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 Augusta + To open the closed eyes on what they have.

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MessageSujet: Augusta + To open the closed eyes on what they have.   Ven 8 Avr - 21:18




L'air incisif qui dérange les cheveux. Le vent impérieux qui fait plisser les yeux. Trop vif, il frappe les corps et mord les épidermes, quasi agressif. La liesse dans la vitesse, dénuée de toute trace de délicatesse. Quelque chose de violent et d'enivrant. Qui fait se sentir vivant l'espace de quelques instants. Le torse qui se redresse, les mains qui tirent le bois vers le ciel avec adresse. Mouvements habiles, changement de direction facile. Tu montes en flèche, profitant d'une brèche. Passage en trombe entre deux branches, jusque dans les nuages avec sur ton visage un rictus qui allume tes prunelles de lueurs sauvages. La célérité qui retombe. L'allure décroit au fur et à mesure, te contentant finalement de voler tranquillement dans le ciel obscur. Le froid vivifiant après l'intermède grisant, loin d'être dérangeant. Pas pour vous tout du moins, habitués à la rudesse de l'hiver russe et ses promesses particulières. Une autre silhouette qui se devine à peine au-dessus des cimes mais qui, pour toi, est loin d'être anonyme. Ton frère te rejoint, et vous restez un moment silencieux à regarder au loin. Le château semble veiller, avec ses myriades de fenêtres encore illuminées. Géant de pierre immense qui a sa propre conscience, il surplombe les alentours en silence. Bien que ta préférence sera toujours pour Durmstrang, tu avoues aisément que Poudlard a quelque chose d'imposant, de fascinant. Indépendamment des sorciers et des sorcières qui l'habitent et vivent dedans. Quelque chose dans l'atmosphère, dans les enchantements intriqués dans les pierres. Dans la magie dans l'air. Comme tant d'autres de ces lieux que tu as eu l'occasion de visiter à travers le monde, où la magie chante et danse avec puissance, sans se préoccuper des considérations humaines. Indifférenciée, indiscriminée. C'est vous qui la teintez lorsque vous l'utilisez. C'est chez vous qu'est l'affinité, dans les sortilèges, les enchantements, chaque élément qui fait appel à elle. Tu te demanderai presque combien en ont conscience, mais ça n'a pas la moindre espèce d'importance.

Le russe qui s'élance de la bouche de ton frère et traverse l'air sans oser s'étioler."Bon, tu as récupéré, on se fait cette course ? Ou tu essayes de gagner du temps parce que tu crains d'avoir perdu tes réflexes avec l'âge ?" La provocation, l'insolence sans fond. Venant de lui, ça t'amuse, aucune vexation intruse. Juste quelques pics que vous vous lancez en toute fraternité pour plaisanter. Après tout, “la plaisanterie est une sorte de duel où il n'y a pas de sang versé.” comme le disait Chamfort. Et entre vous, même s'il y a parfois des duels, ils ne sont pas réels, n'ont pas cette propension au cruel. La simple pensée que votre sang si pur soit gâché est inimaginable. Que vous vous trahissez à ce degré est impensable. Pas vous, pas l'un envers l'autre. Soudés par la trahison de celle qui aurait dû vous protéger. Par la perte qu'elle avait osé causer. Mais là n'est pas le moment d'y penser. Un sourire en coin presque un peu sauvage qui n'a rien de sage. Le corps qui suinte l'assurance par tous les pores, alors que tu t'alignes à côté d'Haziel avec une feinte indolence. ''Tu parles pour toi ? J'attendais que tu sois prêt, Haziel. Quand tu veux.'' Un sort que tu lances lorsqu'il l'a affirmé, décompte qui flotte quelques instants sous vos regards avant de marquer le départ. Vous filez déjà comme des fusées.

Tes pas résonnent dans le hall d'entrée alors que les siens s'éloignent et s’atténuent en direction des cachots et du nid où rodent les serpents. Dehors, la nuit semble encore plus noire, les ténèbres plus profondes dans la moindre ombre. Un dernier coup d'oeil à ton frère avant qu'il ne disparaisse à l'angle d'un couloir juste sous tes yeux. Après votre course, qu'il a gagné -deux manches sur trois, à vrai dire- sans surprise au vu de l'entraînement de batteur puis d'attrapeur qu'il a suivit au cours des dernières années, vous avez encore volé tranquillement pendant un moment. Le temps de discuter, de parler. De la manière dont se passent les choses à Poudlard, de la manière dont avance ta mission et ses observations. De choses importantes et d'autres qui seraient sans doutes considérées comme des trivialités si elles étaient comparées. Presque bavards lorsque personne n'écoute et que vous êtes loin des regards. Retour au silence, parcouru de pensées plus ou moins consciente. Tu tournes à l'angle d'un couloir, ayant décidé d'emprunter l'un des passages secret que l'on t'a montré pour accéder plus rapidement au étages supérieurs où se trouvent tes appartements. C'est là que tu les entends. Les éclats de voix. Les murmures précipités qui tentent de se faire discrets pour préserver leurs secrets. Trop étouffés pour te permettre de comprendre le sens des mots, quelque chose dans les intonations qui te laisse à penser qu'ils sont porteurs de maux.

Tu t'approches sans un bruit, camouflées par l'obscurité du couloir plongé dans la nuit. Assez proche pour capter des bribes des diatribes, de la discussion qui est en fait dispute. L'anonymat des concernés qui ne tient pas. Le mystère des identités trop vite dévoilé. Tu reconnais d'abord Augusta. Puis Aurelius. Les jumeaux Greengrass. Ceux qui ont la chance d'avoir encore leur moitié, de pouvoir continuer à tout partager. Et qui semblent préférer tout vouloir gâcher alors que la possibilité t'a été arrachée. Ils ne savent pas. Ils n'imaginent pas. La chance qu'ils ont, à quels points ils font les cons. La lame cruelle qui vient se ficher dans le myocarde lorsque tu repenses à Ezra. Lorsque tu compares ce que les Greengrass sont à votre fusion. Lorsque tu te rappelles des moments de complicité, d'unicité. De cet instant où tout a basculé, où sa main t'a échappé. Où il t'a été arraché. Tu te souviens trop bien. La précision affolante, les images qui défilent, horrifiantes. Tu fermes les yeux une seconde, presses tes paupières dans l'espoir de les faire disparaître. L'inspiration profonde, l'expiration silencieuse comme pour chasser les souvenirs immondes. Tu as apprit à gérer avec le temps, nécessité à laquelle tu avais été obligé de te plier pour ne plus céder aux crises de panique et d'hystérie qui te torturaient au début avec un plaisir sadique. Appuyé contre le mur, tu occupes tes pensées. Tu attends sans bouger, à écouter les paroles déversées, les reproches lancés, à peine camouflés. L'agacement ambiant que tu finis par inspirer et qui se transforme en une touche d'énervement. Quelques efforts de chacun des deux côtés, c'est tout ce qu'il faudrait. Ne se rendent-ils vraiment pas compte de ce qui est en jeu ? Le lien inextinguible qu'ils s'obstinent à affaiblir, qu'ils seraient bêtes de détruire.

