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 How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-

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MessageSujet: How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-   Lun 16 Mai - 3:44

Tu ouvris difficilement les yeux, le soleil t'éblouissait. Certaines filles de ton dortoir étaient déjà en train de se préparer à partir, tu en déduis alors que tu ne pouvais pas envisager rester là à somnoler encore longtemps. Pour te motiver, tu pensas au petit déjeuner qui t’attendrait quand tu descendrais, et aux personnes qui t’accueilleraient comme habituellement. Un sourire prit alors place sur ton visage et tu rejetas la couverture qui te couvrait, puis t'assis sur ton lit d'un air résolu. Ta journée s'annonçait bien. Tu allas rejoindre tes amis, puis partis en direction des salles de cours, toujours aussi optimiste pour le reste de ta journée. Les cours se passaient généralement bien, tu travaillais sérieusement, dans l'optique de devenir Auror comme ta mère, alors il n'y avait que rarement des mauvaises surprises. La journée se passa tranquillement, et alors que tu venais de sortir de ton dernier cours, tu partis en direction de la salle commune des Gryffondor où tu espérait trouver les Maraudeurs, Lily et Mary. Tu marchais d'un pas guilleret, un léger sourire flottant sur ton visage. Mais au bout d'un moment, tu remarquas que les couloirs étaient inhabituellement inanimés. Étant restée un moment à discuter avec tes voisins de classe, la plupart des élèves avaient déjà quitté cette partie du bâtiment, tu te retrouvais alors seule. Comme toujours dans ces moments, ta respiration s'accéléra, ton regard balayait les environs à la recherche d'une silhouette pendant que tu marchais plus rapidement. Tu ne comprenais pas vraiment la raison de cet état second dans lequel tu étais plongée quand tu étais isolée, mais aussi loin que tu t'en souviennes, ça avait toujours été comme ça. Quand tu étais plus jeune, Nicholas arrivait toujours quand tu commençais à angoisser, il savait que tu ne devais pas être seule. Il venait, et te prenait la main. Tu te rapprochas du mur, tu te sentais comme oppressée par le silence et l'atmosphère qui devenait sombre.
Mais dès lors que tu pris l'intersection, ton regard se posa sur deux silhouettes. Tu ralentis brusquement ta marche. L'un d'eux était plutôt petit, il devait être en troisième année, tandis que l'autre était plus grand et se tenait légèrement en retrait. Tu t'approchas lentement, n'arrivant pas à apercevoir leur visages et étant toujours dans cet état d'angoisse. Quand soudain tu les reconnus :le chat noir porteur de mauvais présage, Regulus, et son garde du corps, Anatoli. Tu fus instantanément sortie de ta torpeur, laquelle fut remplacée par le désespoir. Comment étais-ce possible ?! Étais-tu à ce point malchanceuse ? Tu hésitas un moment entre rire et pleurer, puis tu te résigna à leur faire face. Qu'allait-il bien pouvoir se passer cette fois, hein ? À chaque fois que tu croisais le petit Black, tout devenait dangereux. C'était la porte ouverte vers un tas de situations complètement improbable et extrêmement gênantes. Tout cela avait commencé dans le train de Poudlard, l'an passé, quand tu l'avais abordé, pensant qu'il était perdu. Et c'était un Black ! Sans compter sur le fait que son meilleur ami soit un grand Serpentard à l'air pas commode qui t'intimide au point que tu ne peux pas le regarder dans les yeux. Tu décidas alors que rien de bizarre n'avait à se produire. Tu avanças, la tête haute, d'un pas assuré. Il fallait rester digne devant ces personnes, ce sont des Serpentard, des sixièmes année. En plus, le fait que Regulus soit dans l'équipe de Quidditch adverse et en tant qu'attrapeur faisait de lui ton rival direct. Tu devais les impressionner. Tu fis alors attention à ta posture, un tas de pensées fusaient dans ton esprit alors que tu te rapprochais d'eux. Tu regardais droit devant toi, résignée à ce que rien d'étrange ne se passe. Il ne fallait pas que tu croises le regard d'Anatoli, surtout. Tu t'arrêtas même de respirer quand tu leur passa à côté. Quand soudain, une fois passée, ton pied droit se tordit violemment. Tu perdis ton précieux équilibre et tombas lourdement sur le sol. Tu ouvris alors les yeux, et te rendis compte de ce qu'il venait de se produire. Tu étais complètement déboussolée, c'était certainement la pire chose qui aurait pu t'arriver à ce moment là. Tu restas un instant figée au sol. Comment est-ce que ces situations dégénèrent toujours ?! Tu devais partir, et vite. Tu évitas le regard des deux garçons et entrepris de te relever. Mais à l'instant où ton pied toucha le sol, une douleur fulgurante, comme un éclair, une déflagration te fis pousser, malgré toute la retenue dont tu tentais de faire preuve, un gémissement suraigu. Tes yeux s’écarquillèrent, tu ne pouvais pas croire qu'une telle chose était en train de se produire, tu aurais préférée t'être évanouie, ça au moins, ça aurait pu avoir un semblant de classe. tu ne pouvais plus bouger, ton regard se leva alors dans la direction de Regulus et Anatoli, un regard de tueur qui disait : Si vous osez rire, je vous tue. Mais il n'était absolument pas crédible vu ta posture actuelle, au sol, les yeux humides, et l'expression de ton visage qui appelait clairement à l'aide.


