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 Pull yourself together (Adonis)

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MessageSujet: Pull yourself together (Adonis)   Ven 15 Avr - 4:14

Accompagnée d’un plop sonore, Augusta apparut dans une ruelle. C’était ça qui était bien avec le transplanage. La seconde d’avant elle s’était trouvée dans l'une des résidences secondaires de ses parents, au Sud de la France. Celle d’après, elle était à Paris. Elle recoiffa ses quelques mèches de travers, puis se mit en marche. Elle n’avait aucune seconde à perdre. Depuis qu’elle avait entendu le scandale qu’avait fait Adonis, soit qu’il avait quitté le domaine familial, elle avait voulu le contacter. Elle lui avait envoyé un tas d’hiboux, tous sans réponses. Il était temps de prendre les choses en main. Elle ne lâcherait pas son ami de sitôt, surtout s’il avait quitté les leurs. S’il pensait qu’elle était du genre à abandonner, il se trompait fortement. Elle avait enfin mis la main sur son adresse la veille par l’entremise du meilleur ami d’Adonis. Celui-ci l’avait averti qu’il n’allait pas très bien, que la mort de sa mère l’avait dévasté. Et bien Augusta le savait, elle n’était pas bête. Bien sûr qu’il n’était pas à son meilleur, il vivait une mauvaise passe et déraillait complètement, voilà tout. Elle saurait lui faire entendre raison, le faire revenir dans la société de sang-pur et lui ferait reprendre sa vie en main. Elle ne comprenait décidément pas ceux qui plaquaient tout du jour au lendemain et encore moins ceux qui avait le privilège d’être sang-pur et ne s’en rendaient même pas compte. Andromeda, Sirius… Du beau gâchis. Elle se promit mentalement que ce ne serait pas le cas d’Adonis. Elle sortit de sa poche le morceau de parchemin où elle avait noté l’adresse, puis inspecta les environs. Il lui manquait environ un coin de rue de marche. C’est avec dégoût qu’elle observa les voitures passer dans les rues. Elle avait d’ailleurs la franche impression qu’une odeur pestilentielle régnait dans l’air. Sans doute la faute aux moldus. Elle continua sa route, répugnée par tout ce qu’elle observait. Adonis n’avait même pas été fichu de se trouver un coin sorcier… Bon, il ne fallait pas se décourager. Peut-être habitait-il un endroit comme les Black. Un endroit en plein milieu moldu, mais magique comme pas possible. Elle s’arrêta enfin devant un appartement miteux. Elle ressortit le morceau de parchemin de sa poche, le vérifia, regarda l’adresse, puis le vérifia à nouveau. Si le meilleur ami d’Adonis ne lui avait pas fait une mauvaise blague, c’était bien ici. Elle fronça du nez avant de s’avancer d’un pas déterminé vers la porte. Elle entra, puis se rendit au numéro d’appartement indiqué. Elle cogna d'abord trois coups à sa porte. Sans réponse. Elle attendit encore un peu, ne voulant pas être impolie, mais fini par s'impatienter et frappa trois autres coups plus insistants. Toujours aucune réponse. Elle tenta donc d'ouvrir la porte avec un simple alohomora. Ce fut avec surprise qu'elle constata que ça avait marché. Elle avait cru qu'étant sorcier, Adonis aurait mieux protégé son appartement. Elle passa donc l'entrebâillement de la porte.

« Par merlin... » Souffla-t-elle. Changement de programme, ça n’avait rien à voir avec chez les Black. Son côté à l'éducation irréprochable se reflétait même dans ses façons de s'exprimer. Au lieu d'utiliser de vrais jurons, elle jurait comme une gamine de 10 ans, si on pouvait appeler ça jurer. Ça ne démontrait donc pas très bien l'ampleur de son horreur et de son dégoût, si ce n’était pas du ton dont elle l’avait dit. Elle avait pensé que dehors ça puait, ce n’était rien en comparaison avec l’intérieur. Des bouteilles et des canettes d'alcool longeaient le sol ainsi que des mégots de cigarettes. Des papiers traînaient un peu partout, notamment une pile de lettre à côté de la fenêtre. Voilà où sont allées toutes mes lettres, pensa-t-elle amèrement. Des restes de nourritures se trouvaient un peu partout dans des boîtes de carton graisseuses. Augusta, maniaque de propreté, se sentit quelques secondes anxieuse face à tout ce désordre. Elle qui pétait un câble pour une serviette de bain mouillée oubliée par terre ou un t-shirt en plein milieu du dortoir, se recroquevilla contre la porte. Elle se reprit par contre rapidement en main, secouant la tête, se disant qu'elle ne devait pas se laisser abattre de sitôt. Elle était plus forte que ça, elle était meilleure que ça. Avant de s'avancer, elle lança un sortilège de nettoyage. Aussitôt, les bouteilles s'empilèrent dans la poubelle ainsi que les mégots et les boites de nourritures vides. Il en avait tellement que c'était loin d'être parfait, mais c'était déjà ça. Elle s'approcha avec attention de la fenêtre pour ne pas salir ses chaussures à talon et l'ouvrit. Aérer l’appartement ferait du bien.

« Ado ? » Lança Augusta. Aucune réponse. Elle se demanda si elle ne s’était pas trompée d’appartement. Elle fit quelques pas avant de trouver une porte légèrement entrebâillée. Elle l’ouvrit pour trouver un spectacle encore plus désolant. Le français était toujours en habit de jour, ayant mauvaise mine et couché un peu n’importe comment dans son lit. Les bouteilles et les mégots servaient presque de tapis à la pièce. Augusta, prosternée, avait le regard qui se faisait de plus en plus écœuré. S’en était répugnant. Elle peinait à croire que son ami à l’apparence habituellement si soignée était le jeune homme couché sur le lit avec une barbe de plusieurs jours. Il déraillait, c’était clair comme de l’eau de roche. Il avait pris la décision de quitter les sang-purs par folie et reviendrait bien vite sur ses pas. Elle le secoua en murmurant son nom. Toujours sans réponse. Elle le secoua un peu plus fort. Aucune réaction. Elle le voyait respirer alors il n’était pas mort, c’était déjà ça. Elle éprouva soudainement de la pitié pour son vieil ami. Oui, oui, de la pitié. Or, la Serpentarde n’était pas là pour offrir ni son empathie, ni sa compassion. Elle était là pour le secouer et le faire reprendre le bon chemin. C’est pourquoi sans aucune hésitation et sans remords, elle lui lança un levicorpus avant de rapidement lui lancer le contre-sort. C’était un impact assez grand pour le réveiller, un impact pour lequel il la remercierait plus tard lorsqu’elle aurait réussi à le sortir de sa pseudo-crise "Je suis déprimé et je fous ma vie en l’air".

« Tu penses te lever un jour ? » Dit-elle d’un ton franc, dur et sec, sans aucune délicatesse. Elle inspecta alors davantage la pièce des yeux d'un air critique. « Ça pue le poisson pourri ici. » À croire qu'elle ne venait pas de le réveiller brusquement et qu'elle parlait du beau temps. Elle qui pouvait se montrer très douce et mielleuse n’hésitait pas non plus à se montrer plus imposante, féroce presque. Elle n’était pas la reine des Vipères pour rien.