Les syllabes qui se précipitent, les tons qui s'échauffent, les décibels qui montent. Un éclat qui finit par dépasser les autres, le bruit de talons plats qui claquent leur colère contre le sol de pierre, qui sonne et résonne dans le couloir. Tu lances un coup d'oeil par de-là le coin du mur où tu t'étais arrêté pour observer le corridor où les Greengrass se trouvaient. Sans surprise, tu vois la silhouette d'Aurelius s'éloigner, la tension lisible dans le moindre de ses mouvements. Les pupilles qui le vrillent jusqu'à le voir disparaître puis changent de cible pour se poser sur Augusta. Tu l'observes quelques instants, un moment durant. Puis enfin tu bouges. Tu quittes l'obscurité pour le halo de lumière dispensé par les torches disposées à intervalle régulier. Approche mesurée, calculée. Masque soigné, qui ne laisse rien paraître de tes précédents souvenirs si ce ne sont ces ombres qui dansent dans les prunelles comme des feuilles mortes agitées par les bourrasques imprévisibles d'un vent automnal. A moins que ce ne soient les lueurs dispensées par les flammes ? Elle a dû entendre tes pas, maintenant c'est au tour de ta voix. ''Vous devriez penser à vous montrer plus discrets lorsque vous vous disputez. Surtout lorsque l'heure du couvre-feu est si proche." Quelque chose dans ton intonation qui laisse percevoir que c'est plus profond que ça, que tu désapprouves ce qui vient de se dérouler dans le calme nocturne du château. Qui laisse comprendre qu'en dépit de ta dernière remarque, ça n'est pas tellement le rôle du professeur que tu incarnes à cet instant. Autre chose, on ne saurait dire trop quoi. Tu ne souris pas. Le vairon rive et transperce, la traverse comme si elle était faite de verre. Comme si tu étais capable de discerner d'un simple coup d'oeil ce qui se cache sous les masques. C'est effectivement le cas. Mais tu n'as pas besoin de la légilimancie pour deviner ce qui se passe dans sa jolie caboche blonde. Tu as amplement eu le temps de l'observer depuis que tu es venu à Poudlard, de noter son air attristé. Les pièces du puzzle qui coïncident sans peine pour en révéler les raisons à peine voilée. Tu continues de t'avancer dans une lenteur calculée, jusqu'à te retrouver plus près qu'à l'accoutumée. L'arc aristocratique du sourcil qui se hausse, entre réprobation et inquisition. Le timbre dégringole de quelques tons, les intonations caressent et se font douces. Ca fait dresser les poils sur les bras en dépit du velours de la voix. C'est plus sombre, plus pernicieux. Ca rode dans les ombres. La lenteur des syllabes qui traînent dans l'air et le teinte d'une touche infime de mystère. ''D'autres personnes plus mal intentionnées pourraient profiter de la discorde qui se profile. Songes-y. Quoi de plus efficace pour affecter la puissance des Greengrass que de s'assurer que leurs héritiers se querellent et s'opposent ? Qu'ils empruntent des chemins différents ?" Tu continues à la fixer, à l'étudier, laissant le temps à tes paroles de l'atteindre et de s'imprégner. Mouvement de tête de gauche à droit, brisant le contact visuel insistant. ''Quel gâchis." La langue qui claque, quelques mots qui s'échappe en un murmure réprobateur. "Vous ne vous rendez même pas compte de la chance que vous avez de toujours vous avoir l'un pour l'autre, et vous ne faites rien pour empêcher votre relation de se dégrader davantage."


© charney

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MessageSujet: Re: Augusta + To open the closed eyes on what they have.   Mer 27 Avr - 2:46