Dernière édition par Marlene A. McKinnon le Mar 17 Mai - 17:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-   Mar 17 Mai - 17:18




How could this happen to me?
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Tu étais ravi d’avoir pu te trouver une excuse pour quitter la salle commune de la Maison des Serpents, et plus encore que ton meilleur ami se soit présenté pour t’accompagner, bien qu’il n’ait pas la moindre idée de l’endroit où tu te rendais dans un premier temps. L’atmosphère était devenu bien trop pesante dans tous les donjons pour que tu puisses endurer plus longtemps les éclats de voix et les sifflements de l’Elite de Septième Année. Car si la vôtre ne posait aucun problème, celle de tes aînés était unanimement parmi les autres élèves la promotion qui contenait au moins la moitié du caractère de tout l’établissement de magie, et les problématiques imposées n’allaient qu’en s’accroissant. Alors que tu avais trouvé tout cela insupportable à tes yeux, tu avais saisi une pile de grimoires d’arithmancie en tous genres que tu utilisais pour tes recherches personnelles, et avait prétexté à certaines personnes qui comptaient te prendre à parti avoir oublié de rendre ces livres avant la date butoir pour les remettre à la bibliothèque, bien que tu ne les aies eu que depuis quelques jours. Devoir les restituer était un véritable crève-cœur, sachant que les Septièmes Années n’allait pas tarder à devenir prioritaires pour y accéder afin de travailler leurs ASPICs, et utiliser ce droit au plus tôt, étant donné que s’assurer une note valable était difficile. Résigné alors que tu passais la porte, tu avais doucement invité Anatoli à te rejoindre, sollicitation à laquelle il répondit à une vitesse déconcertante.

Vous aviez quatre étages à gravir avant d’arriver à la bibliothèque, mais cela avait au moins le mérite de vous laisser souffler avant d’avoir à retourner dans la salle commune, l’heure semblant passer plus vite alors que les journées diminuaient, et ce aussi aux yeux des Préfets de Poudlard, que tu n’avais pas envie de décevoir. Avec un peu de chance, les débats seraient terminés d’ici là, te permettant d’arrêter de ressentir une persistante douleur au ventre lorsque tu voyais tes proches en conflit les uns avec les autres.

- Le problème c’est que nous pensions que les filles sauraient s’accorder et partager la part du gâteau pour ce qui était des Reines, puisqu’elles ont toujours été tellement proches. Elles ont toujours été ensemble et en conclusion elles en sont arrivées à convoiter la même place avec d’égales chances de réussir, l’une comme l’autre. Durant tout l’été il a fallu composer avec les affinités de chacun pour essayer de recoller les morceaux, mais dans la mesure où on ne peut plus s’adresser à un Serpentard concerné sans que cela ne devienne politique, j’ai réellement hâte que tout rentre dans l’ordre. Enfin je ne pensais pas non plus que la situation serait pire que cet été, mais finalement j’ai peut-être eu tort, dis-tu enfin pour briser le silence et faire redescendre la tension qui n’avait pas cessé de te parcourir depuis le début de la soirée.

D’une certaine façon, tu savais qu’il n’y avait jamais eu plusieurs Reines de Serpentard au pouvoir et que cela constituerait un non-sens total pour le reste de Poudlard, et que si la situation était naturellement soluble, un dénouement profitable à tout le monde aurait été trouvé, mais tu trouvais qu’il y avait déjà assez de situations relationnelles compliquées pour que cette situation ne s’éternise pas plus longtemps, ayant pour ta part de plus en plus de mal à cacher ta fatigue, à mesure que tu devenais de plus en plus impliqué et tes pairs toujours plus catégoriques. A cela, tu savais qu’Anatoli lui ne prendrait jamais parti dans ce genre de relations, et avait depuis bien longtemps arrêté de vouloir y comprendre quelque chose, selon toi, mais il restait justement un pilier de neutralité essentiel à tes yeux ; au moins en sa présence tu n’avais pas à réfléchir à qui tu disais parler, et à quelles alliances étaient adoptables en fonction des jours. Anatoli ne changerait son amitié envers toi par rapport à ce qu’il avait entendu précédemment, surtout lorsque cela n’était pas sensé te concerner. Tu ne pouvais alors te retenir de lui parler de tes craintes, sachant qu’il s’agissait de la seule et unique personne à qui tu puisses le faire. Car le Russe avait beau ne pas prendre de parti, il restait un vert et argent à la généalogie plus que respectée, et que par conséquent tous trouvaient normal qu’il soit au fait de certaines choses, et tu étais presque libre de les évoquer.

