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 “De quelque manière qu'on s'y prenne on s'y prend toujours mal.” || Safyia, Azrael & Zéphyr

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MessageSujet: “De quelque manière qu'on s'y prenne on s'y prend toujours mal.” || Safyia, Azrael & Zéphyr   Ven 27 Jan - 23:24


... On s'y prend toujours mal

"Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre."
J'Aspire du Safran

Zéphyr jeta un dernier coup d’œil à la longue glace accrochée au dos de la porte d’entrée de sa chambre aux Trois Balais. Des cernes violets descendaient jusque ses pommettes, s’assortissant presque au noir de son costume. Il était épuisé, mais s’était tué à la tâche ces derniers jour et était plutôt ravi du résultat. En ce 15 décembre, il reverrait son meilleur client, Azrael Silaïev, et il ne pouvait pas arriver les mains vides. Il avait donc dû s’assurer que ça ne serait pas le cas, au terme de quelques nuits blanches. Tant pis : il dormirait quand il serait mort. Ses cheveux étaient tirés vers l’arrière, et il était rasé de près, ne laissant que quelques millimètres de barbe, sans laquelle il rajeunissait de quelques années et ne paraissait que plus fatigué. Sa chemise noire au col mao était fermée et particulièrement ajustée, tandis qu'une veste noire aux revers brillants tombait bien le long de son torse. Il avait un peu maigri, mais sa fatigue l’avait poussé à ne pas s’essayer à la rafistoler pour qu’elle soit un peu plus ajustée à sa taille. A ses poignets brillaient des boutons de manchette que lui avaient offert Jangor, deux têtes de lions gravées dans de l’argent. Ils étaient assortis à la chaîne qui reliait les deux épaules de sa cape, accrochée au tissu par deux broches ornées de lions à la crinière rebelle. La cape noire en laine épaisse et douce tombait un peu en dessous de ses genoux ; à l’intérieur de celle-ci, il avait glissé dans une poche invisible sa baguette, ainsi qu’une pièce à conviction destinée aux Silaïev, qu’il ne comptait pas lui donner ce soir, mais qui ne resterait certainement pas sans surveillance dans sa chambre aux Trois Balais.
Si Zéphyr était habillé ainsi, c’était justement sur l’invitation d’Azrael Silaïev. Ce dernier avait jugé qu’il serait bon que Berlioz graisse la patte à la cinquantaine – plus ou moins – de sangs-purs qui seraient invités à cette soirée de Noël où il le conviait. Visiblement, Silaïev était partageur, même de son roublard fétiche et ce n’était pas pour en déplaire à celui-ci, qui ne disait jamais non à une nouvelle opportunité d’acquérir de nouveaux clients ou de rappeler son utilité à d’autres. Cette fête lui permettrait de montrer qu’il était au courant de ce qu’il se passait dans le monde magique, et qu’il pouvait s’infiltrer jusqu’aux plus intimes soirées du gratin magique. Il irait donc en tant que Berlioz, espérant qu’on ne parlerait pas de lui comme de Zéphyr, ou pire, comme d’Aït-Malek. Mais à priori, aucun de ses amis proches ne s’y rendrait, et c’était ce qui importait : peu de chance que quelqu’un d’autre qu’eux ne gaffe.
Il avait donc fallu, pendant quelques semaines, collectionner différentes pièces pour sa tenue, qui devrait montrer élégance et raffinement en même temps que sobriété. Pas question qu’il se fasse remarquer plus que ça. Le tout était de trouver le bon équilibre : hors de question qu’on le confonde avec un serveur, mais aussi impossible qu’on le remarque plus que quelqu’un d’autre. Il devait, comme à son habitude, se fondre dans la masse, pour n’être reconnus que par ceux qui voulaient véritablement le voir. La tenue qu’il s’était assemblé lui paraissait tout à fait approprié, et ce fut dans un plop significatif qu’il quitta la pièce, laissant sa chienne derrière lui non sans s’être assuré qu’elle ne manquerait de rien durant le temps où il la laisserait seule.

Zéphyr avait transplané, sans véritablement le faire exprès, plutôt loin du cottage auquel avait lieu cette soirée. Il était très mauvais en la matière, mais finalement, avoir mal visé l’aidait plutôt : ça lui donnait l’occasion de marcher un peu, pour reprendre ses esprits et reprendre quelques couleurs, car véritablement, le transplanage était une expérience qu’il détestait particulièrement. Rien d’impressionnant, en apparence, à cette petite maison cossue perdue au milieu de la campagne anglaise, où il serait reçu. Néanmoins Zéphyr savait ce qui l’attendait, une fois qu’il pénètrerait à l’intérieur de la maison. Ces pierres taillées au charme sans pareil seraient introuvables une fois un pied posé à l’intérieur de la maison, puisqu’elles n’étaient qu’un artifice destiné à ennuyer les moldus. C’en était presque dommage, puisqu’évidemment, il eut raison de supposer ce changement d’apparence. Le portier le laissa rentrer à la vue de son carton d’invitation qu’il avait vérifié d’un coup de nez – les Elfes avaient décidément des usages de la magie particulièrement étranges – et Zéphyr, déjà passé dans la peau de son cher Berlioz, aperçut, d’un coin de l’œil, beaucoup de marbre. Certains sangs-purs, il fallait l’avouer, manquaient franchement de goût et auraient mérité quelques leçons de sophistication de la part de leur collègues moldus. Rien de bien grave, évidemment, outre le fait que le blanc grisé du marbre finirait par lui piquer les yeux si les chandelles continuaient de briller si fort.