Augusta se sentait bien. Les vents violents du nord lui faisaient du bien. Ils lui frappaient le visage, lui mordaient la peau, s’infiltraient dans ses vêtements, mais elle n’en avait que faire. Ressentir le vent, c’était ce qu’elle avait trouvé de plus proche de voler lorsque les regards étaient encore trop présents. Adosser à son arbre, en compagnie de son frère, elle se sentait bien. Juste tous les deux, l’arbre, le vent et le coucher du soleil. C’était parfait. Sentir le bras costaud de son frère au tour de sa taille délicate lui faisait du bien. Elle l’aimait comme personne, c’était peut-être même la seule personne qu’elle pouvait dire aimer. Puis pour une fois, ils étaient en parfait accord, comme avant. Comme avant quand ils ne pouvaient dormir l’un sans l’autre et entretenaient une relation parfaitement fusionnelle. Or, Poudlard avait changé tout cela et leurs chemins s’étaient séparées. Il était de plus en plus difficile de s’afficher ensemble et de s’entendre. Mais pas ce soir. Non, ce soir ils étaient bien. Pour l’instant… Retirant son bras, Aurelius se mit à lancer des galets dans le lac, ce qui devint rapidement une compétition entre lequel des deux pouvait faire le plus de ricochets. Augusta ne pensa pas un instant aux créatures du lac, tant pis pour elles. Pourtant, elle aimait bien les observer de sa salle commune. Elle trouvait les strangulots, démons des fonds marins, fascinants. Une certaine puissance se dégageait d’eux. Ils semblaient petits et inoffensifs, mais au fond tout le monde les craignait par leur agressivité. La Vipère appréciait tout autant regarder les sirènes à la dérober. Bien qu’elles ne soient pas très belles, Augusta jurerait n’avoir jamais vu de plus gracieux. Lorsqu’elles ondulaient dans l’eau, virevoltaient, tournoyaient, on croirait les voir danser et c’était magnifique. Il y avait également les poissons, un peu moins spectaculaires, mais intéressants tout de même. Il était drôle d’observer leur naïveté, ils se faisaient facilement prendre au piège. Par contre ce qu’elle aimait le plus, c’était de les voir nager en groupe, comme si ça les rendait invincibles. Au fond, c’était ce que les gens pensaient des Serpentards. Ils n’avaient pas entièrement tort. En groupe on se sentait protégé, on se sentait fort, on se sentait puissant. Toutefois, les belles valeurs de groupes disparaissaient rapidement à la moindre occasion et l’individualisme prenait souvent le dessus. Augusta ne s’en portait pas plus mal. Avoir un peu des deux, c’était parfait selon elle. Alors bien qu’elle appréciât les êtres de l’eau, en ce moment elle ne pensait qu’à être heureuse avec son frère. Voyant que la nuit tombait, les jumeaux Greengrass prirent la direction du château, forteresse en pierre qui était devenu leur maison au fil des ans. Puis c’est là que tout dérapa. Emmeline Vance, passant par le même corridor, fit un clin d’œil à Aurélius en lui murmurant quelque chose à l’oreille. Augusta ne savait pas quoi et n’avait pas envie de savoir. Une envie de vomir lui monta à la gorge. Elle lança un : « Whore », à peine audible, tout bien calculé lorsqu’Emmeline passa à côté d’elle pour s’en aller. Ce n’était pas grand-chose, mais elle n’avait pas eu le temps d’élaborer un plan, un plan qui calmerait sa fureur. Un plan qui éliminerait pour de bon cette rage qui montait en elle à chaque fois qu’elle la voyait avec son frère. L’insulte elle, n’avait que quelque peu soulagé le feu qui faisait son chemin en elle. Elle eut un petit rictus en voyant qu’Emmeline fronça les sourcils, ne répondit rien, puis continua son chemin. Sage décision, pour une fois. Elle avait connu la Gryfonne plus provocatrice, mais si elle avait enfin appris à se taire, tant mieux.

Continuant sa route, elle ne remarqua pas au départ que son frère ne la suivait plus, qu’il lui faisait le regard. Quand il la regardait ainsi, il lui faisait trop penser à son père avant que le maléfice ou la claque ne tombe. La différence dans celui d’Aurelius était qu’on pouvait y lire beaucoup plus de tristesse et de déception qu’on en lisait dans celui de son père. Augusta détestait décevoir ceux à qui elle tenait. Elle savait toutefois qu’elle n’avait rien fait de mal. Son frère n’avait eu qu’à ne pas sortir avec cette fille en premier lieu. Il était celui qui déraillait, celui qui changeait. Ils restèrent ainsi quelques secondes à se regarder. Le calme avant la tempête comme on dit… Aurélius parla le premier. Tous les deux savaient parfaitement ce que l’autre dirait, preuve que leur lien ne s’était pas complètement effiloché… Ou bien qu’ils avaient eu cette conversation beaucoup trop souvent. Il lui dirait que son commentaire était inutile, elle répondrait que c’était la vérité. Il rétorquerait que c’était méchant et déplacé, elle affirmerait qu’elle le méritait. Et ainsi de suite, allant en crescendo… Bientôt les accusations se feraient beaucoup plus pesantes. Il l’accuserait d’être superficielle et teigneuse. Elle le traiterait d’insensé et de scandaleux. Le tout se produit à voix basse au départ puis de plus en plus fort, puis de nouveau à voix basse. Les deux tentaient de se faire discret, mais ne pouvant empêcher des éclats de voix, d’agacement et d'indignation. Finalement, Aurelius déclara qu’il en avait assez d’elle puis tourna les talons. Elle n’essaya même pas de le rattraper. Elle avait raison et elle le savait. Elle se mordit la lèvre, comme pour empêcher les mots qu'elle n'avait pas dit de sortir, ces mots qui lui brûlaient la langue. Elle se passa la main dans les cheveux puis pris une profonde inspiration. Personne ne devait savoir. Se mordant la lèvre encore plus fort, elle se demanda si son frère était sérieux en disant qu’il en avait assez d’elle. Elle avait toujours peur qu’il parte pour de bon, qu’il choisisse le mauvais côté, qu’il l’abandonne une bonne fois pour toute. Ils s’étaient certes éloignés, ça ne voulait pas dire qu’elle n’avait pas besoin de lui. Mais il reviendrait. Il finissait toujours par revenir de toute façon. Ils étaient jumeaux, il n’avait pas le choix. De plus, elle avait toutes les raisons d’être en colère contre lui. Repenser à ce qu’il avait dit, à ce qu’il pensait, c’était assez pour raviver sa colère et malgré tout, son inquiétude.

Des bruits de pas la firent sursauter, sortir de ses pensées. Par habitude, par réflexe, elle redressa son dos, envoya d’un mouvement de la main ses longs cheveux vers l’arrière puis reprit son masque de froideur, d’indifférence. Elle se retourna enfin pour découvrir celui qui approchait. Azrael Silaiev. Qui avait tout entendu. Augusta aurait donné cher pour que ce ne soit pas le cas. Elle ne voulait que personne ne sache ce qui se tramait avec son frère, encore moins quelqu’un pour qui elle avait de l’estime. Ce qui était curieux, c’était qu’il ne lui faisait pas vraiment une reproche de professeur. Ça semblait être une cause plus… Personnelle si on pouvait le dire ainsi. Augusta n’avait aucun moyen de le savoir, le professeur ne laissant voir aucune émotion. C’était de même pour elle d’ailleurs, bien que le feu ait fait rage en elle quelques instants auparavant. Elle était maintenant de glace. Elle avait néanmoins l’impression que le regard envoûtant du Russe pouvait voir au travers son masque, lire en elle. Augusta en frissonnait presque alors qu’il avançait d’un pas lent et que sa voix se faisait plus caressante. Elle resta là, à le regarder avancer, à l’écouter, sans dire un mot, se tenant bien droite. Toujours bien droite. Il était captivant, elle pourrait l’écouter parler durant des heures. Or, ce qu’il disait ne la laissait pas indifférente.