Apercevant une rouge et or que tu ne connaissais que trop, tu ne sus réellement que faire. Si la démarche à suivre ne tenait qu’à toi, tu aurais brusquement fait demi-tour pour ne pas avoir à affronter une situation qui te maintiendrait éveillé pendant une semaine, mais tu savais que te justifier sur ce défilement auprès d’Anatoli serait impossible, et que cela le conduirait surtout à des sourires narquois contre lesquels tu n’avais pas non plus envie d’aller. Et si trop de fleurs s’épanouissent sans être vues, tu aurais trouvé sympathique que le hasard vous ait laissé à chaque extrémité d’un certain jardin. Néanmoins le château de Poudlard n’étant immense que lorsque c’était au désavantage des élèves, et devenait ridiculement petit lorsqu’ils s’agissaient de les éviter. Tu dus alors reprendre ta marche avec une méfiance extrême, t’arrêtant totalement de parler pour te concentrer sur le fond du couloir et redoubler d’attention quant à quoi que ce soit, votre malchance commune n’étant jamais à court d’idées, et t’indignant silencieusement alors qu’Anatoli prenait beaucoup trop de temps à traverser le troisième étage, vous retardant tous les deux et augmentant de fait les chances d’assister à quelque chose d’involontaire de la part des deux Attrapeurs.

Tu pus observer, pendant que tu te pressais, que la démarche de la rouge et or se voulait bien trop hasardeuse pour que son chemin se déroule dans heurts, et fis alors le choix d’accélérer ta marche pour vous éviter une autre situation gênante à ajouter à une liste déjà bien assez longue et embarrassante, te rapprochant d’Anatoli pour l’inciter à se presser lui aussi. Les nombreuses années vouées à la danse classique de la plupart des jeunes filles de Serpentard que tu fréquentais au quotidien leur valaient au moins d’avoir une certaine tenue sur des talons, et ce talent ne semblait visiblement pas inné, à en voir la McKinnon. Cependant tu avais vraiment cru pouvoir échapper à la chute de Marlene à mesure que vous deux aviez pressé le pas, et que vous étiez très proche du but. Cependant, alors que vous deviez tous les deux penser que le danger était écarté, le destin se rattrapa et tu entendis un bruit sourd derrière toi.

Dans un premier temps, tu n’eus pas envie de te retourner pour attester de sa dégringolade, et de passer ton chemin, afin de vous éviter des regards déconfits au moins une fois. Cela était cependant sans compter sur Anatoli qui se retourna aussi vivement qu’il en avait l’habitude pour vérifier que Marlene allait bien, et qui rendit pour toi la continuation de ton chemin impossible. Tu te retournas avec une terrible lenteur, soufflant fort par le nez pour ne rien cacher de ton mécontentement que plus rien ne se passe jamais comme tu l’entendes, pour donner le temps à Marlene de récupérer de sa chute, et que chacun continue sa route sans histoire. Peine perdue encore une fois, les jambes de Marlene semblaient véritablement aller à l’encontre de sa volonté.

Tu savais pertinemment que Marlene ne serait jamais excessive sur les douleurs qu’elles pouvaient ressentir pour l’avoir assez souvent observé en tant qu’adversaire, et tu lui reconnaissais une résistance sans doute bien plus élevée que la moyenne des joueurs, Marlene n’étant pas de ceux qui s’attardent sur des blessures quelconques. Le fait qu’elle ne se relève pas était donc signe de quelque chose de relativement grave, d’autant plus que tu savais qu’elle se passerait très bien de ta présence. Tu te mordis la lèvre inférieure, ne sachant que faire, alors qu’Anatoli fut le premier d’entre vous deux à avoir une réaction utile et adaptée, et que tu suivis impuissamment ses gestes du regard, en faisant de ton mieux pour rester en retrait.
by NYXBANANA
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MessageSujet: Re: How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-   Sam 4 Juin - 18:49


and i said, hey, what's going on?




