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 every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe

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MessageSujet: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Mar 2 Aoû - 15:09


Mina Eshe Quraishi

world on fire with a smoking sun

ϟ Prénom(s) :   C'est Mina qui s'est dressé en premier contre les dents de son père lorsqu'elle est née – Eshe étant, apparemment, le choix de sa mère et, si le cruel patriarche n'a pas choisi de l'honorer, alors elle s'en chargera. C'est une féroce exécration qu'elle a appris à porter à ce premier prénom, qui la marque de l'étau paternel – comme si sa chair n'en portait pas assez l'outrage.
ϟ Nom :  Quraishi – héritage de son Égyptien de père.
ϟ Age : 31 ans
ϟ Date et lieu de naissance : 7 novembre 1946, à Oxford.
ϟ Statut & Sang : Sorcière au sang mêlé.
ϟ Particularité, don : Occlumens
ϟ Ancienne Maison : Gryffondor
ϟ Profession :  Auror – nulle noblesse d'âme ne l'y a conduite, nulle ardeur que celle d'un tempérament échauffé, nulle passion que celle qui meut ses poings et enflamme sa magie ; nul objectif que celui d'apaiser en elle ces élans de violence et d'acrimonie, qui la parcourent et dévastent son cœur depuis l'adolescence.
ϟ Opinion Politique : Indifférente – d'aucuns, au vu de sa profession, la penseraient Résistante, il n'en est rien ; elle n'attache qu'une importance toute relative, quasi-nulle, aux normes morales et aux idéaux abstraits.
ϟ Baguette : 37 cm, bois de chêne rouge et plume de phénix en son cœur – rigide.
ϟ Patronus : Un scorpion
ϟ Epouvantard : Silhouette masculine – un torse nu et hâlé, une cicatrice blanchâtre sur le sternum.
ϟ Amortentia : La fragrance cuivrée de gerbes de sang fraîches ; l'odeur du limon charrié sur les berges du Nil, que vient tendrement ponctuer celle d'un lotus solitaire. La chaude caresse que fait le Soleil matinal aux draps défaits.
ϟ Miroir du Rised : C'est une nudité virginale qui lui fait face – la sienne, que n'ont pas marqué les ignominieuses violences de son passé ; les lignes gracieuses de deux mains féminines s'accrochent à ses hanches. Elle sourit.
ϟ Feat : Katrina Law
ϟ Crédits : Almilozee
Qui es-tu ?

1. Votre personnage partage-t-il les idées montantes qui reprochent aux nés-moldus l'impureté de leur sang ?
Un profond rire amer se fraie un chemin entre les lèvres d'Eshe lorsqu'il est question à proximité d'elle d'une prétendue pureté du sang ; eh ! rien de pur lorsqu'il s'ébat contre le sol froid, où repose ce corps que la vie a quitté ; rien de pur à son étreinte entre les dents d'un monstre vorace ! A ses yeux, le sang n'est rien de plus que les pleurs déchirants d'une chair rudoyée ; n'est pur que celui qui n'en voit la riche nuance, ni n'a sous les narines sa capiteuse senteur. N'est pur que le fort, n'est pur que celui dont la chair fait cuirasse pour ne pas épandre ses larmes purpurines – seule est honnie d'elle la faiblesse, les jambes veules qui laissent le corps à la terre inhospitalière ; ses genoux ne l'ont que trop heurtée.

2. Que pense votre personnage du ministère actuel ? Le trouve-t-il plus apte à faire face à la situation actuelle ? Le trouve-t-il trop idéaliste, laxiste, sévère ?
Le ministère, elle en est l'envoyée – à son service, elle met ses journées, ses aubes, ses nuits ; sa vie. Elle est bien loin de l'idolâtrer, cependant ; elle trouve presque quotidiennement moult critiques à lui faire, la principale étant ce patent manque d'efficacité, qu'elle place à mi-chemin entre la naïveté crasse et la mollesse pure et simple. Elle accomplit la tâche qui lui incombe avec un zèle terrifiant – si elle se refuse à humer le métal glacial de son propre sang, celui d'un autre lui est délectable ; violenter, mutiler lui semblent des absolus depuis qu'on a pénétré son crâne de leurs prétendues vertus didactiques. Elle aimerait du ministère qu'il se range à ce qui relève pour elle de l'évidence, qu'enfin il se défasse de son mièvre aveuglement.

3. Votre personnage est-il prêt à s'investir dans la défense de ses idées, quelles qu'elles soient, ou préfère-t-il rester éloigné des jeux des politiques ?
L'enfance épineuse d'Eshe l'a laissée à une moralité biaisée et à une forte propension, quasi-pulsionnelle par moments, à l'usage immodéré de la violence ; la sentant germer pernicieusement contre son cœur en compagnie des platitudes habituelles de l'adolescence, elle s'est fait un devoir d'embrasser la carrière d'Auror, si ardue fût-elle. Il lui fallait un exutoire, un cadre au sein duquel elle pourrait déchaîner ses ardeurs sans attirer sur elle les regards inquisiteurs ; nulle noblesse à son choix de carrière, nul féroce idéal de justice, nulle insatiable avidité de l'équité sociale. Eshe n'a rien d'héroïque, et les rares idéaux qui aient jamais marqué durablement sa chair relèvent du havre tendre d'une intimité passée ; les luttes qu'elle livre en leur honneur, du reste, n'ont guère que des hontes sanglantes dans leur sillage. Si elle est indubitablement un pion sur l'échiquier politique, il n'y a là qu'un calcul, et la perpétuation d'une grande tradition familiale de la dissimulation, et de la comédie sociale.

4. Que pense votre personnage du rapprochement des ministères de la magie anglais, français et slaves ? Est-ce un front utile et capable contre la menace que représente en Europe la montée de Voldemort au pouvoir ?
La position d'Eshe quant à la coalition est plus nuancée ; d'un côté, cette proximité nouvelle avec le ministère russe de la Magie, aux méthodes plus fermement efficaces, n'est pas pour lui déplaire et comble ses attentes vis-à-vis du ministère auquel elle se trouve affiliée ; de l'autre, néanmoins, elle n'y voit qu'une façade labile, que le contexte chaotique a déjà commencé à déliter. Les puissantes poignées de main, levées au ciel comme un sanctuaire, ne seront pas entraves au sang versé, ni ne feront jamais figure d'esquisse de mesure politique.
Survole l'image pour en savoir plus
Anecdotes

Anglaise par sa mère, Égyptienne par son père – elle n'a jamais foulé le sol égyptien toutefois, et c'est là un motif récurrent de rêverie, qui s'insinue en maître dans les errances de son imagination • Son père a émigré vers l'Angleterre étant jeune, en période de troubles post-indépendance égyptienne, par calcul politique surtout, voyant en les terres britanniques le foyer d'une prospérité certaine ; il est du reste l'un des héritiers d'une importante famille Sang-Pur d’Égypte, mais la mère d'Eshe, morte en couches, avait le sang mêlé • Le tumulte de son enfance en tête-à-tête avec son père a pénétré Eshe d'une peur irrationnelle des hommes, à laquelle elle a très tôt appris à substituer le mépris, et une excessive agressivité – à l'inverse, elle tend à être parfois exagérément tolérante et conciliante avec les femmes ; elles seules, du reste, sauraient se faire souveraines de ce cœur hérissé • Ses pouvoirs se sont manifestés pour la première fois alors que son père lui infligeait une énième correction – ce sont eux qui ont marqué son sternum de cette balafre indélébile, tout comme il la marquait de ses furies tempétueuses presque quotidiennement • Lorsqu'à l'entrée à Poudlard, le Choixpeau est entré en contact avec son crâne, celui-ci s'était peint d'une litanie de supplications – pas Serpentard, n'importe où mais PAS Serpentard, il le faut.  Si le vêtement rapiécé a accédé à sa silencieuse requête, il n'en démord pas pour autant, même vingt ans plus tard : Eshe aurait fait une somptueuse Serpentard • Elle imagine mal, d'ailleurs, une existence sans Seth, sa vipère rhinocéros, à laquelle elle voue une grande affection • Durant ses années à Poudlard, c'est le Quidditch qui a contribué à la sauver d'elle-même, en lui procurant à intervalles réguliers la dose d'adrénaline nécessaire à son épanouissement ; celle qui faisait tressauter son cœur et s'étirer ses commissures – son équipe a pu se targuer d'avoir aune batteuse pour le moins ferme et efficace • Le menton haut et le ton sec, elle vous paraîtra être l'archétype même de l'orgueilleuse, et la glace inflexible de ses regards projettera par un étonnant instinct le vôtre au sol ; sa voix se traîne indécemment lorsqu'elle daigne vous faire l'honneur d'un mot • Ses collègues, toutefois, ainsi que la large gamme hétéroclite d'individus auxquels elle a eu affaire dans l'exercice de sa profession, savent quel brasier agite intimement ces beaux doigts graciles et font voltiger la noire crinière, savent quelle intrinsèque violence noircit ces yeux lorsqu'ils se posent sur quelque rebut de l'humanité qu'on l'a chargée de traquer – Eshe est savante façade, terrible comédie, qu'ont dangereusement ciselée les années, ainsi d'innombrables interactions sociales en tout genre • Sous cette adamantine carapace, cependant, les aspérités ont des profondeurs d'abysses ; le grand malheur de son enfance a meurtri sa chair et disloqué son rapport à elle-même – la haine qu'elle porte à ceux qu'elle se doit de neutraliser est bien dérisoire ! une fois confrontée au dégoût viscéral qu'elle s'inspire, à l'aversion véritable et térébrante qui est la sienne chaque fois qu'un miroir lui renvoie le reflet de ce visage maudit, et de ces rictus plus tordus que le père qui lui a laissé ce nom • Cette inimitié est l'un des facteurs qui expliquent l'alarmant zèle qu'elle met dans les missions qui lui sont confiées – d'aucuns parlent d'inconscience pure, d'autres y voient les stigmates d'un comportement autodestructeur ; pour certains, c'est du nom de sadique impitoyable qu'il faut l'affubler • Ne savez-vous donc pas d'où je viens ?  ricane-t-elle à ceux-là, la respiration sifflante, les yeux dangereusement intenses ; et ils ne savent pas. Son père n'a jamais laissé éclater sa noire véhémence au grand jour, comment sauraient-ils ? Mais Eshe sait pour toujours – et ni son corps déchiré, ni son âme désolée ne lui laisseront jamais le maigre répit de l'oubli.

