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 Arsonist's lullabye | Adonis

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MessageSujet: Arsonist's lullabye | Adonis   Mer 18 Mai - 0:23




Adonis & Eve
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L’impression de l’attente, pesante, se fit sentir sur ses épaules tandis que la blonde achevait d’étouffer un nouveau bâillement, cette fois-ci avec bien moins de discrétion que les quatre fois précédentes. Le regard, partagé entre l’atermoiement et la curiosité d’une dame assise face à elle l’indifférait complètement ; Eve était trop engourdie par un mélange âpre d’anxiété et d’ennui pour penser aux qu’en dira t-on qui trottaient dans la tête des badauds autour d’elle.

Sainte-Mangouste était de toute manière le perpétuel théâtre de passages éphémères et tous plus intrigants les uns que les autres. Au moins l’anglaise pouvait-elle penser à autre chose, se distraire en laissant son imagination fertile se guider à chaque individu et potentiel patient qu’elle identifiait. Deviner pourquoi de ce bras en écharpe il émanait une étrange fumée bleuâtre, savoir en tendant au maximum l’oreille ce qui expliquait la disproportion soudaine des mains et des pieds de cet enfant accompagné par ses parents, songer aux mille et une raisons qui expliqueraient tel ou tel syndrome atypique. Quand son esprit se concentrait sur tous ces autres inconnus, Eve parvenait à oublier momentanément qu’elle aussi était une bête curieuse.

La masse grouillante de médecins et de sorciers défilait sans interruption dans le couloir jouxtant la salle d’attente où elle avait la sensation d’être enlisée. Eve se redressa sur sa chaise, faisant un effort surhumain pour ne pas pester. La patience n’était pas une de ses vertus caractéristiques, et attendre sagement après un psychomage qu’elle n’aimait pas et en qui elle n’avait aucune confiance ne l’enchantaient guère. Elle n’avait pas besoin de tout ça, elle aurait encore préféré cent fois devoir passer son après-midi à crouler sous les devoirs de runes. La jeune fille s’obligea à ne pas gigoter comme une enfant de cinq ans sur son siège, décidant de trouver un intérêt soudain et vif à l’état de ses dix doigts qu’elle avait posés sur ses cuisses. Ses ongles lui paraissent tout à coup affreusement trop courts maintenant qu’elle les a tous soigneusement rongés l’un après l’autre. Trop tard pour revenir en arrière, ne lui restait plus qu’à blâmer le stress croissant qui l’avait poussée à cet acte ô combien commun à la nervosité.

Une voix l’extirpe brutalement de ses considérations ridicules, son menton se relevant vivement vers la source de cette interruption. « Miss Millerfield, Monsieur Gatling aura un peu de retard aujourd’hui. Vous pouvez aller l’attendre directement dans son bureau. » Rien de bien surprenant : cet homme n’était jamais ponctuel. Et puis tant qu’à perdre son temps, autant le gâcher jusqu’au bout. « Très bien. » s’entendit-elle répondre d’une voix atone comme si cela n’avait aucune sorte d’importance – ce qui était loin d’être le cas pour son subconscient. Ses jambes se levèrent d’elles-même, la portant dans un automatisme quasi-robotique vers l’une des portes plus loin sur la gauche. Eve pénétra dans la pièce comme une intruse dans un sanctuaire maudit – l’ambiance qui siégeait dans cet endroit trop propre et trop bien rangé était suffocante. Elle s’assit sans un mot dans le petit fauteuil qu’elle occupait régulièrement depuis des mois, le vide lui faisant face pour le moment. Ses yeux papillonnèrent dans le vide tandis que sa main gauche se remit à pianoter nerveusement sur son genou droit. Il était toujours déstabilisant de voir à quel point le temps paraissait s’étirer dès lors qu’Eve se retrouvait ici. La septième année avait cru avoir pesé le pour et le contre en son for intérieur pendant une heure entière que seule une poignée de minutes à peine s’était écoulée. Et toujours pas la moindre trace du docteur Gatling. Si Eve avait véritablement eu le choix, elle n’aurait pas patienté une seconde de plus, se serait levée et aurait pris la porte. D’ailleurs, qu’est-ce qui la retenait ? Rien, absolument rien, et puis elle pourrait toujours dire qu’elle avait oublié son rendez-vous ou qu’on n’était jamais venu l’appeler, lui suggéra une petite voix. Oui, il y avait toujours une solution à chaque problème, celui-ci ne dérogeait pas à la règle.

La Gryffondor se fut à peine levée qu’elle se dirigeait vers la porte pour fuir le plus naturellement du monde, le cœur débordant d’adrénaline, cet endroit de malheur, quand le hasard intervint plus rapidement qu’elle et fit s’ouvrir à la volée le pan de bois. Contrairement à ce qu’une brusque chape de plomb alourdissant son enthousiasme et sa démarche laissaient croire, ce n’était cependant pas le psychomage qui venait de la prendre sur le fait en délit de fuite. Non, l’individu qui lui faisait face était totalement différent – bien plus jeune, pour commencer, mais aussi bien moins en position de la retenir ici, rajouta son instinct de conservation qui ne cesserait jamais de la surprendre.

Le problème n’était néanmoins pas totalement occulté, car le soulagement fut de courte durée quand une nouvelle information frappa sa mémoire et ses souvenirs, sèche. Je le connais. Elle l’avait déjà vue quelque part, forcément, ses traits lui rappelaient quelqu’un, un visage familier qu’elle avait suffisamment aperçu dans son environnement pour qu’il l’ait marquée. Elle sentait avec une pointe d’horreur et de panique la réciprocité naître dans les yeux de son interlocuteur – des yeux qui devaient sans doute en charmer plus d’une mais qui la laissaient parfaitement de marbre. Et maintenant qu’elle y réfléchissait, maintenant que la lucidité parcourait à toute vitesse son esprit réveillé et aux aguets, pulsant pour aller chercher dans les fragments de ses réminiscences, Eve se prenait enfin la vérité de face : ce type, elle le connaissait de Poudlard.

Que quelqu’un apprenne les véritables raisons de sa visite à Sainte-Mangouste fit naître un sentiment de nausée violent. Lire son nom sur le badge d’interne qu’il portait – Adonis Leroy – confirma le déclic électrique qui courut le long de son échine. Elle n’avait vraiment, vraiment pas envie d’être là à justifier sa présence ici à quelqu’un qui n’était ni un ami, ni une connaissance bienveillante. Elle voulait être le plus loin possible d’ici et pourtant, aucune porte de secours n’apparaîtrait pour la sortir de ce mauvais pas. Trop tard pour mentir et faire comme si elle ne le reconnaissait pas ; foutue pour foutue, autant foncer droit dans le mur. « Qu’est-ce que tu fous là ? » La grossièreté, un des points forts d’Eve Millerfield dès lors qu’elle se sentait agressée, sur la défensive. La jeune femme avait certainement tous les torts de s’en prendre à un parfait innocent qui était là pour elle ne savait quelle raison – d’ailleurs peut-être qu’il l’avait suivie, raisonna la part de paranoïa qui sommeillait en elle. Qu’est-ce qu’elle savait de ce garçon ? Dans les détails que collectaient les bribes de ses souvenirs, c’était un ancien élève de Beauxbâtons qui avait cru assez malin de la draguer en public et qu’elle avait envoyé sur les roses sans ménagement, comme à chaque fois que cela se produisait. Est-ce que ça faisait de lui quelqu’un dont on devait se méfiait ? Impossible à dire : tout reposait sur son intuition et sur ce qu’elle pensait déceler en dévisageant ce jeune homme, débarqué au mauvais endroit au mauvais moment.
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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Sam 9 Juil - 2:15