« J’en suis consciente. » Dit-elle d’une voix claire, d’un ton assuré. Consciente de quoi exactement ? D’un peu de tout. Leur manque de discrétion aurait pu leur coûter cher, elle le savait. Puis elle avait de la chance d’avoir son frère même si effectivement, leur relation se dégradait. Mais quoi faire ? Elle ne pouvait pas changer, ne voulait pas changer et de tout façon, n’avait pas à changer. Elle n’était pas dans le tort. « J’ose tout de même affirmer que je ne fais pas rien pour empêcher notre relation de se détériorer. » Elle essayait réellement de lui faire voir raison, lui prouver que les sang-purs étaient supérieurs, que les né-moldus ne méritaient pas d'avoir accès à la magie. Sans succès. « J’essaie de lui faire voir raison, j’essaie… »  La dernière phrase presque murmurée, comme dite pour elle-même. Elle savait toutefois qu’essayer n’était jamais assez. Il fallait réussir. « Je ne sais plus quoi faire. » Finit-elle par dire, s’étonnant de sa franchise. Avouer sa défaite aussi vite, ça ne lui ressemblait pas. Or, quelque chose dans le sentiment que le professeur lui apportait, dans sa voix, dans ses yeux, la poussait à dire la vérité, comme s’il était un joueur de flûte et elle, le serpent.

ω



reign in blood.
I’m bigger than my body. I’m colder than this home. I’m meaner than my demons. I’m bigger than these bones. @ ALASKA.
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MessageSujet: Re: Augusta + To open the closed eyes on what they have.   Sam 30 Avr - 0:26




Deux parties d'un tout. Deux parties d'un seul et même être, d'une même âme. Les années de vie passées ensemble depuis la naissance, jamais l'un sans l'autre durant l'enfance. Ils ne sont pas censés être séparés, ils l'ont pourtant été. L'entrée à Poudlard et ses dortoirs séparés, malgré la répartition identique, la maison commune. Les mêmes couleurs qu'ils arborent toujours, le même animal-symbole, le même blason. Les apparences semblables, si ce n'est que là où l'une a des courbes et des cheveux longs, l'autre possède des plaines et de courtes mèches d'un même blond. Mais sous les physiques presque identiques se cachent maintenant des différences qui ont naquit et déjà grandit. Et ceux qui sont toujours censés avancer de concert se retrouvent lancés dans des directions opposées. Deux côtés d'une même pièce trop épaisse. Graine de discorde qu'ils ont laissé germé et qui s'apprête à causer bien des dommages. Dissidence du frère qui risque de s'accroître jusqu'à créer des offenses. Un écart qui se creuse et menace de finir fossé si rien n'est fait pour l'arrêter. Bien sûr, ça n'est pas aussi clair. C'est subtil, l'ignorer est même facile. Pourtant ces détails te sautent aux yeux, impossible à ne pas voir lorsque l'on est dans ta position, que l'on a ton passé. Non pas que tu le veuilles non plus. Tu as toujours eu cette habitude d'observer, d'emmagasiner toute information importante tant sur tes ennemis que tes alliés - puisque tu ne peux vraiment parler d'amis. Peu importe qu'il s'agisse d'un point fort ou faible, d'une force ou d'une faiblesse. Dans les deux cas, cela peut s'avérer plus qu'utile. Que ce soit pour en profiter, en jouer, causer des ravages ou au contraire éviter des saccages. S'il est vrai que l'esprit ne vient au poisson que lorsqu'il est pris au filet, tu n'es pas de ceux qui laissent ce proverbe devenir vrai. Toujours rester sur ses gardes. Être prêt à toute éventualité. Frapper avant d'être tué, utiliser ce que tu sais pour tourner les situations à ton seul avantage. Technique de stratège que vous êtes nombreux à pratiquer dans les hautes sphères. Mare emplie de requins sanguinaires, arène où rodent des créatures carnassières. Nid où grouillent les vipères.

Tu pourrais choisir de ne pas t'impliquer. Juste laisser filer, faire comme si tu n'avais rien remarqué. Pourtant tu le fais. Non pas par bonté, ni dans un élan d'amabilité. La mansuétude n'a jamais été dans tes habitudes, dans ton type d'attitude. Evidemment que c'est intéressé. Parce que dans ce monde, apporter de l'aide peut endetter la personne aidée, rendre service peut forcer un peu de loyauté. Détail non négligeable lorsqu'il s'agit d'une famille aussi puissante que le sont les Greengrass. Les jumeaux ont beau ne pas être encore tout à fait sorti de l'adolescence, ne pas encore être réellement plongés dans le tourbillon indéfectible qu'est la haute société et ses eaux dangereuses... Il n'en reste pas moins qu'ils s'y retrouveront bientôt précipités. Petits poissons deviendront grands, et ils en seront un jour le coeur battant. Et puis, il y a ta mission. Celle que celui qui se fait appeler Lord Voldemort t'a confié -tu renifles mentalement avec une pointe de désobligeance en songeant que le pseudonyme s'inspirant du français montre définitivement son goût pour le théâtral. Et trahit des secrets qu'il doit vainement tenter de dissimuler. Pour peu que l'on ose y accorder deux secondes de réflexion et deux grammes d'intelligence. Quel sang pur cacherait son identité, son nom censé faire sa fierté et prouver sa pureté si ce n'était pas pour ça ?- Tu sais très bien pourquoi c'est toi qu'il a chargé de garder un oeil sur les élèves prometteurs, pourquoi c'est toi qu'il a choisi pour commencer à recruter, et tu dois bien avouer que c'est un mouvement intelligent. Tout d'abord parce que tu es bien évidemment assez expert en runes pour les enseigner, mais aussi parce que ton jeune âge te permet de te rapprocher plus facilement des élèves visés. De créer un lien qui les pousse à te faire confiance, de les inspirer de part ta prestance. Et en dépit des rumeurs qui concernent les Silaïev et leur affiliation aux formes de magies obscures et interdites, tu es encore trop récemment arrivé au Royaume-uni pour que l'on te soupçonne sérieusement d'être déjà un Mangemort. Mais c'est aussi pour t'éloigner. Celui-qui-aimerait-que-l'on-craigne-de-prononcer-son-nom a très bien dû deviner qu'en dépit du fait que tu lui as prêté allégeance et qu'il t'a imposé sa marque qui se perd entre tes nombreux tatouages, tu n'es pas de ceux que l'on contrôle aisément. Pas de ceux qui le craignent suffisamment pour pouvoir en faire des marionnettes parfaites. Mais tu es bien plus un atout qu'un danger. Si ton nom était tout autre cependant, tu ne doutes pas que ce ne serait jamais passé. Mais en l'occurrence, te tenir à l'écart de la scène politique et de ses manigances, et occupé par ta mission à Poudlard est un mouvement très bien pensé. Et tu comptes bien enrôler les jumeaux Greengrass. Non pas qu'Augusta, mais aussi Aurélius. Le voir se détacher de toutes de leurs valeurs familiales qui en réalité sont presque ancestrales est un gâchis que tu ne souffriras pas d'observer. Et s'il se dit que seuls les poissons morts nagent avec le courant, dans ce cas c'est le courant que tu dirigeras de manière à ce qu'ultimement, les poissons se débattent pour aller dans ton sens, persuadés qu'il s'agit du leur.