Derrière l'écran

ϟ Pseudo ou Prénom : Almilozee mais surtout Anatoli maintenant huhu coeur
ϟ Âge : BIENTÔT 19 QUE VAIS-JE FAIRE
ϟ Double compte ? Anatoli Slezniov, mister russian!hugs pour vous servir ui. (a)
ϟ Vos premières impressions ? ce ne sont plus les première mais !!!! vous gérez trop, j'vous aime bande de cuties et j'aime ce forum la preuve je l'envahis krkr
ϟ Autre chose ? TOUJOURS VIV- okok on a compris je sais. (mais du love sur vos bodies dakor)

fiche by laxy


Dernière édition par M. Eshe Quraishi le Mar 2 Aoû - 16:17, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Mar 2 Aoû - 15:14


Il était une fois ...

this is the hardest story that i have ever told; no hope or love or glory, happy endings gone forever more


(tw: relation abusive, violences familiales, violence graphique)


A heart of steel starts to grow


Le jour qui l'amène à la vie l'ôte sauvagement à celle qui la lui a offerte – il semble que la petite Mina geint trop fort alors, que déjà ses poumons se déchirent pour oublier le silence terrible de leurs semblables. La vie et la mort se gratifient d'un salut lugubre dans l'exiguïté blafarde de la pièce – et puis tout est fini. Mina est née, sa mère est morte – son père, lui, est bien là. C'est bien ce corps trapu qui occupe l'entrée et fait un barrage de sa massive immobilité, ces mains rugueuses qui déjà, referment sur elle une poigne trop forte. Les pleurs cessent rapidement tandis qu'un petit son étranglé monte de la gorge virginale – elle baisse la tête ; c'est comme l'acceptation silencieuse de ce gros fardeau qui, impitoyablement, lui est lâché sur les épaules. Elle est l'erreur, l'horrible imprévu qui a assassiné sa mère – l'ignoble vampire qui a sucé du fond de son ventre la vie qui pulsait en elle. La sangsue infâme, toute boursouflée de son crime innommable – les Mina que lâchent son père pour l'appeler à lui, dès ce jour, lui semblent crachats acides, amas graveleux qu'une salive empoisonnée fait sur son visage rosâtre de fillette. Elle apprend à honnir farouchement ces deux syllabes, ainsi que la voix qui les propulse loin de la gorge paternelle – il lui arrive même de ne pas répondre à cet appel exécré ; et c'est là, pour ce père esseulé, qu'une titanesque furie enflamme perpétuellement, l'outrage suprême. Et alors quoi ? Tu te crois plus haute que le nom que je t'ai donné ? N'oublie pas ta place, Mina. Tu ferais mieux de ne pas oublier ce que tu es, et ce que je fais pour toi malgré tout. Sa voix tonitrue, détestable tambour rocailleux, contre les jeunes tympans ; et la petite tête prend la même courbe servile que l'échine à l'évocation de ce qu'elle est – la honte germe au fond des viscères, les larmes veulent remonter la cascade des paupières.

C'est pourtant un grand silence qui suit la déclaration irritée de son géniteur, comme une insurrection en devenir, une révolution en marche souterraine – et cela, bien sûr, ne lui échappe pas. Sa respiration paraît tenir du mugissement tandis qu'il se rue sur elle, sa grande main ombrageant sinistrement le mur immaculé qui lui fait face ; lorsque les larges phalanges se referment pour la première fois autour de sa nuque, elle n'essaie même pas de s'y dérober. Ses protestations sont toujours partielles – sa culpabilité finit toujours par la rattraper, de ces longues jambes anormalement fuselées qui sont les siennes ; et toujours, la brûlure de son regard l'atteint finalement, qui lui renvoie à la face la calamité de sa venue au monde – sa reddition ne tarde jamais, et il le sait. Il sait aussi sa rampante reddition lorsque de sa chair frêle il approche la sienne, échaudées par les cals et les années ; il sait les aspérités de ce corps encore veule, et il ne se prive pas d'y apposer la tranche monstrueuse de sa marque.
Et Mina ne croît pas – ses racines se délitent sous elle, la famélique écorce de son cœur se sclérose lorsque les coups la secouent ; chaque assaut de la paume rêche contre sa joue y font abondamment ruisseler les larmes, et s'effondrer le mur d'argile tremblant de son amour-propre ; chaque heurt du pied fruste sur son abdomen y immole l'embryon d'espoir qui s'obstinait à y bourgeonner, petit à petit. Elle s'engonce alors dans un triste cycle de violences et de culpabilité sans fin, à tel point que lorsque son père s'absente, occasionnellement, et ne déchaîne pas sur elle le maelström de sa colère endeuillée, elle se prend à enfanter elle-même une nouvelle tornade d'agressivité, qu'elle a un plaisir pervers et déchirant à retourner contre elle ; ce sont les courses hurlantes de lames un peu émoussées lorsqu'elle commet quelque peccadille, les ongles qui plongent en la chair à la montée de la colère. Et son corps, terrible mausolée, se pare des spectres de toutes ces rages en consomption ; sa chair s'ouvre pour épandre ses larmes écarlates – et lorsqu'enfin elle clôt d'elle-même le gouffre béant que son affliction a creusé, des sinuosités livides subsistent sur ses plateaux dorés, moribonds importuns et éternels. Ils ne la quitteront jamais.


I used to think that the day would never come
I'd see delight in the shade of the morning sun


Lorsqu'elle repense à cette période, c'est une grande nuit, interminable et hostile, qui s'affiche à son esprit blessé ; celle qui a déroulé la longue chape noire de son épouvante derrière ses paupières d'enfant des années durant. C'est la nuit tombée que, le plus souvent, le patriarche étend sur elle ses paumes et leur impossible largesse craquelée ; la nuit que la pluie des coups l'inonde de lézardes physiques comme mentales – la nuit l'accueille toujours avec ce rictus difforme et la laisse sur un au revoir sanguinolent, au petit matin. Elle croit devoir subir sa suffocante emprise à jamais – et une sorte d'amère résignation, alors, décatit tristement le lustre de ses prunelles. Et puis le jour vient – la belle aube ensoleillée aux teintes fauves, celle qui peint délicieusement ses rêves les plus audacieux. Il lui semble ordinaire, à première vue – elle commet un impair, croise l’œillade courroucée de son père. Son approche a les mêmes brutalités que d'ordinaire, et elle ancre fermement ses poings contre ses cuisses pour ne pas se recroqueviller lorsque tonnent ses pas, lorsque leur proximité se fait dangereuse et oppressante. Son père, elle le connaît ; et ses mains à lui la savent intimement, jusque dans les faiblesses de ses courbes, jusque dans les minceurs de ses forteresses physique et dans les brèches de ses cuirasses mentales. Ses coups l'ont toujours à l'usure – et s'il la tue, un jour, le trait létal ne sera jamais trouvé fiché au cœur ; ce seront mille glaives épars et sournois qui lentement auront éviscéré sa vitalité et paralysé son cœur.
Mais cette fois, en ce jour remarquable, les coups de pleuvent pas, ne se répandent pas sur sa peau en cette bruine sanglante, qui la laisse toujours évidée, et comme dépossédée de son âme – le premier s'abat, féroce, mais nul autre ne le suit ; il est seul, là, à brûler sa chair – et l'ecchymose violâtre qu'il y imprime est presque misérable dans sa solitude, entourée des cadavres blanchâtres de ses semblables. Elle a rivé les yeux au sol – la nuque toujours ployée, elle ose les relever ; leur craintif flamboiement rencontre alors leurs homologues paternels, dont l'étendue a d'étonnantes platitudes. C'est que jamais son regard n'est placide ! lorsqu'il lève la main sur elle ; parfois, elle se prend à s'engoncer en ses noirs tréfonds – et la destruction qu'elle y voit s'opérer n'est, au fond, que le grand bûcher intérieur donc sa chair est le foyer ; mais aujourd'hui, ce regard est différent. Il semble avoir trouvé quelque repos ; quelque miraculeuse accalmie semble s'être fait un chemin parmi la tumultueuse tourbière – elle ose le questionner. Que se passe-t-il ? Quelque chose ne va pas ? Terrible, tragique ironie que celle de cette enfant meurtrie qui se chagrine lorsque la violence cesse !