Arsonist's lullabye
Eve & Adonis
Les internes devaient régulièrement changer de service, c’était ainsi la première fois depuis qu’il avait commencé à travailler pour Sainte Mangouste qu’il atterrissait à l’étage de la psychomagie. A vrai dire, il appréhendait un peu, ayant pu observer de près ce que la maladie mentale magique peut faire sous la figure de sa mère. Si vous voulez son avis, ce n’est pas très étonnant que les moldus aient, pendant un sombre moment de leur histoire, voulu tuer les sorcières : si elles étaient un tant soit peu atteintes de ces maladies pychomagiques, on pouvait en effet les croire possédées par le diable. Adonis avait donc repoussé cette semaine auprès de service aussi longtemps que ça lui fut possible, et maintenant qu’il y était, il ne pouvait plus reculer. En bon Poufsouffle néanmoins, il s’était préparé toute la semaine précédente en se plongeant dans ses lectures, tentant d’amasser le plus d’informations possible pour ne pas se retrouver dépourvu au moment venu. Pour assortir cela, il continuait sa lecture du corpus freudien qu’Anatoli Slezniov lui avait conseillé. Pas qu’il soit certain que ça lui soit très utile, mais au moins, ça lui changeait les idées.
Adonis avait été attribué au début de la semaine au médicomage Gatling, un vieux sorcier qui avait toujours l’air occupé, et qui était tellement sûr de lui qu’il refusait d’admettre qu’il était en retard, alors qu’il l’était quasiment toujours. Assez pédagogue néanmoins, il laissait assister Adonis dans quasiment tous ses entretiens et lui laissait parfois les rênes quand il était trop occupé – ce qui est une autre manière de dire trop en retard. Ça faisait maintenant trois jours qu’il travaillait à ses côtés, et il commençait à se prendre au jeu. Les rondes matinales étaient toujours les plus effrayantes, on rendait visites aux patients les plus sévèrement atteints et on évaluait leur état, qui d’après ce qu’Adonis comprenait, ne changeait pas franchement. Puis, arrivait l’heure des entretiens groupaux et individuels hebdomadaires ou mensuels, et en fin de journée, on s’occupait des nouvelles admissions. Il y avait quelques fois des cas d’urgence (Adonis avait par exemple assisté à l’arrivée d’un homme qui avait vécu pendant trois ans avec des Trolls de Montagnes et qui semblait avoir acquis quelques-unes de leurs vilaines habitudes, dont celle de l’extrême violence …) qui restaient tout de même rare, le jeune français s’était donc surpris à trouver le temps de se reposer pendant cette semaine sur ce service.

Souvent, le Psychomage Gatling lui demandait de gérer sa salle d’attente ou d’aller commencer l’entretien avec ses patients quand il était trop en retard. Adonis était ravi de faire ça pour lui, il se sentait utile dans ce service où on lui donnait beaucoup de responsabilités. Ce jour-là n’échappait donc pas à la règle, et Adonis se dirigeait, quasiment en sifflotant, vers le bureau de Gatling qui, lui, s’autorisait une petite pause déjeuner. Il feuilleta le dossier du prochain patient sur le chemin, et nota dans un coin de son crâne les éléments les plus importants : jeune fille kleptomane suivie depuis peu de temps auprès du Mage Gatling, et surtout toujours étudiante à Poudlard. Le temps d’atteindre la porte, Adonis eu le temps de lire en diagonale l’autorisation de sortie hebdomadaire signée par le Professeur Dumbledore pour qu’elle fasse son entretien à Sainte-Mangouste, les notes du tout premier entretien, et le résumé du dernier (très léger), mais dans tout cela, il ne songea pas à lire le nom de la patiente. Peut-être aurait-il dû, il ouvrit en tout cas la porte énergiquement, un sourire aux lèvres, prêt à prendre en charge la patiente dans toute la neutralité qu’un futur médicomage devait adopter.

Il la connaissait ; il ne lui fallut pas plus d’un regard pour s’en rendre compte. C’était la Gryffone qu’il avait utilisée l’année dernière pour rendre Georgia jalouse. Quel était son prénom, déjà ? Eve, non ? Un coup d’œil rapide sur l’en-tête du dossier le lui confirma, et il y lut aussi son nom de famille. Eve Millerfield se tenait juste devant lui et le regardait, l’air étonnée, et surtout particulièrement défiante. Adonis manqua aussi de comprendre ce qui venait de se passer, juste sous ses yeux, parce qu’il était trop occupé à se fustiger de ne pas avoir lu ne serait-ce que le nom de la patiente. Elle n’était pas assise sur le fauteuil réservé aux patients, elle ne se tenait pas non plus devant la bibliothèque ni en face de la fenêtre. Elle était juste devant la porte, nez-à-nez avec lui. Personne ne restait là, comme ça, à attendre son psychomage avec tant d’impatience. C’était comme si elle avait cherché à sortir du bureau, et que son arrivée l’en avait empêché. Bon, vous l’aurez compris, Adonis Leroy aurait pu, dans une autre vie, être un grand enquêteur. En attendant, il s’empressa d’ajouter mentalement Eve à la liste des fugueurs dont il avait pu observer le comportement ces derniers jours sur le service de Gatling, et il se demanda combien de fois elle avait déjà effectué ce petit manège. Avec les fréquents retards du mage, ça n’aurait pas étonné le français si elle n’en était pas à son coup d’essai.

Elle avait l’air de le reconnaître, en tout cas, au vu de la question qu’elle lui assena. Adonis, qui s’était sentit un peu déstabilisé par tout l’enchaînement auquel il venait d’assister, sentit néanmoins la pression retomber en l’écoutant : apparemment, elle savait encore moins que lui ce qu’elle devait faire. Il lui indiqua alors de la main le fauteuil où elle aurait dû être, avant d’aller s’assoir sur le sien, à côté de celui destiné à Gatling.

« Je suis l’interne du mage Gatling pour toute cette semaine. Si ça te dérange que je sois présent pour l’entretien, on en parlera directement avec lui. Vu qu’on se connaît, je veux dire. Par contre, en attendant qu’il arrive, tu peux m’expliquer pourquoi tu essayais de t’échapper… »

Adonis avait le don de mettre les deux pieds dans le plat. En même temps, ce n’était pas tout à fait un tort, dans ce métier, si ? En tout cas, il espérait avoir droit à encore quelques minutes en tête à tête avec la Gryffondor, puisqu’une mer calme n’a jamais fait un bon marin, et qu’il fallait bien qu’il apprenne, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Dim 10 Juil - 0:23




Adonis & Eve
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Eve possédait-elle de réels griefs contre Adonis ? Pas le moins du monde. Evidemment, il avait été comme bien des garçons, suffisamment idiot et sûr de lui pour croire de prime abord que n’importe quel compliment flatteur accompagné d’un sourire enjôleur  était susceptible de faire plier une fille. Mais ça ne justifiait pas pour autant qu’elle lui voue une haine quelconque. Pourtant, maintenant qu’il se trouvait face à elle, dans sa tenue d’interne et dans le bureau du psychomage Gatling, la jeune fille avait la sensation d’être prise à un piège diaboliquement bien pensé. Personne d’autre qu’un jeune apprenti pour la prendre sur le fait, en pleine tentative de disparition, et toutes les preuves pour confirmer qu’elle n’avait pas l’intention de rester là.

La septième année percevait qu’en dépit de tout ce qui devait agiter l’esprit du brun, il tentait de rester le plus calme et le plus professionnel possible – une attente que l’on devait sans doute exiger de lui en toutes circonstances mais qui aggravait l’énervement de la sang-mêlée. « Comment ça ? » s’exclama t-elle à brûle-pourpoint. L’explication du stagiaire était néanmoins limpide ; il était sous les ordres de son psychomage attitré, ce qui par conséquent justifiait pleinement sa présence ici. A son plus grand désarroi. « Pourquoi j’ai pas été prévenue ? » Dernier rempart avant que l’anglaise ne cède à la panique pour de bon, Eve persista dans son refus d’accepter si facilement la fatalité et joua les insurgées jusqu’au bout.

Vint le sous-entendu, celui qui mettait clairement en exergue le comportement curieux de la patiente. Loin de se démonter, la blonde n’hésita même pas une seule milliseconde avant de répondre. « Pas du tout. Je voulais seulement aller aux toilettes. »  Un mensonge éhonté, elle n’éprouvait aucune gêne à l’avouer, mais il n’y avait pas la moindre chance pour qu’elle admette face à Adonis qu’elle avait en effet cherché à s’enfuir. Tout cela ne lui aurait attiré que des ennuis supplémentaires. « Et puis c’est pas tes affaires. décida de couper sèchement la blonde, qui savait pertinemment que répondre de cette façon à une simple question rendait son attitude encore plus suspecte. Tu comptes me surveiller jusqu’à ce qu’il arrive, c’est ça ? » Ils n’étaient ni à Azkaban, ni au Ministère de la Magie, Eve n’avait donc en aucun cas besoin d’un garde du corps pour la protéger d’elle-même ou des autres. Est-ce qu’il la considérait à ce point comme une cinglée ou était-ce simplement des ordres qu’il avait reçus de la part de son supérieur – à moins qu’il ne fut tout bonnement très à cheval sur les méthodes qu’il avait apprises en cours ? La rouge et or n’était pas persuadée d’avoir convaincu le français de sa bonne foi. D’ailleurs il lui avait désigné le fauteuil face à lui comme s’il comptait prendre définitivement la place de Gatling et écouter ses dires. Avoir le rôle du médicomage ne lui donnait pas tous les droits, mais en attendant Eve comprenait peu à peu et à regret qu’elle aurait beau protester, cela ne mènerait à rien.