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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Sam 23 Avr - 22:32



   
Pull yourself together
Augusta & Adonis
C'était toujours le même rêve : un enfant qui courrait pour se jeter dans les bras de sa mère, et celle-ci, inlassablement, disparaissait au moment où il croyait enfin pouvoir la toucher. La femme et l'enfant n'étaient pas distinguables, mais Adonis avait fait ce rêve trop de fois pour ne pas comprendre qui ils étaient – ça n'était pas bien compliqué de le deviner. La première fois qu'il l'avait fait, il s'était réveillé en larmes. Maintenant, toute la tristesse avait laissé place à de la frustration : il n'en pouvait plus que ses rêves lui rappellent sans arrêt le cauchemar qu'était devenue sa vie. Il avait fini par trouver une solution pour ne plus faire ce rêve atroce, pour ne plus revivre, encore une fois, l'horrible sensation de voir sa mère disparaître sous ses yeux : il ne fumait plus que le jour, pour que la drogue ne fasse plus délirer son cerveau pendant la nuit, et le soir il se contentait alors de boire, pour avoir le sommeil le plus lourd possible au moment de s'endormir. Ça avait fonctionné pendant un temps : il laissait les joints de côté quand la nuit commençait à tomber, et se contentait de ses bières et de ses cigarettes pour se changer les idées. Il avait plus de mal à lire – ou plutôt à comprendre ce qu'il lisait, mais au moins, le rêve disparaissait. Et puis il pouvait lire le jour ; ce n'était pas comme si il avait grand-chose d'autre à faire, ce n'était pas comme si il s'était trouvé d'autres occupations. Il avait abandonné l'idée de répondre aux dizaines de lettres qu'on lui avait envoyé, ou même ne serait-ce que d'ouvrir les enveloppes. Il avait perdu sa baguette sous le monceau de choses étalées dans son minuscule appartement parisien, il ne pouvait donc pas pratiquer sa magie. Il n'avait pas encore constitué son dossier pour rentrer comme étudiant à Sainte-Mangouste, il n'avait donc pas non plus besoin d'étudier. Il se contentait de dormir, de lire, et de temps en temps, il descendait pour se balader un peu dans son quartier, acheter des livres, et faire quelques provisions. Il avait passé l'été à dévorer toutes les Scènes de la vie privée de la Comédie humaine de Balzac, et il venait d'attaquer les Rougons-Macquart de Zola ; les seules fois où il sortait sa plume étaient pour tracer sur des parchemins d'immenses arbres généalogiques de sorte à ne pas oublier quels liens unissait les membres de ces familles qu'il tentait de croire encore plus folles que la sienne. Il punaisait les parchemins au-dessus de son lit, ce qui donnait un drôle d'air à la pièce, comme si elle était devenue un centre de recherche sur deux des plus grandes œuvres romanesque du XIXème siècle français.

Depuis quelques nuits néanmoins, malgré toutes les précautions qu'il prenait, le rêve revenait. C'était comme si il voulait lui dire quelque chose, comme s'il y avait un détail qu'il n'avait pas compris, alors, le petit garçon continuait d'insister et continuait de courir dans les bras de cette femme. Adonis en était persuadé : c'était lui, qui courrait dans les bras de sa mère. Qu'y avait-il de plus à comprendre ? Pourtant, quelque chose clochait, quelque chose ne collait pas. C'était comme avec ces familles créées par Zola : parfois, il ne comprenait pas le lien que deux membres entretenaient, et il lui fallait lire un bouquin de plus pour enfin pouvoir tracer le trait entre eux. Alors il faisait le tour des librairies moldues de son quartier jusqu'à trouver l'élément qui lui manquait. Dans le cas de son rêve, il avait l'impression d'avoir la solution au mystère sur le bout de la langue, et il attendait qu'enfin, ça vienne, qu'il comprenne, et qu'enfin, ce petit garçon et cette femme disparaissent.
Il s'était endormi avec une cigarette entre les doigts ; ses draps étaient troués un peu partout à cause de cela, parce qu'il repoussait éternellement l'heure de plonger dans le sommeil, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus y résister, souvent quand l'aube approchait. Il n'avait pas voulu s'endormir, mais c'était comme si son corps, d'ordinaire prône à l'insomnie, avait tout fait pour qu'il ne puisse même pas tenter de lutter. Il avait été plongé dans un sommeil profond, coloré, et avide d'images. Le petit garçon avait finit par réapparaître, et Adonis avait fait plus attention à la scène qu'il avait sous les yeux. Il se voyait de l'extérieur, mais parfois, le point de vue changeait ; parfois, il était ce petit blond aux yeux miels qui courrait, les bras tendus en avant. La femme face à lui était jeune, comme l'était sa mère quand il avait cet âge là. Elle portait une robe de sorcier qui trahissait sa noblesse, et son port altier ne permettait d'en douter : c'était une sang-pure. Tout le poussait à croire que c'était sa mère, et pourtant, il sentait que c'était là-dessus qu'il devait s'interroger. Il tenta de voir un peu plus cette femme – qui était après-tout créée par son imagination. Il ne voyait pas toujours son visage, et s'il le voyait, il était indescriptible. Mais Adonis se força à voir cette femme, à essayer de la distinguer. Il sentait qu'il allait se réveiller, mais il ne le voulait pas : il voulait comprendre ce rêve une bonne fois pour toute, de sorte à ne plus jamais avoir à le refaire. La femme était grande, fine, noble, riche, et blonde. Louise Leroy était grande, fine, noble, riche, et brune.

Le réveil fut plus rude que d'ordinaire, mais il avait finit par s'y habituer : c'était toujours le cas, quand il sortait de ce rêve. Pourtant, quand il se sentit retomber sur son matelas depuis une certaine hauteur, il se demanda si quelque chose ne différait pas réellement de l'ordinaire. Était-ce possible que ce rêve ait déclenché la magie enfouie en lui et trop peu utilisée ces derniers temps pour l'avoir fait voler quelques instants ? Il était bien loin en tout cas de s'imaginer ce qui l'attendrait quand il ouvrirait définitivement les yeux.
D'abord, il vit, derrière son rideau de cheveux sales retombés devant son visage à cause de la chute, une paire de jambes, qu'il identifia comme féminines. Que foutaient des jambes de nana dans sa chambre ? Il se redressa, alors qu'il se demandait s'il devait se sentir un peu gêné de se présenter uniquement en pantalon de survêtement devant une femme. Puis, il se rappela que ce n'était pas de sa faute si cette femme était rentrée sans sa permission dans son appartement. Il devait puer, c'était quasiment certain, et sa barbe devait au moins atteindre le centimètre de longueur. Pourquoi se préoccupait-il de ça alors qu'il ne savait même pas qui était cette personne ? C'était une sorcière, c'était certain, sa porte était fermée par un sortilège qu'un moldu ne pouvait ouvrir. Qui, alors ? Cassandre ? Sasha ? Son coeur s'accéléra un instant quand il songea à la possibilité que ce soit les jambes de Georgia, et qu'il ne les aie pas reconnues. C'est sûrement ce qui le fit à moitié sursauter, ce qui le poussa à se redresser, et surtout, à hausser le regard.

 « Greengrass. »

Un air presque déçu était ressorti de cette apostrophe qu'il avait voulue étonnée. Augusta Greengrass ne sembla néanmoins pas trop s'en préoccuper puisqu'elle lui demanda s'il comptait se lever, précisant combien l'odeur de la pièce était désagréable. Il cligna plusieurs fois des paupières, certainement désireux de vérifier s'il n'était pas en train d'halluciner. Apparemment pas, puisque la sang-pure se tenait toujours face à lui, et elle continuait d'afficher un air mi-énervé mi-dégoûté sur le visage. Il fallait l'avouer, son studio n'était pas dans un très bon état, et en effet, ça ne devait pas sentir la rose. Avant de répondre quoi que ce soit à la jeune femme, il se redressa pour ouvrir la fenêtre au-dessus de lui, qui menait sur le toit de l'immeuble – un des seuls avantages de vivre sous les toits. Au moins, ça serait un peu aéré. Il chercha des yeux sa baguette, de sorte à pouvoir effacer d'un coup tous les mégots qui jonchaient le sol de sa chambre, mais elle se révéla impossible à débusquer. A vrai dire, il ne la chercha pas vraiment, trop occupé à grommeler dans sa barbe : pourquoi était-elle là ? Que lui voulait-elle ? Ce n'était pas comme si elle l'avait prévenu, ça aurait été le cas, il aurait certainement rangé, au moins un peu, et il se serait lavé. Et puis, quelle était cette douleur qui lui martelait le crâne ? L’arête est la vengeance du poisson et la gueule de bois, la colère des raisins. Alors qu'il se retournait pour se diriger vers son placard, il lâcha :

 « Qu'est-ce que tu fous là, Greengrass ? »

Il ne l'avait pas regardée dans les yeux depuis qu'il l'avait reconnue. Il attrapa dans ses étagères un t-shirt gris qu'il estima comme propre, quoi qu'un peu froissé, qu'il enfila rapidement. On crevait de chaud, il devait être midi passé et dans la capitale française au mois d'Août, ce qui voulait dire au moins 27° dehors, et sous les toits, au moins 30. L'humidité était écrasante, aussi ; il allait pleuvoir. Le jeune homme soupira, tandis qu'il fit enfin porter son regard sur celle qui pendant de longues années avait été son amie.

