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 Pensine d'Azrael

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Hiboux : 743
Club : Mangemort. The Layer. #Ohthoserussians.

Métier : Professeur de magie runique.
Age : 25
Particularité : Les secrets dévoilés en traître par leur esprit. Tu maîtrises la Légilimencie.


MessageSujet: Pensine d'Azrael   Mer 17 Aoû - 4:51


Azcabane


Avril 1960. Ezrael, 7 ans.

Dans le salon de la demeure des Silaïev, les flammes qui prirent soudain vie dans l'âtre de la cheminée firent danser des lueurs d'un vert vif à travers la pièce. Elles s'intensifient et, alors qu'elle flamboient, tu apparais au coeur du brasier pour en sortir intact. Alors que tu époussettes ta cape et t'apprêtes à t'en défaire, les flammes grimpent à nouveau et une voix interrompt ton geste lorsque s'y découpe une impressionnante silhouette. "Garde ta cape, Azrael. Tu sais que nous devons rejoindre les Fosvold dans le jardin pour prendre le thé, et que le médicomage t'as indiqué de rester couvert le temps que tu te remettes." Le gratifiant d'un regard vaguement noir pour ne pas paraître insolent face à ton père, tu obéis néanmoins et délaisses la broche d'argent ornée de fins éclats de saphir que tu malmenais entre tes doigts. Plaçant une main dont la largeur enveloppe l'entièreté de ton épaule encore frêle dans la chaleur protectrice qu'elle dispense, Zakhar te pousse doucement à travers les pièces du manoir jusqu'à une porte menant à l'arrière du domaine, dans une partie des jardins qu'obombrent des arbres à la ramure clairsemée, laissant le soleil printanier du milieu de l'après-midi taveler l'herbe tendre et la table drapée de blanc qui s'y dresse. Sur les peaux qui délicatement commencent à se découvrir, dansent aussi ces taches d'un or fragile qui les parsème tandis que ta mère converse plaisamment avec le couple d'invités qui prennent le thé avec elle. Un rire d'une légèreté cristalline s'échappe des lèvres de la femme pour tisser sa toile dont les étoiles se perlent de rosée, et sa voix attendrie te hérisse jusqu'au moindre poil lorsqu'elle déclame : "Regardez-les ; que nos enfants sont charmants ensemble." Les sourcils se froncent pour dessiner de fines lignes sinueuses de la couleur du charbon, et lorsque les prunelles dévient pour se poser sur le sujet de la conversation des adultes, les paupières se plissent, et de l'écrin des cils jaillissent les vaironnes où perlent une possessivité extrême et offensée. Car devant toi, en contre bas de l'endroit où vous vous tenez, se trouvent leur fille et surtout Ezra, dont le sourire semble briller comme une étoile et qui rit d'un éclat dont la musicalité aérienne que tu devines te fiche des épines glacées dans la poitrine.

Lorsque tu dévales la pente d'un pas mesuré, dont la fierté semblerait pouvoir faire rouler un tonnerre qui fait voleter ta cape dans ton sillage, ton double te remarque enfin, et son sourire change et s'élargit. "Azrael !" Ca n'est pas là la lueur froide d'une étoile lointaine qu'il t'adresse comme il le faisait pour elle. C'est un soleil. Un soleil qui t'est exclusivement réservé, et dont la chaleur communicative t'envahi jusqu'à la moelle, chassant le froid et la maladie qui t'habitent depuis quelques jours, éclipsant le vide qui a grandit dans tes entrailles jusqu'à te rendre nerveux durant les deux heures passées l'un sans l'autre. C'est un soleil, et ses rayons divins habitent les lignes de son visage, la courbe de son sourire, la profondeur de ses prunelles. Et comme un miroir, c'est un sourire presque identique qui vient orner des traits tandis que tes pas s'accélèrent pour le rejoindre et que vous vous enlacez comme si vous aviez été séparés pour une petite éternité. Et c'est un peu le cas : rares sont les moments où vous n'êtes pas ensemble, et plus exceptionnels encore sont ceux qui sont heures avant que vous ne soyez à nouveau réunis, vous plongeant dans un inconfort tourmenté qui ne prend fin que lorsqu'on ne vous compte plus que comme un. Malgré la douceur du soulagement qui vous caresse cependant, tu n'oublies pas l'offense portée, qui mérite d'être vengée. Et par dessus l'épaule d'Ezra, c'est avec attention que tu étudies celle qui l'a perpétrée, avant de proclamer d'une voix melliflue : "Si nous profitions d'être trois pour jouer à cache-cache ?"