Pourtant, c'est aussi pour une raison bien plus personnelle que tu te retrouves à mettre Augusta en garde, à t'impliquer dans les querelles insidieuses qui naissent entre les jumeaux Greengrass. Et en dépit de ce qu'elle rétorque d'une voix assurée, tu es certain qu'elle n'est pas aussi consciente de tout ce que tu as mentionné que ce qu'elle croit. Sourcil qui s'arque, bouche qui susurre d'une voix trop mesurée pour quelle n'évoque pas une goutte de danger. "L'es-tu vraiment ?" Oh, peut-être se rend-elle effectivement compte qu'être surprise à se disputer avec Aurélius pourrait se retourner contre eux et causer des dommages qu'ils ne sont pas prêts à assumer si l'arme était maniée d'une façon suffisamment experte. Elle est très probablement aussi touchée par l'éloignement qui se creuse lentement entre son frère et elle. Mais tu doutes tout de même qu'elle sache quel gâchis cela représente. Quelle chance elle a d'avoir toujours son jumeau. Tu le sais. Parce que là où il n'y a plus que toi vous étiez deux. Parce qu'Ezra n'est plus. Ca fait presque quinze ans. Quinze ans qu'on te l'a arraché de la pire des manière, en une amputation meurtrière. Quinze ans que ton être est déchiré, que ton âme et ta magie ont été sauvagement mutilées. Tu ressens toujours aussi cruellement ce manque que tu ne sais pas comment combler. Ca te réveille toujours la nuit. Le myocarde lancé dans une course folle. Les gouttes de sueur glacée qui dévalent le creux de ta colonne. Ta main qui cherche sa chaleur dans les draps à côté de toi. En vain. Tu rêves parfois qu'il est toujours là. Ces quelques minutes où tu erres à la porte de tes songes, assez proche de l'éveil pour savoir que les illusions disparaîtront dès lors que tu ouvriras les yeux. Encore trop inconscient pour réaliser que c'est parce qu'Ezra n'est plus qu'un fantôme qui hante la moindre de tes pensées. Alors tu gardes les paupières résolument fermées. Comme pour le garder quelques instants de plus. Oublier que les flammes l'ont dévorés. Le moment où tu dois les rouvrir revient toujours cependant. Et c'est toujours le déchirement. Des lacérations qui déchirent ta poitrine. Coeur écorché, arraché. Transcendé par la douleur assassine.

Tu t'efforces de sortir de tes pensées. De ne pas sentir la morsure du métal de la chevalière qu'il aurait dû arborer à son doigt contre ton épiderme au niveau de ton myocarde. Le moment n'est pas à te plonger dans tes souvenirs et vaines rêveries. Il ne reviendra pas. Tu le sais alors rien ne servirait d'espérer, si ce n'est te blesser. L'expression insondable de ton masque froid, les yeux qui la transpercent, le regard qui la traverse. Tu l'écoutes sans plus l'interrompre. Et c'est une goutte de compassion qui te touche lorsqu'elle avoue son désarroi, perdue dans le courant des autres émotions qui s'imposent à toi. Lorsqu'elle avoue qu'elle ne sait plus quoi faire pour faire revenir son frère à la raison, pour réparer cet écart dans leur relation. "Tu ne fais pas rien, mais fais-tu tout pour l'en empêcher, Augusta ?" La caresse presque réprobatrice, qui la défie pour l'inciter à ne pas s'arrêter tant que, justement, elle ne fera pas tout. Mais aussi la lenteur dans la voix, alors que tu te rapproches encore de quelques pas. Le murmure qui lui parvient maintenant que tu te retrouves bien plus prêt. Assez pour avoir à baisser les yeux pour pouvoir accrocher son regard, la surplombant de votre différence de taille. L'ombre qui plane sans que l'on ne sache si elle protège ou tend un piège. "Parce que si tu ne fais pas tout ce qui est en ton pouvoir pour le ramener à la raison, si tu ne fais pas tout ce que tu peux pour retrouver ce qu'était votre relation avant qu'elle ne soit détériorée, comment peux-tu espérer le persuader et tout arranger ? Si tu baisses les bras, comment peux-tu espérer gagner ?" Chaque mot, chaque silence qui a sa place. Les ombres et les lumières qui dansent dans les prunelles vaironnes au rythme éclectique des torches toute proches. La pause mesurée, marquée. Juste assez pour laisser les mots s'imprégner avant de continuer. "J'avais cru comprendre que tu étais l'une des reines de cette école. Une impératrice des Serpents, princesse des Verts et Argents. Manquent-elles à ce point de volonté pour qu'elles soient prêtes à baisser les bras  dès lors faut se battre pour ce qu'elles désirent ?" Le serpent dans la voix. Les crochets incisifs qui distillent des gouttes d'un poison offensif qui s'insinue dans les intonations de velours. L'accent russe que tu laisses filtrer, roulant doucement tes r comme pour rappeler que tu es étranger. Tu es de ceux à ne pas être d'accord avec Confucius lorsqu'il déclare que quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Principe contraire non seulement à l'économie, mais qui serait un suicide dans votre société. S'assurer que l'on revienne toujours réquisitionner ses services, que l'on est unique. Manière bien pratique d'avoir la main mise sur les autres sorciers. Se rendre indispensable, les faire s'incliner et se traîner à vos pieds dans l'espoir d'obtenir générosité ou miséricorde. Pourtant parfois... parfois, apprendre à l'homme à pécher rapporte plus sur le long terme que de se contenter de lui balancer un simple poisson. Tout est une question de perspective et de situation. Et tu sais que celle-ci en fait partie. Aide-la avec son frère, et elle te sera redevable. Aide-la à garder son trône et, plus que ça, elle te sera loyale. Les tensions qui se détendent d'une manière si infime qu'elle en est invisible mais que l'on peut pourtant deviner dans l'atmosphère. Les accentuations qui perdent de leur délicat poison, qui atténue le tranchant des crocs du prédateur. "Une reine ne s'arrête que lorsque ce qu'elle désire obtenir se trouve entre ses mains. Les obstacles qui se dressent sur son chemin ? Elle ruse et manipule pour les faire plier. Tu en as l'étoffe Augusta. Alors montre-le. Rappelle à ton frère de quel monde il vient. Rappelle-lui ces valeurs qui semblent lui échapper. Rappelle-lui la puissance que possèdent des jumeaux lorsqu'ils sont unis et ne font qu'un." Une nouvelle pause que tu marques, plantant tes yeux dans les yeux alors que tes pupilles la vrille. "Crois-y et agit. Crois-y, et tu le convaincras. Crois-y, et le monde s'offrira à toi."