L'air froid du château les engouffre, Regulus et lui, hors de la moite effervescence de la salle commune des Serpentard, dont Anatoli exulte de quitter le carcan – sa morne flânerie, que ne manquait pas de trahir son avachissement, ainsi que les errances de ses regards, ont été interrompues par le murmure empressé du jeune Black au moment où elles prenaient des mines de lasse désolation. (Un maestro, son ami, en matière d'apaisement – ç'a été comme s'il sentait confusément que le moment était venu d'incendier les noires pensées qui, alors, faisaient indiscontinûment leur chemin en lui.) Il a été question de rendre quelques livres à la bibliothèque ; lesquels livres, pourtant, auraient dû, en Regulus, éveiller l'envie de les garder bien plus longtemps – des livres d'Arithmancie, à laquelle il vouait une passion éperdue depuis qu'Anatoli le connaissait. C'est les traits plissés par l'incompréhension que le Russe a levé sur lui son regard, rendu vague par les sinuosités que suit une pensée irritée sans égards pour le corps qui l'anime ; lentement, il s'est redressé, chassant le léger malaise qui résulte d'un changement trop soudain de position, et s'est hâté d'emboîter le pas à Regulus, apparemment aussi prompt que lui à s'extraire de la rêche atmosphère de la salle commune. Et ils sont là désormais, progressant à allure rapide dans les couloirs du château ; le visage de son ami s'est peint d'une moue chagrine, que vient acérer cependant une inquiétude véritable. C'est lorsqu'il se tourne vers lui et le gratifie d'une de ces tirades échevelées, ininterrompues, qui sont le propre d'un Regulus assailli par ses émotions, qu'il comprend enfin. S'il avait tant à cœur de s'échapper de la salle commune, où se trouvaient pourtant toutes ses fréquentations habituelles, c'était, précisément, à cause d'elles – ils ont laissé derrière eux les luttes à demi-mots, à demi-voix (à pleine hypocrisie) des têtes dures de Serpentard, les mêmes que Regulus côtoie activement, et dont la simple proximité répugne farouchement Anatoli. Et c'est d'eux dont il lui parle, là, dans le fracas terrible d'un couloir d'école en pleine journée, de cette voix qui semble laisser le souffle en suspens ; il lui parle des joutes rhétoriques de celles qui se plaisent à s'appeler les reines, de leurs machineries mesquines pour s'évincer mutuellement d'une place qu'elles ont elles-mêmes inventée, et se dérober un titre qui n'existe guère qu'en leur ego hypertrophié. Il évoque la similarité de leurs ambitions, leur amicale promiscuité – puis le caractère inconciliable de leurs chemins, désormais.

Et c'est ce mot de politique qui, bientôt, vient heurter les oreilles d'Anatoli – ce mot aux lourdes capes poussiéreuses et grisâtres, à la voix rocailleuse, comme venue d'ailleurs, dont les arabesques complexes et rauques dissimulent des noires stratégies perfides, des desseins turpides et des mensonges éhontés. Il sait, lui, l'opprobre qui enveloppe ce mot, l'infamie qui se terre derrière le noble raffinement, l'élévation spirituelle qu'il laisse paraître ; il sait que la politique, telle qu'il l'a vue et telle qu'il en est question dans les propos de Regulus, est affaire de longues cajoleries fielleuses et de caresses au poignard, que les premières voilent et facilitent. Il sait qu'elle est affaire d'entrelacs de plans, d'intentions élevées au rang de diktats ; de nœuds et d'affrontements verbaux, d'acteurs et de harangues ciselées pour persuader. Il la sait, la politique, leur politique et tout ce qu'elle l'implique, et, de toute la force de son cœur sincèrement impétueux, sans cesse battu par les flammes d'une ardeur franche et véritable, de toute l'intensité de sa pensée tumultueuse, il l'abhorre, et vomit son insidieux venin de toute la véhémence de ses viscères. Mais c'est la voix de Regulus qui charrie ces immondices comme l'Achéron est innocent, qui charrie les moribonds, et il ne peut, à la douceur effrénée de ce timbre préoccupé, manifester qu'un semblable intérêt : Tu penses sincèrement que c'est possible ? Un retour à l'ordre ? Je ne sais pas s'il y a jamais eu un quelconque ordre. Ces filles, et les simulacres de courtisans qui se traînent à leur suite, c'est déjà une petite société, un petit monde. Elles sont malheureusement bien loin des enfants que tu connaissais, et leurs différends les dépassent largement, elles, les adolescentes élèves de Poudlard... Je suis bien content de n'être pas impliqué – de toute manière, elles sont le reflet l'une de l'autre, je ne vois pas bien comment faire un choix et prétendre voir une différence entre elles sans mentir. Mais je n'en peux plus de les entendre vociférer, alors je vais autre part dès que je peux – d'autres font ça, aussi. C'est dommage, tu sais. On n'a plus envie de revenir, alors que c'est censé être notre maison. Et si ça continue, elles n'auront plus grand-chose sur quoi régner, tout le monde sera parti... Ou presque.  Il n'a jamais réellement compris l'attrait que semble susciter ce groupe pour Regulus, hors, bien sûr, des obligations liées à son rang et à sa famille, qu'il semble néanmoins remplir avec une diligence et un enthousiasme accrus ; qu'importe, le jeune Black a requis son avis, il doit se contenter de le lui exposer ; il n'aime guère les reproches sous-jacents, et il n'est pas de ceux qui se complaisent dans l'allusion.

