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 [flashback] someone's out there, sending out flares | Regoli

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MessageSujet: [flashback] someone's out there, sending out flares | Regoli   Lun 12 Sep - 14:29




someone's out there, sending out flares
feat. Anatoli Slezniov


MAI 1977
« Help, i’m doing it again. »




« Expecto patronum » était, pour un connaisseur de la langue latine, même la plus basique qui soit, l’incantation la plus forte et la plus symbolique qui pouvait être réalisée avec une baguette, si l’on avait voulu ton avis. Et bien qu’ayant très peu tendance à t’émerveiller sur les sortilèges et les formes qu’ils empruntaient au travers de ta baguette, tu devais toutefois reconnaître la force et le charme d’un tel appel. Il était attendu un guide, un sauveur même, éventuellement, apparu grâce à la seule puissance d’une pensée heureuse. Définitivement, ton impatience de le réaliser correctement ne connaissait pas de limites, et c’est avec une rapidité flagrante qu’Anatoli et toi aviez gravi les marches de l’endroit que vous aviez choisi dans le cours d’avant, le regard une fois de plus aussi entendu que complice ; il était beaucoup plus simple de proposer des idées lorsqu’on savait que la personne en face avait les mêmes.

Fin mai, et ton emploi du temps permettait encore difficilement que tu te mettes à toi aussi travailler pour obtenir tes BUSEs dans les meilleures conditions. La saison de Quidditch était heureusement pour votre équipe assez loin de se terminer, puisque vous étiez suffisamment avancés pour affronter une dernière fois une équipe adverse avant le coup d’arrêt de celle-ci, ne vous laissant pas une heure de pause commune sans entraînement pour obtenir le meilleur possible de chaque joueur avant le jour tant attendu. Les examens semblaient encore trop loin pour réellement vous inquiéter, et l’idée d’avoir encore ‘’quelques semaines’’ pour étudier vous avait rendus bien trop confiants jusque quelques jours plus tôt. Pour ta part, l’année avait été tellement atypique et charnière que réviser pour passer une évaluation paraissait tout à fait irréel ; pourtant, à encore quinze ans, c’était la chose seule à laquelle tu aurais dû penser, et tu te serais volontiers passé du reste.

Ayant recherché un coin tranquille et un petit peu à l’ombre tandis qu’une chaleur écrasante s’était abattue sur tout l’établissement, vous aviez fini par trouver une place dans la réserve dont un de tes professeurs t’avait plus tôt dans ta scolarité donné l’accès, à une heure à laquelle même personne d’autorisé ne viendrait, profitant d’un trou d’une heure dans votre emploi du temps bien trop chargée pour un après-midi de révisions pour vous installer au milieu des livres non utilisés pour les révisions des élèves, et pouviez au moins vous essayer à des exercices plus techniques sans endurer le moindre regard indiscret ou la moindre intervention forçant votre déconcentration ; vous n’aviez pas le temps.

Et ayant pris connaissance toute la théorie possible autour du sortilège du Patronus depuis désormais quelques temps, vous aviez jugé qu’il était grand temps de vous y atteler dans la pratique, pour passer à d’autres choses par la suite.

Il te fallut pour ta part un certain temps et plusieurs vaines tentatives pour reprendre l’ancien souvenir que tu avais déjà utilisé auparavant, mais sans que celui-ci ne soit hanté par de certains événements survenus entre temps. Et le tien avait beau être visiblement le plus puissant auquel ta mémoire te permettait d’accéder, il n’en restait pas moins douloureux, comme ta concentration remplaçant ton entrain d’il y a quelques instants devait en donner l’air.

L’apparition de la petite chose argentée eut au moins le mérite de te déconcerter ; encore une fois un Patronus mal formé mais néanmoins complètement indépendant de ta baguette et tout à fait libre de se mouvoir, il n’en restait pas moins qu’une petite boule qui volait dans l’air avec une rapidité hallucinante, si bien que tu ne pus la distinguer, comme à chaque fois que tu t’étais entraîné à produire ce sortilège, à ta grande frustration.