 « Si tu veux des excuses, je suis désolé de ne pas avoir répondu à tes lettres, Augusta. Je le ferai, à l'avenir. Tu peux partir, maintenant. J'ai des … des choses à faire. »

Ce n'était pas exactement faux. Au Bonheur des Dames l'attendait, et il s'était promis qu'il irait faire des courses, pour remplir le réfrigérateur qu'il avait acheté quand il avait emménagé et qu'il n'avait pas encore utilisé. Un vrai moldu, ou en tout cas, il essayait. Augusta avait dû s'en rendre compte : en bonne sang-pure, elle avait dû remarquer qu'à part ce sortilège qui bloquait la porte d'entrée, tout dans cet appartement était moldu, Adonis y compris. Il devait vraiment retrouver sa baguette.
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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Lun 4 Juil - 0:12

Déroutant. Décevant. Désespérant. Ses trois mots tournaient en boucle dans la tête de la blonde. En ne recevant aucune réponse à ses lettres, Augusta s'était attendue à tout. Sauf à ça. En arrivant devant la porte d'entrée elle avait espéré une mauvaise blague. Or, l'état du français était pire que ce qu'elle ne craignait. Son apparence physique donnait l'impression qu'il ne connaissait pas les bains. Son appartement empestait. Et puis tout y était tellement... Moldu. S'en était dégoutant. Sans parler du désordre qui y régnait. C'était sans doute le pire qu'elle n'avait jamais vu. Honnêtement, s'il y avait quelque chose qui faisait paniquer Augusta, c'était le désordre. Savoir c'est se souvenir et elle savait très bien que c'était à cause de l'éducation reçue durant son enfance. Elle ne supportait pas voir les choses lorsqu'elles n'étaient pas à leur place, mais elle était excellente comédienne et ne laissait pas paraître le malaise qui l'habitait. Jamais. Peu importe ce qui arrivait, ne jamais montrer ses faiblesses. Apparemment on ne l'avait jamais dit à Adonis. À moins que ce ne soit pour cela qu'il les avait tous évité depuis le début de l'été. Quoiqu'il en soit, il ne semblait pas ravi de la voir. Il semblait plutôt déçu. Augusta s'en fichait. Il s'attendait à une autre peut-être ? Et bien ça lui importait peu. Elle était là et n'était pas prête à partir. Lui par contre, semblait se demander s'il n'était pas encore au pays des limbes. Il serait bien déçu lorsqu'il réaliserait qu'elle était bien en chair et en os. Augusta laissa s'échapper un soupir de soulagement lorsqu’il se leva pour ouvrir la fenêtre. Peut-être la puanteur se dissiperait-elle et avec un peu de chance, l’air rafraîchirait l'appartement. Il faisait chaud et humide, sans parler des déchets un peu partout qui semblaient étouffer la pièce. Ne tenant plus, elle sortit sa baguette et envoya valser les mégots et bouteilles au poubelle alors que le français se dirigeait vers son placard pour attraper un t-shirt. Il lui demanda d'un ton qu'elle jugea sec ce qu'elle faisait là. Elle-même se demandait si elle ne s’était pas trompée en venant, mais elle se ressaisit. Il avait besoin d’elle, ça crevait les yeux. Quelqu’un devait le secouer, le remettre sur le droit chemin. Elle lui répondit d’une voix railleuse :

« Je viens faire ton ménage, tu ne vois pas ? »

Le français s’excusa ensuite de ne pas avoir répondu à ses lettres, assurant qu’il le ferait désormais. Augusta n’était pas dupe et ses excuses semblaient bien fausses à ses oreilles. Seulement un moyen de se séparer d’elle. De la faire partir. Sauf qu’Augusta ne voulait pas de lettres d’un garçon qui quittait les leurs. D’accord, sa mère était morte, mais il n’avait pas à disparaitre pour autant, à vivre tel un ermite. Une mer calme n'a jamais fait un bon marin et Adonis devait l’apprendre. Il prétendait qu’il avait des choses à faire et qu’elle pouvait donc s’en aller. Elle rétorqua du tac au tac, tout en s’assoyant sur son lit qui était maintenant propre :

« Des choses à faire ? Comme quoi ? »
Dit-elle en s’esclaffant moqueusement. « J’imagine que tu as un planning très chargé. Fumer des cigarettes, te morfondre sur ton sort… Ça semble vraiment très intéressant. »

En fait non, pas du tout et ça s’entendait au son de sa voix. Augusta était dépassée par ce qu’était devenu son ami et craignait ce qu’il pouvait devenir. La nouvelle vie qu’il avait, complètement coupé du monde sorcier et au style des moldus, la révoltait totalement. Elle avait du respect pour Adonis, ou du moins ce qu’il était avant, mais ce respect se faisait de plus en plus minime. À vrai dire, elle se sentait trahie. Elle ne reconnaissait plus le garçon avec qui elle avait passé ses étés autrefois. Il avait partagé ses idéaux et maintenant lui tournait le dos. Ces idiots de Poufouffles n’étaient-ils pas censés être loyaux ?

« Plus sérieusement Ado… Qu’est-ce que tu fous ? Tu n’as pas un peu honte de toi là ? De comment tu vis ? »
Parce qu’elle si. Elle avait honte pour lui. Et aurait honte qu’on la voie dans cet appartement en sa compagnie dans l’état où il était. Puis poser des questions pièges qui visaient la personne à se sentir coupable, c’était la base de la manipulation. « Je ne te reconnais plus… » Chuchota-t-elle, d’un air blessé. Parce que oui, avoir l’air blessé des actions de son interlocuteur était une autre des bases de la manipulation. Quoique dans ce cas-ci, il y avait une part de vérité, même si évidement elle était exagérée.