Il ne peut nier, cependant, être singulièrement lassé par la perspective de dévouer le peu de temps qu'il peut passer avec Regulus à une conversation aussi rébarbative et incroyablement irritante à la fois ; aussi son intérêt se voit-il piqué, à mesure qu'ils poursuivent leur chemin, par mille petits détails anodins ; les lézardes fines des murs, les conversations toutes en murmures et en scrutations intenses, le martèlement agacé de ses propres pas sur le sol – et l'éclat triomphant d'une cravate pourpre et or qui se hâte de traverser le couloir, accompagnée du claquement caractéristique de talons hauts. L'identité de la jeune femme ne tarde pas à se rappeler à lui en même temps qu'un sourire satisfait, qui, très lentement, vient illuminer son visage. N'est-ce donc pas là Marlene McKinnon, qui entretient avec Regulus une ferme rivalité sportive, et dont la rencontre finit immanquablement par se solder par quelque catastrophe au détriment de l'un ou de l'autre des jeunes gens, voire parfois des deux ? Il lui tarde de voir ce que cette rencontre-là leur réserve... Ni Regulus ni Marlene ne sont en reste, cependant, et Anatoli observe une accélération conséquente de leurs deux démarches – il prend, dès lors, bien soin de ralentir sensiblement la cadence de la sienne, forçant le jeune Black à faire régulièrement volte-face vers lui, un air à la fois consterné  et crispé sur le visage, le tout ponctué de haussements de sourcils se voulant parlants, et dont il comprend, bien évidemment, tout de suite les implications, mais qu'il ignore complaisamment. Le comique de la situation lui arrache un sourire de plus en plus démesuré, mais, alors qu'ils se retrouvent à la même hauteur, il apparaît clairement que peut-être, cette fois, nulle extravagance n'aura lieu, et que leurs chemins se seront contentés de se croiser sans heurts. Il jette un regard alerte aux alentours ; nulle perturbation en vue, nul imprévu ne semble pouvoir, cette fois, conférer à leur brève interaction le caractère grotesque auquel celles qui l'ont précédé les ont habitués. Déçu, il envisage de provoquer subtilement lui-même l'événement – les talons hauts de la jeune femme semblent plus entraver sa démarche que la gratifier de quelque distinction supplémentaire, et il lui serait aisé, prétextant d'avoir heurté une aspérité dans le sol de pierre, de glisser un pied précisément orienté dans sa direction, et d'ainsi – oh.

Son sourire semble pouvoir s'affranchir du support de son visage et prendre son envol vers le haut plafond lorsque, alors que Marlene vient seulement de passer derrière eux, le claquement régulier de ses talons sur le sol cesse de se faire entendre. Saisi d'un espoir fulgurant, il se retourne vivement, juste à temps pour se délecter de la vision d'une Marlene chutant sans grâce aucune, les yeux écarquillés de la même lassitude horrifiée qui, il en est sûr, fait cligner des yeux Regulus derrière lui, avant de s'écraser lourdement au sol. Cette fois, Anatoli doit imprimer sur sa lèvre une vive morsure pour empêcher une hilarité impromptue mais non moins intense de se manifester ; son sourire ondule quelques instants cependant, menaçant à tout moment de se changer en un grand rire grave dont l'écho ne manquerait pas de ricocher sur les murs. Il lui apparaît toutefois rapidement que Regulus, tout à son déni scandalisé, ne sera pas celui qui fera le premier pas vers Marlene, et que c'est donc tout logiquement à lui qu'incombe désormais cette tâche. Le soupir qu'il se force à exhaler paraît cependant bien faible, et son sourire reste obstinément placardé à sa face tandis qu'il se penche vers elle et lui tend une paume large : Bonjour, Marlene ! C'est toujours un plaisir de te voir. Dommage que ce soit bizarrement toujours dans des circonstances... particulières. Mais, alors qu'il pose sur elle un regard attentif, il comprend que la chute n'a peut-être pas été bénigne, et que la jeune femme a peut-être besoin de soins. Tu peux te lever ? Je pense qu'il faut qu'on t'emmène à l'infirmerie. Il implique ainsi très clairement Regulus dans la démarche – pas question qu'il l'abandonne à l'embarras croissant que lui inspire la situation, d'autant qu'il est convaincu que c'est leur présence conjointe en une même pièce qui provoque toutes ces complications, et que, par conséquent, sans le jeune Black, l'incident n'aurait même pas eu lieu. Il en est de fait responsable dans une certaine mesure, et Anatoli n'est guère qu'un témoin malencontreux qui se voit forcé de participer à la résolution de la crise inopinée, rien de plus...
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MessageSujet: Re: How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-   Lun 13 Juin - 0:06

