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 Rendez-vous d'affaires en terrasse {PV Berlioz}

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MessageSujet: Rendez-vous d'affaires en terrasse {PV Berlioz}   Jeu 19 Jan - 19:10

Un scotch sans alcool à la main, un air de rock au bord des lèvres, Therry planait un peu, savourant le vent presque marin qui faisait voler les cheveux de tous les passants, comme autant de poissons pris dans un même courant. Il fixait discrètement une petite scène de l’autre côté de la rue. Un vieillard à l’air fatigué, barbe de père Noël, cheveux longs filasse, gros manteau de clochard, attendait au beau milieu du trottoir, sans doute le magicobus. Son air revêche donnait vaguement l’impression qu’il allait s’en prendre violemment au premier quidam qui le regarderait droit dans les yeux, et Therry prit garde à ne pas être cette personne.

A deux pas, une vieille dame aux airs bourgeois, voire pincés, attendait visiblement la même chose, mais en prenant toutes les précautions pour ne pas sembler remarquer ce vieux monsieur ; ils étaient aussi dissemblables que deux êtres de la même espèce et du même âge peuvent le devenir, et pourtant, une sorte de tension impalpable les rassemblait. Therry se tenait sur ses gardes, prêt à intervenir au besoin. Il ne savait pas encore comment, ni pour la défense de qui, mais dans le cas où quelque scène terrible éclaterait soudain, il était déjà résolu à jouer le rôle que le destin lui attribuerait. C’était fatigant de ne pouvoir jamais se mettre au repos, même dans ses moments d’inaction ; mais c’était plus fort que lui.

Il était arrivé largement en avance à son rendez-vous, avait commandé à boire et s’était posé en terrasse, justement pour se relaxer un brin ; et le premier détail qui retenait son attention faisait tourner son imagination à plein régime, éveillait ses instincts d’interventionnisme, bref, le mettait en alerte. Il s’efforça d’observer l’exercice par lequel il domptait en pareil cas ce qui aurait vite pu devenir une paranoïa systématique. Il chercha comment interpréter la scène de manière positive et optimiste. En quelques secondes, il eut employé les ressources de son cerveau brûlant à tracer un tout autre scénario. Les deux vieillards étaient peut-être deux anciens amoureux qui se revoyaient après une longue séparation. Ils hésitaient peut-être à se reparler parce qu’ils craignaient de se perdre à nouveau en laissant parler leurs émotions brutes, et en commettant une quelconque faute de langage.

Ils étaient mignons, si c’était le cas. Puis le bus arriva. Derrière la carlingue rouge, Therry ne distinguait plus les deux silhouettes. Il se permit un instant de souffler. Le bus repartir en trombe, comme avalé par l’espace… Damned. Le vieux était toujours là, planté comme un arbre tordu dans la chaussée. Therry soupira, se leva et s’avança droit vers le bonhomme en lui tendant la main. Il se présenta, lui offrit un verre, et expliqua qu’il était en avance à un rendez-vous. Ils commencèrent à parler de la mer ; Therry ayant été employé quelques mois sur un navire moldu, ils avaient des souvenirs à échanger. L’expression du vieux n’était pas moins farouche, mais au moins il avait une conversation à suivre et ne risquait pas d’agresser quelqu’un. C’était l’un de ces sorciers de l’île de Man qui arborent parfois un look austère par choix, mais le plus souvent par nécessité. Et inutile de lui proposer un cocktail sans alcool...

Mine de rien, les bons vieux souvenirs de sa jeunesse endiablée déridaient peu à peu le gaillard, et Therry commençait à passer du stade "concentré sur l'échange" au stade "va falloir que je m'arrache", quand il reconnut une silhouette familière. C'était l'heure de parler business. Il vida son verre, paya les deux consommations, se leva de sa table et chargea son sac sur son épaule. Pas question de laisser traîner ses affaires, surtout dans un tel endroit ; les braves badauds étaient largement assez roublards en moyenne pour flairer l'aubaine, et ne pas laisser traîner bien longtemps un sac sans surveillance. Il leva la main pour attirer l'attention de son contact. Le vieux, comprenant sans peine qu'il ferait mieux d'aller voir ailleurs, le remercia pour la causette et retourna se planter sur le trottoir en maugréant dans sa barbe.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous d'affaires en terrasse {PV Berlioz}   Lun 23 Jan - 15:38