Pourtant, cette fois-ci, sur le temps qu’Anatoli s’essayait lui aussi à la pratique, et probablement pour la première fois puisqu’il n’avait jamais évoqué la forme que prenait le sien et que tu savais qu’il avait largement le niveau pour en exécuter un avec une facilité naturelle propre aux personnes de son talent, tu essayas au moins de comprendre pourquoi le tien ne fonctionnait pas comme tu l’entendais. Il y avait bel et bien des rumeurs sur l’incompatibilité de « certaines formes de magie », comme se plaisait à les interpréter Dumbledore, mais tu n’y avais jamais touché, et volontiers laissé tout cela à d’autres personnes plus intéressées – et celles-ci n’étaient pas rares à trouver, selon ton avis. Non définitivement, tu ne comprenais pas ce que tu avais pu faire de mal, le Patronus semblant en théorie parfaitement formel mais celui-ci restant parfaitement difforme. Et tu ne pouvais pas compter sur les va-et-vient incessants de la petite chose, que tu détestais presque pour avoir à lui courir après là où il n’y avait pas lieu. Celle-ci étant fort heureusement confrontée à un lieu confiné, ses allées et venues avaient tôt fait de la mener dans un sens différent, et toujours à ta portée, si bien que tu pus saisir ta chance lorsque tu sentis que celle-ci passerait à nouveau près de toi, sautant avec agilité pour compenser ta trop petite taille, tu refermas finalement la petite boule blanche dans délicatement dans le creux de tes mains, puis la porta à ton visage pour y risquer un œil, qui ne manqua pas de copieusement t’éblouir pour de longues secondes, contrastant fortement avec l’obscurité de ces lieux.

La courte vision que tu pus te permettre du petit Patronus avant de devoir t’éloigner les yeux par réflexe avait été bien plus claire et t’avait assuré qu’il s’agissait bel et bien d’un sortilège bien formulé, et d’une forme qui t’était tout à fait familière. Et de toutes les formes les plus symboliques que ta baguette avaient pu choisir pour te représenter, qu’ils soient des mammifères, des reptiles, des créatures domestiques ou même des animaux, il t’avait fallu tomber sur le plus petit des oiseaux que tu connaissais, à l’aspect si rond que l’on aurait dit qu’il eut avalé une gigantesque baie, et aux ailes qui étaient capables – et c’était le seul animal reconnu comme tel à ce jour – de se rétracter complètement dans tous les sens, offrant de la sorte la seule défense du petit oiseau. Un vivet doré.

De tous les Patroni possibles et imaginables, il avait fallu qu’il s’agisse d’un oiseau de la taille d’une mésange tellement chahuté par des individus plus ou moins mal intentionnées qu’il en était devenu en voie d’extinction, en proie au jeu de sa capture auquel il n’avait jamais pris part, et qui pourtant lui coûtait à chaque fois la vie, compte tenu de la fragilité de ses os et de l’emballement soudain de son cœur à l’idée de se retrouver emprisonné par les braconniers, ou plus anciennement les anciens Attrapeurs du jeu auquel tu jouais, et dont le petit oiseau avait fort heureusement été remplacé par un concentré de magie qui savait l’imiter à la perfection tout en ne mettant pas en danger la survie de son espèce. Pour un protecteur, alors qu’il s’agissait peut-être de la chose que tu recherchais le plus au monde, le destin, décidément de plus en plus vache avec toi, t’octroyait un piaf qui logeait entre tes doigts. Tu te demandais même si le petit vivet serait même capable d’exécuter ce qui serait demandé à un Patronus sans trop de difficultés. Il était impossible qu’il te serve un jour de messager, ou encore à repousser des créatures des ténèbres – éventuellement à te tenir une petite compagnie, et
encore ; tu ne voulais plus jamais le revoir. Tu laissas à nouveau la petite entité magique grésillante à l’idée de repartir à nouveau accomplir son travail théorique de Patronus et s’envoler vers le plafond de la salle, avant de mettre fin au sortilège aussi sèchement que possible. Tu étais capable de le faire, et il n’y avait pas lieu de tergiverser plus longtemps dessus.

« - Tu sais Anatoli, je ne pense pas qu’on vienne nous demander de réaliser un Patronus, et j’ai mes raisons. La question a déjà été postée l’année en Défense Contre les Forces du Mal si j’en crois les sujets de 1976, certes seulement en théorie mais après tout le sortilège du Patronus est loin d’être si utile. Après tout, quelles sont les probabilités que l’on se retrouve un jour face à un Détraqueur ou que l’on doive absolument communiquer par Patroni ? » tentas-tu avec une petite moue que tu avais bien trop peu de motivation à cacher. Tu avais désormais juste envie de quitter la réserve pour que vous puissiez vous occuper ailleurs, et oublier le plus vite possible ce que tu considérais déjà comme l’incident de la journée.