Bonjour, Marlene ! C'est toujours un plaisir de te voir. Dommage que ce soit bizarrement toujours dans des circonstances... particulières. Commença Anatoli en se penchant vers toi, ne pouvant dissimuler un large sourire qui te pétrifia. Pourquoi diable souriait-il ? Était-ce qu'il se moquait de toi ? Où bien était-il le sadique que tu t'étais imaginée ? Tu prias un instant pour que la première hypothèse soit la bonne, bien que tu n'y croyais plus vraiment, puis il te regarda de haut en bas. Était-ce condescendant ? Avant que tu ne puisse répondre, il continua : Tu peux te lever ? Je pense qu'il faut qu'on t'emmène à l'infirmerie. Il allait t'aider ? Tu le regardas un moment, son visage était plus accueillant que dans tes souvenirs... Aurais-tu encore une fois tiré des conclusions trop hâtives et te serais encore fait des films ? Sérieusement, Marlène. Après tout, tu ne connaissais presque rien de ce garçon. Seules ces situations étranges avec son meilleur ami avaient entremêlées vos existences.  Il n'empêche qu'il avait ce sourire. Tu remarquas alors qu'il te tendait une grande main, tu hésitas un instant, ton regard se tourna vers Regulus qui avait au moins l'air aussi perdu que toi. Soudain le souvenir de ta comparaison de la silhouette de celui-ci à celle d'un troisième année te fis pouffer de rire. Le jeune Black te regardas, surpris, tu tournas alors la tête en te mordant la lèvre inférieure pour dissimuler ce rictus pouvant certainement être mal interprété.  Tu relevas alors vivement ta tête vers Anatoli, par peur que celui-ci ait mal prit le fait que tu te moques de son meilleur ami. Il devenait évidant que tu devais répondre à sa proposition d'aide maintenant. Mais n'était-ce pas à Regulus de t'aider ? Après tout, si ta chute devait être due à la présence de quelqu'un dans ce couloir, ce serait bien à lui -d'ailleurs c'était de sa faute, clairement. Tu le regardas à nouveau et vis un Regulus particulièrement intéressé par la pile de livre qu'il portait, des livres d'arithmancie de septième année, ce qui ne t'étonna pas le moins du monde. Tu captas alors son regard, il devait se rendre compte que tu attendais quelque chose de lui car son regard passa du tien, à celui d' Anatoli, à ses livres, puis revenant à toi avec un air qui disait : oh, mince, j'ai les mains prises, désolé. Ton sourcil droit s'éleva tandis que tu le regardais d'un air désespéré, n'avait-il aucun sens du devoir ? Un simple wingardium leviosa aurait pu suffire ! Enfin, c'était peut être mieux comme ça, ça aurait été bien trop bizarre autrement. Après ce moment de réflexion, ta cheville te rappela à l'ordre, tu retiras alors tes chaussures -le danger, c'est bien, mais boiter avec des talons, cela relevait plus du suicide- lesquelles tu pris dans une main, et te résolus enfin à prendre celle du jeune russe qui restait tendue. Elle était grande, chaude, et aurait certainement été réconfortante si l'on omettais le fait que son propriétaire était un potentiel sadique. Il commença à se redresser et tu suivis le mouvement, tu tentas alors de te lever en prenant bien soin de prendre d'abord appui sur ta jambe gauche, puis, portant toute ton attention, ta concentration, non plus sur Anatoli mais sur ton pied que tu t’apprêtais à poser, tu dirigeas la pointe de ton pied blessé vers le sol, la douleur te fis grimacer, puis tu balanças le poids de ton corps dessus dans l'optique d'avancer. Manifestement, ton cas ne s'était pas arrangé. Ta mâchoire se crispa, tu tentas de résister mais alors que tu levas l'autre pied, une douleur aiguë te fis perdre de nouveau l'équilibre et tu te reteins alors de tomber en agrippant le bras  du jeune Slezniov. Te rendant compte de la position de faiblesse et de dépendance dans laquelle tu te trouvais, tu te préparas à trouver une excuse pour sauver ton honneur : La dalle du sol sur laquelle j'ai marché était bancale ! Ou bien : Haha, tout compte fait je t'apprécie Anatoli, câlin de réconciliation ? Ou encore : C'était un nouveau test de confiance! Tu levas alors les yeux vers lui et : Euh... C'est que... j'ai... Mais... Et mince.
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MessageSujet: Re: How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-   Mer 3 Aoû - 0:40




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Si la science consiste à passer d'un étonnement à un autre d'après Aristote, tu pouvais prouver que ce phénomène ne se rapportait pas à chaque fois et pouvais assurer qu'après une vingtaine d'incidents se ressemblant les uns les autres l'humain s'habituait à tout, même à la malchance. D'une certaine façon, Marlene t'évitait indirectement une discussion dont tu jugeais qu'elle pouvait encore attendre le plus longtemps possible, bien que l'événement ne la rendit pas moins inévitable. Tu n'avais actuellement pas la conviction que tout allait s'arranger, et n'avais besoin de personne pour te démontrer schématiquement qu'il n'y avait aucune chance que cela arrive, préférant l'idée qu'il s'agisse d'une phase un peu délicate à celle d'un changement définitif. Hier te manquait trop pour décider d'y mettre une croix pour affronter le futur, et tout avait basculé bien trop vite pour que c'en ait l'air réel. D'une autre, tu ne pouvais que te demander si la rouge et or avait un jour correctement appris à marcher, comptant dix rencontres avec le sol alors que tu te trouvais dans les parages contre seulement trois de ta part, sans compter les caprices des balais qui avaient pris l'habitude de devenir soudainement capricieux dans des matches où il ne valait mieux ne pas perdre.