En face, le regard a des scintillements satisfaits, et une réponse ne tarde pas à lui parvenir : Je savais que tu le pouvais, Mina. J'ai toujours cru en toi. Je suis fier de ma fille. Hé, hé, Mina. Regarde-moi. Regarde-moi bien. Elle ne songe pas un instant à lui désobéir ; son esprit est comme ralenti par la tournure singulière que prend la journée, et la sulfureuse flammèche de la subversion ne peut y creuser son sentier. Elle le considère, donc ; l'imposante largeur de ce torse mâle, qu'assombrit ce hâle lointain, avec lequel le sien, strictement héréditaire, n'a jamais pu rivaliser – et au milieu, entre les rugosités du poitrail musclé, une plaie ouverte ; et ce sang qui fuit, ce rouge presque obscène sur sa chair à lui. Elle a un mouvement de recul, instinctif – qu'est-ce qui est arrivé ? Est-ce que ça va ? Ses jambes tressautent, mais pas autant que le timbre rauque qui s'exhale nerveusement de cette gorge ronde encore – un autre pas en arrière ; l'attrait d'une distance jamais goûtée. Tout va bien – c'est juste toi. Tu t'es enfin rendue digne de me toucher, et j'en suis fier. Très fier. Tu t'es enfin révélée. Je savais que tu l'avais en toi – le pouvoir. Son bras se tend, dans sa direction – elle ne lui a jamais vu une telle droiture, et, avant même qu'il n'ait pu l'effleurer, un instinct impromptu la jette en arrière, contre le mur, refusant ainsi la seule véritable main que son père lui ait véritablement tendue – une main sans violence, presque douce ; la promesse d'une étreinte aux étranges teintes familiales, que l'oubli aurait rendues un peu saumâtres. Un hoquet surpris échappe alors à son père – la main se crispe, les yeux se plissent, et la jeune fille, même de là où elle se trouve, peut distinctement percevoir les nuées grasses de la frénésie s'amonceler autour des pupilles étrécies ; il s'avance à grands pas précipités, et ses doigts puissants enserrent son col pour l'approcher à lui – et elle se roidit. Elle se roidit parce qu'elle la sent, entre les doigts qui l'immobilisent, affluer, pulser comme un monstre rétif, hurler depuis l'âme de son père jusqu'à l'extrémité de ses phalanges – la violence. Et cette violence-là l'a toujours roidie, les membres figés comme dans la mort, les nerfs anesthésiés ; cette violence-là l'a toujours laissée à l'abandon, les yeux grands ouverts, à contempler l'horreur de cette vie de balafres et de furies, et à craindre dans le même temps le vide sidéral d'une existence de laquelle elles seraient absentes.
Mais, cette fois-là, lorsqu'à la courbe fragile de sa joue se heurte la masse contondante d'une main grenue projetée avec force, elle sent, en elle, gronder un orage nouveau, une ivresse électrique. Ce pouvoir qu'il vient d'évoquer – elle le sent monter en elle comme un magma secret et délicieux ; lorsqu'enfin son père la relâche, elle le regarde à nouveau – et, pour la première fois, elle lui sourit.


The sun forgives the clouds


Le second jour qui marque de son exception la vie de la jeune fille est celui où, pour la première fois, une lettre leur parvient, qui lui très spécifiquement est destinée. Son père, lorsqu'il la lui tend, a le bras léger, comme le jour qui a vu apparaître son potentiel magique ; et sa voix a des tranquillités qui lui semblent presque inquiétantes, tant elles contrastent avec la véhémence qui est ordinairement la sienne. Regarde, Mina. Tu as intérêt à réussir, et à continuer à me rendre fier. Ta mère compte sur toi tu sais. C'est toute secouée de tremblements qu'elle décachette la lettre – les allusions à sa mère, et donc à l'erreur fatale qu'abrite sa chair depuis sa naissance – qu'elle abritera toute sa vie durant – sont les charges paternelles qui lui arrachent les plus grosses amertumes et allument en elles les plus cuisantes douleurs. Ses yeux sont au bord de la crue alors qu'elle découvre la liste de fournitures requises par ce qui a tout l'air d'être une école. Ce jour-là, son père lui parle longuement de cet endroit nommé Poudlard, où les pouvoirs qu'elle s'est récemment découverts pourront s'épanouir sans barrière aucune – de cette école unique, où elle passera l'année, l'année entière ! A cette idée, son humeur s'allège sensiblement – elle en oublie presque les invectives fielleuses dont son père émaille le discours qu'il tient. Il évoque des Maisons, ainsi que les valeurs qui leurs sont attachées. Il ne s'attarde guère sur aucune d'entre elles, à l'exception de... Serpentard. Ils ne sont pas toujours très bien vus par une bonne partie de la société. Disons qu'ils portent haut des valeurs élitistes que tous n'apprécient pas... Ne te fais pas remarquer, tu veux ? Mieux vaut ne pas te faire d'ennemis immédiatement – crois-moi, je connais ce type de personne, et tu ne veux pas copiner avec eux ; je n'ai pas quitté ma famille et l’Égypte pour rien. Tu ne dois pas, en aucun cas et je dis bien, en aucun cas, être répartie à Serpentard. Je ne le veux pas et donc toi non plus. Est-ce que tu comprends ça ?  La tirade que son père achève dans un sifflement impérieux surprend la jeune fille – elle ne se souvient pas l'avoir jamais entendu parler si longtemps... Elle en retient ce mot, Serpentard, comme un venin sur la langue irritant le palais, et l'idée qu'elle ne doit pas, jamais, y être associée.
C'est ainsi que, le fameux jour de la Répartition, lorsque se dresse l'appel de son nom, et qu'elle y répond, s'avançant vers le chapeau miteux et indécemment rapiécé non sans l'habituel frisson qui court contre ses os à l'entente de ce premier prénom tant abhorré, son esprit fourmille de mille supplications terrifiées. Et c'est précisément cette singulière opiniâtreté qui, finalement, décide celui qu'on appelle le « Choixpeau » à s'écrier : GRYFFONDOR ! La teneur des commentaires de son père au sujet de cette Maison lui échappent totalement – mais elle n'en a cure ; elle a fait selon sa hiératique volonté. Et la première – par ailleurs l'une des seules – lettre qu'elle lui envoie depuis Poudlard ne contient rien de plus que cet unique mot salvateur, ainsi que la jubilation presque goguenarde dont il est désormais auréolé à ses yeux.


Enfant du solstice, hors de l'eau tu tenais ma tête


Elle s'appelle Sinead, Sinead Freya Dunegan, et elle est Irlandaise. Lorsqu'elle la regarde pour la première fois, elle croit n'avoir jamais vu d'yeux aussi bleus – c'est comme s'ils s'immisçaient en son âme et traçaient avec une minutie étourdissante jusqu'à ses moindres pensées ; il y a quelque chose de captivant dans ce regard étrangement franc, qu'elle croise lorsque la petite blonde filiforme est appelée par le Choixpeau, bien avant elle. Elle ne peut en détacher les yeux – et, en ces lieux excentriques qu'elle découvre, qui devraient plus que toute autre considération retenir son attention et attiser sa curiosité, sa fascination doit paraître bien étrange, mais elle n'accorde guère d'importance à cette éventualité ; ces prunelles-là sont bien trop hypnotiques pour qu'elle s'attarde sur quoi que ce soit qui n'est pas de leur fait. Leur magnétisme est tel qu'il en assourdit ses sens, et elle n'entend pas la Maison à laquelle elle est affectée. Mais lorsque, juste après sa propre Répartition, elle rejoint la table en liesse des Gryffondor, elle ne peut manquer l'intensité de ces faisceaux azurés, braqués sur elle – alors elle a été affectée à Gryffondor, elle aussi...
Elle ne parvient pas à retenir le sourire qui, soudain, étire son visage ; et l'adresse qu'elle lui fait brusquement, tandis qu'elle prend place à son côté, n'a rien de prémédité : Tu sais, je n'ai jamais vu l'océan – mais je suis sûre qu'il est bien pâle à côté de tes yeux. Une seconde étrangeté, qui la pétrifie lorsqu'elle en prend conscience – la tête retombe, et il y a une certaine déception dans la façon dont sa nuque se ploie au dessus de son assiette. Le silence se teinte de gêne, ses joues d'une nuance d'incarnat – et puis, tout à coup : Hé, merci. Merci beaucoup ! Tu sais, on ne m'a jamais saluée comme ça, c'est– j'aime assez ce Bonjour-là. Le tien. Ah ! comment est-ce que tu t'appelles, déjà... Une douceur, dans le timbre, qui fait contraste avec l'ardeur du regard – elle en relève la tête. Et lorsqu'elle retombe en leurs profondeurs, à ces yeux aux attraits d'infini, sans être capable un instant de s'y dérober, la réponse qu'elle voulait lui faire, ou tout autre projet impliquant un quelconque autre geste de communication, s'évanouit, laissant son esprit vierge de toute pensée cohérente. Non pas qu'elle ait déployé des efforts surhumains pour s'y efforcer – la question sous-jacente, elle la sait, et elle la hait. Son nom ? Elle a voulu le vomir chaque jour de sa vie, lui et le sang empoisonné dont il l'a enlinceulée ; elle l'a pris en horreur dans la bouche de son père, l'a honni lorsque brutalement matérialisé dans leur air. Et puisque cette existence lui offre l'océan, là, sous ses yeux, qu'a-t-elle à faire d'un énième diktat paternel ? Rien ne sert de faire voler en éclats l'harmonie de l'instant en prononçant ces deux syllabes écœurantes, rien ne sert de– Eshe. Eshe, c'est bien ça ? Ton nom. La voix s'est élevée à nouveau – en redécouvrira-t-elle la douceur à chacune des intervention que fera la jeune fille ? Ce qui la frappe, surtout, c'est la tessiture onctueuse du timbre lorsqu'il caresse intimement les deux premières syllabes, et leur soyeuse mélodie ; ces deux syllabes, comme elles sont riches ! elle avait oublié leur goût sous la langue – elle avait oublié l'agréable jeu des cordes vocales, au fond de sa gorge, lorsqu'elles vibrent pour les faire entendre.
Mina Eshe Quraishi – c'est là ce que l'inflexible professeur a dit, lorsqu'elle l'a appelée. Et Sinead, ô prodigieuse, fascinante Sinead ! Sinead ne l'a que partiellement entendu, cet appel. Sinead n'a entendu que les six syllabes qui comptaient réellement, et, de sa voix tendre, l'a rappelée à cette partie d'elle, que les coups reçus, que le sang versé avaient ensevelie. Oui, lui répond-elle, avec le sourire le plus vrai qu'elle ait jamais donné. Oui, c'est mon nom – je m'appelle Eshe. Jamais elle n'oubliera ce jour – lorsque ses pensées l'y ramènent, elle a un petit sourire très triste, et ses yeux luisent alors de mille larmes, de celles qu'on a trop longtemps muselées.
Jamais elle n'oubliera ce jour où elle est née – ce jour chatoyant, où des yeux plus vertigineux que l'Univers l'ont sortie de l'abîme putride et noirâtre au fond duquel elle avait erré onze ans durant.
Jamais elle n'oubliera ce jour délicieux ; et surtout, jamais, au grand jamais, elle n'oubliera la solaire beauté de l'âme qui lui a donné un tour si somptueux.