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MessageSujet: Re: [flashback] someone's out there, sending out flares | Regoli   Ven 23 Sep - 1:33


precious and fragile things need special handling




Les doigts d'Anatoli sinuent entre les pans de sa chevelure épaisse, qu'ambrent annuellement les attentions d'un soleil d'abord printanier, et puis ses audaces estivales – ses ongles en taquinent la chair  d'un geste tressautant. Ses nerfs sont parcourus d'une tension croissante, qui étire ses muscles et allonge ses foulées nettes sur le sol de pierre – dont la fraîcheur certaine attire des regards désolés de part et d'autre des couloirs qu'ils empruntent, Regulus et lui. S'ils se refusent à musarder l'air languide en ce mai torride, en cet après-midi indécente tant elle chauffe la nuque, c'est qu'un engouement tout particulier les a pris, les a saisis au cou de sa poigne ferme – cette admirable soif de connaissance, que tout maître veut voir enflammer les pupilles de son disciple ; mais ce désir-là ne s'applique guère, n'en déplaise à leurs dévoués professeurs, aux révisions auxquelles ils devraient raisonnablement s'adonner. S'ils se hâtent, entre deux sourires éclatants de complicité, dans les escaliers, les avalant quatre à quatre sous d'avides enjambées, c'est qu'ils s'apprêtent à se livrer à leur chasse au trésor privative – les joyaux d'argents qui ruissellent de la baguette, et le flamboiement d'un œil qui a goûté la réussite, voilà les joies qu'ils goûtent par anticipation en se dirigeant vers la bibliothèque. Oh, bien sûr, il n'est nullement question de s'exhiber aux yeux inquisiteurs, entre les étagères poussiéreuses et les tables ternies – Regulus et son talent les abritent entre des murs ténébreux. C'est que ses prodiges d'Arithmancie ne stupéfient pas qu'Anatoli, et que leur professeur aussi a décelé le génie au fond des iris azurite du jeune Black, l'or au creux du grand ciel – lui l'a vu dès le premier cours, dès lors que son regard enfiévré a effleuré le tableau parsemé de calculs et de signes en tous genres ; la majesté de la passion, et son aura hiératique autour de Regulus – il l'a remarquée immédiatement, Anatoli. Qu'est-il en ce garçon qu'il n'a pas cent fois observé ? En cette âme, qu'il n'a pas mille et trente fois révéré ? Il agite la tête tandis que ses dents piquent nerveusement ses lèvres – qu'a-t-il, à laisser la distraction le flétrir, dissiper tout semblant de concentration ? Nulle migraine, pourtant, nulle insomnie n'a eu l'opportunité de nuire à son bien-être depuis quelques jours bienheureux... Il lui faut se reprendre : le petit roi – son petit roi, d'une certaine manière, songe-t-il, puisqu'il n'en connaît qu'un – compte sur lui. Alors, il lui emboîte un pas souriant et fermement confiant ; le sourire, la ferme confiance, telles sont les attitudes ordinaires d'un Anatoli lorsqu'envisagé conjointement à celui qu'il désigne parfois, sous le délicieux voile de son esprit, à mi-voix et le ton secoué, comme son Regulus. Il ne sait quelle audace imprime à ses rêveries pareille coloration, pareilles mines de possession – mais ses joues le consument traîtreusement, lorsqu'enfin il ose guider sa pensée sur cette longue voie escarpée, dont il doit encore définir le tracé. Et dont il s'efforce, présentement, d'assurer la stricte neutralité : pas question qu'il s'embarrasse de la sorte devant l'objet qui – et il l'ignore encore – crypte toutes les énigmes de son cœur ! mais il sait, tout du moins, que le siège que son ami y occupe a tout du trône impérial, et qu'un jour, il lui faudra porter son attention sur cette terrible emprise, qui étrangle ses nuits et enténèbre le cours haché de sa vie ; l'instant, toutefois, est à ces moments immaculés, virginaux, presque, tant l'élan est pur, qui les a tendrement engendrés.
Et leur progression les a menés au cœur de la Réserve, ainsi qu'à la jouissance d'un silence inviolé – en cette période conjoignant temps lumineux et révisions, les probabilités qu'ils croisent l'un de leurs camarades, ou bien un membre du personnel sont plus qu'infimes – c'est que Regulus le saurait plus que quiconque ! au vu de la maestria dont il fait montre, lorsqu'il imprime aux courbes serpentines des chiffres les caresses de son âme si formidablement unique... Alors, ils étalent au su de l'air désert, des rayonnages ornés de poussière, leur si singulière amitié ; Anatoli saisit des doigts l'argile qui fait son masque, son hypocrisie sociale, et l'arrache – son visage, enfin, peut s'imprégner des senteurs de la vérité ! Il lui semble qu'il a changé de peau, soudain, et que, sous ses yeux, Regulus prend de nouvelles couleurs – qu'un Soleil tout juste né lui rend un hommage vibrant.