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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Lun 8 Aoû - 1:45



   
Pull yourself together
Augusta & Adonis
Elle était venue percer sa petite bulle à coup de talons aiguilles et de sortilèges de rangement. Tout le bruit qu’Augusta produisait en nettoyant son appartement lui donnait mal au crâne, et Adonis ne savait pas vraiment si c’était parce qu’il n’était plus habitué au bruit tant il restait enfermé dans ce minuscule studio, ou si c’était parce qu’il avait la gueule de bois. Il grogna et soupira alors qu’il la regardait s’activer, appuyé contre une des poutres, la tête penchée tant le toit était bas. Ça faisait un petit moment qu’il n’avait pas vu de magie, si bien qu’il laissa ses iris se perdre quelques instants dans l’admiration des arabesques colorées que produisait la baguette de la jeune fille. Evidemment, il ne songea pas une seconde à l’aider. A vrai dire, Adonis n’avait jamais rien rangé de sa vie. Chez lui, petit, il avait eu ses nurses et domestiques pour ramasser derrière lui et maintenir l’ordre dans ses appartements. A Beauxbâtons comme à Poudlard, c’étaient des Elfes qui faisaient le sale boulot. Même s’il avait essayé de ranger son studio, il n’y serait pas parvenu, que ce soit à la moldue ou à la sorcière. Il ne connaissait aucun sortilège de ménage alors que Augusta semblait tous les savoir par cœur, et il n’avait jamais vu ne serait-ce qu’une éponge dans sa vie. Alors justement qu’elle plaisantait sur ce sujet – avec un grand air sarcastique qu’Adonis n’aurait même pas pu faire semblant de ne pas avoir compris – il fit l’effort de chercher des yeux sa baguette. En fait, c’était surtout pour ne pas qu’Augusta réalise qu’il l’avait perdue et ne continue de le sermonner, mais il finit par se dire que perdue pour perdue, il ferait mieux de tenter de prendre l’avantage de la situation. Il grommela alors :

« Si, au passage, tu trouves ma baguette… ça fait un moment que je ne l’ai pas vue … »

Adonis s’imaginait déjà la tête offusquée que lui servirait la sang-pure, il lui tourna donc le dos et fit semblant de l’aider en constituant une pile des livres qui étaient étalés autour de son lit, s’attardant trop sur les petits détails de cette tâche pour qu’elle soit véritablement efficace. Il s’appliqua en effet à les dépoussiérer un à un et à les mettre les uns sur les autres précisément dans leur ordre de publication, ce qui lui prenait un temps fou, le tout assis sur son lit parce qu’il ne fallait tout de même pas trop lui en demander. Il lui demanda de partir, mais sa réponse rapidement rétorquée lui fit clairement comprendre qu’il n’en avait pas fini avec la Greengrass. Alors qu’elle jouait à nouveau de son sarcasme, il fixait ses bouquins, et mimiquait comme un enfant qu’on gronderait l’expression qui s’affichait, il en était sûr, sur le visage de la jeune femme. Ce n’est que quand elle s’adressa avec un peu plus de sérieux à lui qu’il daigna relever le regard pour le poser dans le sien. Elle avait l’air en colère, et en réalité, ça ne lui plaisait pas de la voir comme ça, précisément parce que c’était lui qui causait cette colère. Très clairement, la jeune femme lui faisait part de sa déception, et Adonis encaissa, serrant la mâchoire encore un peu plus. Elle alla même jusqu’à utiliser le mot de honte, qu’il avait pour la dernière fois entendu de la bouche de son très cher patriarche, ce qui lui donna l’impression de se recevoir une nouvelle claque.

« Vas-y, Augusta, toi et tes grands airs pouvez vous rajouter à la liste des personnes que je déçois, de toute façon je crois que j’ai déjà atteint le fond, ça ne changera pas grand-chose. »

Plus vraiment décidé à faire semblant, il lâcha Zola et récupéra son paquet de cigarettes là où Augusta l’avait posé, après l’avoir cherché des yeux pendant quelques secondes, grommelant dans sa barbe. Pour éviter les remarques désagréables, et pour ne pas être trop proche de la jeune fille, il s’assit sur le minuscule balcon qui n’avait pas encore trop chauffé puisqu’Augusta avait eu la merveilleuse idée de débarquer dans sa chambre à une heure beaucoup trop matinale pour lui, et c’est là qu’il choisit d’allumer sa cigarette, usant du briquet rangé dans le paquet. Il avait deux choix qui s’offraient à lui, plus ou moins. Le premier consistait à faire le mort, ne pas plus provoquer la jeune femme et la laisser se lasser et s’en aller. Il ne pouvait, néanmoins, se résoudre à choisir cette solution qui était celle de la facilité, car il souhaitait plaider sa cause, au moins un peu, auprès de celle qu’il avait un jour pu considérer comme son amie. Si elle l’était, véritablement, elle serait capable d’entendre ce qu’il aurait à lui dire, sans tourner les yeux, sans démentir, sans chercher d’excuses. Elle serait capable d’entendre ce qu’il considérait être comme la vérité, ce qui était selon lui la justification de son état actuel. Apparemment, pour Augusta, le fait qu’il ait perdu sa mère n’était pas suffisant ; elle voulait plus ? Elle voulait le réapprendre à le connaître ? Elle allait être servie. La pauvre était tombée sur un Adonis qui n’avait parlé à personne depuis presque deux mois et Merlin savait que même en temps normal, il était bavard. Il tira rageusement sur sa cigarette avant de commencer :

« Tu as déjà entendu l’histoire, de bout en bout, Augusta ? Celle qui raconte comment j’ai atterrit ici, à me faire sermonner par une nana qui prétend être mon amie alors qu’elle est incapable de faire preuve d’un tout petit peu de compassion ? Elle commence par Adonis Leroy qui drague la copine de Rabastan Lestrange, et elle se termine par Louise Leroy succombant à de longs mois de souffrance après avoir été empoisonnée. Tu fais le lien, ou tu veux que je le dessine à ta place ? Et est-ce que tu veux que je te raconte ce qu’il s’est passé après la mort de ma mère, Augusta ? Est-ce que tu veux que je te dise pourquoi j’ai décidé de faire une croix sur ces idéaux que tu clames tant, ou est-ce que tu vas te contenter de me sermonner un peu plus, après que je t’ai tout dit ? Parce que si tu fais ça, baguette ou pas, je te jetterai dehors. Tu es libre de partir tout de suite, aussi. J’ai une nuit à terminer. »
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« Moi je t'offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas. Je creuserai la terre jusqu'après ma mort pour couvrir ton corps d'or et de lumière. Je ferai un domaine où l'amour sera roi, où l'amour sera loi, où tu seras reine. Ne me quitte pas » Jacques Brel
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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Mer 17 Aoû - 2:26

#Fashionista

Augusta se figea totalement lorsque Adonis avoua qu’il ne savait plus où était sa baguette. Elle lui offrit une expression de dégoût total, malgré son dos tourné. Comment osait-il vivre tel un moldu alors que la vie lui avait offert une supériorité apparente ? Elle ne comprenait pas. Non, elle ne comprenait définitivement pas ceux qui tournaient le dos aux leurs. Les gens vivant à long terme comme Adonis ne devraient pas mériter le nom de sorcier, mais plutôt de traître. Sauf que cela semblait un peu fort pour son cas. Pour le moment du moins. Elle espérait que ça ne se produise pas pour lui. Elle se chargerait de le remettre sur la bonne voie avant que de telles erreurs ne se reproduisent. Non mais, perdre sa baguette… Augusta ne s’en remettait définitivement pas et se sentait profondément offusqué.  

« Si tu veux mon avis, tu ne la mérites même pas avec l’état dans lequel tu vis. »