*


Ce premier jour derrière elles, les deux jeunes filles ne se quittent plus un instant – elles partagent le même dortoir, assistent aux mêmes cours, fréquentent les mêmes cercles d'amis, bien qu'aucun n'ait jamais pu ne serait-ce que prétendre au quart de l'intensité du lien qui les unit ; impossible, dès lors, de croiser la brune sans la blonde, d'entendre le rire de l'une sans la voix de l'autre. Leurs rapports sont presque gémellaires, et ni la course des années, ni les vicissitudes de l'adolescence n'y changent rien. Pour Sinead, Eshe a toujours la même dévotion, le même scintillement au fond des prunelles lorsqu'elle pose le regard sur celle qui l'a sauvée d'elle-même ; et Sinead est toujours cette paume douce contre le cœur d'Eshe, cette étreinte de soie contre les nuées du désespoir, contre les relents d'agressivité et de violence, contre les nuits hurlantes et les jours en larmes. Leurs tempéraments sont à l'opposé l'un de l'autre – l'ardente, sarcastique Eshe face à la tendre et timide Sinead ; la réserve de l'une, la fougue de l'autre – leur parfaite complémentarité.
Durant six ans, leur amitié est sans brèche ; nul ne leur a jamais connu l'ombre d'une querelle – et les terrifiantes furies d'Eshe, réputées au moins au sein de sa maison, n'ont jamais pris Sinead pour cible, pas une seule fois. Et la jeune femme elle-même a conscience du caractère prodigieux de cette influence, en même temps qu'elle prend l'entière et douloureuse mesure de son attachement à la blonde ; Sinead lui semble une part d'elle-même désormais – ses absences la laissent amère et morcelée, et les vacances estivales, qui la contraignent à retrouver la maison et la seule famille qu'elle ait jamais eu, lui paraissent plus interminables que jamais. Mais ce ne sont plus les coups, ni le sang qu'ils lui font cracher, qui la laissent à ses larmes lorsque la nuit s'est engouffrée en elle – c'est cette partie d'elle que la distance a emportée, qu'un vent perfide lui a arrachée ! L'éclat ocre de cette crinière qui voltige sous la brise, sa riche senteur lorsque les mèches s'affolent et viennent effleurer son visage ; l'intense chaleur qu'agite en elle ce regard, et son grand bleu pénétrant – les plis attendrissants de la bouche qui se peine, et ses gloires quand elle se courbe en un sourire éclatant. La berceuse de la voix, lorsqu'elle étend ses douceurs dans l'air vespéral – et le crépitement paisible du feu, dans l'âtre de la salle commune ; les folles étincelles qu'il met dans les gouffres d'azur. Tu me manques, tu me manques, chantent ses doigts sur cent parchemins différents, qu'elle ne signera ni n'enverra jamais – comme tu me manques ! rugissent en cœur ses pensées, féroces, entre les draps rendus moites par les larmes et la détresse. Les étés ont des mines de cauchemar, loin d'elle – et lorsqu'ils décapitent ses nuits, elle n'est pas là pour l'apaiser avec ses poèmes, elle n'est pas là pour lui murmurer à l'oreille les tendresses qu'elle a envie d'entendre ; le seul endroit où elle se trouve est ce cœur mis à mal, qui sans cesse heurte un sol hérissé d'aiguilles émoussées.


But with the weight of the Bible, I will break Adam's ribs
And repeat, my dear Eve, you do not take after this


Mais leur septième année est différente ; lorsque septembre les retrouve, sur le quai 9 ¾, quelque chose a changé. Est-ce l'étreinte que Sinead lui donne alors, comme chaque fois lorsqu'elles se retrouvent ? Il lui semble qu'elle a pris soin d'y insuffler bien moins de force qu'à l'accoutumée, que ses bras, autour d'elle, se gardent bien de presser leurs corps l'un contre l'autre ; qu'elle s'éternise, cette étreinte, comme un simulacre un peu triste qu'on se refuse à laisser se dérober sous ses doigts. Les flammes du regard de la blonde sont au sol, et le sourire vacille, c'est manifeste – Eshe n'a que trop contemplé ce visage, et toutes les lignes qui font son harmonie, pour ne pas remarquer jusqu'à la moindre de ses variations. Est-ce que tout va bien, Sine ? demande-t-elle, un bras toujours autour des épaules de Sinead tandis que l'autre s'attarde au milieu de son dos, ses doigts y traçant des cercles apaisants. Tu m'as l'air bien étrange... as-tu passé un bon été ? Son amie relève lentement la tête pour, enfin, vriller son regard – et quelque chose, au fond de l'estomac d'Eshe, s'agite furieusement à cette vue, au spectacle inouï de ces prunelles céruléennes dont elle est l'unique objet d'attention. Mais oui, chère, chère Eshe, tout va très bien. La douceur du timbre est toujours la même, qui la laisse bouche bée quelques secondes – et c'est autant de temps pour que Sinead reprenne ses esprits, et chasse promptement le trouble qui obscurcissait son âme, quelle qu'en soit la nature ; et son ton placide rassure provisoirement la brune – elle se promet, cependant, de garder un œil plus alerte encore sur son amie, et de ne laisser rien ni personne la chagriner ; la simple idée lui est suffocante.
Eshe tient sa promesse – les jours et les mois qui suivent, elle fait montre d'une vigilance accrue, plus attentive encore aux moindres faits et gestes de Sinead ; elle ne remarque nul changement majeur dans son comportement ou ses fréquentations – à dire vrai, les seuls écarts qu'elle constate ont lieu lorsque c'est avec elle qu'interagit la jeune femme. Oh, comme ils sont subtils ! les mouvements de recul qu'elle fait, comme par automatisme, dès qu'Eshe fait mine de faire ne serait-ce qu'un pas de trop dans sa direction, les heurts de sa respiration, lorsque leurs peaux entrent en contact ! ses paupières qui papillonnent de surprise lorsqu'elles se retrouvent, qui s'étendent dans la lagune de ses iris, au petit matin, lorsqu'elle la voit toute gorgée de sommeil encore ; les signes sont subtils, oui, presque imperceptibles – mais il s'agit d'Eshe, et c'est de Sinead, de sa Sinead dont il est question. Et elle les voit, ces signes ; ils s'impriment immanquablement sur le visage de son amie depuis leur rentrée – mais elle ne parvient pas à les comprendre, et nulle hypothèse ne lui semble réellement cohérente.


*


Tandis que les jours et les semaines s'égrènent à une vitesse sinistre, il lui semble que Sinead s'éloigne, alors, que l'hiver naissant est un été de plus, une cassure supplémentaire en son cœur supplicié – il lui semble que c'est fini, que celle qui a assiégé ses pensées depuis maintenant plus de six ans s'est lassée d'elle et des rugissements plaintifs de son âme, des nuits en lambeaux, des longues discussions au coin du feu, et son intime chaleur qui semble une main dans leurs cheveux. Comment est-ce possible ? Elle avait dit, elle avait promis... Elle a tenu six ans à mes côtés, pourquoi maintenant ? Une voix grince au fond d'elle, dès lors, qui lui murmure en permanence, de ce ton fielleux qui semble plaquer les cheveux contre la nuque, quel être humain abject elle fait, quelle amie étouffante et insupportable elle est – elle lui glisse à l'oreille des rappels amers : ses cauchemars, et la frêle créature impuissante qu'ils font d'elle – les jambes qui vacillent au réveil, et le bras de Sinead, soutien indéfectible, autour de sa taille ; ses colères, les altitudes grondantes de sa voix ; les crispations de ses membres, l'effrayante blancheur des phalanges lorsqu'elles se referment autour du bras de quelque élève ayant eu l'infortune de croiser son chemin ce jour-là... La voix se dédouble, s'étire en mille échos aux timbres éclectiques – au persiflage couiné d'une voix suraiguë se joint un râle caverneux ; aux sifflements derrière son crâne s'ajoutent les mugissements tonitruants, contre ses tempes – c'est comme une gigantesque armée spectrale qui s'amasse sous la peau d'Eshe et y crie toute ses erreurs, tous les échecs cuisants que la dignité de la jeune femme a eu à essuyer.
Et puis c'en est trop – ses draps, qu'ont imbibé une fine pellicule de sueur affolée, lui collent à la peau ; il lui semble qu'on fait pénétrer des clous dans son front, tant la migraine qui l'assaille est déchirante – cette situation ne peut plus durer ; il lui faut parler à Sinead. Elle ne pourra pas supporter un recul de plus ! et si elle ose lui tourner le dos comme elle l'a fait pas moins de cinq fois depuis le début de la semaine – elle a compté – Eshe ne garantit plus rien.
Alors elle se lève brusquement et, en deux bonds, tire d'un geste sec les rideaux du lit à baldaquin de son amie – vide. Vide ! Vide au beau milieu de la nuit. Et soudain, en sa poitrine, c'est comme si on avait étranglé son cœur ; il est ce forçat qu'on entrave, ce prisonnier qu'on écorche ! cet innocent qu'on torture. La courte existence d'Eshe lui a causé bien des douleurs, et mille souffrances différentes ont déjà marqué sa jeune âme – celle-là est inédite. Absolument, indubitablement, et effroyablement inconnue. Elle a été giflée, jetée au sol ; on a claqué son crâne contre un mur, enfoncé des pieds et des genoux dans son estomac, écrasé des doigts sur sa gorge en l'enserrant pour y chasser le souffle vital quelques instants ; on lui a jeté des tessons de verre à la face et roulé sur sa chair des cigarettes encore fumantes –  mais rien, rien de tout cela n'est comparable au supplice qui lui tord les viscères en ce moment-même. Et le feu qui ravage ses os semble lui ôter toute conscience de ses actes – sa descente en trombe des dortoirs est à peine volontaire ; elle cligne des paupières, éberluée, lorsqu'elle reconnaît la chaleur caractéristique de la salle commune. Mais le second regard dont elle balaie la pièce lui chauffe le sang, tout à coup : devant l'âtre, le feu découpe sommairement deux silhouettes qui s'animent, apparemment en pleine discussion ; et si l'une a la sveltesse et la grâce qu'Eshe reconnaîtrait entre mille, même aveugle et même vingt ans après, elle ne sait de l'autre que son indéniable, ô combien haïssable masculinité. Quelques secondes durant, elle ne fait rien – le choc semble avoir figé ses pieds nus au sol de pierre, et bloqué son souffle dans sa gorge ; prendre une inspiration relativement calme lui semble le plus ardu des labeurs, et ses mains ont des secousses préoccupantes. Mais c'est lorsqu'elle voit Sinead poser nonchalamment la tête contre l'épaule de l'autre, se détendre et se laisser aller à la simplicité du contact, qu'elle réagit enfin.