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MessageSujet: Re: Augusta + To open the closed eyes on what they have.   Mer 6 Juil - 4:30

Comment la situation avait-elle pu dégénérer à ce point ? Augusta se le demandait bien. La soirée avait commencé de la meilleure des façons. Juste son frère et elle, comme autrefois. Autrefois… Désormais, ils n’étaient même plus capables de s’entendre pour l’instant d’une soirée. Leur relation s’était incroyablement détérioré, tel un château de sable s’effritant face à l’érosion. Leur relation qui avait un jour été des plus solides était désormais loin de l’être. Pour être honnête, Augusta n’en était même plus au stade où cela l’inquiétait ou l’apeurait. Cela l’effrayait. La terrorisait. Au plus profond d’elle-même, elle était terrorisée à l’idée que son frère ne les quitte une bonne fois pour toute. Ne la quitte une bonne fois pour toute. Elle ne le supporterait pas. Elle était effrayée de voir qu’il semblait préféré la compagnie d’une traînée de surcroît au sang-mêlé à la sienne. Effrayée lorsqu’il ouvrait la bouche pour parler de politique. Effrayée lorsqu’il lui lançait ce regard, celui qui démontrait sa plus grande désapprobation. À une époque, les vannes qu’ils se lançaient étaient moindres. Alors qu’elle lui parlait de ses idées de grandeurs, de son admiration pour Narcissa Black et de son rêve d’accéder au trône, du bonheur que cela lui amènerait, il lui répondait : “Le bonheur, tu sauras que c'est la simplicité ! ” Puis ensuite elle devint la prochaine Narcissa Black et accéda effectivement au trône. Chaque jour entre ses deux époques, les jumeaux s’éloignèrent un peu plus. Les disputes se firent plus nombreuses et les raisons, beaucoup plus importantes que la simple définition du bonheur. Sauf que tout cela se produisait derrière le rideau. Lorsque Augusta était sur scène, son frère et elle entretenait la meilleure des relations. Lorsqu’un membre de sa cour se risquait à poser des questions à son propos, à faire des remarques sur son attitude étrange, elle prétendait que tout était sous contrôle. Ou elle faisait taire ces personnes bien assez vite. S’il y avait bien une chose à laquelle Augusta tenait par-dessus tout, c’était les apparences. Pour cette raison, elle ne pouvait plus être avec son frère aussi souvent qu’avant. La raison était simple, on s’attendait à beaucoup de sa part et cela englobait qu’elle ne pouvait définitivement pas fréquenter des élèves aux amitiés douteuses, même s’ils étaient liés par le sang… La Serpentarde n’avait pas pour autant coupé les ponts avec son frère, mais cela n’avait en aucun cas aidé à solidifier les liens qui les unissait.

Tout cela avait mené à cette froide soirée d’automne. La chaleur de l’été, son bronzage et le chant des mouettes se faisaient définitivement loin dans les parois glaciales du château où pourtant, deux têtes blondes bouillonnaient l’instant d’avant. Évidemment, Azrael Silvaiev avait dû les surprendre. À vrai dire, Augusta en avait honte. Elle ne voulait que personne ne sache ce qui se tramait, surtout pas le professeur de runes. Quelque chose chez lui l’attirait inexplicablement, quelque chose qui la poussait à jalouser toutes celles s’en approchant trop, quelque chose qui la poussait à toujours vouloir paraitre le mieux possible devant lui. Il lui demanda si en effet, elle était consciente des risques qu’avaient entrainé s’exposer ainsi, même s’il était tard. Peut-être pas. Cela aurait pu être risqué si quelqu’un de mal intentionné les avait surpris. Il continua de sa voix caressante, lui demandant si elle faisait tout pour l’empêcher de changer. Apparemment non, puisqu’elle n’avait pas réussi à l’arrêter. Cela mettait Augusta hors d’elle. Pourquoi Aurélius ne pouvait-il pas voir qu’il déraillait, qu’il était dans le tort ? Augusta avait essayé de la manipulation jusqu’aux coups bas contre ses amitiés peu fréquentables, rien ni faisait. Elle commençait à être à court d’idées, ce qui pour elle était rare. Voyant le professeur s’avancer un peu plus vers elle, le cœur de la blonde se mit à battre à toute vitesse alors que son ventre se contracta dangereusement. Elle se réprimanda elle-même de se sentir ainsi. Si son esprit et son corps étaient en pleine contradiction, son visage lui, restait de marbre et ses yeux, fermement plongé dans ceux du russe. Il continua son dialogue de sa voix hypnotisante, soulevant qu’elle était une des reines de Poudlard et qu’il la pensait plus déterminé que ce qu’elle ne démontrait. Cela piqua son orgueil, sachant pertinemment que de la volonté, elle en avait à revendre. Elle était prête à tout pour récupérer son frère. Par contre, la demoiselle devait avouer qu’elle était déstabilisée face à la situation. Elle ne pouvait être cruelle envers lui tel elle l’était envers d’autres.