Dit-elle d’un ton réprobateur, lui rappelant pour la énième fois son mécontentement. Augusta ne prenait pas de pinces avec lui. Oh bien sûr, elle savait définitivement se montrer plus douce, mais pas aujourd’hui. Son ami s’était déjà assez morfondu sur son sort et il n’avait pas besoin d’une épaule sur laquelle pleurer, mais bien d’un grand seau d’eau froide sur la tête. Elle continua à mettre un peu d’ordre dans l’appartement alors qu’Adonis faisait semblant d’aider en rangeant ses livres. Elle eut au moins le plaisir de voir que ses paroles ne tombaient pas dans l’oreille d’un sourd. Le français en effet ne semblait pas indifférent à ce qu’elle disait. Il rétorqua même assez en colère qu’il avait déjà atteint le fond, donc que la décevoir ne changerait pas grand-chose. Il était vrai qu’en ce moment, Adonis en décevait énormément. Les familles de sang-purs chuchotaient sur le fils Leroy qui apparemment avait tourné le dos à son père depuis la mort de Louise. Les rumeurs allaient de bon train et n’étaient certainement pas à son avantage. Certes, ça ne changerait pas grand-chose qu’elle soit déçue elle aussi. Ce qui lui déplu néanmoins fut qu’il avoua avoir touché le fond. C’était vrai, mais s’il le savait pourquoi ne faisait-il rien pour s’en sortir ? La Vipère se contenta d’observer le jeune homme chercher son paquet de cigarette du regard avant de s’installer sur le balcon pour fumer. Pour sa part, elle s’accota contre le bord de la fenêtre, le regardant faire, tout simplement. Elle croisa les bras tout en sentant une brise d’air qui la rafraîchit un tant soit peu. L’odeur âcre caractéristique de la cigarette vint à ses narines alors que ses yeux observaient les volutes de fumée s’envoler dans les airs. La seule chose qui retenait Augusta était de savoir qu’elle pourrait peut-être le ramener du bon côté. Elle n’aimait pas voir des sang-purs déraper et gâcher ainsi leurs potentiels. Le silence ne dura pas longtemps, Adonis se mettant à réciter une tirade qu’il semblait avoir voulu lui balancer depuis un bon moment. Elle ne démentait pas le fait qu’elle ne faisait pas preuve de compassion, il était toutefois vrai qu’elle ne connaissait pas tellement son histoire. Elle fronça les sourcils en apprenant que Louise Leroy avait été empoisonnée par nul autre que Rabastan Lestrange. Elle avait entendu quelques bribes de rumeurs, mais pour être franche elle n’y avait pas réellement fait attention. Le bruit ne s’était pas assez répandu et puis elle avait elle-même parti beaucoup trop de rumeurs pour croire à tout ce qui se disait dans le château. Elle était donc sceptique quant aux histoires qu’elle n’entendait pas de la bouche des personnes concernées. Elle ne cacha alors pas sa surprise en entendait Adonis le lui confirmer. Il continua, en lui faisant clairement comprendre que si elle le sermonnait après avoir entendu l’histoire au complet, il la mettrait dehors. Selon Augusta, peu importe la motivation, tourner le dos aux idéaux de sang-pur était inacceptable. Elle n’osa toutefois pas le lui dire, ne voulant pas encore partir. Si elle partait, ce serait quand elle réaliserait qu’Adonis était réellement un cas perdu. Or, elle avait encore un fond d’espoir, infime, mais qui la forçait tout de même à rester.

« Raconte-moi alors. Raconte-moi pourquoi tu traînais avec nous tous pour ensuite nous laisser tomber. Pourquoi tu as tant changé, pourquoi tu ne suis plus les valeurs dans lesquelles ta mère t’as éduqué, les valeurs en lesquelles elle croyait tout autant que moi. Parce que sincèrement, je ne comprends pas ce qui te pousses à laisser tomber tout ça. Alors vas-y. » Dit-elle en resserrant ses bras croisés au tour d'elle un peu plus.
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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Dim 4 Sep - 1:19



   
Pull yourself together
Augusta & Adonis
Adonis tirait sur sa cigarette avec avidité, sentant le regard d’Augusta peser sur lui, alors qu’elle se tenait près du rebord de la fenêtre sur laquelle il était installé. Elle lui avait très clairement fait entendre qu’elle était mécontente de son comportement. Le coup de grâce, pour elle, avait été la baguette. Il avait pu lire, sur son visage, tout le dégoût et l’horreur qu’elle éprouvait face au fait que son ami avait perdu l’artefact qui le liait directement avec le fait d’être un sorcier. Adonis était néanmoins certain que beaucoup de cette expression faciale était exagérée, on peut même dire orchestrée, répétée devant un miroir une bonne cinquantaine de fois. Un bon sang-pur devait savoir feindre le dégoût le plus extrême quand en réalité il n’en avait juste pas grand-chose à faire. Peut-être qu’Augusta se préoccupait du sort d’Adonis, il n’en aurait pas été très étonné en tout cas. Mais de là à lui servir cet air à la fois méprisant et écœuré… il en riait presque.
Mais elle était prête à l’écouter, de ce qu’elle en disait, au moins. Adonis s’était laissé aller au véritable étonnement, en l’entendant acquiescer à sa proposition. Il l’avait imaginée vouloir passer au-dessus de ce qu’il avait à dire, injustement, et lui tourner le dos et les talons aiguilles pour prendre la porte et en faire du petit bois. Elle voulait qu’il lui raconte. Alors évidemment, elle avait sous-entendu mille et un reproches, mais ce n’était pas ce qui importait à Adonis. Il lisait là un signe d’amitié qu’il n’avait pas vu en la jeune fille depuis un moment. Il faut savoir les lire, là aussi, chez les sangs-purs, ces signes ; pas d’effervescence, pas trop de franchise, et surtout, aucune once de gentillesse. Non, juste un brin d’intérêt caché sous une tonne de reproches. Augusta savait très bien jouer à ce jeu-là, mais heureusement, Adonis avait été élevé à la même école. Quelque part, il la comprenait. Peut-être que si la situation été inversée, il réagirait de la même manière. Mais il ne parvenait à s’imaginer la situation inverse. Il ne voulait pas être trop injuste avec elle ; il voulait lui laisser une chance.

« Si tu pouvais éviter sous-entendre quoi que ce soit concernant ma mère et moi  ça serait un bon commencement, Augusta, parce qu’aux dernières nouvelles tu n’étais pas là quand mes parents se sont appliqués à mon éducation. »

Quoi ? Il fallait bien lui répondre avec au moins autant de sécheresse, sinon ça ne marcherait pas, sinon Augusta resterait campée dans sa position de « j’ai toujours raison de toute façon », et ça ne servirait à rien qu’il dise quoi que ce soit. Non, elle devait parvenir à se mettre à sa place, et pour cela, elle devait arrêter de croire que sa mère lui avait inculqué quoi que ce soit. Sa mère avait passé la plus grande partie de l’enfance d’Adonis enfermée dans sa chambre, sous ses draps, les volets fermés, hurlant sur toute personne qui osait rentrer dans ses quartiers, fils y compris. Ce n’est pas exactement comme ça qu’on élève un enfant à devenir le parfait petit sang-pur. Evidemment, il n’allait pas raconter tout cela à Augusta puisqu’il ne parlait de sa mère en ces termes-là qu’aux personnes qui lui étaient le plus proches, et Augusta ne faisait pas partie de ce décompte-là, au combien elle osait jurer qu’elle était son amie.
Il laissa s’échapper une large volute de fumée avant de poursuivre.

« Les valeurs dont tu parles m’ont été inculquées par mon père, et je ne les aies jamais questionnées, parce que je n’avais pas de raison de le faire. A Beauxbâtons, la couleur du sang importe, mais pas comme en Angleterre. Chez vous, c’est un culte. Chez nous, c’est plus … Une caractéristique qui nous rend, certes, supérieurs. »

D’une façon assez ostentatoire, presque pour provoquer Augusta, certain qu’elle le verrait, Adonis avait levé les yeux au ciel alors qu’il prononçait ces paroles. Evidemment, plus les semaines avaient passé plus il remettait en doute cette prétendue supériorité qu’on leur attribuait. Mais là n’était pas véritablement le débat.  

« Je suis arrivé à Poudlard sans véritablement connaître tous ses codes. En même temps, qui aurait pu me prévenir que si j’osais aller draguer la nana d’un mec que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, ce gars-là allait aller buter ma mère ? Et tu sais ce qu’il s’est passé, après ça, Augusta ? Rabastan s’en est vanté. Il a dit à tout le monde qu’il avait empoisonné ma mère. Et même après ça ? Et bien personne n’en avait rien à foutre. Parce que c’est un sang-pur, et même si je le suis aussi, j’ai osé flirter avec sa gonzesse, alors il avait une bonne raison ? Tu trouves ça normal ? Dans quel monde on vit, Augusta ? »

Adonis se tut un instant, alors qu’il tirait une dernière longue latte sur sa cigarette qu’il avait, semblait-il, finie trop rapidement. Si Augusta y prêtait attention, elle verrait que les mains d’Adonis tremblaient alors qu’il lui racontait cette histoire. Evidemment, il lui en voulait énormément. Elle n’avait pas paru si étonnée, un peu plus tôt, quand il avait commencé à évoquer Rabastan. Elle savait. Et comme tous les autres, elle avait laissé couler, elle avait prétendu que c’était une situation normale que son ami avait vécu un an auparavant.

