujet. Libre à toi aussi de publier son journal intime dans cette sous-partie

ϟ Une fois toutes ces étapes passées, tu peux -enfin- aller RP ! Tu peux évidemment aussi aller flooder, en tout cas, va nous démontrer par des montagnes d'écrits combien tu aimes ton nouveau personnage ♥ Amuse-toi bien sur Fizwizbiz ♥

Qui suis-je ?
Ton personnage s'assoit sur le tabouret en bois, devant toute la grande salle, après avoir été appelé par le Professeur McGonagall qui pose maintenant le Choixpeau Magique sur sa tête ...

« Très cher Mr. Slezniov, vous nous venez de loin, et j'ose espérer que Poudlard saura répondre à vos attentes. Pour vous aider à cela, je pense que c'est chez les SERPENTARD que vous serez le mieux ! J'ose espérer que vous y trouverez la complétude que vous recherchez tant ... »
Survole l'image pour en savoir plus


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