« Je ne baisse jamais les bras professeur. Parfois cela me prend plus de temps, mais je finis toujours par y arriver. » Dit-elle d’une voix assurée et ferme, pour lui démontrer qu’il avait tort de penser qu’elle manquait de volonté. Elle ne parla pas longtemps, mais alla droit au but, ne prenant aucun détour. Azrael, continua en disant qu’une reine ne s’arrêtait que lorsqu’elle avait ce qu’elle voulait. Qu’elle avait l’étoffe pour la ruse et la manipulation. Qu’elle devait rappeler à son frère d’où il venait, qui ils étaient. Alors qu’il parlait, Augusta ne pouvait s’empêcher de l’écouter attentivement, ne laissant pas une seule parole s’envoler en l’air, mémorisant précieusement la moindre syllabe pour les garder en mémoire. Ce que débitait le professeur. Augusta avait envie d’y croire dur comme fer.
« Je le ferais aussi longtemps que cela le demandera. Je ne le laisserais pas dérailler. » Sa langue brûlait son palais de lui demander des conseils, de l’aide. Le russe lui inspirait confiance. Comment pourrait-il être mal intentionné s’il prenait autant à cœur cette cause ? Faisait-il semblant ? La Vipère se promit de ne pas trop se dévoiler, peu importe à quel point il était envoûtant. « Professeur, pensez-vous pouvoir m’aider ? Rappeler à mon frère qui il est ? D’où il vient ? J’ai bien peur qu’il ne soit rendu trop loin pour que je n’y arrive seule. Il ne me comprend pas… Et moi je ne le comprends plus. »

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MessageSujet: Re: Augusta + To open the closed eyes on what they have.   Mar 4 Oct - 20:24




Et tandis que tu déblatères ton discours, chaque geste, chaque pas se retrouve mesuré, chaque intonation dans la voix, calculée. Comme un manège que tu lances et qui entraîne Augusta dans ses rotations hypnotiques, ses vrilles ensorcelantes. Un carrousel qui mêle à l'étrange un mysticisme à peine réel, qui envoûte des graves soyeux de sa ritournelle. En guise de Sombrals de bois, s'y tiennent tes souvenirs d'Ezra, et pour hippogriffes tes impérieux désirs vengeurs. C'est un tableau que tu dresses devant ses yeux : en son centre, un miroir reflète son visage, et tout autour d'elle, c'est ce qu'elle est et ce qu'elle peut devenir que tu déclines en mille teintes subtiles et cent autres détails infimes - l'or scintillant d'une couronne, le précieux de joyaux qui, délicatement, ornent le sceptre, et l'influence, surtout, du trône et de ses hauteurs prodigieuses. Tu piques et tu provoques, sifflant comme un serpent, dans le but presque unique de la faire réagir. Qu'elle révèle ce qu'elle cache en elle, et qu'elle s'élève, qu'elle éclose, royale comme une rose d'un vermeil triomphant. Qu'elle empêche donc son double de dériver davantage, qu'elle le ramène sur la rive de ce monde où vous, êtres dont le sang est du plus pur de bleu, régnez, impérieux. Qu'elle l'empêche de disparaître, de provoquer de lui-même l'irréparable, d'être la cause d'une séparation impossible, un déchirement terrible entre des âmes indissociables. Se rend-elle seulement compte de ton implication ? Qu'elle dépasse de beaucoup ton rôle de professeur, qu'elle surpasse même cette volonté revendiquée de garder vos fils et vos filles dans le droit chemin, celui-là même qui a été créé par votre idéal, creusé par vos traditions ancestrales ? Tu en es douloureusement conscient, en revanche, et même si tu sais que tu ne devrais pas laisser tes émotions et tes sentiments les plus intimes influer sur tes actions et ton jugement, ça ne change rien. Qu'elle fasse pour toi ce que tu n'as jamais eu l'occasion de faire, qu'elle rattrape les doigts qui t'ont été arrachés, que tu n'as pu rattraper... Qu'elle l'empêche de tomber et de se consumer. Et si elle doit faire comme l'arbre [qui] se sauve en faisant tomber ses feuilles afin de sauver son jumeau, qu'elle le fasse. Les feuilles repoussent lorsqu'elles chutent ; si c'est l'arbre qui prend leur place, il dépéri jusqu'à ce qu'il ne meurt.

Toujours est-il que, tu as beau provoquer la Greengrass, tu as beau la bousculer, tes mots animés de cette volonté de lui ouvrir les yeux sur cette puissance que tu fais miroiter lorsque tu pointes vers son reflet, elle ne tressaille pas une seule seconde. Son masque, plein d'une incoercible détermination, magnifie encore la hauteur des traits qu'il galbe sans faillir ; et les prunelles océanes brillent de cet orgueil irréfréné semblent s'emplir de lueurs rugissantes. Plus que ses paroles, plus que les affirmations qu'elle clame lorsqu'elle dit ne jamais baisser les bras, lorsqu'elle annonce qu'elle ne laissera pas Aurélius dérailler, ce sont ces détails que tu notes. Les mots sont un outil, certes puissant lorsque leur vérité est pure, mais il est si facile de mentir, de dire sans substance, sans leur donner le pouvoir qu'ils peuvent receler - et les Serpentard, comme beaucoup de sang-purs, sont passés experts dans la manière de convaincre sans croire, dans cette dangereuse danse de funambule sur le fil étroit des demi-vérités ; celles que l'ont croit sans soupçonner souvent, la part du mensonge trop bien voilée, dissimulée dans l'éclat éblouissant du vrai ; parfois même volontairement, par ce qu'on ne veut pas voir ce qui se gausse à la lisière des ombres lascives. Plus fourbes encore, il est plus simple encore de se mentir, et le contre-coup s'avère souvent plus terrible encore que ce que l'effet premier ; vicieux, ces situations sont presque impossible à débusquer, même pour l'observateur attentif, puisque la victime est intimement convaincue de sa vérité, si entièrement parfois qu'elle pourrait jurer sur sa vie et celle de ceux qui importe. Croyez ce qui vous aide à mieux dormir la nuit, entend-on parfois, et rien ne prouve plus clairement ce point : la vérité est souvent dure et sans pitié, difficile à supporter ; qu'il est facile, alors, de se laisser aller à la douceur des mensonges de son propre inconscient, de croire au simple et à l'agréable, plutôt qu'à ce qui blesse !