« Je suis tout aussi coupable que tout le monde. J’ai laissé faire. Rabastan a empoisonné ma mère, et je lui ai cherché des excuses. Je ne l’ai pas dénoncé. Je n’ai rien fait. Il est en prison aujourd’hui, et si je m’en réjouis fortement, je m’en veux de savoir que c’est pour une autre crime, qu’il est là-bas. Il aura fallu attendre son troisième meurtre pour que la justice s’en mêle. »

Meurtre. Il était important qu’Augusta entende ce mot, car c’était de cela dont il était question. Rabastan était un meurtrier, et elle l’avait couvert. Comme ça, sans impunité.

« Et tu veux savoir le plus ironique, Augusta ? Rabastan tue une sang-pure, tout le monde s’en fout. Il tue deux moldus, le monde sorcier s’agite. Moi qui croyait que c’étaient les vies sorcières qui était les plus précieuses… Que des conneries ; dans la mort, on est tous les mêmes. »

Adonis fixait le balcon d’en face, bien décidé à ne pas croiser le regard de la jeune fille. Il avait réussi à calmer les tremblements dans ses mains, mais maintenant, c’était sa gorge qui se serrait. Il n’avait pas prévu de parler de ça aujourd’hui, et ne s’était pas préparé à ce flot de paroles qui faisait remonter en lui des émotions qu’il aurait préféré laisser enfouies le plus longtemps possible.

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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Dim 30 Oct - 16:52

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Adossée contre le rebord de la fenêtre, Augusta se trouvait toujours dans l'appartement d'Adonis. Sa tâche n'était pas facile, mais elle n'avait pas prévu qu'elle le soit. En effet, elle s'était pointée à l'improviste dans le cocon d'un jeune homme qui venait de perdre sa mère. Ce jeune homme de surcroît, remettait tout en question y compris sa loyauté envers eux, envers elle. Bien sûr, elle avait remarqué quelques points de discordes dès son arrivée à Poudlard. Sa répartition à Poufsouffle et son éloignement vers la fin de l'année en étaient deux. On pouvait dire que la Vipère n'avait que très peu apprécié. Elle avait toutefois laissé trainer son cas, ayant d'autres chats à fouetter, mais celui du brun devenait urgent. C'est pourquoi elle posa les questions dont elle voulait tant avoir les réponses. Puisque ce sont les questions simples qui ouvrent la porte à des explications longues et compliquées, elle était tout écoute. Elle avait encore de l'estime pour Adonis, beaucoup moins qu'avant, mais encore tout de même. Elle avait envie de savoir pourquoi il divergeait. Il n'y avait rien qui le justifiait, mais au moins elle pourait se faire une meilleure opinion pour la suite puis elle saurait vers quels aspects se pencher dans ses arguments.

Il répondit d'abord sèchement qu'elle ne pouvait pas savoir si sa mère lui avait réellement inculqué les valeurs de sang-purs, puisqu'elle n'était pas présente. Il avait raison sur ce point, mais elle tenait son bout. La suite fit toutefois remettre en question son affirmation. Le père d'Adonis s'était chargé de son éducation, au niveau des valeurs du moins. Toutefois, elle savait aussi que la défunte épouse Leroy avait également cru en leurs idéaux. En soi, que ce soit son père ou sa mère qui lui ai transmis, qu'est-ce que cela changeait réellement ? Il demeurait un potentiel traître et si son argument précédant ne s'appliquait maintenant plus à la lettre, restait que Louise Leroy n'apprécierait surement pas de voir son fils suivre cette voie par sa faute. Quel parent le ferait ? Les sang-purs n'étaient aucunement connus pour leur marque d'affection envers leurs enfants, mais s'il y avait quelque chose qu'ils ne supportaient pas, c'était bien les descendant qui déraillaient. À leur grand malheur, ce phénomène se faisait de plus en plus présent en ces temps qualifiés sombres. Bien sûr, Augusta n'avait aucune idée de comment l'enfance d'Adonis s'était déroulée, mais elle prenait pour acquis que sa famille était comme les autres. Il était difficile de réellement faire changer la Vipère d'avis.

Le jeune homme continua de parler, expliquant qu'il n'avait pas eux de raison de questioner les idéaux de son père et qu'en France, le sang n'était qu'une caractéristique qui les rendait supérieur. Elle eut par contre l'impression que le Français s'en fichait totalement. La jeune fille garda un masque d'indifférence face à son attitude provocatrice, bien qu'un fin observateur pouvait remarquer sa machoire se contracter. Elle garda toutefois son sang-froid et le laissa parler sans l'interrompre. Il continua en disant qu'il était arrivé à Poudlard sans connaître les coutumes de l'endroit. En même temps pour un élève ordinaire, ça n'aurait pas été nécessaire, mais les sang-purs n'étaient pas ordinaires et faisaient les choses à leur façon. Façon que le jeune homme avait appris à ses dépents... Puisque la rumeur était confirmé une bonne fois pour toute. Rabastan avait empoissoné Louise Leroy pour se venger d'Adonis qui avait dragué sa copine. À vrai dire, Augusta trouvait que Rabastan y avait été fort avec l'empoisonnement comme solution. Sauf qu'elle n'en dit rien et resta de glace comme depuis le début de la tirade du brun. Dans quel monde on vit ? Dans un monde où il vaut souvent mieux se taire. Dans un monde où si on parle trop, on se fait écraser comme un vulgaire moustique. Et c'est pourquoi elle ne dit rien, c'est pourquoi elle n'avait rien dit. Parce qu'entre avoir Adonis à dos ou les meilleurs amis de Rabastan, le choix n'était pas difficile. C'était ainsi que les cas se réglaient chez eux. Elle était bien placée pour le savoir. Il continua en relevant l'ironie de la situation, à savoir que personne n'avait fait de cas pour une histoire de sang-pur, mais que pour le meurtre de deux moldus, le monde magique s'était agité. Il avait toutefois particulièrement raison sur un point. La mort les toucherait tous un jour, moldu ou sang-pur. Sauf qu'ils avaient la chance d'être vivant. Puis vivant, les sorciers valaient plus, ce n'était pas une question.

La Serpentarde garda le silence quelques instants, laissant Adonis se calmer un peu et elle-même digérer le tout, remettre ses idées en place. Bien qu'elle sache l'horreur que cette histoire était censée lui procurer, elle n'en trouvait pas une parcelle. Elle savait que c'était mal, que c'était injuste. Elle le savait. Mais il y avait une différence entre le savoir et le sentir. Cette différence, elle ne la sentait pas. À vrai dire, cela faisait longtemps que la jeune fille s'était endurcie. Bien sûr, il avait des défauts dans sa curiasse, mais elle s'efforçait de les cacher du mieux qu'elle pouvait. Puis il fallait avouer aussi qu'elle avait du mal à se sentir concerné. Il ne s'agissait pas de sa mère, de son ennemi. Elle se sentait bien trop détaché de la situation, telle une spectatrice voyant un joueur de Quidditch se prendre un cognard de plein fouet. À part que son ami déraillait à cause de cette histoire, elle n'avait rien à voir là-dedans, sans compter qu'ils étaient des sang-purs et que les choses se réglaient ainsi, point à la ligne. À vrai dire, elle réflichissait à pleine vitesse aux mots qu'elle prononcerait, sachant qu'ils s'averraient cruciale dans la suite des évènements. Si elle n'arrivait pas à réellement ressentir l'injustice de la situation, elle sentait au plus profond d'elle-même qu'elle avait déjà perdu. Elle prit tout de même la peine de répondre, peut-être pour la dernière fois, d'une voix calme et posée, pesant prudemment ses mots.