Il te fallut un certain temps pour te retourner, afin d'effacer tout l'accablement qui avait dû se peindre sur ton visage et que, même si les deux autres élèves devaient déjà tout savoir, tu souhaitais dissimuler le plus possible, et finis par le faire lentement, tout en jetant une œillade sans aucun doute plus lassée que meurtrière à un Anatoli qui avait sauté sur l'occasion de s'amuser du malheur des autres, et qui ne cachait plus rien de la joie qui s'était emparée de lui tout entier, et s'adressa à McKinnon comme si sa chute se rapprochait plus du retour du beau temps après un temps particulièrement morne et pluvieux plutôt que ce dont il s'agissait vraiment, à savoir le pesant et lassant constat d'un puissant sort que l'on avait dû vous jeter et de la médiocrité de l'année qui s'annonçait. Tu finis par jeter un coup d’œil à l'Attrapeuse restée gisante au sol, et anticipa les longues minutes à venir en alternant tes regards entre ton meilleur ami, décidément de plus en plus radieux, et Marlene, elle devenant aussi rouge que le pull aux couleurs de sa Maison qu'elle portait. La situation paraissait effectivement, même avec tout l'espoir que tu pouvais avoir, inextricable ; si elle ne s'était pas relevée pour repartir sans demander son reste comme tu aurais espéré le faire, c'était tout bonnement que c'était impossible pour elle.

La réponse de Marlene ne se fit à tes yeux pas assez attendre, et vint quelques secondes plus tard sous la forme de balbutiements arrivant tout de même au même point formel et définitif ; elle était soit trop sonnée pour parvenir à former une phrase intelligible, ce qui était grave compte tenu de sa tête dure, – ou du moins tu en avais l'opinion après avoir pu observer certaines chutes au Quidditch, les Attrapeurs y échappant généralement très peu dûe au manque d'équilibre des balais les plus légers –  soit aussi bouleversée que toi d'être encore confrontée à ce genre d'imprévu alors qu'elle avait sans doute bien mieux à faire, même si là encore tu ne voulais rien en savoir.

Jugeant que toute intervention telle que le rappel des heures d'ouverture de la bibliothèque dans laquelle tu devais te rendre alors que le vert et argent savait pertinemment que tu n'y tenais pas plus que ça, voire que tu serais ravi de te trouver une excuse toute faite pour les garder quelques jours supplémentaires et ne souhaitant vraiment pas lui rappeler un peu plus à ses élans chevaleresques quitte à ce qu'il la porte jusque devant le portrait de la Grosse Dame au plus haut des tours du château, tu te contentas de fixer la couverture des ouvrages que tu tenais entre tes mains et dont la calligraphie du titre retenait désormais toute ton attention, jusqu'à te demander s'il y avait un autre moyen que celui de prendre en compte l'âge de la parution du livre et sa maison d'édition pour déterminer d'une écriture à la main ou d'un sortilège de diction appliqué à plusieurs ouvrages pour l'écrire, et te mis à chercher un trait permettant de te dire qu'une personne avait bel et bien écrit cela. Les évidences ne parvinrent pas, et il te fallut alors chercher avec un peu plus d'attention par conscience scientifique. Tout était de toute façon mieux que de contempler la lamentable problématique face à laquelle vous vous trouviez, et ton sort paraissait apparemment scellé, le vert et argent ayant annoncé avec une allégresse inhabituelle qu'il fallait l'emmener à l'infirmerie, comme si une autre personne ne pouvait pas tomber sur elle et l'aider.
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MessageSujet: Re: How could this happen to me? -Anatoli & Regulus-   Jeu 11 Aoû - 22:52


where do we go from here?




Dire que la situation s'ingénie à prendre des tours inattendus relève de l'euphémisme le plus monumental, et Anatoli en a une conscience douloureuse tandis qu'il évalue la situation, le regard balayant rapidement les alentours à la recherche d'une éventuelle source d'aide – ou peut-être simplement d'une issue praticable. Le couloir, si l'on excepte leur triple – et triste – présence est dans un état de désertion total ; le jeune Russe ne sait s'il doit se réjouir de l'intégrité de sa dignité, laquelle aurait été rudement entachée si quiconque l'avait surpris dans cette position, à soutenir une Gryffondor dans un état alarmant de semi-avachissement et d'aphasie momentanée, ou s'il doit déplorer le caractère manifestement inextricable de la situation ainsi que l'absence totale d'élèves, ou mêmes de professeurs sur le lieu du c – de l'incident. Il n'est, après tout, plus à une explication rocambolesque près, et le sacrifice lui semble acceptable s'il lui assure une résolution rapide et indolore du problème. A dire vrai, prétendre que nul dans ce couloir n'est dans la capacité de lui apporter une aide immédiate est outrageusement faux – définitivement, absolument et indubitablement faux. Et si Regulus ose lui faire l'offense de croire qu'il ne l'a pas vu se retourner, les lèvres pincées et les traits accablés comme s'il se débattait depuis des mois dans les affres du deuil le plus déchirant, Anatoli ne sera plus en mesure de lui offrir de garantie sur le semblant de maîtrise qu'il a réussi à conserver. Parce qu'il l'a vu tourner presque imperceptiblement les épaules, dans l'espoir chimérique qu'il serait le seul au courant de ce mouvement, et jeter un regard fulgurant à la scène, la bouche tordue d'une lassitude démesurée – il l'a vu, et Regulus sait qu'il l'a vu, parce que Regulus le connaît et sait par cœur son goût pour l'observation, la minutie qu'il met dans chacun de ses regards, leur immuable attitude analytique lorsqu'ils se posent sur le monde. Regulus, donc, sait que sa réaction a été observée, cataloguée par Anatoli – sait qu'il s'attend à un second mouvement de sa part, et pourtant, le seul dont il daigne faire l'honneur à son meilleur ami est cet abaissement irritant des épaules ; l'inimitable posture de l'abandon, ainsi que la résignation qui l'accompagne. Les yeux bleus du jeune homme sont tombés sur la couverture usée de l'un des livres qu'il a entre les mains – bien qu'il semble, en l'état actuel des choses, plus s'y cramponner que les tenir réellement – et Anatoli se demande ce que la couverture en question peut bien avoir de si fascinant, qu'elle fixe le regard du Black sur elle si fermement depuis les deux bonnes minutes qu'il le scrute. Le volume sonore du soupir qu'il laisse alors lui échapper est délibérément excessif.
L'état de Marlene ne semble, en outre, pas connaître d'amélioration prodigieuse ; sa tentative avortée de redressement a clairement mis en lumière son incapacité à se tenir debout seule, et, puisqu'elle s'est d'instinct agrippée au bras pas si robuste d'Anatoli, le voilà contraint de jouer les chevaliers servants et de la soutenir jusqu'à l'infirmerie. Le fait que sa proximité semble lui ôter inexplicablement toute capacité à formuler une phrase cohérente ou même intelligible n'aide certainement pas leur affaire, et il s'en inquiète même quelques secondes.