Ce pourquoi, lorsqu'Augusta en vient à quémander ton aide, à te demander de lui prêter main forte pour secourir son frère, dont le radeau persiste à dériver sur des flots de plus en plus souillés par une boue putride, t'avouant ses difficultés d'une manière telle -comme si, déjà, elle t'accordait sa confiance- que tu ne sais s'il s'agit d'un élan de témérité insensé ou d'une sincérité à saluer, tu continues d'abord par l'observer et laisser le silence se faire roi dans l'espace qui vous entoure. Son règne ne sera que de courte durée mais, pour l'heure, tu jauges ton élève, comme si tu pouvais estimer -par le simple biais de tes iris vaironnes- sa force et plus encore, sa valeur et sa capacité à réussir. Tu l'étudies d'un oeil aussi critique qu'attentif, prenant en compte chaque élément, sans te laisser déconcentrer par le délicat éclat du faste étincelant de son statut de reine, ni par les douces nuances létales de son patronyme. Non pas qu'ils n'aient pas d'importance - la couronne qui orne le lacis de sa chevelure d'or est certes encore partagée, mais elle n'est pas arrivée là par hasard ; quant à son nom, il est preuve de son ascendance, de son éducations et de ses ressources, mais aussi l'une des raison de sa requête et ne suffit plus à exprimer à lui seul ces valeurs que tu cherches en elle. Tu crois pourtant les avoir décelées dans son regard et sur son masque, sans pouvoir en être entièrement sûr : c'est un paris que tu fais contre l'incertitude, misant sur sa réussite, si tu l'aides, plutôt que sur sa perte. Mais s'il y a une chose qu'il faut savoir sur toi, c'est que tu ne te lances jamais sans être certain d'avoir toutes les cartes possibles en main. Ainsi, peu pressé de mettre un terme à ton analyse pour abréger son attente, te yeux remontent à l'assaut des siens, et tandis que les iris coïncident tes pupilles se rivent aux siennes et les vrillent. Elles s'y agrippent, envoûtent de leurs couleurs et les enlacent de leurs anneaux vipérins ; déjà, elle est ta proie, innocente et naïve, et tu plonges en sa surface, comme un serpent qui attaque mais ne plante pourtant pas ses crochets effilés. Ton esprit est comme une caresse, une brise printanière qui murmure comme un souffle sur la peau : frais et agréable, mais déjà oublié. Tu ne t'intéresses pourtant pas à ces petites pensées, qui passent dans tous les esprits comme des courants d'air -bien qu'une partie te concerne, preuve nouvelle de ce que tu avais déjà deviné, à savoir que tu lui plais- , de la même façon que tu ignores les souvenirs qui flottent en bordure de son inconscient et de sa mémoire. Non, ce que tu cherches sans fouiller, en te contentant de lancer un lent regard circulaire pour être sûr de ne pas les rater, n'est autre que ce que tu cherchais déjà à l'extérieur : ils en seront la preuve concrète, l'évidence de la sincérité de ce qui est tout à la fois affiché et dissimulé. Tu les trouves sans difficulté et, après les avoir contemplé quelques fractions de secondes supplémentaires, tu délaisses son esprit pour retourner au tien, brise inverse qui déjà s'évapore.

Enfin convaincu, l'étreinte de tes prunelles se délasse doucement autour des siennes sans pourtant vraiment les quitter, et tu arques un sourcil à son attention lorsque tu lui réponds finalement. "Très bien. J'accepte de t'aider." La tête se penche sur le côté de quelques millimètre, indolente et fière, et le velours reprends, rusé sibilant, satisfait de ce que l'opportunité pourra lui offrir. "Il serait dommage, en effet, de perdre un héritier d'une telle famille à des idées biaisées et infondées, aberrantes de fausseté, qui se cachent sous l'utopie ridicule que nous sommes tous égaux : c'est une erreur. Certains ont toujours été au-dessus du lot ; il a toujours fallu des loups pour mettre en rang le troupeau." Tu secoues la tête, comme si savoir que ce fait tend à se faire oublier était un malheur sans nom -ce qui est le cas, tu es souvent exaspéré de voir l'intelligence de certains s'effilocher d'années en années- , et c'est un pas vers elle que tu décris encore. Ta main trouve la ligne de son épaule, se pose avec légèreté entre les filets d'or qui giclent de la cascade. Les lèvres s'ornent alors d'une courbure qui n'est pas sans rappeler, comme dans un miroir qui inverse le bas avec le haut, celle du sourcil précédemment arqué. La commissure s'élève dans un coin, presque tendre avant que le croc ne se révèle et qu'une lueur carnassière passe comme un éclair dans la prunelle. "Tu te doutes néanmoins que, comme toute chose, mon aide ne te sera pas gratuite... Mais nous récupéreront ton frère, Augusta. Nous lui rappelleront qui il est, et d'où il vient ; que c'est à tes côtés que se trouve sa place." Une autre lueur passe. Venue de contrées bien plus profondes, elle s'attarde, traînant dans son sillage une souffrance ancestrale, iceberg immense dont la pointe apparente déchire les prunelles de son tranchant encore trop acéré. Déjà, tu clignes, l'exhales en un souffle plein d'aspérités, et elle disparaît, comme un mirage, ou plutôt un fantôme. Elle entache pourtant ta voix de la plus infime manière, se trahit lorsque ta gorge laisse difficilement passer un murmure qui s'échappe comme la lamentation du vent esseulé. "Vous pouvez encore tout réparer. Vous n'avez pas à vous retrouver séparés." Pas comme nous. qui résonne dans ta tête, tandis que le monstre en ta poitrine, croque ton coeur en un rire railleur. Pour vous, c'est déjà fini.


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