Ses jambes, mues par une sorte d'automatisme primal et prodigieux, la portent en l'espace d'une seconde à peine auprès de ses deux camarades de maison ; au premier pas, Sinead a fait volte-face – elle connaît le martèlement de ce démarche-là, celle d'Eshe lorsque possédée par l'une de ses grandes furies, elle le connaît autant qu'Eshe sait les courbes de sa silhouette ; sept ans, et elles se savent par cœur. Oui, Sinead sait, lorsque leurs regards se croisent – elle sait, au pli crispé des lèvres, au tonnerre qui gronde dans les prunelles de jais, aux poings serrés jusqu'à rendre blafarde cette peau hâlée ; elle sait qu'aujourd'hui, c'est contre elle que la colère d'Eshe déchaînera ses lames. Le garçon, à son côté, a une main ferme sur son épaule, et dévisage la brune d'un air incrédule ; Eshe n'a que faire de cet individu aux yeux fades et aux mots insipides – Sinead seule l'intéresse. Elle les rejoint d'un bond furieux ; la main qu'elle arrime farouchement au col de son amie a des airs de possession bestiale. Tu viens. Avec moi. Elle ne reconnaît pas l'inflexion que prend sa propre voix ; jamais, à sa connaissance, elle n'a eu ce ton bas, grondant, à faire trembler la gorge – ses yeux se refusent à lâcher leurs homologues ; cette fois, les brillantes nuées d'obsidienne dominent les grandes étendues azurées – et le regard qu'elle reçoit en réponse est franc, sans projet de subversion aucune, toutefois ; il lui dit oui, amène-moi où tu voudras – elle n'a pas reculé, et Eshe consent à attribuer la soudaine largeur de ses pupilles au déclin graduel du feu dans l'âtre. Sans un regard pour le garçon, elle se saisit du bras de Sinead et la guide vers leur dortoir, sans relâcher un instant sa prise sur elle – elle a un besoin dévorant de ce contact, de cette continuité entre leurs deux corps ; de la grisante assurance que quelque chose d'inamovible les lie l'une à l'autre – alors, sa main se serre autour du bras de la blonde ; s'y raccroche plus qu'elle ne l'entrave, à vrai dire – il y a quelque chose de désespéré dans la manière dont ses longs doigts enveloppent l'opale de la peau de Sinead. C'est une infinie douceur un peu amère, comme une dentelle somptueuse dont quelques larmes grisâtres viendraient gâter l'élégance ; mais c'est aussi cette grande rage, celle qui fait pulser l'entrelacs des veines sous la peau. Lorsqu'elles pénètrent dans le dortoir, Eshe précipite son amie avec elle sur son lit, avant de fermer vertement les rideaux – elles sont seules.
Elles sont seules et soudainement, sa rage s'est évanouie. Il a suffi de cette intimité retrouvée, de la galaxie céruléenne de ce regard posé sur elle – il a suffi de Sinead pour la ramener à elle.

Je– tu... commence-t-elle, tout bas, la voix éraillée comme si ses cordes vocales s'étaient mutilées sur mille falaises. Sine, tu... Je voudrais que tu– Mais elle ne peut poursuivre – c'est comme un roc qui s'est fait place au fond de sa gorge ; elle ne peut parler, elle ne peut lui parler. Et puis c'est sa respiration qui, d'un coup, se hache – les membres qui tremblent à nouveau, incontrôlables ; et le barrage de ses paupières qui cède à son tour – une cascade luisante sur ses joues, et le son irrégulier de hoquets légers. Eshe. Eshe, Eshe. Un murmure presque inaudible – elle aurait pu le manquer, si ses yeux, même en crue, n'avaient pas été fermement rivés à ceux de Sinead. Ne comprends-tu pas, Eshe ? Un clignement d'yeux (il lui faut traquer le traître flot de ces larmes-là) – et elle s'est approchée ; Eshe est à nouveau en mesure de distinguer les subtiles constellations de ses tâches de rousseur – comme ce visage, dans sa sublime proximité, lui a manqué ! Elle ne se prive pas de laisser son regard y errer. Non, je ne comprends pas, Sine, je ne comprends rien ! Est-ce que j'ai fait quelque chose du mal, pour que tu ne veuilles plus de moi ? Je t'ai vu, depuis septembre, tu sais – ne me mens pas... Je t'en supplie, dis-moi, dis-moi ce qui ne va pas, je– je ne supporterais pas que tu partes...
Elle a clos les paupières, presque inconsciemment, avant de parler – comme pour éviter de voir l'ampleur des changements qui s'opéreraient sur ce visage révéré ; tout jugement de la part de Sinead lui serait un poignard dans le cœur – c'est là sa seule et unique certitude en cette folle soirée de tumulte émotionnel. Eshe, je t'en prie, ouvre les yeux. Elle a un frisson fugace, qui se niche contre son dos – une telle tendresse... Eshe, mon Eshe, ouvre les yeux... Alors elle s'exécute – elle s'en remet à la douceur irrésistible du timbre, elle s'en remet à Sinead Freya Dunegan à qui elle appartient depuis le premier jour. Elle s'en remet à la splendeur de ce visage, tout près du sien désormais ; à ces yeux, en lesquels elle s'est volontairement noyée ; aux effleurements de ce souffle troublant, tout contre sa joue... Le problème, Eshe, n'est pas que je ne veux plus de toi... Il s'attarde au coin de sa commissure, avec une affolante légèreté – Eshe jurerait que son cœur s'est proprement arrêté alors, et qu'elle est sur le point de mourir, là, toute pleine de l'intense proximité de Sinead, de sa Sinead... Elle laisse échapper un petit soupir – et voit très nettement, cette fois, les pupilles se dilater, au centre de l'azur perçant de l'iris. Mon problème, vois-tu, c'est que je te veux bien trop fort...
Et Eshe sait alors qu'elle s'est donnée à elle dès la première seconde – sait qu'elle n'a vécu ces sept années que dans l'attente éperdue de l'exquise caresse des lèvres de Sinead sur les siennes.


My secret friend,
Oh, take me to the river
(My secret friend)
So we can swim forever


Les derniers mois semblent avoir été engloutis par la gueule du temps tant ils s'écoulent vite, mais jamais leur secret n'est éventé ; elles savent les mœurs et les opinons de leurs temps, ainsi que les risques qu'elles prennent à s'offrir l'une à l'autre – elles déploient des précautions infinies, alors, pour que nul ne sache jamais la source de leur bonheur florissant, de l'accalmie qui semble se faire en Eshe, du scintillement plus aveuglant encore des prunelles de Sinead. Rien ne transparaît de leur câline intimité, sinon les petits regards qu'elles se lancent parfois à la dérobée, au détour d'un couloir ou au milieu d'un cours ; ceux qui s'attardent une seconde de trop sur le visage de l'autre, ceux qui précèdent les sourires ; à dire vrai, elles n'ont jamais laissé quiconque s'approcher suffisamment d'elles – nul ne les connaît assez pour émettre des conjonctures ou remarquer les infimes changements dans leurs interactions. C'est que jamais elles n'ont songé à former d'amitiés – sinon superficielles – en dehors de la leur, jamais elles n'ont voulu d'une quelconque autre proximité gravitant autour de la leur, si délectable – elles se sont toujours suffi, et elles s'en félicitent plus que jamais. Rien ne semble plus pouvoir les séparer, désormais – leur septième année voit la confirmation de leurs ambitions et l'orée de leur  vie professionnelle ; si Eshe, depuis qu'on lui a posé la question, lors de sa cinquième année, n'en démord pas – elle sera Auror, pour le frisson de l'adrénaline et de la traque, pour l'ivresse de l'aventure et des luttes impitoyables – il n'en a jamais été exactement de même pour Sinead, laquelle, malgré un parcours scolaire tout aussi brillant que celui de son amie, a toujours cultivé l'indécision – il a toujours été difficile à la frêle blonde réservée de faire des choix. Elle s'est inscrite dans les mêmes options que son amie parce qu'elle ne se voyait pas passer ne serait-ce qu'un cours sans elle, mais, comme elle l'a dit à ses professeurs, elle a du mal à savoir. Toutefois, depuis leur sixième année, et les résultats de leurs BUSE, Sinead sait – elle sait qu'elle ne supportera pas de se défaire d'Eshe, quand bien même elles vivraient ensemble par ailleurs ; elle ne pourra pas la savoir tous les jours au danger, ni même se morfondre en inquiétudes impuissantes de son côté tandis que la brune mettra sa vie en jeu à chaque nouvelle mission qui lui sera confiée – elle aussi, elle sera Auror. Pour Eshe ; pour toutes les promesses qu'elles lui a murmurées au creux de l'oreille et qu'elle entend bien honorer – pour elles. Elles obtiennent toutes deux les cinq ASPIC qui leur sont nécessaires pour postuler au cursus de formation des Aurors, et quittent Poudlard – et cette fois, Eshe se refuse à retourner à Oxford ; elle sera celle qui donnera les coups, désormais ! jamais plus elle ne laissera son père traîner sa dignité dans la fange, comme il l'a fait pendant près de onze ans, jamais ! Elle ira où le vent veut bien la mener, mais plus chez lui – jamais plus.