S'ils se sont permis cette petite escapade alors même que le temps qui leur est accordé se devait d'être dévolu aux révisions – pas qu'Anatoli ait jamais idolâtré les décrets, mais il n'a pas manqué de remarquer les plis qui creusent le front de son ami lorsqu'il évoque la possibilité de s'adonner à une quelconque autre activité –, c'est pour parfaire une compétence bien particulière, et faire naître enfin au concret ce dont on rebat leurs oreilles depuis qu'ils ont pénétré l'enceinte du château ; le sortilège du Patronus. Et le Russe s'efforce de juguler l'excitation qui chemine fiévreusement dans son sang lorsqu'il songe au fait que Regulus, lui, a dû se voir inondé de discours et explications en tout genre sur le sujet depuis sa plus tendre enfance, ce dont il ne peut certainement pas se targuer ; son enfance à lui n'a guère été que de voiles et de regards dérobés, de normes et de conventions brisées – c'est à croire qu'il ne s'est jamais rendu digne qu'on lui parle de ce qui pourtant constitue une aptitude magique inimitable... – ou, du moins, pas jusqu'à maintenant, peut-être jusqu'à son entrée à Poudlard ? à moins qu'il ne s'agisse du gouffre, du grand ravin de sa mémoire ? il ne saurait le dire ; ce n'est pas ce qui importe, à cet instant – il secoue à nouveau la tête et tente de regagner un semblant d'attention. Ce qui importe, c'est le vague, dans l’œil de Regulus, l'absence d'une âme qui s'est submergée en sa mémoire – le bleu presque transparent d'une conscience suspendue au sein de ses profondeurs ; et Anatoli se demande en quels sentiers le jeune Black s'est engoncé, selon quelle géométrie sa perception a agencé les épisodes de son passé – quelle constellation les points névralgiques de son existence ont articulée. Ce qui importe, c'est la fermeté du bras, et de la main, et des doigts, autour de la baguette brandie à la manière d'un drapeau blanc – comptez sur Regulus pour vous menacer d'une arme comme on tendrait une gerbe de fleurs ; c'est l'harmonie, la symétrie de ce corps tout entier dévoué à cette unique entreprise... Anatoli sait qu'il devrait, à son tour, se livrer à la pratique, mais il lui est physiquement impossible de détacher son regard des tentatives de Regulus – et les volutes d'argent qui ne tardent pas à s'échapper de la baguette du brun ne l'aident en rien... A leur tour, ses yeux se voilent, leur acuité comme mise en sourdine par la transe admirative en laquelle il semble s'immerger – le vert et le bleu ont des clartés hypnotisées ! et sa bouche bée presque dramatiquement tandis qu'il s'enfonce en sa contemplation exaltée.
Les tentatives sont timides, d'abord – Anatoli parvient presque à s'identifier aux frêles filaments, qui semblent, par une pudeur presque humaine, hésiter à s'extraire du bois poli de la baguette de son ami – mais la progression, dès que les essais arrivent à un enchaînement conséquent, se fait sentir ; il ne doute pas que Regulus parviendra fort bientôt au résultat escompté. La pensée lui grave aux lèvres un sourire tout troublant de douceur – et le cri étrange que son cœur pousse le ramène à lui-même, aux plaintes de son intériorité propre ; il lui faut, à son tour, s'entraîner. Se saisissant également de sa baguette, l'extirpant de sa besace avec toute l'énergie mangée d'agressivité qui lui est propre, il tente, à son tour, la plongée vers le plancher de ses océans mémoriels. Il égrène ainsi quelques souvenirs, à l'écoute des élans de son cœur, de ses variations et manifestations ; à la recherche de la parcelle mnésique qui tirera à ses passions des halètements surpris, à ses tréfonds des soupirs ébahis. Mais rien, en Anatoli, ne le secoue que les relents de son enfance – et quelles terribles secousses ! il lui semble qu'un grand séisme fracture en lui toutes les cuirasses, toutes les murailles, pour pointer en son âme son glaive jusqu'à la garde et tuer toute idée même de vie – il tremble, soudain ! les mains ont leur furie propre, le teint, d'inquiétantes nuances ocre ; il n'avait pas prévu pareille frénésie... Son cœur en rougit, ses pommettes l'imitent – que va donc penser Regulus ? Regulus qui a accepté son cœur malgré sa différence, fuira-t-il devant cette aspérité-là ? Il lui faut se reprendre ! Ses dents mâchonnent l'intérieur de ses joues tandis que, les mains contre l'os des hanches, il s'astreint à une relative quiétude, ongles pénétrant sauvagement la chair ; il ne peut s'offrir à ainsi à son ami – ses luttes pour conquérir le précieux piédestal de son cœur l'ont mu trois années durant ! pas question qu'il les piétine en ce veule renoncement ! Cette fois, sa baguette est sabre – il la dégaine proprement, gronde le latin martial qui compose la formule, pour la première fois ; un flot d'argent se déverse, alors, illuminant la pièce – pas franchement modelé, mais, déjà, il lui semble discerner l'élégance d'une aile immense ; et puis tout se dissipe. Le souffle quelque peu choqué de l'élan qui l'a tout juste jeté sur sa baguette, et son premier essai, il détourne le regard juste à temps pour pouvoir contempler la réussite de son ami.