Ce n’était pas une soirée de sangs-purs aux idées trop arrêtées sur les questions de pureté du sang : c’était une soirée de sangs-purs riches, vraiment très riches. Autrement dit, ceux que Zéphyr préféraient : ils lui proposaient les missions les moins compliquées et lui filaient le plus de gallions. Définitivement, il en devait une – encore – au Silaïev pour avoir pensé à lui pour cette soirée. Pour lui rendre la pareille, Berlioz décida donc qu’il remplirait son carnet d’adresse d’au moins dix nouveaux clients : il lui devait bien ça ! Bientôt, notre jeune roublard se dirigeait vers l’un des buffets pour récupérer un verre de whisky servi par un garçon boutonneux pas vraiment investi dans le service, avant d’aller saluer et remercier, la poigne ferme, son hôte.

Berlioz était arrivé relativement au début de la soirée, il s’occupa donc à vaquer entre les différents invités, saluant ses différents clients, qui ne manquaient bien sûr pas de le présenter à leurs copains les sangs-purs. Il était ravi, complètement dans son élément, à parler de son boulot avec passion auprès de personnes particulièrement intéressées. Il en oubliait sa vie personnelle qui le déprimait plus qu’autre chose, et se rappelait pourquoi il appréciait autant partir en mission pendant des jours et des jours pour revenir avec le visage épuisé : ça lui permettait d’oublier ses galères, et finalement, ça lui plaisait bien. En commençant, il n’aurait pas cru qu’il se prendrait tellement au jeu, et pourtant, il avait vite plongé. Ça faisait à peine deux ans qu’il avait véritablement commencé dans ce business, et les affaires n’avaient jamais aussi bien marché. On l’appelait à droite et à gauche, il arrivait à amasser pas mal d’argent – plus qu’il ne l’aurait jamais imaginé, en tout cas – et pour des boulots toujours plus farfelus les uns que les autres. Berlioz était à son aise et quand il aperçut, du coin de l’œil, le fameux Azrael Silaïev, de profil, devant le buffet, son sourire s’agrandit. Ravi que son bienfaiteur soit enfin arrivé, il remarqua que ce dernier était accompagné d’une jeune femme dont il ne voyait pas le visage, puisqu’elle était, elle, complètement de dos. Berlioz salua les sorciers avec qui il discutait depuis une dizaine de minutes, tournant le dos un instant au duo qu’il venait d’apercevoir, une sensation étrange lui prenant le ventre. Il avait eu, pendant un instant, l’impression de reconnaitre la jeune femme qui accompagnait le Silaïev, comme si, même de dos, il la reconnaissait de quelque part. Il chassa néanmoins cette pensée de son esprit en un coup de tête et un sourire, avant de se diriger, à grand pas, vers les deux invités. Son regard restait pourtant fixé sur la silhouette de l’inconnue. Avant qu’il ne parvienne jusqu’à eux, elle tourna, juste un peu, la tête, conversant casuellement avec son interlocuteur russe, de sorte à ce que Berlioz puisse voir la moitié de son profil.
Ce fut quasiment instantanément, et surtout largement suffisant, pour qu’il la reconnaisse. Son cœur manqua quelques battements alors qu’il s’arrêtait, net, dans sa marche, avant de tourner les talons et d’avaler, sans réellement y penser, le contenu de son verre de Whisky – déjà le troisième de la soirée.

Silaïev avait amené, tout en sachant très bien ce qu’il faisait, Safiya Aït-Malek à une soirée où Zéphyr Aït-Malek était lui aussi présent.







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MessageSujet: Re: “De quelque manière qu'on s'y prenne on s'y prend toujours mal.” || Safyia, Azrael & Zéphyr   Dim 26 Mar - 23:16


... On s'y prend toujours mal

"Toutes les familles possèdent, dit-on, d’épaisses strates de silence tendu, des souffrances engluées dans des secrets cachés bien au fond de belles armoires à linge."