Elle se dirigea à contrecoeur vers le siège, ne cachant pas sa réticence tandis que son corps ployait pour s’asseoir à nouveau devant le bureau. Son regard s’acharna à fuir le plus possible celui de l’ancien élève de Beauxbâtons, qu’elle n’avait guère envie de voir empli de curiosité malsaine, de pitié infecte ou de tout autre ressentiment quelconque qu’il pouvait garder pour lui. Eve Millerfield n’était pas une adepte de l’empathie. Se prenant d’un intérêt soudain pour le bout de ses chaussures, la septième année marmonna finalement quelque chose pour rompre l’atmosphère tendue qui s’était installée. « Ecoute, je vais pas m’enfuir. Tu peux repartir et dire à ton chef que je suis sage comme une image. » Elle aurait pu sourire comme une gamine effrontée que le résultat aurait été le même. Qui croirait à un truc pareil ? Peut-être Adonis. Ou peut-être pas.

Après tout il devait savoir pourquoi elle était là. Se maudissant pour ce réflexe tout à fait instinctif et non contrôlé, Eve jeta un coup d’œil furtif au fin dossier posé entre eux – le sien, comme l’attestait le nom inscrit en lettres capitales sur la couverture. L’idée qu’on avait consigné tous ses propos, le moindre fait et geste qu’elle avait pu consciemment ou non avoir durant ses séances augmentait sa nervosité. Si Leroy l’avait consulté, quelque part elle aurait l’impression d’avoir été privée d’intimité ou tout bêtement mise à nue devant quelqu’un qui ne le méritait pas. Même si c’est son métier ? Même si c’est pour ton bien ? La voix de la raison ne parvenait même pas à apaiser l’anxiété croissante qui la gagnait. Non, Eve ne voulait pas que sa kleptomanie devienne un état de fait connu de gens qui l’avaient cotoyée à Poudlard. Même s’il n’était qu’un visage familier parmi tant d’autres, même s’il pouvait être pétri de bonnes intentions, même s’il s’en moquait éperdument. D’une manière ou d’une autre, c’était lui donner un moyen de l’atteindre et Merlin savait ce qu’un être humain pouvait faire quand il savait qu’il possédait un levier de pression sur autrui. « Tu l’as lu, n’est-ce pas ? » demanda t-elle âprement, ses yeux se risquant finalement à affronter les siens. Il se pouvait qu’il tente de lui mentir avec aplomb, mais elle n’y aurait pas vraiment cru.
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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Jeu 11 Aoû - 12:58



 
Arsonist's lullabye
Eve & Adonis
Eve Millerfield était patiente prise en charge depuis peu pour kleptomanie. Adonis, en arrivant sur le service de psychomagie au début de la semaine, s’était attendu à voir des cas terrifiants de pathologies mentales magiques, passionnants par leur côté impressionnant. Il s’était à voir des dizaines de cas qui lui rappelleraient sa mère, et qui lui donneraient envie de tourner le dos à ce service. Finalement, le Sang-Pur avait découvert que même les sorciers étaient atteints par ces pathologies que les moldus nommaient névroses, et surtout, qu’ils étaient tout aussi intéressant à analyser que celui du vampire végétarien qu’il fallait nourrir par perfusion dans la chambre 43.
La jeune femme ne semblait vraiment pas à l’aise en présence d’Adonis, et celui-ci faisait semblant de l’être, un minimum. Disons qu’il gardait une allure professionnelle alors qu’il se souvenait encore de quelques soirées passées sur les gradins du Stade de Quidditch à attendre que Georgia ait fini son entraînement, à regarder toute l’équipe de Rouge et Or, Eve y comprise, se faire tyranniser par James Potter. Il se souvenait de cette soirée dans la Salle Commune des lions où il était allé flirter sans grande conviction avec la blonde, jetant régulièrement des regards en direction de l’autre blonde, espérant voir naître sur son visage des griefs jaloux – il y était parvenu avec brio. Il aurait dû se douter que ce genre de situation pouvait arriver, mais à vrai dire, il ne s’était pas douter que Dumbledore ait pu autoriser ce genre de sorties exceptionnelles. Apparemment en tout cas, toute cette affaire était récente, mais particulièrement bien rôdée. Eve se questionnait justement sur ce changement d’habitudes, sur ce raté sur la machine qui fonctionnait pourtant très bien.

« La distribution des stagiaires est aléatoire, le mage Gatling ne pouvait même pas être certain qu’on lui attribuerait quelqu’un cette semaine. Je suis désolé que tout se fasse dans la précipitation, mais sache en tout cas que ça risque d’arriver à nouveau dans les semaines qui viennent, avec d’autres stagiaires que moi. »

Sainte-Mangouste était après tout un hôpital qui avait aussi pour but de former les futurs médico et psycho-mages, c’était le genre de choses qui pouvaient arriver avec des internes aussi jeunes, tout juste sortis de Poudlard. Adonis demanda ensuite à la jeune femme d’expliquer sa tentative d’escapade, se doutant qu’il ne parviendrait pas à beaucoup de résultats. Il se demandait, aussi, s’il devrait faire part de cette scène à Gatling. Il ne voulait pas trahir la confiance qu’Eve lui accorderait peut-être dans les quelques minutes qu’il leur restait en tête à tête, et après tout, Gatling pouvait aussi se blâmer : il était toujours en retard, ça en devenait impressionnant.
Eve, en tout cas, ne semblait pas plus décidée que Gatling à admettre son tort. Elle mentit à Adonis en le regardant droit dans les yeux, ce qui eut le don de le déstabiliser. Pendant une seconde, il eut envie d’y croire : elle voulait simplement faire un petit tour aux toilettes avant de revenir, connaissant bien son thérapeute et sachant qu’avec lui, il lui restait encore quelques minutes de solitude. Adonis ne répondit rien aux dires de la jeune fille, la laissant continuer de parler. Elle lui demandait s’il était là pour la surveiller, preuve qu’elle se sentait véritablement menacée par la figure qu’il représentait. Mais Adonis n’était pas gendarme, il n’était pas là pour surveiller ses faits et geste et punir sa désobéissance, il était l’interne qui vient remplir un vide quand le responsable n’est pas apte à le faire. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Gatling le mettait dans cette position compliquée, mais la plupart du temps, les patients étaient relativement bienveillants à son égard. Visiblement, ce n’était pas le cas de la Millerfield. Ils s’assirent face à face, et la jeune fille proposa qu’il aille retourner dans les pattes de son chef, ce à quoi Adonis sourit – elle avait la ténacité d’une véritable lionne – avant de répondre :

« Tu devrais lire Surveiller et Punir, de Michel Foucault, c’est très instructif. Tu pourrais aussi regarder le Gendarme à Saint-Tropez, c’est du très bon cinéma français, Louis de Funès est vraiment un homme très talentueux, j’ai hâte que son prochain film sorte. Mais il n’est pas question de tout cela, ici. Je suis là pour faire figure de bouchon en attendant que Gatling arrive, et aussi, je suis là pour apprendre. Si ça peut te rassurer, je ne fais pas d’études pour rentrer dans la Brigade Magique, je suis loin d’avoir le pouvoir de te mettre une contravention pour tentative d’évasion de ta salle de rendez-vous. On pourrait même garder ça entre nous, si tu veux. »

Il avait songé à lui proposer un échange, lui dire qu’il garderait le silence si elle restait tranquille en retour, mais il s’était ravisé, songeant que pour le coup, ça pourrait avoir des airs d’interrogatoires policiers. Il espérait simplement acquérir, au moins un peu, sa confiance. La jeune fille avait l’air de scanner toute la pièce sans sembler pouvoir croiser le regard d’Adonis. Elle avait l’air nerveuse, ne paraissait pas tenir en place sur sa chaise, Adonis s’attendait à ce que quelque chose fuse ; ça ne manqua pas.

« Tu l’as lu, n’est-ce pas ? »

Adonis avait encore le dossier d’Eve entre les mains, il quitta donc le regard qu’elle lui adressait enfin pour se pencher un peu et le poser sur le bureau du Mage. Ne sachant pas vraiment que répondre, il hésita un moment, s’humectant les lèvres et passant une main dans ses cheveux, avant de retrouver les yeux de la jeune fille.