Les filets scintillants qu'exsudait, tout à l'heure, faiblement sa baguette se sont à présent proprement incarnés, en une petite forme sphérique et semblant bourdonner autour des étagères, irradiant une puissante luminescence qui lui paraît, à présent, de la blancheur du miracle – elle trouve, en les yeux d'Anatoli, son miroir émerveillé. Il voit, ainsi, Regulus capturer  la créature entre ses doigts gracieux d'aristocrate, y porter un œil perplexe – a-t-il déjà essayé auparavant, et obtenu un autre résultat ? le Russe doit avouer être curieux du jugement que porte le jeune Black sur sa propre réussite – et aveuglé, avant de le lâcher presque brusquement. Et Anatoli, ébaubi, ne peut s'empêcher de suivre le mystérieux animal ailé et frétillant, et pas seulement du regard – ses pas excités le mènent instinctivement quelques mètres plus loin, où ce qui semble être un minuscule oiseau à la rondeur et l'enthousiasme éternels s'agite. Mais, soudain, alors qu'il tend joyeusement un bras fougueux dans sa direction, la créature s'évanouit, purement et simplement. Oh ! s'exclame-t-il avant même que sa pensée ait pu revenir sur l'idée de s'exprimer ainsi en pareille situation. Mais ! Regulus, il a disparu ! Comment ça se fait, dis ? C'est normal, ils sont censés s'en aller si vite ? Comment sont-ils supposés nous protéger, dans ce cas ? Il se retourne brutalement vers son homologue, le front plissé d'incompréhension – y a-t-il eu un quelconque problème ?
C'est alors qu'il voit le visage de Regulus, l'expression qui s'y est peinte – une sorte de triste affliction mouchetée d'amertume et de déception – qu'il comprend la raison de la subite disparition du Patronus de son ami. Et puis ce dernier s'adresse à lui ; le ton presque boudeur qu'il emploie n'arrache à Anatoli qu'un tendre sourire, alors même qu'adopté par n'importe qui d'autre, il l'aurait envahi de pulsions meurtrières – il s'approche de lui, baguette en main. Je ne sais pas, Regulus, tout ça est sûrement peu probable, tu as raison... Mais est-ce qu'on a vraiment besoin de tous ces prétextes pour utiliser un Patronus ? Non, sûrement pas ! Sa voix à lui a des mines d'enfance, des airs de celle qu'il n'a jamais eue – l'insouciance des champs que caresse le Soleil d'été, l'affront de vêtement déchirés, de visages crasseux et rougis et de ciels toujours trop tôt assombris ; et, tout à l'euphorie de la situation, il ne songe guère à remettre en place son masque. Tu comptes vraiment ne l'exécuter que pour ces tâches ? (Il se renfrogne, plus tendrement juvénile que jamais.) J'aurais tellement aimé le voir plus souvent, il est si beau ! je n'ai jamais vu pareil animal, tu dois posséder une magie vraiment exceptionnelle pour qu'une créature si rare soit ton Patronus ! Oubliée, la comédie, les sourires de faussaire ; la feinte indifférence, et au fond, la fureur amère ! c'est Anatoli Slezniov qui, ici, au cœur de la Réserve, en un jour brûlant de mai, offre son grand sourire à Regulus Black – offre la complète et terrible vérité de son cœur à celui qui l'emporte si loin. Nul n'est plus Anatoli Slezniov que cet ivresse enfantine, virginale presque ! et ces hautes pommettes, qu'empourprent l'engouement, l'admiration et, surtout, le secret suprême d'un cœur ardemment possédé.