J'Aspire du Safran


La soie vermillon qui ceignait sa clavicule droite et descendait, choyant le long de ses courbes avait été parfaitement ajustée. Le tissu de la robe asymétrique soulignait les détails discrets d’opulence de celle qui la portait. Chaque pli, chaque drapé d’étoffe était à sa place, chaque ombre de la longue robe qui couvrait jusqu’à ses chevilles. A son poignet gauche, seul point étincelant, l’or qui s’y parait était empreint du sceau des Aït-Malek. Le droit, lui, était doucement piégé au bras d’un homme, et pas n’importe lequel – les visages qui se retournaient sur leur passage témoignaient de la curiosité avide que sa présence jumelée à la sienne suscitait ce soir. « J’ai comme l’impression que nous étions attendus. » murmura la femme à la longue chevelure aux ondulations d’ébène, ses lèvres rouges s’ourlant d’un petit sourire entendu à l’adresse de son cavalier.

Apparaître à cette soirée n’était pour elle qu’une formalité, et pas de celles qu’elle attendait avec impatience. C’était plutôt même un certain ennui que lui inspirait cette énième invitation d’une riche caste sorcière prête à débourser des centaines de gallions pour pouvoir se payer les têtes les plus prisées et les bourses les plus remplies de leur monde. Mais en tant qu’Aït-Malek, son nom ainsi que son héritage étaient essentiels à présenter et à entretenir au sein des hautes sphères ; Walter le lui avait toujours enseigné avec sagesse, ce qu’on ne fait pas par plaisir, on le fait par devoir.

Alors en jeune fille parfaitement au fait des us et des principes, en demoiselle faite femme d’autorité que son éducation avait su vernir et faire étinceler davantage, elle s’était vêtue de ses atouts, habillée de son aura – celle, féline et mutique, qu’on lui prêtait la plupart du temps. Elle aurait pu s’y rendre seule, la solitude n’était après tout pas la plus désagréable de ses amies. Elle avait appris à la côtoyer avec le temps et avec la jalousie d’autrui sans en être affectée. Néanmoins, dès lors qu’une main secourable se présentait, Safiya étudiait cette opportunité avec attention. Celle, aussi inattendue qu’intéressante, d’Azraël Silaïev, avait su rapidement trouver grâce à ses yeux.

La compagnie du russe fraîchement débarqué dans son existence et dans la capitale anglaise avait piqué son intérêt au vif. Rencontrer un homme doté d’un certain sens du répondant, et surtout, qui ne songeait pas qu’à l’attrait physique de son interlocutrice représentait un souffle de nouveauté agréable pour l’assistante du consulat. Leurs derniers échanges, marqués d’une passion commune pour les magies ancestrales, avait achevé de la convaincre d’en apprendre plus sur lui, d’en découvrir davantage au sujet de ce sorcier nordique aux manières étudiées et au discours parfaitement huilé. Ce savoir qu’il cultivait derrière cette apparence nimbée de mystère appelait nécessairement à en savoir plus, et la jeune pakistanaise ne croyait jamais aux hasards que la vie créait en provoquant des rencontres aussi fortuites. Si ce n’était pas au moins pour mieux le cerner et satisfaire ainsi ce besoin né en elle, elle passerait au moins un instant plaisant à ses côtés.

L’entrée du lieu de réception accueillit les deux sangs-purs comme deux joyaux au sein d’un écrin. Les spectateurs ne manquèrent pas, plus ou moins dissimulés dans l’assemblée pour les saluer avec respect ou les observer, leurs yeux regorgeant de questions  et de non-dits brûlants. L’Orient avait-il succombé au charme des terres glacées, ou bien n’était-ce qu’une façade d’entente sous couvert d’affaires moins reluisantes ? Y avait-il tout à craindre d’une potentielle alliance entre deux noms aussi lourds de passés que ceux-là, ou était-ce l’ombre d’un jeu du chat et de la souris qui se démarrait sous les lourdes tentures de la demeure qui les recevait ?

On les débarrassa de leurs capes, celle d’un noir d’encre de l’unique fille de Walter Aït-Malek quittant ses épaules pour libérer l’épaule gauche, nue, qu’une mèche de cheveux vint négligemment couvrir. Son bras, lui, n’avait pas quitté celui de son interlocuteur depuis qu’ils avaient transplané jusqu’ici. « Alors, une envie particulière ce soir ? » Le brun chaud de ses iris vint rencontrer l’azur polaire de ses yeux, le velours de sa voix venant atténuer la subtile provocation que ses mots auraient pu laisser sous-entendre. « Quelqu’un à me présenter, peut-être ? » Après tout, ils n’étaient pas seuls dans l’antre cette nuit : ils pouvaient bien faire en sorte d’alléger la peine de l’autre face à un quelconque interlocuteur à mourir d’ennui. Et pour même corser un peu l’amusement, elle le laissait prendre la main. Safiya s’était préparée à ce petit jeu qu’elle maîtrisait depuis bien longtemps ; elle n’avait cela dit pas prévu que la donne serait autrement plus piquante cette fois-ci.




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