*


Elle passe l'été en Irlande, chez Sinead – et ces deux mois suffisent à effacer les douze autres, les centaines de cauchemars et les milliers de pensées pour son amie, les six étés calamiteux de leur scolarité. Comme l'été lui semble attrayant, désormais ! et quelle gloire que ce Soleil, lorsqu'il chauffe leurs deux peaux simultanément, comme pour les rappeler à la délicieuse proximité qui est la leur ! – quelle merveille que l'or aveuglant des cheveux de Sinead lorsque, se levant, elle les fait onduler sous le grand zénith ! Ces deux mois lui paraissent une renaissance – loin des regards indiscrets, elles n'ont plus nul masque à porter, plus nulle tendresse à dissimuler ; et tout est prétexte à s'effleurer, après s'être seulement touchées du regard si longtemps, à maintenir entre elles ce contact sacré qu'elles ont dû s'interdire toutes ces années. Ni l'une ni l'autre n'est dupe – les prétextes sont grossiers – mais c'est tellement plaisant, la valse des papillons au fond de l'estomac lorsque les regards se surprennent à se dévorer, les ratés des souffles lorsque la proximité les mélange tout contre les peaux ; Eshe croit brûler, parfois, sous l'intensité des prunelles de son aimée – c'est une nouvelle sorte de violence, totalement inédite, qui se fait alors chemin en elle ; elle saccage son cœur d'une ardente onde de choc, fait jaillir un geyser de frissons le long de ses os – l'assaille continuellement d'un désir urgent de possession.
Et elle sait, à s'égarer en les yeux de Sinead, que ce sentiment, qui prend d'assaut jusqu'à ses viscères, est totalement et immuablement réciproque. Alors, enfin, elles se révèlent l'une à l'autre dans leur entièreté la plus sincère, dans leur suprême complétude ; et Sinead, voit, enfin. Elle voit, sur le doux hâle de la peau mise à nu, les cassures encore rougeâtres, les profonds sillons blêmes, qui zèbrent les bras, les cuisses et les hanches – les stigmates des années noires, et puis des étés abhorrés. Elle voit, et sa respiration se hache, soudain, alors que la réalité de l'enfance d'Eshe s'impose à elle dans sa matérialité la plus crue – plus insoutenable à mesure que la brune se dénude. Et elle le sait, Eshe ! que son corps est la relique effroyable d'un passé qui résonne encore sous son crâne, les nuits d'insomnie ; elle sait que sa peau a des ruptures blanchâtres, des hideurs à peines cicatrisées – et elle baisse les yeux lorsqu'elle se défait de ses vêtements ; elle n'a nulle envie de voir le dégoût et le rejet se peindre sur le visage de celle qu'elle aime. Eshe ? La voix est inégale, un peu étranglée – c'était à prévoir. Elle rive fermement son menton à sa poitrine – elle ne veut pas voir Sinead, quand elle prendra la décision d'abandonner la créature tordue qu'elle est ; elle ne pourra plus vivre si elle la regarde partir. Mais deux doigts se glissent soudain sous son menton, et elle n'a pas le cœur de les écarter... Sine, Sinead, je– balbutie-t-elle, juste avant d'être jetée dans l'immensité de ses yeux – cette teinte précise de bleu l'a toujours rendue muette, depuis le premier jour. Et la main blanche remonte, un doigt gracile vient se poser tout contre ses lèvres, lesquelles s'entrouvrent d'instinct. Eshe, je– je t'aime. Ne l'oublie pas, quoi qu'il arrive : je t'aime. Je ne l'ai jamais dit à personne parce que ça sonnait faux, mais toi– tu as tout changé pour moi. Et je voudrais que tu me laisses changer ce qui saigne en toi, je t'en prie... En Eshe, toute connexion neuronale semble soudain impossible – ses pensées vagabondent joyeusement, s'éternisant en boucle sur les deux syllabes sacrées, qui, jamais, ne lui avaient été adressées. Comme cette bouche les magnifie, ces deux mots déjà immenses, que ses oreilles ont mille fois entendus articulés par quelque timbre insipide ! Comme sa voix les orne, lorsqu'elle leur fait l'honneur de les prononcer ! Elle n'a jamais vu les yeux de Sinead gorgés d'une telle adoration – il lui suffit d'un regard pour se donner, comme elle s'est donnée à ses lèvre en cette soirée d'hiver, durant leur septième année ; mais cette fois, c'est son corps entier qu'elle lui offre, ce corps battu, ce corps mutilé, ce corps meurtri ! ce corps cent fois bafoué, et un cœur encore ébréché. Et l'infinie tendresse des mains d'albâtre semble lui façonner une nouvelle peau, lui offrir une nouvelle chair, toute d'or et de douceur ; et la soie troublante de ses lèvres sur elle lui paraît atteindre son âme fêlée pour y déposer le sublime baiser d'un amour éternel et absolu.


Et l'amour et la mer ont l'amer pour partage
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.


Durant les trois années qui suivent, elles consacrent la quasi-totalité de leur temps à l'exigeante formation du service des Aurors – aux exercices harassants, aux tests divers et variés, aux disciplines singulières destinées à leur inculquer des compétences bien spécifiques ; il n'y là rien de plus ardu qu'Eshe n'avait prévu – ses professeurs ont été clairs avec elle dès lors qu'elle leur a exposé son projet, et ni son ardeur ni sa motivation n'ont jamais décru. L'extrême difficulté du cursus, l'a, au contraire, confortée dans ce choix – en embrassant cette carrière, elle pourra légitimement déchaîner ses rages, ainsi que les tornades de son tempérament ; l'indéfectible présence de Sinead à ses côté a été, en outre, un second moteur – et plus rien ne semble désormais être en mesure de l'écarter de sa grande ambition. Les trois ans les forgent toutes les deux, et raffermissent encore le lien adamantin qui les unit – lorsqu'enfin, au terme de leur formation, elles sont toutes deux acceptées et qu'elles rejoignent le fameux Bureau des Aurors, on ne les voit jamais l'une sans l'autre ; c'est tout naturellement qu'elles accomplissent leurs premières missions ensemble. Leur inégalable complicité, ainsi que leur stupéfiante capacité à communiquer sans la médiation de la parole se révèle être un atout précieux pour les missions même les plus périlleuses – ainsi, leur duo ne tarde pas à se distinguer par son incroyable efficacité, et ainsi à se voir confier des missions de plus en plus dangereuses. Ce n'est certainement pas pour déplaire à Eshe, que l'enivrante piqûre de l'adrénaline fait délicieusement frissonner à chaque fois, et qui se jette à corps perdu dans la tâche dont elle se trouve chargée ; il n'en est cependant pas exactement de même pour Sinead, qui ne peut s'empêcher de s'assombrir dès lors qu'elles reçoivent un ordre de mission un tant soit peu délicat, un éclair sombre et apeuré passant dans ses prunelles, elles si limpides d'ordinaire. Ce n'est bien évidemment pas pour sa vie qu'elle craint – sa vie, Eshe l'a entre ses mains depuis cette nuit de leur septième année, et elle ne changerait cela pour rien au monde – mais bien pour sa partenaire. Elle la connaît depuis leur onze ans : elle sait par cœur l'ardeur de ses élans, la grande fougue de ses emportements – la vivacité et la véhémence de ses pulsions ; elle sait qu'en Eshe tourbillonnent des désirs peccamineux de violence et luttes mortelles, que les traques, ainsi que l'épinéphrine qu'elles font rugir en elle, la laissent toute pantelante d'une excitation pas tout à fait chaste. Elle sait que la brune se jette éperdument au danger, toujours en quête de cette vitale exaltation ; que la difficulté la galvanise et l'euphorise au plus haut point, et qu'elle se met un point d'honneur à tout faire pour que leur soient attribuées les missions les plus brûlantes, indépendamment tout instinct viscéral de survie – la pression sauvage de ce sang noir et corrompu contre ses veines est toujours la plus forte, et elle le sait.
Alors, chaque fois qu'elles partent en mission, chaque fois que le Bureau des Aurors les avertit de la dangerosité de la tâche qui leur incombe, Sinead a un petit frisson, qui se niche dans le bas de sa nuque et habite sa peau jusqu'à ce qu'elles complètent leur mission. Oh, bien sûr, elle n'a jamais fait part à Eshe de ses inquiétudes croissantes – elle voit bien quel exutoire prodigieux leur profession est pour la brune, et elle sait pertinemment que cette dernière sacrifierait son bien-être pour l'apaiser ; elle ne le veut pas. Les ires terrifiantes, les atroces cauchemars se sont raréfiés depuis le début de leur formation, et tout particulièrement depuis qu'on les assigne à des missions importantes et risquées, c'est indéniable ; et ça n'a pas échappé à Sinead. Elle se félicite d'avoir pris la décision de suivre Eshe dans son ambition, et d'avoir choisi de devenir Auror à ses côtés – son angoisse pour elle la ronge déjà conséquemment, elle n'ose même pas imaginer ce qu'il en aurait été si elle avait embrassé une toute autre carrière, et qu'elle avait su chaque jour Eshe loin, à risquer sa vie à chaque nouvelle mission, et à se faire un devoir d'accepter les plus ardentes d'entre elles...