Zéphyr s’était essayé à une nouvelle coiffure, pour cette semaine au moins : d’un coup de baguette, il avait rasé ses cheveux très près de son crâne, et les avait décolorés pour qu’ils soient complètement blonds. Il avait sauté sur l’occasion en se rappelant qu’il avait rendez-vous avec Therry Arseniev, un de ses collègues de roublardise, qui avait le don de l’impressionner en matière d’audace capillaire. En effet, le jeune russe arborait une chevelure rose assez impressionnante par laquelle il ne passait pas inaperçu. Zéphyr se donnait pour excuse qu’au contraire, son personnage de Berlioz ne pouvait se permettre d’être aussi remarquable. Le blond serait donc suffisant, et finalement assez contrasté avec la couleur de sa peau pour que ça paraisse aux yeux de la plèbe plutôt étonnant. Il avait enfilé son classique uniforme de boulot, jean, t-shirt et pull-over noirs, par-dessus lesquels il avait glissé une longue cape noire, capuchée au cas où neigerait à nouveau. Au cou, il avait enroulé une écharpe noire sur laquelle était accroché un petit blason discret, aux couleurs des Gryffondor, relique de ses heures d’élève à Poudlard. Il ne pouvait pas se permettre beaucoup plus de personnalisation, au risque qu’on associe Berlioz à Zéphyr, lien qu’il tentait de plus en plus à cacher. Auprès de son partenaire, il était en tout cas Berlioz, et Therry ne l’avait jamais connu sous son autre identité, ce qui l’arrangeait. Ils devaient se retrouver au matelas dépecé où, de même, on le connaissait sous son pseudonyme. C’était une rencontre de routine, destinée à ce qu’ils s’échangent des requêtes pour leurs commerces respectifs, et puis qu’ils enchaînent avec quelques verres – en tout cas, Zéphyr avait la soirée libre.

Therry était un jeune homme étonnant, que Zéphyr n’était pas encore parvenu à apprivoiser. Tous les deux s’étaient rencontré il y avait moins de six mois, au travers de relations respectives qui les avait menés l’un vers l’autre, et ils s’étaient immédiatement entendus côté business, sachant qu’ils pourraient chacun s’apporter beaucoup. Zéphyr avait une rapide étude du personnage, tentant de fouiller un peu dans son passé au travers de ses relations, mais outre une scolarité brillante à Durmstrang, il n’avait pas trouvé grand-chose, et surtout pas les raisons qui l’avaient poussé à quitter sa terre natale pour venir se terrer dans l’allée des embrumes. A vrai dire, il n’avait pas beaucoup cherché non plus, se disant que ce qu’il savait sur lui lui suffisait, et qu’il lui était trop utile pour se préoccuper de ces pacotilles.

Glissant dans l’allée des embrumes, au travers des détours qu’il connaissait si bien, il salua d’un coup de tête quelques-uns de ses clients ou partenaires en affaire qu’il croisa sur sa route, avant de se retrouver face à la taverne du matelas dépecé, et de sa terrasse occupée pour cette fin d’après-midi hivernale. Sa chienne Duchesse, qui jusque là était restée dans son ombre, fila à l'intérieur de l'auberge qu'elle connaissait bien, quémandant certainement à manger auprès de quelques clients un peu trop généreux. Il repéra aisément Therry – les cheveux, rappelez-vous – vers lequel il fila, d’un pas décidé. La main tendue, il rencontra celle du russe pour la serrer avec assurance, avant de croiser son regard et de lui adresser un sourire franc.

« Bonjour, Arseniev. Tu m’attendais ? Je ne suis pas en retard, au moins ? »

Zéphyr le savait, il n’était pas en retard – en règle générale, il ne l’était jamais, sauf avec les clients qui le prenaient un peu trop pour acquis et qui avaient besoin qu’on leur rappelle que c’était grâce au Berlioz qu’ils parviendraient à leur fin, et que sans lui, ils ne s’en sortiraient pas. Therry ne faisait pas partie de ceux-ci, Zéphyr était à l’heure, mais lui semblait être installé là depuis un moment, quoi qu’il ait tout de même son sac sur l’épaule. Lui lançant un regard interrogateur, il ajouta :

« Ça te va si on s’installe à l’intérieur ? J’ai envie de boire un coup au chaud, et on sera plus tranquilles là-bas. »

Finalement, ils devaient tout de même discuter affaires, un peu de précautions ne ferait pas de mal, surtout dans une taverne remplie de malfrats qui, comme eux, cherchait la moindre occasion pour se faire un peu d’argent ….