ω




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MessageSujet: Re: [flashback] someone's out there, sending out flares | Regoli   Lun 17 Oct - 15:42




i'll rearrange the stars, i'll do better
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[center] « let’s not fight i’m tired can’t we just sleep »
Et si tu avais été si pressé de te débarrasser d’un sortilège que tu avais dès lors estimé ridicule et inutile pour la simple et bonne raison que la forme sous laquelle l’esprit de celui-ci t’était apparu ne t’avait pas convenu, il te fallut toutefois combattre en toi l’envie pressante de le faire revenir au plus vite pour revoir à nouveau le sourire d’Anatoli se dessiner sur son visage, bien qu’il n’en dessine aucun sur le tien. Tu n’avais pas prévu que le jeune Russe soit si sincèrement intéressé par la toute petite créature, et il te fallut tous les efforts du monde pour te convaincre que derrière ses propos transparaissait seulement une curiosité verte et argent puisqu’elle était après tout bien spécifique au groupe auquel vous apparteniez, et non pas un véritable attrait pour une si petite boule de magie comme en apparaissaient des milliers à la demande – car dans ton cas il suffirait d’une forme bien spécifique d’un sortilège quelconque d’apparition d’une boule lumineuse pour en avoir une fidèle réplique du premier abords, alors que tu avais pu le voir s’éloigner de plus en plus, suivi des yeux par ton Anatoli, qui contrairement à toi et tu t’en rappelais pertinemment pour t’en vouloir dès que tu en avais le temps, n’avait pas toujours considéré l’usage de la Magie comme un acquis tout à fait naturel et sur lequel il n’y avait pas lieu de s’éparpiller en admirations diverses.
« - Je ne crois pas que le mien protège un jour la moindre chose, regarde comme il est petit. »
Bien entendu il était tout à fait impossible qu’il le regarde puisque tu l’avais fait disparaître pour ne pas avoir à l’observer plus longtemps, ne cachant de ce fait rien de ta déception d’avoir vu apparaître exactement le contraire de ce que tu souhaitais découvrir sans même avoir pris conscience de tes attentes précédemment. « Oh, il était parfaitement commun, tout ce qu’il y avait de plus banal même, avant. C’est un vivet doré apparemment, un oiseau d’il y a longtemps. L’espèce s’est quasiment éteinte il y a de ça huit cents ans, alors que sa capture était considérée comme un jeu, parce qu’il est dur à attraper, avec ses ailes totalement rotatives qui peuvent l’orienter dans toutes les directions. On avait même fixé un prix pour ceux qui y arrivaient, de cent cinquante Gallions, et il a créé une sorte de Quidditch par la même occasion, avec les cent cinquante points que les Attrapeurs gagnent. Ensuite on lui a découvert d’autres propriétés magiques, et il a fini par être chassé en masse et par tous les moyens. A l’heure actuelle, ils sont gardés dans des réserves très protégées, et j’ai pu une fois en voir un alors qu’il allait être transféré dans une autre et qu’il était dans la même animalerie que Galilée. » Tu lui adressas un sourire bien plus déçu que celui que tu aurais voulu lui offrir, forçant un entrain en y mettant tout ton cœur parce que tu t’adressais à Anatoli et que celui-ci n’avait pas besoin que tu t’éparpilles devant lui en de multiples explications et excuses qui ne conduiraient qu’à rendre la situation plus triste, et pire encore, à te faire baisser dans son estime certes bien haute de toi si tu entendais les avis qu’il réservait à certains de tes amis, « Ce sont des oiseaux qui meurent souvent quand on les touche, parce que les Attrapeurs ne sont pas assez délicats et que leur cœur et leur fragilité ne supportent pas l’angoisse de la captivité. Et donc on les a remplacés par des Vifs d’Or comme tu en vois souvent, qui sont des objets aussi hypersensibles sur le plan tactile pour garder en mémoire l’Attrapeur mais qui au moins n’en meurent pas, puisqu’ils ne sont pas vivants. Et pour leurs trajectoires, on a donc plutôt intégré un effet mathématique selon lequel la trajectoire passée