*


Une nuit de 1975, elles sont convoquées par le Bureau ; trois mages noirs ont été signalés, qui sèment la terreur dans un village moldu au sud de Bristol, habité également par quelques familles sorcières isolées, et les autres Aurors sont partis à la poursuite des Mangemorts, laquelle s'est particulièrement renforcée depuis le scandale médiatique du meurtre d'une moldue que le ministère aurait cherché à couvrir – elles n'ont pas le choix. Eshe a un soupir las – elle s'attendait à un ordre de mission plus électrisant, à dire vrai ; les Mangemorts lui offrent toujours plus d'adrénaline, et elle jalouse presque ses camarades chargés de les traquer tandis qu'elle est contrainte d'accepter ce qui lui paraît être une mission de bas étage. Sinead et elles transplanent rapidement sur les lieux – lesdits mages ont eu le temps d'incendier une maison, apparemment, et sûrement de s'en prendre à ses occupants. Occupe-toi des victimes. Il en reste peut-être un avec eux à débusquer. En tout cas, l'un d'entre eux au moins est parti, je me charge de mettre la main sur lui, lâche Eshe, de ce ton impérieux qui est toujours le sien en mission, peu importe le partenaire qui lui est affecté ; Sinead s'y est accoutumée, à ce timbre – elle sait l'attrait qu'exercent l'autorité et le pouvoir sur la brune, ainsi que la relative stabilité mentale que leur possession tend à lui assurer ; et rien ne chauffe plus son cœur éperdu d'amour que de voir enfin son Eshe enfin apaisée, les yeux tranquilles dans les siens et le sommeil placide à ses côtés. Alors, elle hoche brièvement la tête et elle s'exécute, laissant Eshe aux fugitifs – ce qu'elle ne manque pas de regretter, quelques trente minutes plus tard, lorsqu'elle a étouffé les flammes et interrogé les sorciers sur le déroulement des événements, après s'être assurée que nul mage noir ne rôdait encore dans les parages. Selon le témoignage du couple, ils étaient trois, et leurs plans semblaient comprendre bien davantage que le seul incendie d'une unique habitation ; étrangement, cependant, lorsqu'ils apprennent, à grands renforts de Doloris, qu'ils ont mal choisi leur cible dans ce village moldu, et que le Ministère a déjà été alerté, ils se retirent précipitamment en grommelant quelque chose comme : ça ne sent pas bon pour lui, tout ça, il risque de se faire repérer. Vaudrait mieux qu'on se tire d'ici le plus vite possible, allez, viens.

Il semble soudain à Sinead que son sang s'est fait glace à l'intérieur de ses veines, que son cœur s'est paralysé, et que, d'une minute à l'autre, son souffle va l'abandonner à son tour – le signalement, fait bien sûr avant qu'ils n'aient pu entendre les râles irrités des trois hommes, les mentionnait tous les trois, et eux seuls. Eshe a déjà maintes fois eu affaire à plusieurs adversaires à la fois, bien sûr ; elle n'en est plus à son coup d'essai, et Sinead ne devrait pas ainsi craindre pour elle. Mais un sombre pressentiment lui remue les entrailles, un indicible augure lui obscurcit l'esprit, qu'elle ne parvient pas à s'expliquer ; elle sait toutefois qu'il lui faut rejoindre sa partenaire le plus vite possible – lutter contre quatre adversaires à la fois est loin d'être infaisable pour la sorcière hors pair qu'est la brune, mais elle doute qu'il s'agisse là d'une tâche aisée, et ce quoi que puisse y trouver à redire l'ego susceptible de l’Égyptienne. Leur difficile formation leur a notamment enseigné l'art de détecter et de traquer la moindre trace de magie noire, et ces individus-là n'ont rien de virtuoses – ils n'ont pas même pris la peine de couvrir leurs traces. Aussi Sinead n'a-t-elle aucun mal à les trouver, à quelques miles de là, d'autant que la lutte qu'ils livrent à Eshe exacerbe la trace de leur sinistre magie ; elle transplane sur les lieux, prenant soin toutefois de s'excentrer quelque peu afin d'évaluer la situation et de juger si une potentielle intervention de se part aurait une quelconque utilité – Eshe est apparemment déjà bien engagée dans la confrontation, et, au vu du sourire satisfait qui incurve ses lèvres, cette dernière lui procure quelque plaisir. Sinead n'a que très rarement le loisir de l'observer lorsqu'elle se bat, puisque, dans la plupart des cas, elle le fait à ses côtés, mais c'est peut-être là une bonne chose pour l'efficacité de leur duo – Eshe a ceci d'étourdissant, lorsqu'elle lutte, qu'elle semble s'abandonner entièrement à une transe extrême et délicieuse, les yeux se faisant le miroir d'une jouissance turpide et presque animale, et les cheveux voltigeant en noires cascades éblouissantes autour d'elle, comme une sombre orbite chatoyante dont il est difficile de détacher le regard. Sinead s'y laisse attirer l'espace d'une exquise seconde, les pupilles s'élargissant indécemment en ses iris comme un trou noir au fond d'une mer limpide et azurine... c'est la seconde de trop. Une explosion magique fort singulière attire soudain son attention, en même temps qu'un hurlement sonore déchire le ciel nocturne – il est impossible de s'y méprendre, constate amèrement Sinead lorsqu'elle lève les yeux sur la scintillante et funeste sphéricité de la Lune, au-dessus d'elles. Il est là, le troisième individu dont ils parlaient – il est là, qui, à une vitesse surhumaine, et, dans un silence morbide désormais, fond sur Eshe ; sur Eshe qui, aux prises avec les trois sorciers, lui tourne le dos. Et Sinead, qui s'est laissée distraire l'instant de trop, n'a plus le choix désormais – ces quelques centièmes de secondes, les précieux et dérisoires fragments temporels dont elle dispose pour agir, éveillent l'instinct profondément tapi au fond de ses viscères ; elle n'a plus guère le temps de penser une action rationnelle et stratégique, et c'est un réflexe presque primal qui la jette devant Eshe, son Eshe juste avant que le loup-garou ne l'atteigne.


If you must die, sweetheart
Die knowing your life was my life's best part


Le heurt étouffé d'un corps qui s'affaisse – et puis le son qui fait voler son cœur et son âme en éclats ; un unique hurlement, effroyable, qui vrille la nuit et laisse l'air tremblant – la douceur du timbre disloquée par le désespoir le plus brut et la terreur la plus vraie qui soient. Eshe fait une volte-face fulgurante – et, soudain, il lui semble que mille Détraqueurs exercent leur épouvantable succion sur ses poumons, et que son cœur se flétrit sous leurs immondes lèvres en putréfaction. Car c'est Sinead, sa Sinead qui gît au sol, le corps mutilé, la chair marbrée de lacérations sanguinolentes ; et au-dessus d'elle gronde un loup aux pupilles d'humain. Le signalement faisait état de trois hommes seulement, fait-il partie de ce groupe ? L'ont-ils volontairement laissé à l'écart de peur qu'il ne s'en prenne à l'un d'entre eux ? Il est l'imprévu, l'inconnue ignorée dans l'équation, la grande faille de leur opération ; et cette faille s'est ouverte sous les pieds de Sinead. Les torrents d'une culpabilité sans nom se déchaînent sur elle lorsqu'elle prend la mesure de sa responsabilité – Sinead lui a toujours laissé l'initiative, durant les missions qu'elles ont accomplies ensemble, en toutes circonstances ; mais elle n'a jamais, pas une fois, manqué de l'inciter à la prudence, de l'encourager à rester vigilante quoi qu'il arrive, et ce, même si la mission lui paraissait une peccadille, même si elle la jugeait facile ou inintéressante. Et Eshe s'est montrée imprudente aujourd'hui – pire encore, elle a été négligente ; prendre la décision de se lancer seule à la poursuite de trois ennemis relevait clairement de l'inconscience – pourtant, Sinead a suivi les instructions qu'elle lui a aboyées sans sourciller ; elle s'est pliée à son autorité, sachant pertinemment le délice que la brune goûtait à lui donner ainsi des ordres, et ne désirant l'en priver pour rien au monde. Elle s'est laissée emporter par les blandices du pouvoir et de l'adrénaline, tout en partant du principe que la mission qui leur était confiée relevait de la plaisanterie, sans se soucier une seule seconde de sa partenaire, de son amie la plus chère, de l'âme qu'elle chérit de toute la force de son être !
Et désormais Sinead est là, le corps tordu et meurtri au sol, le sang pour seule macabre couverture. Eshe la croit morte, la croit partie avant qu'elle ait pu lui adresser le moindre mot ; mais soudain, les lèvres déjà blêmes se meuvent, et un filet de voix l'avertit : Eshe, derrière-toi– Elle se retourne sèchement, tout un monde d'amertume désespérée dans les yeux – évidemment, le loup-garou n'est pas inconscient, lui ; Sinead, dans son état, n'a guère pu que le désorienter. Mais ses acolytes sont hors d'état de nuire, et sa rage bâtit des monuments d'énergie malsaine jusque dans ses veines ; il lui semble alors qu'on porte tout son sang à ébullition, et que sa chair sera, d'un instant à l'autre, le combustible de ce gigantesque brasier inextinguible. C'est cette grande consomption intérieure qui, seule, semble la mouvoir encore, malgré les larmes qui ruissellent abondamment contre les joues, malgré les violents soubresauts et les tremblements incessants – malgré la partie d'elle qui se meurt depuis que le loup-garou s'en est pris à Sinead. Elle ne sent rien des agitations qui la prennent, des guillotines qu'un courroux irrépressible abat sur sa respiration – c'est comme si un cœur titanesque martelait férocement ses tempes, et commandait à une forêt de flammes de s'épandre impitoyablement comme du magma en fusion dans tout son corps. Et sa voix semble le hurlement sinistre et fantomatique du vent qui cingle l'air hivernal lorsqu'elle rugit : AVADA KEDAVRA ! L'éclair vert qui jaillit de sa baguette est si lumineux qu'il l'aveugle, l'espace d'un instant – elle entend le corps du loup-garou s'écrouler au sol dans un bruit mat ; et puis c'est un grand silence de mort qui étend ses tentacules froides et visqueuses autour d'elle.