« Je l’ai feuilleté en arrivant, mais apparemment pas suffisamment pour savoir que c’était toi qui m’attendait ici. Il n’y a pas grand-chose, à vrai dire, tu n’as pas l’air particulièrement bavarde. Evidemment, le symptôme est écrit en gros au début de la page, alors, je sais, mais ce n’est pas très important. Toi, tu as l’impression que tes séances ici te servent à quelque chose ? Je sais que le Mage est souvent en retard mais … enfin, en tout cas, j’ai beaucoup appris, cette semaine, avec lui. »

Loin de lui l’idée de critiquer le Mage, il voulait simplement qu’elle se sente à l’aise de lui raconter ce qu’elle voulait. De toute façon, tout ce qu’elle dirait resterait dans ce bureau, loin de lui l’idée d’aller ne serait-ce que raconter qu’il l’avait vue ici. C’était un professionnel, et si son secret venait un jour à être découvert, ça ne serait pas de son fait.

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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Mar 16 Aoû - 23:29




Adonis & Eve
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Si Adonis pensait, en toute bienveillance, qu’expliquer clairement et paisiblement le pourquoi du comment à Eve allait la faire se rassénérer, il se trompait : l’espoir d'une atmosphère moins tendue ne fut que de trop courte durée. « D’autres stagiaires que toi ? » répéta la sang-mêlée. Ses sourcils se froncèrent, un détail dans la ligne de sa machoire se crispa : ce qu’elle venait d’entendre et ce qu’elle en comprenait ne semblaient guère la satisfaire, aussi leva t-elle la main en signe d’interruption. Les explications allaient un peu trop vite à son goût. « Attends un peu. » La blonde poursuivit, bien moins sereine que son interlocuteur qu’elle paraphrasait. « Je dois déjà raconter ma vie à un inconnu, maintenant à toi, et la semaine prochaine, quoi ? Tout le service sera mis au courant ? C’est hors de question. » Sa voix était montée dans des inflexions colériques, signes de sa nervosité. Le secret médical imposait autant le respect de l’identité du patient que la non-communication de ce qui se passait durant les séances, mais la jeune Millerfield n’était pas suffisamment naïve pour imaginer benoîtement qu’entre collègues médicomages, on ne cherchait jamais à détendre l’atmosphère en racontant le délire d’un des derniers névrosés du service. Son cas n’était pas une blague de bon goût que de jeunes internes pouvaient se partager avec insouciance. « Je préfère encore que ça soit toi le reste du temps à sa place que d’autres. coupa brusquement Eve, invoquant une sorte de clause imaginaire qu’elle venait de sortir de son chapeau. Ne prends pas ça pour une flatterie, okay ? C’est juste que … Non, c’est bon, une personne, ça va, pas cent cinquante non plus quoi. » Condition sine qua none pour poursuivre cet échange : si Adonis souhaitait dérider la jeune femme, il allait devoir manœuvrer de son côté pour faire en sorte d’assurer à lui seul les absences de Gatling. Il n’y avait visiblement pas d’autre choix évident dans la tête de la septième année.

Une fois assis, un geste qui l’air de rien semblait signer le début de la reddition de la blondinette, l’aîné se permit un petit conseil que la jeune demoiselle allait très vite remettre à sa place. « Je suis pas trop bouquins. » Cette révélation relevait de l’euphémisme : Eve ne lisait des livres que sous la contrainte, à moins qu’ils n’aient concerné le Quidditch. Pour ce qui était de l’univers cinématographique en revanche, elle en avait un peu plus sous le coude – même anglaise, elle avait déjà eu le droit de visionner les films favoris de ses parents, et le nom de l’acteur moldu cité par l’ex-élève de Beauxbâtons ne lui était pas étranger. « Et je vois pas ce que De Funès vient faire là-dedans mais c’est un bon acteur oui. » Peut-être Leroy appliquait-il une tactique apprise dans ses heures de théorie, qui visait à changer de sujet et à discuter de choses plus légères pour détourner l’attention d’Eve, un brin paranoïaque. Ca, c’est de la vraie parano en bonne et due forme. Il fallait absolument qu’elle se détende et qu’elle cesse de le voir comme le Diable en personne.

Parce qu’il ne lui avait rien fait de mal en réalité, et surtout parce qu’il tentait d’être arrangeant autant que faire se pouvait. La Gryffondor ne lui avait jusqu’ici pas facilité la tâche, mais comme il paraissait souhaiter être le plus discret possible – notamment sur sa tentative de fuite -, Eve saisit l’occasion de se dédouaner de son évasion ratée sans hésiter. « Ouais, bonne idée. Gardons ça pour nous. » Elle aurait tout le temps de mentir plus tard si jamais il la trahissait.

Et maintenant qu’il lui avait confirmé avoir lu son dossier, Eve ne se sentait pas beaucoup plus rassurée. C’était même plutôt l’inverse, jusqu’à ce qu’il lui explique qu’il n’en savait pas davantage que ce qu’elle-même avait concédé avouer au psychomage qui la prenait en charge. Ses quelques confessions se résumaient sûrement à des bouts de note sur des parchemins assez vides qui n’allaient pas franchement aider Adonis. Autant qu’il abandonne le peu qu’il savait d’elle au travers des notes des précédents rendez-vous : celles-ci lui étaient aussi inutiles que des révisions un quart d’heure avant l’examen final. « Il fait son boulot, quand il est là. » Eve haussa les épaules brièvement, ne comptant pas dénigrer Gatling – pas plus qu’elle n’allait le complimenter. « J’ai … juste l’impression d’être forcée à pleurnicher sur mon sort, et c’est ridicule. » déclara ensuite la jeune sorcière, ayant l’impression que pour une fois elle ne serait pas forcément décortiquée dans la moindre de ses pensées énoncées à voix haute. « Il y a plus grave, non ? De toute façon c’est pas comme si c’était vraiment une maladie. C’est plus comme … Emprunter une plume et oublier de la rendre à son voisin, tu vois. C’est un peu gênant mais pas inquiétant. » Le psychologue lui avait déjà dit que cette façon de voir les choses s’assimilait au déni, au refus de voir la vérité en face. Elle, elle avait tendance à considérer qu’on pouvait appeler ça comme du relativisme. C’était plus joli à dire. « A côté de ça il y a des gens qui sont menacés de mort ou qui sont au bord de la folie et eux, ils auraient toutes les raisons du monde d’être écoutés et soignés. » Tout était plus simple quand on pouvait rejeter l’attention sur les autres, parler de tous ces cas malheureux bien pires que les nôtres. Une stratégie comme une autre dans laquelle la jeune fille s’engouffrait les yeux fermés. « En plus je vois pas vraiment en quoi parler de ma vie va régler le problème. Alors oui, le dossier doit être un peu vide en détails. »

Elle n’avait jamais parlé autant depuis le début de ses rendez-vous. Adonis pouvait être fier de lui, il lui déliait la langue – mais tout n’était pas joué pour le moment, loin de là ; la phrase qu’Eve balança avec une nonchalance flagrante le prouva. « Ce qui veut dire que tu vas devoir te farcir le sale travail de me tirer les vers du nez. Bon courage, il ne te reste pas beaucoup de temps. » Un coup d’œil à l’horloge magique appuya ses dires : les aiguilles tournaient pour l’interne Leroy.
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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Ven 19 Aoû - 2:54



 
Arsonist's lullabye
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Peut-être n’aurait-il pas dû mentionner la possibilité que d’autres stagiaires viennent se greffer à ses séances avec le Mage Gatling. Mais après tout, ce n’était que sa première semaine en psychomagie, il n’arrivait pas encore à bien appréhender les patients et leurs angoisses. Il ne se serait pas douté que ça puisse poser problème à la jeune fille, et en même temps, ne s’étonnait pas tellement que ça en soit un. Elle était encore à Poudlard, les internes étaient pour la plupart fraichement sortis de cette école avec laquelle ils gardaient sûrement encore contact, ils y connaissaient peut-être quelques élèves restés là-bas, et elle ne voulait certainement pas que le mot tourne. Mais en même temps, il ne pouvait décemment pas lui mentir. Il ne serait pas le premier ni ne serait le dernier interne dans cet hôpital, elle en croiserait donc d’autres. Elle n’avait pas eu à en fréquenter lors de ses séances précédentes, mais Adonis attribuait cela au fait que le Mage ait certainement voulu privilégier la dualité psychomage-patient durant le début de la prise en charge. Maintenant qu’elle était habituée à la gymnastique des séances, une troisième personne pouvait être mise en jeu. Pour son plus grand bonheur apparemment, cette personne s’était révélée être Adonis Leroy. Franchement, ça aurait pu être pire, et apparemment, Eve était d’accord avec cette observation : elle musa au français qu’elle préférait encore qu’il soit le stagiaire assigné à son dossier que d’en enchaîner plusieurs chaque semaine. Le français sourit quand elle se sentit obligée de préciser qu’elle ne disait pas cela pour le flatter. Il tenta de lui répondre d’une voix aussi posée que possible, cachant comme il le pouvait sa nervosité. La demoiselle semblait décidée à obtenir ce qu’elle voudrait de cet entretien, et Adonis n’était pas disposé à tout lui donner, loin de là.