Pour jouer à ce jeu que tu proposes et qu'ils ont accepté sans même hésiter, c'est vers l'aile ouest du manoir que tu les entraînes d'un pas particulièrement vif, prétextant de meilleures cachettes et des risques amenuisés d'interférences quelconques de la part des adultes. Et si Ezra t'a bien lancé un regard légèrement étonné, il n'a rien dit, et tous deux t'ont suivi sans plus poser de questions jusqu'à cet endroit où tu t'arrêtes justement, à l'ombre de la cabane du jardin et de ses boiseries claires. ''Tu comptes, Frida. Dans la cabane.'' Dans ta voix, l'intransigeance sonne, et c'est un ordre que tu donnes. Tes yeux la rivent et, mal à l'aise, elle se dandine d'un pied à l'autre sous le clair des prunelles qui la transpercent. ''Mais...'' Si ta langue ne claque pas, le regard que tu lui adresses est le fouet qui interromps sa vaine protestation. "On ne voudrait pas que tu vois sans le faire exprès où nous partons nous cacher. Jusqu'à 50." Tu ne sais pas ce qui lui a laissé croire qu'une tentative de rébellion serait bien reçue. Toujours est-il que son menton se relève dans un élan de bravoure malvenue, que sa bouche se tord d'une moue qui se veut probablement hautaine mais qui ne fait que renforcer l'enfant capricieuse en plus d'être vaine. "Et pourquoi tu ne comptes pas toi ? Je veux me cacher avec Ezra." La chose à ne pas dire. A nouveau, tes paupières se plissent et, dans la colère qui t’inonde, c'est comme si tes pupilles s’étrécissaient pour mieux se focaliser sur ta cible. Possessivité et jalousie se déchaînent et t'entraînent dans leur danse vindicative, tandis qu'Ezra tressaille, sensible à la brusque aggravation de tes humeurs. Sa main, déjà lovée contre la tienne pour apaiser l'irritation qu'il sentait émaner de toi, se resserre autour de tes doigts pour t'empêcher de réagir à la provocation, mais c'est déjà trop tard : il sait ta propension à la colère et, s'il sait généralement te calmer lorsque tout le reste échoue, rien ne fonctionne lorsque l'on tente de te voler ton frère. Déjà, tes doigts se défont de leur étreinte, et t'avance vers elle, les prunelles pleines d'éclairs menaçants. "J'ai dis. Dans la cabane." Et à chaque pas que tu fais, chaque centimètre de terrain que tu revendiques, te faisant roi même dans cette bulle d'espace personnel, elle se voit obligée de reculer, suivant le chemin que tu décides pour elle malgré ses protestations fragiles. "No-" Et soudainement, elle s'interrompt pour bondir en arrière, pile dans l'entrée de la cabane qu'elle voulait éviter. Une fraction de seconde plus tard, la porte tonne comme un orage qui éclate après que tu l'aies claquée avec une brusquerie irréfrénée. L'instant d'après, c'est ta magie même qui s'en mêle, verrouillant l'entrée pour exaucer la volonté de ton inconscient enragé.

Déjà, tu tournes les talons, ignorant les complaintes de ta prisonnière pour couvrir Ezra d'un regard possessif. Tes bras entourent son cou, et tes genoux manquent de lâcher lorsque les siens se referment sur ta taille. "Mais, Azrael..." "Quoi. Vous allez pas bien ensemble. Et pis tu es mon Ezra." "Quoi ?" Répond-il d'une voix interloquée, alors que tu te serres jalousement contre lui lorsque l'un de ses bras te relâche, refusant de le laisser partir. Sa main, pourtant, vient se poser sur ton front quelques instant avant de glisser dans tes cheveux. "Je crois que tu as de nouveau de la fièvre, Az..." Tu grognes pour toute réponse, la fatigue envahissant soudain ton corps las tandis que tu enfouies ton visage dans le creux de son cou et qu'il ajoute, murmurant à ton oreille. "Et sois pas jaloux, personne peut nous séparer, on est qu'un. Viens maintenant." Et, un bras drapé autour de tes épaules pour te soutenir comme il le peut, il t'entraîne vers les adultes, un sourire satisfait ornant tes lèvres, encore insouciant quant aux conséquences de tes actes. L'important est là : tu as retrouvé ton autre moitié.


© charney

ω



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