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 Every demon wants his pound of flesh (Augusta)

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MessageSujet: Every demon wants his pound of flesh (Augusta)   Lun 19 Juin - 12:55

every demon
wants his pound of flesh


Habité par des sorciers, fantômes, animaux, tableaux, escaliers et autres objets magiques : le silence était rare à Poudlard. Encore moins quand on était une de ses têtes auto-couronnées comme Nevea Yaxley. Elle avait détesté ça. Dès le premier jour, elle avait haït le désordre des échos. Pour avoir vécu dans un manoir silencieux toute sa vie, la rentrée de 1970 lui avait vrillée l’estomac. Elle avait tant mordu sa lèvre inférieure qu’elle en avait gardé une cicatrice. Ce premier soir de septembre, sous la table de banquet des Serpentards, Nicholas lui avait broyé sa main. Il avait interdit tous les tremblements de son corps. Il les avait étouffés. A l’instar de Norfolk, il n’y aurait ici aucune place pour la faiblesse. Une nouvelle vie commençait ; les souffrances du passé ne seraient plus que pour les autres. Oui, elle avait haït le bruit et ces milliers de personnes rassemblées en une même pièce. Une même pièce où la majorité n’était que des êtres inférieurs, puants et sans manières. C’était le prix à supporter pour échapper à ses parents. Elle les avait maudit pour l’avoir condamnée dans une solitude mortuaire. Onze années. Onze années à apprendre et à mépriser sans n’être que rarement sortie. Surprotégée non pas par amour, mais pas condescendance et cruauté : elle avait eu l’air d’une provinciale. Le soir, dans son nouveau lit à baldaquin, elle avait fait le serment de ne jamais plus rester derrière. Patiemment, elle avait appris des meilleurs pour préparer son règne. Au fil des années, elle s’imposa comme l’héritière du royaume de Serpentard. Le pouvoir. Il lui était nécessaire pour survivre au quotidien. Elle se nourrissait des angoisses et des peurs susurrées sur son passage. Les pleurs de ses proies préférées étaient désormais ancrés dans les pierres du château. Leurs résonances quotidienne réconfortaient son âme égarée. Quant à sa Maison, si elle concédait que la fraternité était importante, elle se complaisait dans la servilité des autres à son égard. Pour sa propre insécurité, elle voyait tous ses caprices exaucés.

Parfois, il lui arrivait de défier le sommeil pour savourer l’indolence de la nuit. Sous ses tentures vertes, à l’abris des autres, elle laissait alors sa cicatrice trembler. Plus que quelques mois. Plus que quelques mois et elle pourrait vivre avec Nicholas. Elle se consacrerait à sa tâche, elle pourrait l’aider, l’épauler, le rejoindre. Sentir sa présence comme un roc qui ne se ploie jamais. En attendant, les aurores où il n’y avait pas cours, elle s’enfuyait. Elle errait aux abords du lac noir, prétextant aux autres son apprentissage de la langue aquatique. Et personne n’osait venir la déranger : ils préféraient profiter des quelques heures de sommeil supplémentaires au risque de décevoir une Yaxley. Plus que d’être trop bien entourée, il se murmurait dans les couloirs que la famille entière était partisane du Seigneur. Mythe inventé? Quoiqu’il en soit, elle revenait de Durmstrang et ce fait était bien trop réel pour tenter de la frustrer. Ils avaient raison car ce matin là, il n’y avait aucun entrainement. Le lac était gelé et elle laissait les êtres de l’eau à leur trêve hivernale. Non, elle exultait la rage de ces dernières vacances. Si elle avait pu pleurer ou crier, il est probable qu’elle l’aurait fait. Trop longtemps elle s’était imposée un carcan d’indifférence, froid et cruel ; il était devenu une part d’elle-même. Oiseau noir, sous ses doigts électriques s’évanouissent des arabesques de flocons. On disait que c’était par l’eau que la magie s’était manifestée chez elle. Avant ses trois ans comme une parfaite Sang-Pure. Vrai ou pas, elle n’avait jamais perdu l’habitude de jouer avec cet élément. Elle aimait sentir sous sa paume ces formes entrelacées, toutes aussi arbitraire que son être.