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Rendez-vous d'affaires en terrasse {PV Berlioz}   Lun 23 Jan - 17:58

Les expressions anglaises étaient suffisamment fleuries pour satisfaire un collectionneur exigeant de cette sorte de chose. Mais Therry insistait pourtant pour se construire les siennes, et l’une d’elle lui venait aux lèvres à voir son contact débarquer : « frileux comme un Britannique ». Il se sentait bien, là, au grand air. Il ne faisait pas froid à proprement parler. Mais en deux secondes à regarder Berlioz, une impulsion naturelle s’empara de Therry et il fut incapable de protester. Qu’il fasse froid ou non, si son ami avait froid, il fallait absolument le placer au chaud et lui payer une boisson revigorante. C’était une priorité. Therry ne se serait pas pardonné si quelqu’un, principalement de sa connaissance, attrapait une bronchite en sa présence sans qu’il ait cherché à intervenir. Sa culpabilité dans ce domaine était quelque peu exacerbée.

« Je suis venu en avance pour profiter du climat, »
sourit-il malicieusement, tout en se dirigeant à grands pas vers la salle.

Généralement, en pareil cas, en particulier quand on ne le connaissait pas, on supposait qu’il cherchait à frimer. Qu’il attendait la première occasion pour se précipiter au chaud, mais en gardant la face. Il préférait laisser les gens supposer ce qu’ils voulaient, et trouvait en fait un malin plaisir à savoir qu’ils se faisaient de lui une fausse opinion. Quant à Berlioz, il l’avait déjà fréquenté suffisamment pour se rendre compte que Therry observait continuellement son environnement, captait le plus de détails possibles, même insignifiants, et qu’il était sans doute arrivé en avance pour surveiller les mouvements de la clientèle. Petite journée de paranoïa. Ça arrivait.

Il passa devant le comptoir comme un vieil habitué, en tapotant le bois du bout des doigts, lançant au passage : « Deux tisanes d’ortie, très chaudes, avec beaucoup de cannelle. Merci ! »

Les autres envies de Berlioz suivraient à sa convenance ; Therry savait fort bien qu’un jeune homme de son âge estimait sans doute l’alcool comme une source de réchauffement bienvenue. Mais pour commencer, la santé avant tout. La santé, et les affaires : jusqu’à maintenant, entre eux, ces deux aspects cohabitaient sans problèmes. Restait à voir si ce serait encore longtemps le cas. Petite journée de paranoïa, on vous dit.

Arrivé au fond de la salle, dans un box entouré de deux cloisons, il se laissa tomber sur un siège et ferma les yeux un instant. Il ne faisait pas abstraction des autres personnes présentes ; il les écoutait. D’abord une, puis l’autre des conversations en cours, le peu de bribes qu’il pouvait en saisir. Enfin, il sourit. « Mets-toi dos au mur. C’est là que t’auras le plus chaud, » assura-t-il en indiquant la place à Berlioz. « Alors, comment ça va ? Le chien, le boulot… la famille... »

Leurs consommations arrivaient déjà ; gros avantage du monde magique sur le monde extérieur, quand il l’avait arpenté. Il se tut le temps que les boissons soient disposées sur la table devant eux, et saisit immédiatement la sienne entre ses mains pour les réchauffer. L’ombre sur le mur s’éloigna.
« ...j’aimerais bien avoir une famille, certains jours : ça a l’air fun, » compléta-t-il d’un air léger. Il porta la boisson à ses lèvres ; mais comme demandé, c’était beaucoup trop chaud pour être bu directement. Il eut un petit rire, et la reposa. Son sac, posé précieusement à côté de lui, débordait de choses dont ils pouvaient parler. Mais si Berlioz préférait parler famille, c'était à son choix !

Pour être tout à fait honnête, il l'avait surpris et observé en compagnie d'un petit groupe qui ressemblait fortement à une famille, dans la semaine. Et il aurait adoré parler de ça. Quelque chose là-dedans l'amusait comme une incongruité de la nature, un ornithorynque ou une manticore. Il avait l'impression d'avoir découvert un secret honteux. Mais bien sûr, il ne pouvait pas demander simplement des explications : Berlioz ne lui appartenait pas, et encore moins sa vie privée en-dehors de leurs petits tête-à-tête utilitaires.

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