« Je suis loin d’avoir la main mise là-dessus, c’est un point sur lequel tu devrais plutôt discuter avec ton psychomage. Enfin, si je peux te rassurer, les personnes extérieures au dossier ne sont pas au courant de ce que tu racontes en séance. »

Et puis, il y avait quand mêmes des cas bien plus intéressants sur lesquels anecdoter en salle de repos que celui de la Millerfield. Reprenons pour exemple ce vampire végétarien, il était tout de même bien plus original qu’une adolescente kleptomane. Evidemment, Adonis se garda bien d’ajouter cela à la Gryffondor qui n’aurait sûrement pas apprécié ; il se devait d’être professionnel avec elle, il pouvait garder sa familiarité pour ses collègues. Il se permit tout de même de glisser quelques mots sur Foucault et de Funès, et c’est à ce dernier qu’Eve sembla être réceptive. Cela plut à Adonis, ravi de savoir que le talent de ce français était connu jusqu’outre-manche.  

« Pourquoi ne pas parler de De Funès ? Après-tout, on est censé pouvoir parler de tout, dans le bureau d’un psychomage, alors encore une fois, pourquoi pas ? »

Il ne ramena pas sur le tapis Surveiller et Punir, quoi qu’il admirât tout aussi bien Foucault que de Funès ; Eve n’avait pas semblé inspirée par ce sujet, ça ne servirait à rien d’insister. Il tentait de gagner sa confiance, tant bien que mal, et l’ennuyer ne serait certainement pas une bonne solution. Plutôt, il choisit de passer un marché avec elle, sur lequel elle sembla sauter, ce qui ne fit que confirmer encore plus les soupçons d’Adonis : elle avait véritablement voulu s’enfuir de son bureau. Mais maintenant qu’il avait promis, ou presque, qu’il ne dirait rien, il ne pourrait rien y faire, sinon espérer que ça permette à Eve de s’ouvrir un peu plus à lui. Ce fut ce qu’elle sembla faire, puisqu’elle se laissa aller à lui répondre quelques phrases dont la somme aurait certainement pu s’équivaloir à celle qui comptait toutes les réponses prononcées depuis le début de ses séances avec Gatling.

Elle ne considérait pas sa pathologie comme très grave, et d’après ce qu’Adonis en avait lu, et ce que Gatling lui en avait dit, c’était ce qu’on appelait communément la dénégation. Dire non, pour dire oui. Ce n’est rien, pour dire que c’est quelque chose. En tout cas, elle se révélait être très pragmatique quand il était question de penser sa maladie, ce qui ne manqua pas de faire sourire Adonis. Si ce n’était qu’une plume, qu’on oublie de rendre, n’est-ce pas ?
Dire que le dossier était un peu vide en détails était en tout cas un euphémisme. De ce qu’il en avait feuilleté, aucun élément d’anamnèse n’avait été relevé par le mage. Pas un mot sur le moment où ça avait débuté, pas un mot sur la fréquence, pas non plus que sur ce que son entourage en pensait, si même ils étaient au courant. Adonis laissa les mots de la jeune fille s’épuiser, attendit qu’elle eût terminé pour ne serait-ce que de parler pour songer à une réponse. Déjà, il fallait qu’il se souvienne de tout ce qu’elle venait de dire. Pour imiter Gatling, Adonis devrait, après la séance, noter sous forme synthétique tout ce qu’elle avait dit, et s’il ne mettait pas son cerveau en marche dès maintenant, il ne parviendrait pas à se souvenir de chaque détail. Gatling ne voulait pas prendre de notes pendant la séance, sous prétexte que ça dérangeait souvent le patient. C’était ce qui le mettait donc très souvent en retard pour ses rendez-vous suivants : il était trop occupé à tout réécrire sans oublier le moindre élément important.

« Encore une fois, je ne suis pas Auror, et je n’ai pas de veritaserum dans ma poche. Mon but n’est pas de tirer les vers du nez, mais si tu veux une métaphore, on peut dire que j’aimerais t’aider à te délier la langue. Ça te va ? »

Ce n’était pas trop insister que d’admettre qu’il était tout de même là pour ça ? Pour récupérer les vers qu’elle accepterait de lui donner de bon cœur, pour poursuivre sur la métaphore de la jeune fille.

« Et puis tu sais, je ne crois pas que la question de la gravité soit pertinente. Pour George VI, être bègue devait être très compliqué. Pour n’importe quel autre citoyen anglais, ça pourrait n’être vu que comme un léger dérangement. Je crois que la question est plutôt celle du normal et du pathologique. Un symptôme peut être partagé par plusieurs ; pour certains, il se tiendra dans le champ du normal, et pour d’autres, dans celui du pathologique. Pour Georgie VI, le bégaiement était pathologique. Pour d’autres, il sera normal. Tu vois ce que je veux dire ? »

Il espérait avoir été clair, sans avoir été trop monsieur-je-sais-tout. En réalité, cela trahissait complètement son manque de connaissance à ce sujet ; il récitait quasiment par cœur ses basiques, espérant qu’Eve soit capable de s’en saisir pour en produire quelque chose. Il ne lui facilitait pas la tâche, mais après tout, ça ne faisait que trois jours qu’il s’intéressait à la psychomagie ! Que faisait Gatling, par Merlin ? Les mains d’Adonis suaient et il espérait ne pas avoir trop fait peur à Eve. Il avait senti que quelque chose se créait entre eux et ne voulait pas que son côté scolaire ne l’effraie. D’un côté, il espérait que Gatling franchisse le pas de la porte le plus vite possible, pour qu’il en ait fini avec tout ça et qu’il puisse s’en remettre à lui, et en même temps, il avait l’impression que tout se briserait à partir du moment où ses pas résonneraient dans le couloir… La pauvre Eve n’avait en tout cas pas signé pour se retrouver avec un psychomage en retard et un interne hésitant, et pourtant, c’était bel et bien ce avec quoi elle se retrouvait. Adonis lui devait d’être le meilleure interne hésitait qu’elle ait connu.


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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Dim 28 Aoû - 21:25




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Apparemment Adonis n’avait pas prévu d’être aussitôt devenu une clause spécifique au bon déroulement des séances d’Eve. Trop tard pour lui pour reculer ou changer ses paroles : la blonde les avait entendues, enregistrées et soigneusement appliquées. Et puisque le mage Gatling n’apprenait pas de ses erreurs et continuait perpétuellement à être en retard, il était temps qu’il découvre à ses dépends qu’à force de déléguer son travail, on en devenait presque dispensable – un fait qui se voulait inquiétant mais qui ne l’était sûrement pas autant qu’elle l’espérait.

La sentence fut donc sans appel du côté de la jeune femme et tomba sèchement, équivalente à une contravention. « Gatling n’aura pas le choix. C’est ça ou je ne viendrai plus aux séances. A lui de voir. » Elle savait d’ores et déjà qu’elle n’avait pas encore la marge de manœuvre nécessaire pour négocier l’identité de son psychomage personnel et poser de tels ultimatums, mais cela viendrait. A force de mutisme et d’obstination, la jeune Gryffondor avait fini par user légèrement la patience de son médecin personnel et si elle laissait entrevoir dès maintenant une possibilité d’ouverture, le Médicomage s’y engouffrerait forcément. Quelque part, Eve avait tout à y gagner et strictement rien à perdre – un deal qu’elle acceptait risquer volontiers.