Les vacances venaient de se terminer. Longues. Austères. Douloureuses. Nicholas avait été trop occupé dans ses nouvelles taches, Nevea n’était pas autorisée à l’aider. Elle savait tout, mais elle était encore une élève. Elle devait conserver une image qui peut-être serait utile à leur noble cause. Quant à la facétie à laquelle elle s’adonnait avec Edouard, ses parents avaient été mis au parfum. Sous le peu d’entrain de Nevea, ils étaient redevenus intransigeants. On ne pouvait laisser échapper une alliance avec une des familles les plus pures, puissantes et riches de France ! Elle avait crié à la couardise de l'adolescent et à son égoïsme ne pensant qu’à son propre confort, ne partageant par leurs idéaux. Le combat à mener n'était pour lui que comédie ! De cet élan fulminant, elle ne revenait avec aucune cicatrice afin de ne pas risquer de froisser les manières françaises, trop raffinées et poudrées. La puissance et le prestige devaient prévaloir, à jamais. Quand avaient-ils perdus leurs coeurs, quand perdrait-elle le sien? Quand cesserait-il de battre pour ne devenir qu’une roche noire insondable? Pour oublier, avec l’aide d’Aleksandra, ces dernières semaines n’avaient été dédiées qu’à la pratique de la Magie Noire. Son corps en ressentait encore une énergie dévastatrice. Un état électrique qu’elle n’arrivait pas complètement à faire disparaître… Plus elle s’enfonçait dans l’apprentissage de ces arts, plus elle se sentait possédée d’une fièvre quiète.


☾ ☾ ☾



Sa lourde cape noire sourd le bruit de sa marche. Nébuleuse, elle s’enfonce dans la neige fraiche sans aucune pitié pour le paysage vierge de la nuit. Ses pas sillonnent le lac pour ne revenir que lorsque la château s’illumine de centaines de lumières. Sous les cavités, sa Maison doit elle aussi s’éveiller. Bientôt, toutes seront là à tourner autour d’elle. Elle affichera le sourire carnassier de son père, celui dont on ne sait jamais s’il vaut mieux répondre ou disparaître. Et alors que, sous l’ironie du sort, elle laisse échapper un sourire méprisant sa main tend sa baguette vers la gauche. Réflexes aiguisés d’une double vie. Une silhouette se détache de sa vision et pendant un moment, son geste reste suspendu avant de le rengainer. Augusta. « Que fais-tu ici ? » presque accusateurs, ses mots sont maladroits. Les mots de celle qui, sans le savoir, se reproche toute sa bêtise humaine. Une défense de l’esprit aux élans incertain du coeur. Malgré l’immensité, la sorcière sent son être se contracter sous le manque d’air et d’espace. Depuis trop longtemps elles ne s’étaient pas retrouvées isolées. De meilleure amie à étrangère, de tout partager à ne plus rien se dire, de blessures en mensonges : où s’étaient échouées leurs dernières années?
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MessageSujet: Re: Every demon wants his pound of flesh (Augusta)   Sam 22 Juil - 19:17

Le château regorgeait d’élèves encore profondément endormis, bien au chaud sous leurs couvertures. Ce n’était pas le cas d’Augusta. Elle filait à toute allure à travers le parc gelé, entamant son dernier sprint. Le froid hivernal lui glaçait les poumons, la suffoquait, mais elle continuait, sans s’arrêter. Bientôt, ce furent ces muscles endoloris qui se plaignirent à leurs tours, mais elle ne s’arrêta pas non plus pour eux. En sport, elle était masochiste. La douleur lui faisait du bien, elle lui permettait de se concentrer sur autre chose et de tout oublier. C’est exactement ce qu’elle désirait. Ces seules pensées étaient des paroles la poussant à continuer. Encore quelques mètres qu’elle enjamba rapidement, puis elle atteignit son arbre, le point d’arrivée de toutes ses courses. À bout de force, elle se laissa tomber au sol. Elle se donnait dix secondes pour reprendre son souffle. Les secondes écoulées, elle se releva encore en haleine mais pas question de démontrer de la faiblesse, même s’il n’y avait personne pour la regarder. Elle fit quelques pas dans la neige, son pouls se calmant peu à peu. Sa course avait au moins eu l’effet désiré, seule la satisfaction était présente dans sa tête désormais. Elle enleva ses gants, puis refit sa queue de cheval dont plusieurs mèches s’étaient échappées. Elle essuya du revers de sa main la sueur de son front, puis ferma les yeux quelques secondes face au vent afin de se rafraichir. Étant en plein hiver, ce ne fut pas très long. Le froid commença à la faire grelotter au lieu de simplement lui faire du bien. Ne voulant pas tomber malade, elle sortit sa baguette de sa cape, puis se jeta un sortilège visant à la réchauffer. Elle n’avait pas envie de retourner au château, pas tout de suite. Ces matins étaient ses seuls moments de répit où elle pouvait être seule et mettre de l’ordre dans ses pensées. Elle s’assit dans la neige sous l’arbre sans ressentir le froid de celle-ci, ses vêtements étant équipés de sortilèges