« Tu sais, je ne pense pas que ce que Rabastan ait fait soit normal, et je suis profondément désolée pour ta mère. Mais c'est comme ça. On ne peut rien y changer. Alors oui, tu as dragué la copine de Rabastan sans comprendre l'ampleur de tes actes. Oui, Rabastan a empoisonné ta mère en retour. Oui, c'était injustifié. Mais c'est comme ça. Des histoires comme ça il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Pas seulement chez les sorciers, mais chez les autres aussi. Il y aura des histoires de meurtres inutiles tant et aussi longtemps que les humains vivront. C'est dans ce monde qu'on vit Adonis, c'est une réalité. Donc oui, la mort de ta mère me peine pour toi. Sauf que rendu à ce point, qu'est-ce qu'on peut y faire ? » Rien ne pourrait ramener sa mère en vie et bien que les circonstances de la chose soient atténuantes, il fallait l'accepter. « Bien sûr que la mort nous touchera tous un jour, mais nous sommes en vie Adonis. Tu sembles l'oublier. Et tant que tu es en vie, tu as le pouvoir de décider de ton futur. Tu peux laisser Rabastan pourrir ta vie, ou bien passer par dessus. Tu peux vivre dans un dépotoir, ou bien te reprendre en main. Tu penses sérieusement que c'est du côté des moldus que tu trouveras refuge ? Ou de celui des traîtres peut-être ? Parce qu'ils ne valent pas mieux si tu veux tout savoir. »

Il était important selon elle qu'Adonis comprenne que se tourner du côté des moldus ou des sorciers prônant l'égalité des sangs n'arrangerait rien. Ils pouvaient bien se vanter de n'avoir aucun préjugé, qui étaient les premier à pointer les Serpentards du doigt ? À tiquer en entendant un nom de famille de sang-pur influents ? Bien sûr, Augusta leur rendait bien le jeu et elle le savait. Elle était mal placée pour parler de préjugés puisqu'elle en possédait une tonne, mais elle n'était pas la seule. Les autres étaient tout aussi hypocrite qu'eux.

« Je comprends que tu sois révolté en ce moment et que tu transposes tes sentiments sur nous, mais nous ne sommes pas responsables de tes malheurs. Au contraire, entre sang-pur, on se supporte. On se fait des coups bas, on se ment, mais on se supporte comme personne d'autre. Si tu nous tournes le dos Adonis, qui te restera t-il ? Tes voisins de palier ?  Tu ne vas qu'empirer ta situation si tu nous quittes pour de bon. »
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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Lun 5 Déc - 23:38



   
Pull yourself together
Augusta & Adonis
La cigarette d’Adonis vint s’écraser contre la tôle brûlante du balconnet. L’été à Paris pouvait être humine et chaud, et c’était le cas ce jour-là. A peine avait-il lâché son mégot que le français voulait déjà se rallumer une clope ; voilà l’effet qu’avait la visite d’Augusta, une réussite, n’est-ce pas ? Ses mains tremblaient encore un peu, bien qu’il ait arrêté de parler. Il fallait qu’il s’occupe, pour pas qu’elle ne le remarque ; il récupéra donc son paquet, et joua avec un moment. S’il en ramenait déjà une nouvelle à ses lèvres, il se prendrait une leçon de la part de la jeune femme, c’était certain. Enfin, une de plus ou de moins …
Adonis était plutôt étonné par le comportement d’Augusta, à vrai dire ; il la connaissait un peu, et la voir aussi silencieuse pendant si longtemps n’était pas habituel de sa part. Pourtant, elle l’avait laissé parler, il avait pu dire tout ce qu’il avait voulu dire sans qu’elle ne l’interrompe, et même après qu’il eut fini de parler, elle lui laissa quelques secondes de répit. Il la regarda du coin de l’œil, se demandant ce à quoi elle pensait pendant ce moment d’entre-deux. Etait-il parvenu à la toucher, au moins un peu ? Comprenait-elle son point de vue, allait-elle se montrer empathique envers lui ? C’était tout ce qu’il attendait, à vrai dire. Sans se l’avouer véritablement, Adonis n’avait besoin en réalité que d’une chose : qu’on lui dise que sa tristesse était légitime, que son sentiment d’injustice n’était pas infondé. Peut-être était-ce un peu stupide d’en exiger autant d’Augusta, on était loin de s’imaginer pouvoir l’entendre tenir ce genre de propos, mais pour autant, s’il y parvenait, s’il arrivait à lui faire dire ça … C’en serait d’autant plus vrai, si c’était elle qui le disait. La Reine des Vipères vertes et argents qui se retournerait contre les siens pour légitimer l’injustice que vivait Adonis Leroy : c’était inespéré, et pourtant Adonis se demandait si c’était tout de même possible. Certainement serait-il déçu de sa réponse, mais ça ne pouvait décemment pas empirer son état, déjà au plus bas. Au pire, il serait un peu plus refrogné et la jetterait dehors, et c’était ce qui risquait de lui arriver de toute façon, qu’elle lui donne une réponse qu’il jugerait bonne ou mauvaise.

Il crut, en entendant la première phrase qu’elle lui servit, qu’il entendrait les mots qu’il mourrait d’envie d’entendre. Elle lui disait qu’elle était désolée pour sa mère, et ces simples paroles, l’unique mention de sa mère parvint à nouer à nouveau la gorge d’Adonis. C’était ce qu’il avait envie d’entendre, et en même temps, peut-être n’était-il pas encore prêt à écouter de telles paroles. Enfin, de toute façon, Augusta ne s’étendit pas en condoléances. Bien vite, elle retomba dans ce discours plaqué typiquement sang-pur duquel Adonis décrocha bien rapidement. Les yeux rivés sur son paquet qu’il remuait dans tous les sens, les paroles de la demoiselle ne faisaient qu’écho au fond de son crâne. Il s’enfermait dans ses pensées comme il avait si bien su le faire ces derniers mois, incapable d’écouter véritablement ce qu’elle avait à lui dire. Puisqu’elle ne collait pas parfaitement à ce qu’il pensait de la situation, l’écouter n’en valait même pas la peine. La question n’était d’ailleurs même plus de savoir si oui ou non Augusta aurait pu parvenir à lui dire ce qu’il avait envie d’entendre ; est-ce quelqu’un, quiconque, en était même capable ? Rien n’était moins sûr quand on considérait qu’il n’avait pas répondu aux lettres de ses meilleurs amis depuis plus d’un mois, et que visiblement, même celle qu’il était sûr d’aimer n’avait su sécher ses larmes, au point qu’elle l’avait même quitté.