Loin de tenir à jouer le rôle du gendarme sévère et procédurier, le jeune Leroy tentait comme il le pouvait et le voulait de dérider sa patiente. La mission paraissait plus ardue qu’elle ne l’était réellement puisque la blondinette était plutôt prête à aborder tous les sujets possibles tant que cela ne concernait pas de près ou de loin cette satanée histoire de kleptomanie. Rien que de formuler le mot dans son esprit la tendait déjà. « Donc on pourrait aussi parler de Quidditch ou de combien j’aimerais aller à la plage par exemple ? » suggéra Eve, qui prit un peu plus ses aises dans le fauteuil. Loin des poses dignes et altières de certaines filles de son âge, on sentait là encore dans l’assise un brin négligée de la sang-mêlée qu’elle n’en avait strictement rien à faire de la bienséance dans un lieu où elle ne souhaitait pas être. Son regard suivit la lumière qui diffusait au travers des rideaux couvrant la seule large fenêtre du bureau. « Franchement vu le temps, c’est vraiment dommage qu’on puisse pas être à l’extérieur. » Un temps idéal pour faire du Quidditch, songea son subconscient avec regret.

Le brun, de son côté, persistait à s’afficher comme le « gentil » docteur qui n’allait rien faire à son encontre, qui était là pour elle et qui prendrait ce qu’elle lui donnerait sans rien exiger. Bien, très bien pour lui. Qu’il tienne de tels propos l’engageait sérieusement sur une chose : il n’allait pas chercher à la forcer à quoi que ce soit, et ça, Eve le gardait précieusement en mémoire. « Oui, oui, ça me va. » concéda la septième année avant de soupirer, légèrement perplexe. « C’est fou ce truc que vous avez à toujours vouloir que les choses m’aillent. C’est pour vous et mes parents que je viens ici, au départ. C’est à eux qu’il faudrait leur demander. »

Elle n’avait vraiment aucune idée de ce que cherchait à accomplir Adonis par son parallèle avec l’histoire moldue. Tout ce qu’elle avait retenu, c’était que les choses ne pouvaient pas être aussi graves qu’elle le songeait de son point de vue, mais que d’autres auraient certifié le contraire. C’était exactement là où le jeune interne voulait l’emmener, elle en était persuadée : il espérait qu’elle comprenne, ou sinon réalise qu’elle devait intégrer le fait que sa situation inquiétait d’autres personnes. Mais elle le savait, bon sang. Elle n’ignorait pas une seule seconde que ses parents étaient profondément soucieux de son état. Pour Eve, c’était sans doute la pire information qu’elle puisse se marteler à chaque fois qu’elle traversait les couloirs de Sainte-Mangouste pour venir dans ce bureau : elle nourrissait l’angoisse au sein de sa famille, chose qui la révulsait plus que tout. Alors mieux valait dédramatiser, faire comme si de rien n’était. Feindre, c’était une solution si simple, si convenable. Se plier à ce que l’on attendait d’elle en espérant que tout ça ne se tasse, que ces inquiétudes se transforment en doutes, puis s’évaporent définitivement. D’une façon ou d’une autre, la rouge et or devait prouver – à Adonis, à Gatling, à ses géniteurs – qu’elle allait parfaitement bien.

Un silence de mort avait envahi le bureau à la fin des explications du français, pour que finalement la batteuse ne daigne s’esclaffer, un sourire débonnaire plaqué aux lèvres. « Interne en médicomagie et prof’ d’histoire en même temps ? Trop fort. » Sans se payer sa tête, la culture du jeune homme avait de quoi impressionner bien du monde, elle y compris. « Je suis pas certaine de voir où tu veux en venir. Mais au moins tu fais des efforts. D’habitude je suis bombardée de questions, pas d’explications. C’est plus agréable comme ça. » Plus agréable ou tout simplement plus compliqué à cerner. Eve n’avait pas encore assez de recul pour savoir ce qu’il attendait d’elle et comment il l’obtiendrait.

Ses iris captèrent alors le mouvement de nervosité qui agitait les mains de son aîné. Il ne voulait sans doute pas paraître en proie au doute mais malgré tout, son corps l’avait trahi. « Tu préférerais être ailleurs, je me trompe ? » La question avait été posée calmement, mais en toute franchise. Si l’on attendait du patient qu’il ne mente pas, pourquoi ne pas en faire de même avec le spécialiste ? « Tu sais, t’es pas obligé de rester. Après tout, c’est pas ton vrai travail d’être là. Et personne te blâmerait pour ça. » Dans les intonations de sa voix, ni miel ni douceur exacerbée ; seulement de la compréhension et de l’empathie. Adonis Leroy avait peut-être prévu des plans bien plus réjouissants que ceux qui équivalaient à écouter les complaintes d’une femme au sortir de l’adolescence au caractère de chien.  « D’ailleurs dans mes souvenirs t’étais plutôt occuper à draguer les septième années qu’à bosser la médecine, non ? » Elle tentait de détourner le sujet autant pour elle-même que pour lui. Lui rendre l’ascenseur, lui donner une occasion de se détendre en plaisantant sur l’année dernière, cette époque où ils étaient tous un peu plus insouciants.
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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Mar 20 Sep - 22:03



 
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Quand Adonis s’était lancé dans ce cursus d’apprentissage en médicomagie, il ne s’était pas imaginé qu’il se retrouverait en face à face dans un bureau avec Eve Millerfield et encore moins qu’elle lui demanderait d’assister en permanence à ses séances. Il s’était vu soignant des plaies, extrayant des corps étrangers de sorciers blessés, il avait cru qu’il passerait des journées à tenter de restaurer la mémoire d’amnésiés ou qu’il ferait bouillir une potion par heure. Pourtant, quand la jeune fille ne lui laissa très visiblement pas le choix quant à sa présence hebdomadaire lors de ses séances, Adonis fut loin d’être déçu de ce changement de plan. La psychomagie, quoi que moins aventurière que la chirurgie magique, ne manquait pas d’attraits et le français s’en rendait compte grâce au vampire végétarien ainsi que par l’influence de l’adolescente kleptomane. Il hocha la tête tranquillement face à l’injonction de cette dernière qui estimait que Gatling n’aurait pas le choix : Adonis serait présent lors des séances. Il ne pouvait pas la conforter dans ses propos, et s’il était, en soit, d’accord avec sa proposition, elle devrait voir cela directement avec son mage traitant comme il le lui avait déjà suggéré.

Il semblait en tout cas qu’Eve était prête à tout pour ne pas parler de ce qui l’amenait en thérapie. Par provocation, elle demanda à Adonis si elle était autorisée à véritablement parler de ce qu’elle voulait, et elle mentionna le Quidditch, entre autres. Des souvenirs de sa septième année revinrent alors à Adonis, qui se rappela qu’en effet, Eve faisait partie de l’équipe de sa maison. Elle y était batteuse, il y avait fait attention parce que Georgia était elle aussi dans l’équipe, en tant que poursuiveuse. Eve se plaignit de ne pas être dehors, ce qui poussa Adonis à jeter un coup d’œil vers l’extérieur. Il pleuviotait, comme d’habitude. S’il regrettait bien quelque chose de la France, c’était évidemment la météo. S’il pleuvait déjà régulièrement à Paris, Londres et toute l’Angleterre en général était encore pire. Lui n’avait personnellement aucune envie de quitter Sainte-Mangouste pour aller marcher sous la pluie, prendre le métro trempé et rentrer chez lui exténué, mais les anglais – et anglaises – avaient cette mystérieuse capacité de passer outre la pluie qu’il espérait acquérir un jour, au prix de quelques années passées dans ce pays.

« Tu peux parler de ce que tu veux, Eve. »

C’était ce que Gatling disait, en tout cas. Que les patients étaient libres de parler de tout, qu’il n’y avait pas de parole meilleure ou plus pertinente qu’une autre. Et puis de toute façon, vu combien la Millerfield était fermée, si elle se mettait à parler de la plage ou de Quidditch, c’était déjà une belle avancée.

« C’est fou ce truc que vous avez à toujours vouloir que les choses m’aillent. C’est pour vous et mes parents que je viens ici, au départ. C’est à eux qu’il faudrait leur demander. »

Adonis jeta un coup d’œil à la jeune fille, de plus en plus affalée sur son fauteuil. Cette nonchalance adolescente semblait cacher quelque chose, mais il ne semblait pas parvenir à mettre le doigt dessus. C’étaient donc de ses parents que venait l’ordonnance de soin. Etaient-ils inquiets pour leur fille ? Parce que celle-ci ne semblait pas trop inquiète pour elle-même. Il faudrait qu’Adonis lise les notes de Gatling, mais il était curieux de savoir comment elle était arrivée ici. Qui avait sonné l’alarme ? Un préfet ? Un professeur ? Ses parents ? Depuis quand était-elle suivie, déjà ? Gatling avait-il été son seul psychomage, ou en avait-elle connu d’autre ? Quand est-ce que la kleptomanie avait commencé ? Non, évidemment, ce n’était pas aux parents Millerfield qu’Adonis voulait poser toutes ces questions, mais bien évidemment à leur fille ; elle était presque majeure, si elle ne l’était pas déjà, c’était auprès d’elle qu’il devait se renseigner. Après tout, elle était tout de même la principale concernée.