Les vacances de Noël n’avaient pas été différentes de celles des autres années, à l’exception qu’Aurelius était resté enfermé dans sa chambre la majorité du temps. Il avait voulu resté à Poudlard, mais ses parents avaient refusés et avaient été très stricts à ce sujet. Si sa mère ne disait rien, Augusta avait peur pour son frère lorsqu’elle croisait le regard de son père, fulminant face à l’échec de son héritier. Elle savait de quoi son père était capable et était inquiète de ce qu’il pourrait faire à son jumeau. Le voir sombrer un peu plus à chaque jour l’inquiétait également. Que devait-elle faire pour rétablir la complicité qu’ils avaient un jour partagé ? Elle soupira, s’exaspérant elle-même, incapable d’ignorer les pensées qu’elle était spécifiquement venue oublier. Elle se releva, essuya la neige de sa cape, puis se mit en marche vers le château. Une silhouette emmitouflée qui avait été cachée par les arbres apparut alors dans son champ de vision. Augusta ne put en discerner grand-chose, mais de toute façon elle n’avait envie de croisé personne. Elle s’apprêta à prendre un détour, mais la silhouette fut rapide et avant même qu’elle n’ait le temps de réagir une baguette se retrouva pointée sur elle. C’est alors que ses yeux discernèrent les traits lui faisant face, des traits qu’elle connaissait autrefois par cœur. Nevea. Prise par surprise, elle ne réagit pas tout de suite, mais les mots accusateurs prononcés par celle qu’elle avait déjà appelé sa sœur la firent réagir.

« C’est évident non ? » Dit-elle d’une voix teintée d'arrogance. Vêtue de sa tenue de sport, elle croisa les bras. « D’ailleurs, je pourrais te poser la même question. » Dit-elle froide, cassante. Augusta ne se rappelait même plus de la dernière fois qu’elles s’étaient retrouvées seules, cela remontait à beaucoup trop longtemps. La situation s’était donc dégradée à ce point… « Je ne te savais pas aussi matinale, à moins que ça n’ait changé depuis Durmstrang. » Ce fut maintenant un ton léger qui accompagna ses paroles, mais un bon observateur pouvait discerner la voix méprisante avec laquelle elle avait prononcé le dernier mot. Méprise qui camouflait bien sa jalousie… Oui, Augusta était jalouse. Jalouse que Nevea l’ait préféré à une école qui avait tout gâché entre elles. Autrefois elles avaient tout partagé, désormais la blonde ne voulait même plus qu’elles règnent ensemble. Autrefois, elles s’étaient confiées jusqu’à leurs plus grandes faiblesses, Augusta avait même permis à Nevea de s’infiltrer dans son esprit puisqu’elle connaissant déjà toute sa vie. Désormais, elle craignait qu’elle le fasse à son insu, car cela faisait très longtemps qu’elles n’avaient pas été sincères l’une envers l’autre. Cela lui manquait. Augusta était sans cesse entourée, régnant sur sa cour. Les Serpents cherchaient à tout prix sa compagnie lorsqu’ils ne la craignaient pas. Toutefois, aucun d’entre eux n’équivalait à leur ancienne relation. Elle ne savait même pas si un jour elles arriveraient à rétablir leur amitié. Après tout, l'amitié sans confiance, c'est une fleur sans parfum.

ω



reign in blood.
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MessageSujet: Re: Every demon wants his pound of flesh (Augusta)   Mer 20 Sep - 13:00

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« C’est évident, non? Flèche d’arrogance en plein coeur. Celle qui se targue d’être la seule reine de Serpentard la toise  d’un oeil vif. Sa poitrine semble lourde, soulevée comme une arme destructrice. Avant. Avant, oui mais il y a longtemps, elles auraient souri avant de rire à l’unisson. Alors, elles riaient de rien et de tout. Elles étaient innocentes aux maux qui empoisonnent leurs coeurs et leurs âmes. 