Sine, Sinead, murmure-t-elle, le ton implorant alors qu'elle se précipite à son côté. Sine, je t'en prie... Écoute-moi, si je t'amène à Sainte-Mangouste maintenant... Même éviscérée par les coups de son père, sa voix n'a jamais tant tremblé ; ses joues luisent des trombes de larmes qu'elles n'a plus la force de museler, et que ses yeux laissent cascader librement. Elle saisit doucement son aimée à la taille, et passe l'autre bras sous sa nuque– Eshe, Eshe, l'interrompt tendrement Sinead, le râle presque inaudible de sa voix comme un glas terrible aux oreilles de la brune, tu sais comme moi qu'il est trop tard, mais– mais reste. Tu– tu veux bien rester avec moi jusqu'au bout, dis ? Je veux que tu sois la dernière chose que mes yeux voient, je– je veux passer mes dernières minutes dans tes bras. Je ne vois pas de meilleure façon de mourir que dans tes bras, Eshe, je– Elle est subitement secouée d'une quinte de toux, qui plisse son visage, l'ensanglante encore davantage, et semble déchirer ses poumons – et Eshe ne sait plus que faire, sinon raffermir sa douce prise sur celle qu'elle aime, qu'elle a aimé depuis le premier jour, et toujours plus fort depuis ; sinon passer une main délicate et aimante dans l'or splendide des cheveux, sinon lui susurrer à l'oreille des mots d'amour sanglotants, la voix atrocement saccadée et le timbre brisé. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, Sine, je t'aime tellement, ne pars pas, ne me laisse pas, je ne veux pas d'une vie sans toi, ne pars pas, ne pars pas... Je– je t'en supplie, Sine, je vais mourir sans toi, ne pars pas, ne pars pas... Elle n'a à la bouche que cette triste litanie suppliante ; son cerveau est comme paralysé, écrasé par l'immense affliction qui pèse sur ce cœur déjà fendu – les mots s'écoulent en une logorrhée mangée de désespoir et de chagrin, sans qu'elle puisse les en empêcher. Et elle sent, tout contre elle, Sinead sourire lentement, de ce qui sera sans nul doute son dernier sourire – et comme il chatoie, ce sourire ! comme il resplendit, jusqu'à flamboyer fièrement dans les prunelles obsidienne humides d'Eshe, jusqu'à mettre au supplice son cœur écartelé, forcé d'assister, impuissant, à l'agonie du seul être qu'il ait jamais aimé ! Co– comme tu es belle, mon amour, chuchote-t-elle alors, la voix au bord de l'extinction, si bien qu'Eshe doit se pencher encore pour l'entendre. Vis pour moi, mon Eshe, ma  belle Eshe, tu– tu  veux ? Je suis– je suis tellement désolée de n'avoir pas su t'arracher à tes ténèbres... Excuse-moi, Eshe, mon Eshe, je t'aime, je suis désolée, pardonne-moi, mon amour, pardo–
Elle ne finit pas.
Elle ne finit pas, et il semble soudain à Eshe que c'est sa vie qu'on finit ; que c'est son cœur qu'on arrête, sa respiration qu'on coupe ; que c'est son âme qu'on éteint.
Elle ne finit pas, et Eshe sait qu'elle ne finira pas sa vie sans penser à cet instant chaque seconde, chaque minute et chaque heure de chaque jour.
Sinead finit ! et une part d'Eshe finit avec elle.
Goodbye, my lover,
Goodbye, my friend,
You have been the one,
You have been the one for me.



fiche by laxy


Dernière édition par M. Eshe Quraishi le Sam 6 Aoû - 19:08, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Mar 2 Aoû - 15:39

Tu nous fais venir tout le cast de Arrow sur le forum ? Pas que je n'adore pas Katrina, je pense qu'elle sera parfaite pour ce rôle crazy En lisant le titre j'ai cru au début que tu citais cette chanson : https://www.youtube.com/watch?v=OMOGaugKpzs alors que bah ... pas vraiment What a Face

Bref j'ai trop hâte de lire cette fameuse fiche crazy Ton personnage promet, comment te dire qu'il va falloir qu'on trouve un lien du tonnerre de Zeus avec Zéphyr ...

ω



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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Mer 3 Aoû - 1:22

Uiiiii bon, j'ai un petit faible pour ce cast, j'avoue, mais juste un touuuut petit no worries. (a)
Et non du coup, c'était bien plus emo que ça krkr - mais ça aurait pu !
Merci beaucouuuuup coeur et je promets que je fais de mon mieux pour ne pas trop traîner avec l'histoire, c'est juste que j'ai plein de choses à dire et que ça rend le tout long à écrire ;; et OUI, on va trouver un truc immensément badass je n'ai aucun doute là-dessus, trop hâââââte. crazy
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Jeu 4 Aoû - 10:33

AU SECOURS ONNOUS ENVAHIT stress

J'ai hâte d'en lire un peu plus sur cette demoiselle cute Si t'as des questions tu connais le chemin ! Amuse toi bien avec ce nouveau personnage coeur

ω



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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Jeu 4 Aoû - 23:36

ELLE A UNE VIPERE QUI S'APPELLE SETH, CETTE CLASSE OLALA crazy et ça " sa voix se traîne indécemment lorsqu'elle daigne vous faire l'honneur d'un mot" héhé ça donnerait un dialogue entre le Zouzou et Bebeshe coquin et le père a l'air d'être une saleté ptn èé

BREF EN TOUT CAS j'AI TROP HATE DE LIRE L'HISTOIRE CA VA ETRE TROP BIEN REBIENVENUE BBCHAT ON T'AIME coeur

(les russian!hug c'est les meilleurs de toute façon )

ω



OUR ANIMAL IMPULSES
Shine razor eyes in delight. Shine razor eyes before you die. Shine razor eyes in this light. There’s a cold breeze blowing over my soul.
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Ven 5 Aoû - 1:56

Sisouuuuu: EH OUI EH OUI je sais je squatte l'espace vital du fofo, how dramatic ;; merciiiii en tout cas huhuhu coeur

Azoubébé: T'ES TROP CHOU JE PEUX PAAAAAS GOSH coeur ui trop hâte de voir Eshe et Azou interagir, ça risque de s'avérer intéressant krkr. JE T'AIME AUSSI BB CHOU coeur
(russian!hugs ftw crazy)

Aloooooors je poste aussi pour dire que mon histoire est (enfin) finie, désolée de l'attente, et j'espère que je n'ai pas écrit de grosse bêtise ahah ;; coeur
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Ven 5 Aoû - 9:43

chaton j'ai coupé des oignons accidentellement en lisant l'histoire, protect Eshe at all costs pauvre bébé chaaat coeur

oh et tu écris le mieux du monde + ta fiche est magnifique, félicitations même si ça n'a pas été facile tu l'as fait ballon


et et et bon anniversaiiiiiire saute
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Ven 5 Aoû - 13:09

Merci beaucoup mon chaaaat, je trop suis contente si tu la trouves belle coeur (non indeed, pleurer sur sa propre histoire, such a shame ;; )
ET MERCI ENCORE HEHEHE ballon
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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Ven 5 Aoû - 23:59

Olala nan mais heu ???? je sais même pas quoi dire à part que c'était magnifique, hyper bien écrit (mais ça, on ne s'en étonne plus), et surtout que ça appelle à du RP fantastique que je ne crois pas être la seule à avoir hâte de lire. L'histoire d'amour entre Sine et Eshe est incroyable, de quoi te donner envie d'en vivre une pareille (avec une fin moins tragique siouplait), et par Merlin de voir comment Eshe va réussir à retomber sur ses pattes (même si j'ai déjà ma petite idée qui inclut une jeune demoiselle qui se transforme en monstre à quatre pattes mais chut je dirai rien What a Face ).

Bref je vais de ce pas te valider ma beauté et glisser un petit mot à Sisou en ZA pour m'assurer qu'elle ne loupe pas la lecture de cette fiche : c'est pas tous les jours que tu pleures en lisant une présentation de personnage ... coeur

ω






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MessageSujet: Re: every wound will shape me, every scar will build my throne • Eshe   Sam 6 Aoû - 1:05

La Gazette du Sorcier


ϟ Maintenant que tu es validé(e), tu vas pouvoir passer faire un tour par les bottins pour référencer ton personnage. D'abord, réserve lui sa tête en passant par le bottin des avatars. Mais référence aussi ses capacités magiques dans le bottin des patronus et des capacités spéciales au besoin.
Ton personnage, maintenant sorti de Poudlard, est rentré dans le monde du travail. Va donc l'inscrire dans le bottin des professions.
Si c'est ton deuxième personnage - ou plus, petit coquin ! - va donc t'inscrire dans le bottin des multicomptes.

ϟ Puis, tu vas pouvoir lui construire une fiche de lien et de RP dans ce sous-forum, tu vas aller lui acheter un hibou que tu vas ranger par ici et que tu vas aller référencer dans ce sujet. Libre à toi aussi de publier son journal intime dans cette sous-partie

ϟ Une fois toutes ces étapes passées, tu peux -enfin- aller RP ! Tu peux évidemment aussi aller flooder, en tout cas, va nous démontrer par des montagnes d'écrits combien tu aimes ton nouveau personnage ♥ Amuse-toi bien sur Fizwizbiz ♥

Qui es-tu ?

Dépêche du jour : qui est donc M. Eshe Quraishi ?
C'est souvent chez les Aurors comme Eshe Quraishi qu'on cherche - et qu'on trouve - les plus grands résistants à la montée au pouvoir de celui qui se fait appeler le Seigneur des Ténèbres, et pourtant, ce n'est pas chez cette grande auror au nombre d'arrestations plafonnant qu'on trouvera ce genre d'idées politique. Non, Miss Quraishi semble très INDIFFÉRENTE au combat qui déchire son pays alors qu'elle s'applique avec ... passion à effectuer son métier convenablement. La dernière fois qu'elle avait été citée par la Gazette, c'était en 1975 dans un article qui contait le décès de sa partenaire du bureau des Aurors, Miss Sinead Dunegan, froidement tuée par un loup-garou.
Survole l'image pour en savoir plus


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