La discussion continua, Adonis évoquant ses connaissances en Histoire moldue et Eve se moquant ouvertement de lui, sans que le français se laisse trop atteindre. Freud aurait appelé ça des défenses, et Adonis en savait quelque chose ; depuis ses discussions avec Anatoli Slezniov, les essais du psychiatre autrichien étaient devenus ses livres de chevet. Sans se laisser démonter, donc, Adonis sourit à la jeune Gryffondor en retour, et l’écouta se satisfaire du fait qu’elle n’ait pas aujourd’hui à répondre à trop de questions. Malheureusement pour elle, Adonis en préparait une depuis un moment maintenant, qu’il n’était pas sûr de savoir comment tourner, mais qu’il savait vouloir poser.

« Tu te sens prisonnière, Eve ? Tu me parles de Quidditch et tu ne cesses de regarder par la fenêtre ; c’est l’impression que tu me donnes. »

Il aurait voulu ajouter quelque chose, préciser sa question pour être certain qu’elle la comprenne bien, qu’elle ne se braque pas, ne se renfonce pas dans son fauteuil un peu plus … Il se força néanmoins à se taire, jugeant que c’était certainement mieux de laisser la question flotter que de tenter de s’embourber dans des explications pénibles dont il ne ressortirait qu’au prix d’un trop long monologue. Du coup, ça avait plus l’air d’être une observation un peu sortie de nulle part plutôt qu’une question, mais c’était le mieux qu’il puisse faire. Si elle, de son côté, ne faisait que tenter de répondre à cela, alors il aurait de quoi écrire au moins un petit quelque chose sur ce dossier jusqu’à présent quasiment vide. Il n’y avait que peu d’espoir, toutefois : cette question était tout de même assez brusque, et forcerait la blonde à se poser véritablement la question si elle voulait y répondre. Or, elle n’avait pas l’air encore prête à cela, mais Adonis avait décidé qu’il valait mieux lui demander quand même que de sous-estimer ses ressources : elle en avait, et de cela, il était certain.

Toujours aussi renfoncée dans son fauteuil, Eve se décida à faire ressortir ses traits les plus dignes de la Maison de Godric Gryffondor en posant à son tour une question au français. Si celle-ci le désarçonna, il ne la comprit pas vraiment. Quelque chose donnait-il l’impression à Eve qu’il s’ennuyait ici ? Qu’il aurait aimé être autre part ? Adonis fut presque vexé de cette question tant il ressentait presque l’inverse vis-à-vis de cette pseudo-séance. Etait-ce elle, qui aurait préférée être ailleurs ? Parce que lui se sentait de plus en plus à l’aise avec elle, et espérait que Gatling prendrait encore un peu de temps à arriver. Eve continua sans s’attarder sur la confusion de l’interne, enfonçant le clou, et se permettant même une provocation qu’elle n’aurait jamais osée produire, il en était sûr, si le psychomage avait été là. Adonis s’autorisa un rire léger, puisque Eve n’avait néanmoins pas dit ça méchamment. Au contraire, il avait même eu l’impression qu’elle avait voulu se montrer familière avec lui, le problème étant tout de même qu’elle n’était pas censée le faire.

« Beaucoup de choses ont changé, tu sais, entre l’année dernière et aujourd’hui. Et bien sûr que c’est mon vrai travail, d’être là. Ou en tout cas, j’espère qu’un jour ça le deviendra. J’ai l’impression que c’est plutôt toi qui voudrait être ailleurs. Pourquoi ? »

Eve était très ambivalente, envers lui. D’un côté, elle disait qu’elle voulait absolument qu’il soit avec elle lors des séances, et de l’autre, elle le repoussait, tentant de le convaincre de quelque chose en laquelle il ne croyait pas. En choisissant un côté, celui de dire que c’était elle qui le repoussait plutôt que lui qui ne voulait pas d’elle, c’était au tour d’Adonis de provoquer un petit peu la jeune femme. Par-là, il espérait lui faire comprendre que ce n’était pas de lui, qu’elle devait avoir peur ; au contraire, s’il était là ce n’était que pour l’aider.

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Dernière édition par Adonis Leroy le Jeu 17 Nov - 14:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Sam 1 Oct - 17:20




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Sa compliance persévérait, indéniablement. A chaque phrase qu’elle pouvait lui lancer, il avait la rhétorique exacte, le miroir verbal prêt à réverbérer ce qu’elle voulait entendre. Jusqu’à ce qu’il soulignât à quel point la septième année paraissait si attirée par l’extérieur, synonyme de liberté et de délivrance. Etait-ce ça qu’elle recherchait, tout simplement ? Se sentait-elle opprimée ? Eve observa Adonis une fraction de seconde avant d’arborer l’esquisse discrète d’un sourire un peu forcé. « Je peux pas dire que je vienne ici de mon plein gré. » Nul problème à le reconnaître face à l’institution chargée de la soigner : elle n’avait jamais caché son désaccord avec la décision de ses parents. Mais au même titre qu’ils étaient ses géniteurs, Eve ne se sentait pas de les contrarier. Alors peut-être qu’en assistant à ces séances, peut-être en faisant profil bas, peut-être en montrant pertinemment qu’il n’y avait pas de problèmes, ces aspérités s’effaceraient. Sa mère serait rassurée, son père choisirait d’expliquer cette crise passagère par, sans doute, une des innombrables envies de rébellion dont regorge l’esprit adolescent. Peut-être que tout ça pouvait fonctionner, oui. Mais quelque part … Une infime poussière venait enrouer la mécanique mentalement conçue. « Bref. Appelle ça de l’emprisonnement si tu trouves ça approprié. Mais c’est toi qui as cité le mot en premier. » conclut finalement avec une lenteur pensive la blonde avant de sourire à nouveau, cette fois-ci de manière plus franche, plus affirmée.

Il disait avoir changé. Ce n’était pas tout à fait faux : il y avait après tout mille façons de s’améliorer petit à petit et de devenir meilleur, même si pour la blonde, on ne pouvait jamais devenir un autre du jour au lendemain. Certains défauts, certains aspects de nous demeuraient indélébiles, ancrés dans nos chaires quoi qu’on souhaitait faire. Lutter contre sa nature, c’était une cause perdue d’avance. Mieux valait l’embrasser et l’assumer, la porter en étendard.

La balle revint vers elle, Adonis n’était pas décidé à lui laisser changer de sujet indéfiniment. Eve se redressa un tantinet, déjà fatiguée par ce jeu auquel elle se prêtait pour la première fois depuis longtemps. Jongler avec les mots, esquiver les questions, répondre par d’autres interrogations, cela fatiguait l’esprit autant qu’il épuisait ses trésors d’ingéniosité pour faire obstacle. Et peu à peu, il finissait par lâcher des fragments d’informations morcelées, abîmées à force d’avoir été déterrées pour être cachées plus profondément. « Parce que. » Même pas l’ombre d’une justification. La sang-mêlée en avait assez d’avoir à comprendre sa propre façon de penser. Elle se laissa parler sans réfléchir, comme actionnant le mode automatique du pilotage de ses phrases. « Je sais pas. Je pense que j’ai mieux à faire, tout simplement. M’entraîner pour le Quidditch, essayer de réviser. Toi tu es ici parce que tu veux devenir Médicomage, eh bien moi … »

Le grincement de la porte dans son dos stoppa ses dires en même temps qu’il la fit légèrement pivoter. Le regard d’Adonis comme le sien reconnurent dans l’entrée du bureau l’identité du psychomage Gatling. L’air à la fois étrangement soulagé de voir que sa patiente était bel et bien présente, assise et apparemment en discussion avec son interne, le sorcier reprit un peu de sa contenance habituelle pour s’avancer vers elle et lui tendre une main amie. Eve la serra brièvement. « Miss Millerfield ! Vraiment désolé, je vous prie de m’excuser. J’ai eu un fâcheux contre-temps. Mais je vois que Monsieur Leroy s’occupe de vous. » L’arrivée du médecin sonnait le départ d’un autre : cela se confirma à la sentence suivante prononcée par le quadragénaire. « Je vais pouvoir prendre la suite. »