d’un objet n’orientera pas sa prise de décision, et donc sa direction future. En somme, il était à l’Est, mais il peut tout à fait une fois mis dans une très courte pause aller de nouveau vers l’Est, ou se diriger vers le Nord, comme le Sud, et varier son altitude. Il ne voit pas les Attrapeurs, fait ce pour quoi il est conçu sans en favoriser un, et nous ne pouvons pas prévoir à l’avance son comportement. Ce jeu est magique en tellement de points. » finis-tu par t’arrêter et sourire, plutôt confus d’avoir tant détaillé quelque chose qui ne valait pas forcément la peine de l’être, et gêné d’avoir considéré Anatoli qui savait sans aucun doute mille choses de plus que toi comme l’élève d’un instant. « Mais ce ne sont pas des oiseaux spéciaux pour autant, ils sont juste plus fragiles que les autres. Et puis je ne crois pas que la rareté rentre en compte, comment ma baguette pourrait le savoir? Ce n’est pas un trait caractéristique particulier pour autant non plus, juste un fait. » concluas-tu sur un ton tout aussi découragé. Non, selon toi il ne s’agissait en aucun cas d’un trait qui te définissait, et l’idée même te paraissait si stupide que tu t’énervais silencieusement contre. Ce qui était vrai, cependant, c’était son tempérament effrayé, constamment affolé même, sa résistance aussi, sans doute, peut-être aussi son apparence, tant l’oiseau était petit et paraissait ridicule. Tu doutais même sincèrement qu’il s’agisse d’un réel Patronus, à ce point, et croisas les bras, te jurant intérieurement de ne rien faire pour le revoir de sitôt – de toute façon, ce n’était pas comme si un Patronus était réellement à ce point important, et ses multiples utilisations restaient après tout limitées ; ce n’était pas comme si vous ne communiquiez pas assez par lettres avec ton meilleur ami, et il était hors de question de ne pas pouvoir conserver ses écrits pour les relire aussi souvent que possible si celui-ci décidait de malheureusement employer son Patronus – et dans tous les cas tu n’aurais qu’à lui rendre une lettre pour ne pas avoir à le générer à nouveau si tu ne le souhaitais pas, et ceci ne serait pas vu comme un handicap quelconque ; loin de là même connaissant ta Maison et la couleur de ton Sang. Mais tu ne pouvais pas appliquer ton choix désormais fait à d’autres, et tu mourais d’envie de voir ce que la baguette du jeune Russe lui réservait, sans douter que le résultat serait bien meilleur si celle-ci lui appartenait et se trouvait être le miroir de sa personnalité. « Mais je n’ai encore pas vu le tien, et je suis sûr qu’il est mille fois mieux ! Tu veux me le montrer ? » Interrogeas-tu d’un ton bien plus vif et enjoué, t’efforçant de faire disparaitre ton embarras précédemment avant que ton ami trouve bon de se pencher sur celui-ci. Tu avais effectivement seulement aperçu se dessiner un bout d’aile immense, mais rien de plus pour l’instant, et tu avais réellement envie de voir le sien, ainsi que de ramener l’attention là où elle devrait être ; à savoir à Anatoli, et à tout ce qui pouvait s’y rapporter. Tu ne savais pas s’il s’agissait de la première fois qu’il avait finalement l’opportunité de pouvoir en créer un, mais tu te permettais d’en douter, bien qu’il soit tout à fait suffisamment talentueux pour l’exercer, ne connaissant pas le moindre sort qui ait pu un jour le mettre en difficulté.
Tu trouvas donc ta place sur une des tables de travail de la réserve, te hissant avec agilité sur celle-ci pour t’y asseoir, et assister au spectacle à venir en ayant une chance de l’apprécier à sa juste valeur, les jambes battant encore dans l’air du fait de la hauteur inutile de ce sur quoi tu t’étais assis. Tu savais que le Patronus d’Anatoli serait bien plus spectaculaire, à sa mesure certainement, et ce que tu avais pu apercevoir avait fini de te convaincre de lui laisser un petit peu de place pour l’exécuter.

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MessageSujet: Re: [flashback] someone's out there, sending out flares | Regoli   

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