D’ailleurs, je pourrais te poser la même question. Je ne te savais pas aussi matinale, à moins que ça n’ait changé depuis Dumstrang. »



C’est fou, à se déchirer, pupilles contre pupilles, elles avaient tout fait pour se détourner de leur amitié. La seule amie qu’elle n’avait jamais eue. La seule pour qui elle avait accepté de baisser ses gardes, savamment dressées. Combien de fois dans une vie le ferait-elle? Jamais plus. Cette guerre déclarée était trop vive, trop douloureuse. Elle demandait trop d’efforts, trop d’énergie. Ces jours passés étaient morts et ne reviendraient pas. Nevea n’avait jamais regardé derrière elle. Elle n’avait jamais demandé à son corps de se laisser porter par les douceurs nostalgiques du passé ; panser les souvenirs ne rentrait pas dans son champs de compétence, ni dans ses volontés. Peut-être qu’elle avait tout fait pour se détourner d’elle. Oui, peut-être était-ce sa volonté profonde que celle de se blesser pour ne pas que les autres puissent le faire.



« Oh!, mais entends-je une pointe de dédain en tes mot? »



Durmstrang. Durmstrang avait été un coup bas. Aujourd’hui encore elle ne pouvait dire pourquoi elle n’avait pas prévenue Augusta. Il aurait été si simple de lui dire : j’en ai besoin. Je dois le faire. Comprends-moi. Viens avec moi ou attends-moi. Mais non. Non! Il avait fallu qu’elle le lui cache. Une encre noire dans le coeur, glissant lentement en son sang. Il ne serait plus jamais possible de le lui expliquer. Ces choses qu’elle ne lui avait jamais dites, à présent elles les séparaient. Pour certains, ce raisonnement aurait été celui d’un couard. Un lâche qui ne veut pas faire face à ses peurs et ses obligations, mais c’était tout autre… Une sorte de lynchage, de torture psychologique qui lui faisait dire : je ne peux qu'avancer maintenant. Une souffrance qu’elle s’imposait pour se rappeler ses blessures à vifs. Ce n’était pas simple, ce n’était pas simple. 


« Mes habitudes matinales, tu les connaitrais si tu ne m’avais pas abandonnée.  Méchanceté. Encore une fois, c’est plus simple comme ça. Prétendre que les tords relèvent des autres, c’est plus facile. C’est se décharger d’un poids qui nous fatigue, c’est retourner ce qui nous fait mal dans le coeur de l’autre. Tortiller le coeur de la personne aimée, ne lui avait-on jamais éduqué autre chose? 

Avoue-le, puisque nous sommes seules. Il t’arrangeait agréablement que je ne sois pas à tes côtés... Te voilà reine désormais. »



Dans quelle bouche se crache le dédain à présent? Enfants, elles étaient arrivées avec de grands yeux pleins de rêves et d’appréhensions. Il y avait Nicholas, il y avait Aurélius et il y avait elles. Elles. Deux âmes comme on en rencontrait peu dans une vie. Si proches au premier regard. Elles avaient affronté toutes les années de Poudlard main dans la main. Elles avaient décidé que jamais aucune n’aurait le pas sur l’autre. Toutes les autres filles, maisons mélangées, avaient jalousé leur complicité. Pas besoin de mots, pas besoin d’étalage de niais sentiments. Une certitude.



« Ne me dis pas que c’est parce que tu n’étais pas attirée par Durmstrang.

La vérité c’était qu’il y avait Aurélius. Augusta n’aurait jamais pu se décider à l’abandonner et Nevea n’avait pas eu le courage de le lui demander. Parce qu’elle savait jusqu’en ses plus sombres doutes, elle n’avait jamais trouvé le courage. Ca ne changeait pas qu’elle s’était empressée de lui avoir voler sa place. Hors, à tout ceux qui tentait de la détruire, elle leur renvoyait la pareille. Son tour n’était pas encore arrivé. Blesser Augusta, c’était blesser une part d’elle-même. La dernière lumière, la dernière bonté. On sait tous que tu fricotes avec Silaïev. »
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