Les yeux de la Gryffondor vagabondèrent du visage aux traits sereins de Gatling à ceux, encore juvéniles, de Leroy. La jeune fille sentit en elle la résonnance d’un ultimatum sourd, d’un compte à rebours avant qu’elle ne laissât s’échapper la seule opportunité qu’elle avait de pouvoir rendre ces rendez-vous moins pénibles. En son for intérieur, la rouge et or réalisait que le caprice qu’elle avait formulé tout à l’heure n’en était pas totalement un. « Monsieur Gatling, à l’avenir, je … » Sa prise de parole eut l’effet escompté, surprenant les deux hommes présents dans la pièce. Puisant dans son audace pour poursuivre, hébétée parce qu’elle s’apprêtait à demander, Eve ne recula pas. « En fait je pense qu’Adonis Leroy pourrait tout à fait vous remplacer plus souvent. Pour nos séances, en fait. » Voilà qu’elle ne manquait pas de culot. Et qu’en plus, elle allait passer pour une dinde qui s’était entichée d’un interne – mais pas du tout, et si l’un d’entre eux aurait osé en plaisanter, il y avait toutes les chances pour qu’Eve se referme aussi sèchement qu’une porte de prison. « Je me sens plus à l’aise avec lui. » Le mensonge était incertain, mais Eve espérait tout bonnement que le simple fait qu’une personne du corps médical puisse exercer un effet positif sur elle primerait sur le reste et pousserait le mage à abonder dans son sens. Cachés entre ses genoux, ses doigts se croisèrent machinalement.
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    mind
    i'mma show you how to love again. △ you love how you push me to the point of crazy and I love when you're on your knees and begging for me. you got me good with all these mind games, there you go, you got my heart again.  ©endlesslove
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MessageSujet: Re: Arsonist's lullabye | Adonis   Jeu 17 Nov - 14:46



 
Arsonist's lullabye
Eve & Adonis
« - Apprivoise-moi !
- Que faut-il faire ? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. »


Comme tout français, moldu ou pas, Adonis avait lu le Petit Prince étant gamin, peu de temps après avoir appris à lire. Plusieurs fois, il était retourné à cette lecture qui avait toujours le don de lui réchauffer le cœur.  Elle résonnait particulièrement aujourd’hui, surtout pour la relation du petit Prince à son renard. Adonis avait en effet la sensation d’avoir à apprivoiser la demoiselle Millerfield, qui apparaissait comme aussi sauvage que le lion de son blason. L’exercice n’avait visiblement pas encore été réussi par le Mage Gatling, qui était pourtant apparût à Adonis comme un excellent maître de psychomagie – malgré son retard perpétuel. Qu’est-ce qui disait qu’il y parviendrait, alors ? Saurait-il se montrer suffisamment patient avec elle comme l’exigeait le renard pour pouvoir être apprivoisé ? Le voulait-elle seulement ? Parce qu’au moins, dans le Petit Prince, la demande venait du renard. Eve l’avait dit elle-même : elle était là contre son gré. Adonis n’avait pas vraiment de mal à la croire ; après tout, quand il avait ouvert la porte du bureau, il l’avait trouvée sur le point de s’enfuir. Et puis, comme toute Gryffone, elle devait être particulièrement têtue et ça s’illustrait bien dans son refus, bille en tête, de s’ouvrir, ne serait-ce qu’un peu, dans ce bureau dans lequel elle aurait préféré ne jamais mettre les pieds. Elle le disait elle-même : elle aurait préféré être sur son balai, avec son partenaire le Black, à balancer quelques cognards à droite et à gauche. C’est certain, c’était certainement plus simple que de faire face à cette pathologie qui inquiétait apparemment tellement ses parents.

« Toi tu es ici parce que tu veux devenir Médicomage, eh bien moi … »

La suite de cette affirmation serait à remettre pour la prochaine fois car ce fut le moment que le Mage Gatling choisit pour – enfin – pousser la porte de son bureau. Adonis notait cela dans un coin de son crâne pour qu’il se souvienne de lui demander comment elle aurait terminé sa phrase s’ils n’avaient pas été interrompu. En faisant cela, Adonis réalisait qu’il songeait déjà à leur prochain rendez-vous. Eve était parvenue à le convaincre, lui. Il ne lui restait plus qu’à obtenir l’accord de Gatling, et elle aurait tout gagné. Pas sûr que tout lui accorder soit la meilleure solution, mais si ça l’aidait à s’ouvrir, au moins un peu … Adonis se redressa à l’arrivée de son maître de la semaine, quittant finalement le fauteuil où il s’était installé pour le laisser s’y installer. Il avait hoché du crâne quand Gatling avait proposé de prendre la suite de l’entretien, et alors qu’il s’apprêtait à saluer Eve avant de quitter la pièce, celle-ci se décida à prendre la parole. C’est de son initiative qu’elle le fit, et c’est certainement cela qui étonna à la fois le Mage et son élève, qui se lancèrent un coup d’œil.

Adonis, sur le moment, fut presque gêné de la requête d’Eve, craignant que le psychomage ne l’interprète pas bien. Il ne voulait pas que Gatling ne croit que c’était une proposition de son élève qui, incapable de rester à sa place, aurait profité de ses dix minutes de retard pour se mettre une patiente dans la poche. C’était quelque chose qu’il aurait pu faire, auparavant ; il aurait profité de la situation pour les bonnes grâces d’une nana, et il l’aurait fait sans hésitation et en aurait assumé les conséquences auprès de ses supérieurs sans gêne. Mais ce n’était pas ce qu’il s’était passé, loin de là, et ce pour des dizaines de raison différentes, la principale étant qu’il était en couple et qu’il n’avait aucune envie que cette situation ne change. Il adressa un regard inquiet à Gatling, l’air de dire que ce n’était pas du tout son initiative, avant de se rendre compte que ça aurait été sous-estimer les capacités de Gatling que de croire qu’il aurait pu penser que son élève soit capable d’une pareille chose. Cet homme, Adonis l’avais appris à ses côtés, était d’une grande bienveillance, mais aussi d’une grande clarté d’esprit. Loin d’être naïf, il avait dû très bien lire le petit jeu d’Eve, avec ses trente ans de métier sous le coude. Un sourire légèrement amusé sur les lèvres, quoi que gardant toujours son air sérieux, il lança un coup d’œil entendu à son élève avant de poser son regard sur la jeune femme pour lui dire :

« Miss Millerfield, je vous propose que nous terminions cette séance tous les deux pour discuter plus précisément de cette requête spéciale. Il est entendu que Monsieur Leroy ne pourra pas être votre psychomage attitré, tout simplement parce qu’il n’est pas diplômé pour. Rien n’empêche que nous assouplissions cette réglementation, mais cet assouplissement sera conditionné, et bien sûr, il faudra demander son avis à monsieur Leroy. En attendant, celui-ci va nous laisser terminer l’entretien tous les deux, et nous verrons cela pour la semaine prochaine, d’accord ? »

Adonis hocha silencieusement du crâne, plutôt rassuré par la réponse qu’avait donnée Gatling. Il était définitivement attiré par l’idée de continuer à recevoir Eve, mais ne se sentait pas prêt à le faire de manière hebdomadaire, tout simplement parce qu’il ne savait absolument pas ce qu’il faisait, et que la psychomagie n’était pas une profession qui s’apprenait du jour au lendemain. De toute façon, ce n’était pas du côté de cette branche-là de la médecine magique qu’il désirait s’orienter, préférant largement la chirurgie magique à ce qu’il avait appris de la psychomagie en une semaine, mais il avait la sensation que ces entretiens avec Eve pourraient se montrer particulièrement intéressants, pour elle comme pour lui. Il avait envie d’aider la jeune femme, et espérait que Gatling lui laisserait l’opportunité de le faire, à son niveau, bien sûr.

Adonis s’approcha de la porte, avant de s’arrêter pour poser son regard sur Eve. Bienveillant, il lui dit, avant de quitter la pièce :

« On se recroisera donc sûrement, Eve. Fait attention à toi, en attendant. »
Codage par Emi Burton

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Georgiado
« Moi je t'offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas. Je creuserai la terre jusqu'après ma mort pour couvrir ton corps d'or et de lumière. Je ferai un domaine où l'amour sera roi, où l'amour sera loi, où tu seras reine. Ne me quitte pas » Jacques Brel
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