Tu n'es pas tombée sur la tête, au moins ? Il aurait voulu son ton un brin moins las, et teinté d'une inquiétude légèrement plus sincère, mais son état d'esprit est tout autre – la chute a été cocasse, incroyablement cocasse, tout comme l'a été la parfaite symétrie des expressions faciales de ses deux camarades ; mais l'instant est passé, et, surtout, il ne s'attendait certainement pas à des conséquences aussi fâcheuses – pour Marlene autant que pour lui, qui, s'il en est presque toujours témoin, n'est nullement à l'origine de la pléthore d'événements insolites qui ont lieu lorsque les deux joueurs se croisent. Et le voilà désormais, à s'affairer seul, insupportablement seul  aux côtés de Marlene, la laissant exercer une pression croissante sur son bras, à se demander comment l'amener à l'infirmerie – laquelle n'est, fort heureusement, plus si loin – sans que cela implique de la porter et d'ainsi prendre le risque, si quelqu'un d'autre venait à arriver à ce moment précis, de déclencher la valse grinçante des rumeurs et autres gaietés en tout genre. Tu arrives à avancer si tu te cramponnes simplement comme ça, ou tu as besoin d'être portée ? Anatoli n'arrive pas à croire que ces mots sont sortis de sa bouche – la tournure passive qu'il emploie en dit d'ailleurs long sur l'envie qui est la sienne de reproduire le dénouement stéréotypé d'un conte de fées moldu en portant seul la Gryffondor jusqu'à l'infirmerie. Quand bien même, par un hasard bienheureux, nul élève ne s'y trouverait, l'infirmière ne manquerait pas l'occasion d'émettre quelque commentaire, le tout ponctué d'un petit gloussement qui lui donnerait immanquablement l'envie de la gifler une bonne demi-douzaine de fois – et sa patience, ce jour-là, ne lui semble pas assez développée pour lui garantir le self-control nécessaire.
Le second soupir est bien plus violent – bien plus sonore, aussi. Au fond, ce n'est pas tant la situation en elle-même qui le crispe tant – bien que la perspective de porter une Marlene blessée lui semble de moins réjouissante à mesure qu'il y pense – , c'est surtout la subite apathie de son ami alors même que la situation exige d'agir, et de le faire vite ; d'autant qu'il est absolument certain que si le jeune Black se décidait à lui apporter son aide au lieu de se faire interminablement désirer en bon aristocrate, la situation aurait été réglée il y a de cela bien longtemps, et son si noble faciès n'aurait pas eu à porter la marque de l'affliction la plus profonde tout ce temps. Il semble à Anatoli qu'il peut la voir au travers de son crâne, l'expression de Regulus, cet agacement princier, cette immobilité agacée – et dire qu'elle lui chauffe les nerfs semble, là encore, un euphémisme particulièrement fort. En tous les cas, il va vraiment falloir qu'on avance vers l'infirmerie. Ce à quoi, bien sûr, il est strictement impossible de parvenir par la seule contemplation de premières de couvertures, si captivantes soient-elles. Ce à quoi le jeune Russe est parvenu, lui, c'est à juguler l'ouragan qui commençait, en lui, à s'escrimer contre sa gorge, menaçant de s'infiltrer dans sa bouche et de pénétrer les paroles qui en sortiraient – oh, bien sûr, il y a été fortement aidé, et si, à l'instant, un sourire un peu vacillant est farouchement enraciné à ses lèvres, il ne peut guère en donner le crédit qu'à Marlene et à sa chute spectaculaire.

ω




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