« Tu penses sérieusement que c'est du côté des moldus que tu trouveras refuge ? Ou de celui des traîtres peut-être ? Parce qu'ils ne valent pas mieux si tu veux tout savoir. »

L’entourage proche d’Adonis n’était composé que de sangs-purs. Ses deux meilleurs amis, cette femme qu’il aimait, tous étaient dotés d’un sang que même la Greengrass aurait qualifié de bleu. Pas très étonnant, vu le milieu dans lequel il avait grandi, qu’il se soit naturellement rapproché de ce type de personnes. Quelques-unes de ses connaissances avait un sang moins pur, particulièrement depuis qu’il était rentré à Poudlard – enfin, aucun d’eux ne faisait partie de ses plus proches attaches. Des traîtres ? Peut-être pouvait-il en compter quelques-uns, et encore, sauf pour Georgia, rien de bien sérieux. Et des moldus, n’en parlons pas, à part dans ses livres et sur son palier, Adonis n’en croisait jamais. Adonis ne trouvait pas refuges auprès des traîtres ou des moldus, pas du tout. Non, il faisait pire, particulièrement aux yeux de la demoiselle : il devenait lui-même ce traître qui vivait comme un moldu, et c’était cela, son refuge. Seulement cela l’apaisait, seulement cela adoucissait sa tristesse. Tourner le dos au monde qu’il avait toujours connu pour aller vers son opposé lui permettait de panser, au moins un peu, la plaie béante qu’avait laissée en lui la mort de sa mère. Adonis était certain qu’Augusta était bien loin de se rendre compte de tout cela, et il s’en servait comme excuse pour ne rien lui expliquer du tout.

« Je comprends que tu sois révolté en ce moment et que tu transposes tes sentiments sur nous, mais nous ne sommes pas responsables de tes malheurs. Au contraire, entre sang-pur, on se supporte. On se fait des coups bas, on se ment, mais on se supporte comme personne d'autre. Si tu nous tournes le dos Adonis, qui te restera t-il ? Tes voisins de palier ? Tu ne vas qu'empirer ta situation si tu nous quittes pour de bon. »

Il aurait néanmoins dû lui accorder un peu plus de crédit : l’analyse d’Augusta était bien plus fine qu’il ne l’aurait pensé, et c’était peut-être cela qui le dérangeait autant. « Nous ne sommes pas responsables de tes malheurs ». Si. La réponse d’Adonis, de but en blanc, était celle-ci : « si, vous êtes responsables de mes malheurs ; tous autant que vous êtes. » Il s’en fichait d’être seul ; c’était d’ailleurs tout ce dont il avait envie. Qu’elle se casse, qu’ils se cassent tous et le laisse tranquille, seul.
Ne pouvant se retenir plus longtemps, Adonis sortit de son paquet une nouvelle gauloise qu’il porta à ses lèvres, l’allumant dans la foulée et aspirant goulument la fumée qui lui avait si vite manquée. Les paroles d’Augusta le dérangeaient, et il n’avait qu’une envie : qu’elle s’en aille. Ce n’était que par respect pour elle et pour leur relation qu’il ne l’avait pas déjà mise dehors.

« Je ne sais pas de qui tu me parles quand tu me dis "on, on, on, nous, nous" … Tu as toute une clique au sang pur et c’est très bien pour toi, ce n’est pas mon cas. Toi, Cassandre, Alexandre et Sasha êtes les seuls à m’avoir écrit cet été, ou presque. Tous des sang-purs, c’est vrai, mais bon, dans ton vocabulaire, Alexandre et Cassandre sont presque des traitres. Tu es la seule à avoir poussé la porte de mon appartement. Ma nana, une sang-pure, m’a quitté. Je ne sais pas où tu la vois, cette solidarité des sang-purs et je ne sais quoi, mais au moins, mon voisin de palier descend mes poubelles. D’ailleurs c’est tout ce que je demande. J’ai envie d’être seul, je n’ai envie de voir personne, quelle que soit la couleur de son sang, je m’en fous. »

Un sang-pur a tué ma mère ; le titre de la pièce de théâtre qu’Adonis aurait voulu écrire, en cet instant précis, ce serait appelé comme ça. En sous-titre, il aurait écrit « De la solitude bénéfique ». Il avait la sensation qu’Augusta ne lui apportait rien, en étant là, certainement parce qu’il résistait trop contre tout ce qu’elle pouvait ou voulait lui apporter. Rien n’allait, et il n’avait pas l’intention d’aller mieux, comme s’il n’avait pas encore assez pleuré, comme si son deuil n’avait pas duré assez longtemps. Augusta était venue trop tôt, c’était ce qu’il se disait. Plus tard, peut-être ; là maintenant : non. Après avoir tiré une nouvelle latte sur sa cigarette, il fit, l’air complétement détaché, les yeux rivés sur une fente entre les lattes de son plancher.

« Tu peux partir, s’il te plaît ? »

Au moins, il ne la jetait pas dehors un coup de pied aux fesses, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Pull yourself together (Adonis)   Mar 28 Mar - 4:42

#Fashionista

La température chaude et humide de l’été parisien ne donnait qu’une envie à Augusta, retournée vite fait à la résidence de ses parents. Elle s’imaginait déjà  la fraicheur et le confort. Adonis avait au moins ouvert la fenêtre le temps de fumer sa cigarette, ce qui rendait la pièce nettement moins étouffante. C’était l’impression qu’elle avait, celle d’étouffer entre le désordre qui régnait malgré son ménage rapide et la chaleur de l’été. Toutefois, elle n’en montrait rien, comme d’habitude. Elle prétendait être complètement à l’aise dans cette situation. Bon, il fallait avouer qu’elle n’avait aucun scrupule à être venue déranger son ami, ou ancien ami, dans son exil. Les rumeurs courraient de bons trains et elle était déterminée à faire reprendre en main sa vie au français, sauf qu’il s’avérait difficile de le faire lorsque celui-ci ne le voulait pas. Même lorsqu’elle faisait de son mieux pour le convaincre, il ne semblait pas réellement écouter ses paroles. Elle ne pouvait pas tellement le lui reprocher, sa mère était morte et d’une façon injuste, Augusta le savait au plus profond d’elle-même. Toutefois, elle était incapable de faire ce qu’une bonne personne aurait fait, soit démontrer de la compassion au lieu de ne lancer que des reproches.

C’est alors, en voyant l’attitude d’Adonis et en entendant ses paroles, qu’elle accepta enfin qu’il  était un cas perdu. D’ailleurs, si elle était honnête envers elle-même, elle  avouerait qu’elle l’avait su dès le moment où elle avait posé les pieds dans l’appartement, mais savoir et accepter étaient deux choses différentes. Accepter la défaite n’était pas facile avec son orgueil. Elle était déçue de ne pas avoir changé quoique ce soit, non seulement parce que cela s’affichait comme une défaite, mais parce que l’ancien Adonis avait un jour réellement compté pour elle. Toutefois, elle ne se voilait pas la face. Il ne voulait pas se faire aider, ne voulait pas changer. Sa volonté n'y changerait rien. Même lors de sa dernière tentative, il semblait totalement indifférent. Elle avait terminé en lui faisant remarquer que les moldus ne l’aideraient pas plus que les sang-purs, sinon moins, qu’il répondait déjà qu’il ne souhaitait qu’une chose, être seul.

Puis il lui demanda ensuite de partir. Elle avait accepté sa défaite, cela ne voulait pas dire qu’elle ne reçue pas ces paroles avec amertume. Elle aurait aimé être celle à partir et non celle à se faire demander de partir. Elle savait toutefois garder la tête haute et c’est pourquoi seul deux mots ne sortirent de sa bouche.

« Très bien. »

Elle tourna les talons, puis se dirigea vers la porte, se disant avec mécontentement qu’elle devrait faire une croix sur celui qu’il était.  Peut-être était-ce une de ses faiblesses d’ailleurs, lorsqu’elle s’attachait à quelque chose ou à quelqu'un elle ne le faisait pas qu’à moitié. Cela se révélait souvent difficile par la suite. Il faudrait sérieusement qu’elle y remédie. Toutefois, malgré la « gentillesse » dont elle avait fait preuve aujourd’hui et la déception qui l’habitait, elle demeurait Augusta Greengrass et ne put s’empêcher d’ajouter d’une voix chantante :

« Peut-être mérites-tu ce qui t’arrives après tout. »

Venant d’elle, surement qu'Adonis s’en ficherait, mais cela lui fit du bien et elle referma la porte derrière elle.

Spoiler:
 
lumos maxima

ω



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